‹ L'horticulteur français de (volume 3)Chapitre 23 sur 162 · CHOIX. DE PLANTES NOUVELLES A FEUILLAGE ORNE- MENTAL · texte numérisé non relu

CHOIX. DE PLANTES NOUVELLES A FEUILLAGE ORNE- MENTAL

Le grand concours déplantes nouvelles, ouvert actuellement à l'Exposition universelle, nous a permis de voir la plupart des espèces qui sont annoncées dans le commerce comme introduction récente, et de juger ainsi, devhu, du mérite de chacune d'elles.

Yoiçi celles qui nous ont paru les plus méritantes au point de vue du feuillage seulement.

Cibotium regale. Fougère du Mexique, dont le tronc et la Base du pétiole des frondes sont couverts de nombreuses longues et fines écailles duveteuses de couleur jaune, formant une sorte de coton avec, lequel on doit faire, dans le pays, des matelas et des couvertures pour le coucher; la fronde, est trèsélégante. „.'.-

Panicum variegatum. Petite graminée pour bordure, a feuilles rubanées et marbrées vert, brun, rouge et blanc. *

Cordyline Guilfoylei. Espèce de Dracœna de l'Australie* à feuilles 'd'un vert foncé ou clair* et plus ou moins panachées de rouge» rose* blanc et jaune.

Dracœna regalis. Espèce à larges feuilles vertes plus ou moins panachées de jaune pâle.

Dracœna magnifica. Très-belle plante à feuilles très-larges rouge foncé et rouge vif. .

. Dracœna lentiginosa. Espèce de la Nouvelle-Hollande, à farilles longues et très-étroites, d'un vert brun foncé.

brcuxma Verschaffeltii. Originaire de l'Afrique australe, à failles d'un beau vert gai, offrant au milieu une ou plusieurs landes parallèles et longitudinales d'un vert plus foncé.

Dichorisandra undata* Plante du Pérou, de la famille des Comtnélinées (Monocôlylédones) à feuilles rouges en dessous, offrant à. la face supérieure des bandas longitudinales alternativement vert clair et vert foncé.

. DUhorisandramôtaïca. Autre espèce à feuilles également ronge en dessous, vert foncé en dessus, avec de nombreuses et lues lignes transversales.

Maranta Weitchii. Plante très-remarquable par le dessin de ses feuilles. Le fond, d'un vert foncé, fait ressortir une sorte d'impression, en vert clair, d'une portion de feuilles du Caryota irons, à lobes comme rongés à leur sommet, et qui occupe le centre du limbe; puis une zone de même couleur vert clair, qui forme une sorte de double encadrement • Cette partie moins foncée de la feuille présente une fine nervation d'une délicatesse charmante.

Maranta illustris. Espèce du Brésil, à feuilles rougë pourpre foncé -en dessous, vert foncé en dessus, ave<J panachutes zonées blanc et rose*

Maranta pulchra. Petite espèce très-élégante, à feuilles nuancées brun en dessous, vert clair en dessus, avec zone marbrée vert foncé, blanche et vert pâte.

Maranta Verschaffeltii. Autre charmante miniature, à feuilles d'un vert clair, avec des bandes obliques d'un blanc d'argent mat.

Maranta rasea-picta. Feuilles rouges en dessous, avçcpanachures zonées blanc et rouge.

, Marottto tuJwjwi^FtMillag vert etair* sut kqueUmitttaènt de très-jolies et curieuses macules quadmngulaitesde couleur uîarron clair velouté rétfniés pat dêu*, et formant par l'ensemble une sortç de fcone allongée. Très-remarquable espèce. '. / L$* #ar$nt<i Lcgrtlltwat &etQsa> chimboraècnsis, wrginalis, Wallmirsont des espèces très -distinctes, mais d'un mqindm attrait. : ,

: Vrû&mtUtmpéttwum . . Aceïdée gigantesque , dont la feuille Recoupée présente nn gros pétiole eôulpuvaé vert eiair ei blase, al qui n'a paa mains de 1 * 80 à 2 mètres de longueur.

Anthurium regale. Autre Âroïdée, à belles grandes feuiifo» «n eaanr> da 70, à 80 oent. de longueur pour le limbe senlefttânt, qui est renversé; le» jeunes feuilles A^aes par transparence ont une singulière couleur saumoné brun,, sor laquelle m. détache en vert clair le réseau de nervures. ~ -

< Les Anthurium crinitumf è grandes feuille» en ceew allongé, *t Anthurium trilobum (Iinden), à feuilles divisées en trois lobes oblorigs, sont de bonnes espèces> mais moins ornefnett» Ipteû. • ' .

; Dieffeôhachià gigantea. Aroïdée à feuilles vertes parsemées dé tâches blanches comme les brûlures. occasionnées parles' gouttes d'eau , mais dont le pétiole est élégamment marbré vert et blanc; .' /

~: Agave. Les compacta, grandis, mirabiH^ spectabilis, sont d'intéressantes plantes; le dernier est très-remarquable par ses feuilles rênrersées imbriquées, parfaitement appliquées les unes sur les autres comme les tuiles d'un toit. L'arrosement à l'arrosoir est impossible; les feuilles recouvrent les bords des pôts.et rie 'peuvent être relevées; il fendra plonger la plante entière dans les bassins. Cet Agave est très-curieux.

Nepenthes maculata. Belle espèce dont les feuilles sont ter-* mmjfespâr une ascidie, ou sorte de pîpe allemande, itiarbrée de rouge foncé.

Aristobch** mfif rts.# Prèle ei délicate eft faut, ohlofotiqtfe** dentier degré : ses petites feuilles portent de larges taches.d'ub Uaootrès«poVé

F «*s» 'Le JPtow Ghwbrtgtitiit du Mexique, et Id derttate* feFécou, sont des espèces à grandes feuilles; celles 4? 1* Arrière seul blanche* ta dessous. , . fimnera mantca^a. Cette espèce ressemble par ses graadttf tftmpfe» feuilles à une vigoureuse Rhubarbe à feuilles JbnUéè» (Uttun ribes) . \ feès»belle et d'un grtadeffet*

daphne tpeciota* Panachure margiitale jaune qui n?a pas nos sympathies.

Qvercu* ttrtato. Espèce à fertiles lancéolées, d'atf veftlortét avec bandes latérales obliques d'un vert jaunâtre* : Bypeepêa toevkalpi* Petite Gesnériacée à fertiles huilées parcourues par des amures Manches ; fleurs renflées roeee et jaunes sans effet ornemental. . , i

Echites ,r vkro tenoH- Très-joKe et élégante Apocynée à feuilles rouges en dessous, et d'un vert plus ou moins foncé en dessus, sur lequel est imprimé le plus ravissant et fin réseau de nervures rose Ok

Eranthemum igneum. Acanthacée à feuilles de couleur foncée, avefc nervures d'un jaune nuancé de rose, * '

Cchu* WêitchU. Espèce ayant le port du Versckaffèhi, mail te «entre est d'trojrauge brun, et les bords verticales.

• Gyamphylhtm spectandum. Beau et ample feuillage, niait vert, et inférieur par conséquent h celui du magrtfiouitt.

• JUgnoma ornata. Leé feuilles sont les imes t ert foncé; les kÉtres vert clair ou jaunâtre ; mais tontes rouges en démons et etrnat en dessus» au centre et de chaque c&é des nervtfrès, toejoKe teinte rose cuivré.

Araha Weitckii. Espèce très-élégante par ses feuilles peMées à folioles très-étroKes, êndulées sur les- bords. Sanchexia noWis variegata. plan! e du Pérou de la famille

ISS —

des Scrbphulariées, à feuilles vert olair, avec nervures jaune clair*

Acer* Nous ayons vu, dans le lot de M. Versohaffelt, six espèces charmantes d'Erables toutes originaires du Japon: le Frederici-Guilielmi, à feuilles lacérées panachées de vert, de bleu et de rouge foncé ;-le formosum, qui ressemble à un Vitex, ou GatilUer, par son feuillage élégant profondément divisé en 5 lobes lancéolés ; le jucundwn, dont les feuilles ont 9 lobes ; Yamœnum, k pétiole rouge et dont le limbe foliaire d'un vert foncé est découpé en 7 lobes; Yornatum, à feuilles d'un rouge brun, et découpées en un grand nombre de lainèves étroites; enfin le smguineum dont les feuilles à 7 lobes sont de couleur pourpre sanguin.

Croton. Tous les nouveaux Crotonwnt des panachures qui ne nous paraissait pas suffisamment élégantes pour être recommandées.

Ern. Bonàrd.

CORBEILLE D'AZALEA AMOENA.

VAzalea amœna est un de ces précieux végétaux qui fleu* rissent de très-bonne heure au printemps, et qui apportent dans les parterres des villes une parure charmante^ par l'abondance de ses petites et gracieuses corolles doubles, d'un beau rouge vif dans le type, cette espèce appelle l'attention.

C'est un ravissant et précieux petit arbuste très en honneur en Chine où il est généralement cultivé, et d'où M. Fortune l'a introduit en Angleterre vers 1852. Il s'élève peu, un mètre environ, forme des cymes arrondies qui se garnissent, après la chute des fleurs, de nombreuses petites feuilles assez semblables à celles du Buis. Il a produit <ians les cultures européennes plusieurs variétés, et entre autres la rose, l'écarlate

et la pdurpre, qu'on prétend être hybride ; mais, qu'il le soit on non, cette plante est très-précieuse par sa ruttictté, l'abondance de ses jolies fleurs pourprée, et surtout par son port trapu et nain, qui permet d'en faire des bordures k massif de terre de bruyère.

On rencontre rarement en France ces délicieuses Azalées dé h Chine ; quelques amateurs les possèdent comme plantes de eoHection, et .non pour en former des massifs. La difficulté a été, je crois, de les trouver en multiplication et à ban marché chez -les horticulteurs. J'en ai admiré, au château de Segrez, de belles touffes (du type) qui me font désirer de les voir se .vulgariser, et je me suis décidé à appeler l'attention sur cette belle espèce, en voyant, à l'Exposition du Champ*de-Mars, la tarissante corbeille formée avec la variété naine, par M. Paillet ; ce qui me fait supposer qu'on peut les trouver aujourd'hui facilement dans le commerce.

Eug. de Martragny.

NÉCESSITÉ DE L'ASSOLEMENT, EN HORTICULTURE (l).

Aujourd'hui que le goût de l'horticulture est entré dans toutes les classes de la société, et que la mode des jardins anglais et paysagers se généralise de plus en plus, il ne nous parait pas inopportun d'entretenir nos lecteurs d'une question intéressante qui, si elle était plus connue, éviterait aux amateurs bieu des déceptions, bien des insuccès : nous voulons parler de l'assolement en horticulture.

L'assolement, dont on ne parle guère que lorsqu'il s'agit d'agriculture, consiste à approprier chaque culture au terrain

—*— ...— ■■■■■■■,! ■ I II- — — — | |1 I | Il I I I I I — ■.

(4) Nous allions traiter précisément celte importante question, quand cet article nous est tombé sous la main. Partageant complètement les idées qui sont émises, nous le reproduisons tout simplement, en le recommandant à l'attention de nos lecteurs. F. H.

(qui lui eéttvlenft i ilintpliqtoe «mai que les-phtntei fe&eoèdent 4e telle façon, que chatiune d'elles ne demeure pat trop long* «temps ou ne revienne pas trop souvent tar le même terrain, et ne l'épuisé pas des principes nécessaires à son existence; ou bien que Tordre de# succession des plantes soit réglé dis telle ttanière qu'elles se nuisent réciproquemeot le moins possible, et qu'elles se set vent au contraire mutuellement dep^ çdt*ti<Hh Enfin, il but qu'entre les semis on la plantation de ohaque espèce, il s'écoule un espace de lemps suffisant peur .permettre de faire subirait sol les modifications ou les prép&» rations «éceftsitées par* sa natale, la saison où autres cirèon* ♦tances locales. Cas principes, qu'aucun homitoe des champs jtf'\gwfe* et qui sodt la base de toute bonne agriculture; peuvent. S'appliquer eu tous pointa à la oultdfe des jardins, et devraient y être mis beautoup plu* souvent en pratique.

Rien n'est cependant plus fréquent que de voir procéder en horttadtuie d'une, façon tout opposée, et ne tenir aucun compte de ces notions tellement élémentaires qu'elles peuvent paraître des banalités.

; On possède un jàrdiri, petit ou grand, dans lequel sont des* «nés iei des pelouses, fât des massifs, des bordures, ailleurs des pUtesJaandesqui restent toujours à la même place et qu ne sont pour ainsi dire jamais modifiées, ni dans leurs dimensions» m dans leur ornementation*

~ S'agit-il de pelouses ?. « , ~ Au ga*on usé, détruit, succédera un autre gason. On ressème, on regasonneaveo plus on moins de soin, parfois sans même labourer, se contentant de gratter tôt peu l)i terre dans les places dégarnies pour y faire prendre la graine* D'autres fois on laboure bien, mais sans fumer* quelquefois on fume, mais combien ces soins sont insuffisants pour rendre la fertilité et la propreté à ce terrain, faligué d'avoir longtemps porté du gason et envahi par toute cette légion de mauvaises herbes sauvages, qui fendent ton*

jpura à regarnir fcs placés rides et à. itotmqiiéiwfcrii* droite. m se substituant an espèces cultivées!

- Est-ce aiosi qu'on opérerait en agriculture! — Malgré là {ptowe» qui ne rond an. sol qu'une partie de* éléatenta plila* enlevés, sans y détruire lea principes funeatee eftcsété* par lae< plante* cultivée* précédemment ne ferait oa paa succéder an gazon rtaa plante d'une antre nature, laquelle, puieaot dana W sol des principe différents de ceux exigea par la gaaoaet y déposa** an contraire dea éléments prtpraa à aa végétatkrt, u$0S4raik #t réparerait ce sol, tout en la préparant ait rétour prochain de la pclouaeî Et s'il s'agissait en. même tempada, nattay er k ael de tontes lea m^uvaiaea plante» foi l'aitoaant «avabi, l'agriculteur, après avoir nettoyé le faaan# latent* Qt fumé aa terra, n'y cultiverait-il paa une plante sareléa, teUe que pomaœ de terre, betterave on, antea, qui» «Igamib dana le courant de l'année plusieurs façona, pluaieiire bu. sages mettrait cette terre dana ùa état de propreté qui par* mettrait, après un oto deux labours d'hiver et nna fumure eo* pieuse, d'y ramener le gaaon aans ineoovénientt , H est vrai que rien n'eet désagréable cocane dé voir datant sfiu habitation, à la place d'un* pêlouae et d'un joli tapis vetf>, uae% terre nue oit un champ de betteraves, de pommes de ten* qu autre* plante» de ce genre. •— Cependant, dana eertaina <**» il n'y a pas d'autre remède, à moins qu'on ne puisse substituer sur une certaine épaiasenr ou mélanger an quantité à la terre fatiguée -de la terre nouvelle; mais ce procédé, pos» sible dans quelque caa et sur une petite échelle, détient la plupart, du temps impraticable ou dispendieux (1)* -An lien de cela, an gaaon usé on fait eaccéder un antre

- (4) Il j » toi parfois tes lerretutagts, ta «rroMmtpttavH wpih UàutdK* ta «frais pulvérutots, elcM qui, répandus i ia surbte da sol, produisit fheuifctu résultat* ; mais il est des cas où le mal n'est plus réparable par touf C3s eipfdSfQfs.

gazon qui devient moins beau que le précédent; pub trois, quatre gazons et plus se succèdent ainsi, devenant de plus en plus laids et maigres. On accuse alors la graine d'être mauvaise; on s'en prend à son jardinier, à son fournisseur, puis, enfin, çn désespoir de cause et lorsqu'il n'en est plus temps, on va demander conseil aux hommes compétents. On agit en cela comme un certain malade qui, s'étant blessé à un doigt et cherchant à éviter une opération de peu d'importance jugée nécessaire, alla consulter les charlatans et les empiriques, qui laissèrent on firent tellement aggraver le mal, que le chirurgien, rappelé enfin, dut couper le bras tout entier. : Si, laissant la question des pelouses, nous examinons main* tenant la décoration des massifs ornés et des corbeilles de fleurs, nous y verrons la même différence présider à leur assolement* L'an dernier, par exemple, il y avait là, sur les pelouses entourant ce château, des bordures, des massifs et des platesbandes composés avec des pelargonium (géraniums) zanale écarlates, roses, blancs; des pétunias, des anthémis frutescents, des héliotropes, des fuchsias, des verveines, des tageiei lueida ou signala pwnila, des coleusy des véroniques, des ageratum, des canna ou balisiqrs, des zinnia, des dahlias, etc., qui étaient très-bien disposés et qui produisaient un effet superbe. Cette année et Ym prochain, afin de ne pas rompre cette harmonie, pu peut-être pour s'éviter le tracas de combiner de nouvelles dispositions, on remettra les mêmes plantes identiquement aux mêmes places. Peut- être recommencera-ion plusieurs années de suite, et, bien qu'on cherche autant que possible à renouveler et à modifier la nature du sol, ce, travail sera rarement fait d'une manière complète et convenable. D'ailleurs, lors même qu'on chercherait à ne pas remettre les mêmes plantes aux places qu'elles occupaient précédemment, il est fort difficile (surtout lorsqu'on cultive plusieurs variétés ou couleurs d'une même espèce, telles que plu-

sieurs feintes de verveines, depeluniardepelargonium zonale, . de canna, etc.) qu'on puisse bien Combiner la décoration d'un jardin de façon à éviter complètement, sur un espace donné, le retour de plantes similaires.

11 en résulte qu'au bout de quelques années, on remarque dans ses cultures, et sans qu'on se rende toujours bien compte du pourquoi» que telle jplante, qui autrefois réussissait parfaitement, boude maintenant, qu'elle est souffreteuse, couverte d'insectes, qu'elle ne fleurit plus, ou seulement peaet mal, et qu'elle devient enfin incultivable et semble se déplaire dans ce terrain.

- Ces faits sont beaucoup'ptus fréquents qu'on ne le pense, et il est peu d'horticulteurs attentifs qui n'aient eu réccasiôn de les observer. Telle plante, par exemple, qui ne voulait plus peusser ni fleurir. dans un jardin où elle prospérait autrefois-, et dont on avait été obligé d'abandonner la culture, y étant rapportée quelques années plus tard, se remettait à végéter avec vigueur et à fleurir abondamment pour recommencer à bouder quelque temps après.

On pourrait en dire autant des cultures du potager, de celles de la pépinière, et multiplier lés exemples à l'infini. H noui suffit d'avoir appelé sur ce sujet l'attention des personnes qui s'occupent des jardins pour les convaincre qu'en horticulture comme en agriculture, un bon assolement est une condition indispensable de réussite et de succès durables.

Barhàl. .

(Journal de V agriculture.) ....',

BIBLIOGRAPHIE

Monographie des Renonculacées ; .

f<tr M* B4"4.o&> ywfe«i«u« d'RiiU oatureÙc ,jk 1* Faculté de m&tacioo dt

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- lfo.||tfMt 4'w?» MW ^rudiliom dofet k iciiaM» fàil^ d^br servations a jeté une vive lumière dans la difficile el dAtatte queiUon d# l'QirgçruogÔDâe v4géi*ie, a entrepris un* pafcd* pa- ÂUqaUod tut) la hoiaoique qui sera - à en juger frar la pré* tofèra livraison parue «- un livra des plus wftatguaMea, dani Jtaffol lea gêna du métier trouveront profit^ et demi la lecture Mttfre*8çc9 ti$a>viveia«ut ta profonw, qui, par distraction o* par plai&r, m veulent, faire que de la seieuoe attrayante, Ce» Jwei, w*t rar*s Aujourd'hui ; ta uns, iaitu par (taaavtiDtaqni ne se préoccupent pas assez de la vulgawi ation àê la ssienee, awéteat 1* nouvel apôtre au «autt, du sanctuaire; on croit y roeueillit la. 4<wx parfum des fleurs» on s'aperçoit bientôt £UriU* «patient qwde* otûali saas saveur <jvi n'encouragent po» fc ptotftrw plus Avant, jusqu'au pied<ta l'autel. Ua aftUw» oeuvras de la ipéwlaUon, ont unp euyeloppe élégantes une forme dég plus aimables, un langage ttlrayaot*, toute* choses qui platant flt attirent. Il s'en exhale les plus douces senteurs ; mais, comme chez les courtisanes éhontés, ces livres cachent sous ce semblant de virginité et de jeunesse, des charmes surannés, Terreur, la mystification. -

V Histoire des plantes, de M. Bâillon, est un livre à la fois élevé et agréable. C'est une œuvre originale, fruit d'observa*

(4) Première livraison illustrée de 414 figures dans la tcxlc. Paris, chez Th. Morgand, &, ruo Bonaparte

(ions sérieuses et délicates, et non une de ces compilations qui propagent Terreur et entourent le progrès de la science .

Cette première livraison traita, de la famille des Renoncalacées. Je l'ai lue avec charme et gain ; sa lecture m'a amplement dédommagé 4e celle de certains livres qui ne contiennent qu'opiuni etnieotina, et que je me garde bien, pour cette raison, de recommander à nos estimables lecteurs; je ne tiens ni à les endormir, ni h les empoisonner.

Le but que se propose le savant professeur de botanique de la Faculté de médecine dt Paris, en publiant soi* Histoire des plantes, n'est pas précisément de faire connaltre^toutes les espèces du régna végétal ; il a restreint son travail à l'histoire des familles et des genres seulement, o'est«à~dire à retracer exactement et très«rigoureq*ement les caractères de chacun d'eux, la place qu'ils doivent occuper dans la classification naturelle, .et les affinités qu'ils ont a veo leurs voisins.

Mais, comme il le dit lui-même, ce n'«»t qu'après l'étude de tous les genres et du plus grand nombre des espèces qu'ils comprennent qu'on ptut 90 découvrir les caractères généraux. Partant de ce priipipo, il étudie en détail., analyse la plupart ♦des espèces da chacun des genres; puis il synthétise et. parvient ainsi à trouver le caractère commun à toutes les espèces d un même genre1, d'une même famille, et qui devient alors le Garactère distinctif . C'est, comme on le voit, un long, délicat, et laborieux travail.

Le style si simple, si clair et si concis — sans jamais cesser d'être élégant — aurait pu dispenser l'auteur d'ajouter des gravures à son texte; mais il a cru devoir y joindre le port des principaux types ; des analyses de fleurs, de fruits et de graines, qui sont exécutés avec une rare exactitude; ne nous en plaignons pas. On peut juger du mérite de ces figures par celles que nous reproduisons, et qui sont tirées de son livre. La figure i àt un rameau de YHeflebory* fœtidus . Iq figure 4r deiycjleurs

$Aconitum Napellus ; - l'une dans, son état naturel, l'autre awc

Fif ares 2.

Jes sépales détachés pour montrer leur position, et laisser voi

le* deux pétales en capuchon, les étamines et les ovaires au centre. La figure 3 représente le diagramme de la fleur d'Aconit, c'est-à-dire son plan, ou mieux encore, comme le dit l'auteur,

• la projection sur une surface

• horizontale de tous les organes » qui la composent. »

La figure 4 est la coupe transversale d'un fruit de Nigella damascena, et la figure 5 la coupe longitudinale de la graine de YAquilegia vulgaris.

Fig. 3.

Fig. S.

Fig. 4.

On doit comprendre combien devient facile l'étude des familles, quand les détails de chaque genre sont ainsi reproduits parla gravure*

J'aurais voulu pouvoir citer quelques passages du texte de cet admirable travail ; mais, à mon grand regret, la place nous manque.

Après avoir ainsi analysé les genres, et résumé les caractères de la famille , Fauteur en fait l'historique , au point de vue de sa création, de ses affinités, des propriétés et qualités des espèces qu'elle renferme, des produits qu'elle fournit aux arts, au commerce, à l'industrie, à la médecine, etc. C'est là que l'auteur justifie le titre de son livre. Enfin, pour couronnerai 4867. 44

„ , " j ^ en latin cette ««»»-- X Aconit»» nopea** i'ï**' ;>mLUe. c'estpour 1' bom»« • ^'analyser cette part

/>*'>'' ,l»PlanUi'dor ..«.avoir, c'e»«-«-

(S**" universelle.) jo„

"U»'"» ^ MmM°M'*, iTdes rapporta prépaf JU; ta. ces *^^^JSU^ »+

devance sur les parties de 1 bxposu ressent la botanique. à VExp0sition et

Entre les séances auront lieu de v ^^

aux grands établissements scientifique* ^ l des excursions botaniques aux env iron io ^ ^ ^ 23 a(M Durant la dernière semaine, c'est-à- n ,nlerflfltionol. . la Société se constituera en Congres WJ *» * ^ire de Le Comité chargé d'organiser Usessxon extrao Vannée 1867 a publié la circulaire suivante^ ^ . ^

Monsieur et cher confrère, evnVrir le Cooitt* &'

Au moment où l'Exposition «mvfttaoUej» »J^ ^m de leurs

appel à tous les membres de la Société, et »te fondie

lumières et de leur zèle, Aans le but de procéder à une e^

des prodoctions végétales présentant un intérêt scienm <i

font parmi les objets exposés. Il leur demande d'abord communication des notes plus ou moine détaillées qu'ils auront bien voulu prendre la peine de recueillir dans leurs visite? à l'Exposition. Ceux d'entre eux qui seraient disposés à fournir des revues botaniques méthodiques et .complètes d'une ou de plusieurs des contrées énumérées dans le tableau ci -contre, voudront bien, avant le 15 avril prochain, faire connaître au Secrétariat du Comité, rue de Grenelle-Saint-Germain, 84, le choix auquel ils se seraient arrêtés. Les notes et revues devront porter la signature de leurs auteurs et être rédigées de telle sorte que les végétaux mentionnés 7 soient groupés par familles naturelles.

E» 48 avril au 25 juillet, le Comité tiendra une séance tous les Jeudis, à quatre heures, au local de la Société (<). Il prendra connaissance des notes et revues qui lui auront été adressées, et remettra ces documents aux rapporteurs qu'il désignera. Les rapports contiendront ks renseignements fournis par MM, les membres de la Société, avec mention de leurs noms, et seront lus aux séances de la session extraordinaire.

Il aurait été sans douta à désirer que la revue générale eût pu être conçue au point de vue de la géographie botanique; mais la science, dani son état actuel, est loin de fournir une division satisfaisante des surfaces terrestres en régions naturelles ($)• Le travail que nous entreprenons contribuera peut-être; dans une certaine mesure, à la solution ^e ce problème si compliqué.

Tous les rapports admis par le Comité seront publiés, sous le contrôle de la Commission du Balletin, en un fascicule spécial et suivis de deux tables (alphabétique et méthodique)»

Le Comité espère que tous les membres de la Société qui pourront se rendre à Paris et visiter l'Exposition l'aideront efficacement dans l'accomplissement de sa mission. Il s'agit d'une œuvre dont la haute utilité scientifique est incontestable, et qui doit répondre à ce que le public est en droit d'attendre de la Société botanique de France.

Recevez, Monsieur et cher confrère, l'assurance de nos sentiments dévoués.

le Président du Comité, Comte Jaubert.

Ije Vice-président,

Adolphe Gubler.

Les Secrétaires, Edouard Bureau, Gustave Piànchos, Henri de Viucosiir.

(4 ) Nos honorables confrères des départements et de l'étranger qui se trouveront de passage à Paris sont instamment priés d'assister à ces séances* (î) Voy. Alph. de Candolle, Géographie botanique, pp. 4298 et suiv.

Voici le tableau des contrées dont les produits figureront à l'Exposition.

France *... 4

Algérie 8

Colonies françaises d'Asie .....' 3

— — - d'Afrique. . 4

— — d'Amérique. 5

— . — d'Océanie. . 6 Pays-Bas 7

Colonies néerlandaises :

Indes orientales 8

Indes occidentales. . . 9

Guinée 40

Belgique 44

Prusse ; .. il

États secondaires d'Allemagne.. 43

Autriche 44

Suisse »... 45

Espagne 46

Colonies espagnoles d'Asie 47

— — d'Afrique .. ' 48

— — d'Amérique. 49

— — d'Océanie.. 20 Portugal 24

Colonies portugaises d'Asie... . 22

— — d'Afrique.. 23

Grèce. 24

Danemark, Islande, etc 25

Colonies danoises 26>

Suéde et Norvège 27

Russie 28

Italie 29

États pontificaux 30

Principautés danubiennes.. 34

Turquie 31

Egypte et Abtssinie 33

Chine, Siam et Japon 34

Perse 35

Afrique et Océanie (voy. aux diverses colonies).

États-Unis de l'Amérique du Nord. 36

Mexique. t 37

Brésil : \ . • 38

Républiques de l'Amérique centrale et Australe 39

Grande-Bretagne et Irlande... 40

Colonies britanniq. d'Asie ...... 41

— — d'Afrique... 41

— d'Amérique. . 43

— d'Océanie.

Les notes et revues devront porter les numéros placés, dans le tableau cidessus, à la suite des noms des contrées. -

Une nouvelle circulaire sera adressée, vers le 1" juillet, à MM. les .Membres de la Société pour leur faire connaître les facilités que le Conseil espère obtenir, pour leur voyage à Paris, de la bienveillante libéralité des Compagnies de chemins de fer. Les cartes de voyage seront ensuite envoyées à ceux qui en demanderont ; mais il ne. pourra en être délivré, sous quelque prétexte que ce soit, h aucune personne étrangère à la Société.

LIQUIDE AMPÊLIATRIQUE

pour préserver et guérir la Vigne de V Oïdium.

Tout le monde sait parfaitement aujourd'hui que la maladie de la Vigne est produite par le développement d'un petit champignon microscopique du groupe des Mucédinées ou moisissures, et qui forme, par l'enchevêtrement de ses ramifications,

— tô5 —

une sorte de membrane feutrée autour des grains de raisins ; ce qui empêche leur accroissement et leur maturité.

Depuis l'apparition de ce terrible fléau, bien des moyens ont été proposés pour combattre le mal ; et le soufrage a été jusqu'ici celui qui a donné les plus heureux résultats.

MM. Montreuil et Fichet, persuadés que la maladie vient du dehors, par des germes disséminés, à certaines époques, dans l'atmosphère au milieu de laquelle végètent les plantes ; qu'elle est contagieuse, comme la variole, la scarlatine, la peste, etc.; mais que toutefois elle ne se développe que sur les sujets prédisposés, par suite de certaines conditions de vitalité favorables au développement .des germes; MM. Montreuil et Fichet, disje, ont été conduits à trouver un nouveau spécifique anti-oïdique, qu'ils appellent liquide ampéliatrique.

En présence d'un fléau qui menace une plante dont le produit est une des plus importantes branches du commerce français, il serait imprudent de repousser, sans examen, tout nouveau procédé curai if ou préventif de la maladie qui parait sérieux, et de s'enr tenif exclusivement au soufrage qui donne des résultats incontestables. C'est donc comme essai — n'ayant pas expérimenté par nous-mème — que nous appelons l'attention sur le liquide ampéliatrique.

D'après des essais nombreux, répétés sur une grande échelle, et en général couronnés .de succès, MM. Montreuil et Fichet croient pouvoir tirer les conclusions suivantes :

« 1° Le liquide ampéliatrique, appliqué à des pieds sains, les a conservés à l'état de santé, tandis que leurs voisins ont souvent été atteints de l'oïdium;

» 2° Le liquide appliqué à des pieds précédemment attaqués les a guéris et préservés d'une nouvelle invasion lorsque le cep était jeune et la maladie peu ancienne ;

» 3° Le liquide appliqué à des ceps anciens et attaqués depuis plusieurs années a donné une grande amélioration la pre-

ratère année et a fait complètement disparaître le mal, la seconde;"

»VU liquide appliqué à des pieds présentant, pour la première fois, les taches noires, précurseurs de la maladie, a enrayé cette dernière, tandis que sur les pieds voisins, non ttédioamentés, elle a suivi son cours ordinaire;

» 59 Le liquide appliqué à des pieds couverts de la moisissure blanche a amélioré notablement l'état du sujet, et cela d'autant plus que le cep était plus jeune, la maladie moins ' avancée et datant d'un moins grand nombre d'années ; sans détruire cependant tout à fait le mal pour le moment, il permit d'obtenir quelques produits là où tout était compromis, et il a presque assuré l'immunité pour l'année suivante ;

» 6° L'emploi du liquide ampéliatrique dispense de toute application locale externe, mais il suppose qu'on applique & la Vigne les soins et les procédés culturaux qui, en temps ordinaire, tendent à développer sa santé et sa vigueur et à assurer •es produits. »

Quant au mode d'application, voici* ce que dit Ta brochure publiée par MM. Montreuil et Fichet :

« Deux femmes, au besoin deux enfants, porteurs, l'un d'cme binette ou sarcloir, l'autre d'un seau contenant le liquide et d'une cuillère à pot coudée sur son manche, de la capacité d'un verre à boire ordinaire de moyenne grandeur, suffisent à cette opération. Le premier creuse autour du oep un petit trou en forme d'entonnoir dans lequel le second verse une cuillerée du liquida. Le travail marche avec une extrême rapidité : avant de rentrer à la ferme, chacun des travailleurs, armé d'une binette, ramène autour du pied la terre qui avait été écartée, afin que le sol, imbibé, conserve son humidité et ne soit pas asséché parl'évaporation.

» Le premier traitement doit avoir lieu au moment où la Vigne commence à montrer ses premières pousses, en général vers la fin

d'avril* pins tôt ou plus tard, suivant le climat ou l'état plus ou mains avancé de la. saison.

> Un secbnd traitement est appliqué à l'époque de la floraison.

i H ne faut jamais exagérer la dose du liquide ; il vaut mieux multiplier les applications, si on le juge nécessaire, en laissant entre elles au moins un mois d'intervalle, et en les aidant d'un petitarrosage à l'eau ordinaire, surtout si la sécheresse était trop prolongée.

» L'application duliquide ampéliatrique est utile à une époque quelconque de la maladie, d'abord pour atténuer ses effets, ensuite pour préparer le pied à l'immunité dont pourront le gratifier les irrigations de l'année suivante. »

Le moment est propice pour expérimenter ce nouveau liquide ; c'est *à ce titre que nous le recommandons à nos lecteurs.

Nous publierons toutes les communications qui pourront nous être adressées à ce sujet. Quant au prix de ce liquide, nous l'ignorons, mais il ne doit pas être très-élevé (i).

F. Herwcq.

CATALOGUES D'HORTICULTURE

.poub 486T.

Gandln-ltaboi*, à l'Homoîs, près Brissac (Maine-et-Loire), — Prix courant pour marchands- arbres et arbustes de pleine terre.

0»*tiÉift*-D«lMHi, à PietTcÉtte (Seiùe). — Catalogue spécial dVEMett.

Groemewegem et Comp., à Amsterdam (Hollande). — Extrait et supplément du Catalogne des plantes rares et nouvelles de serre et de pleine terre, .

■a*** et Schmidt, à Erf art (Prusse). — Extrait du Catalogne général do graines : nouveautés et plantes rares.

■«nr?-**c*iot, à Dijon (Côte-d'Or). — Catalogne des régétaox disponibles : nonveantés ; gantes de serre et de pleine terre ; arbres d'ornement, fores* tiers; Oignons à fleurs. ,

Lemofine, horticulteur à Nancy. — Catalogne n° 49; Plantes de serre et de pleine terre; arbustes d'ornement; nouveautés.

(1) Adresser les demandes à MM» Montreuil et Cie, fabricants de produits chimiques, 9, rue Bonnet, à Clichy-la-Garcnoe, près. Paris.

Bo»fier»Cfca «Titre, rue de la Hoquette, 58, Paris.*- Catalogne de Dahlias pour 4867. — Prix courant des plantes disponibles : serre et pleine terre.

Vilmorin- Andrleax etComp., quai de la Mégisserie, 4, Paris. — Extrait des Catalogues des graines de fleurs et de plantes potagères; Catalogues spéciaux de Rosiers; plantes de haut ornement: et plantes vivaces de pleine terre et de serre; Dahlia, Œillets; plantes nouvelles; Oignons à fleura; arbres et arbustes, etc., etc. ,

William Bull, à Chelsea (Angleterre). — Catalogue, n° 34, des plantes nouvelles et rares, les plus belles et les plus remarquables.

Travaux du mois de Mai.

Votager* On continue de semer en pleine terre toutes espèces de plantes potagères : pois, fàvcs, haricots, carottes, chicorée d'été, cornichons, choux divers, choux-navels, navets de Suède, etc., etc. On met en place le plan élevé sur couche, telles que tomates, aubergines, concombres, choux-fleufs, etc.

On établit en plein air des meules à champignons et des couches tièdes ou sourdes pour melons d'arrière-saison ou pour planter des* patates.

Jardin fruitier. C'est le moment où il faut visiter assidûment les arbres fruitiers et porter son attention sur le développement des branches, afin de supprimer celles qui pourraient nuire au parfait développement de l'arbre, ou altérer sa fertilité. Il faut veiller surtout à maintenir l'équilibre des espaliers, en dépalissanUt redressant les membres faibles, en palissant au contraire très-vigoureusement et horizontalement les parties vigoureuses, ou en pinçant les branches verticales qui prendraient trop de développement.

Jardin d'agrément. On peut livrer en pleine te», dans la première quinzaine de ce mois, les héliotropes, hortensias, pelargosj^, pétunias, verveines. On continue les semis de plantes annuelles du mois d'avril; mais il est un peu tard ppur les balsamines, belles-de-nuit, malopés, œillets, Zinnia, etc. Quelques planta doivent être déjà, bons à repiquer; il faut y veiller et ne pas attendre qu'ils soient trop grands; la reprise alors est plus difficile.

Serres. Rempotage, bouturage, et greffes herbacées, sont les principaux travaux du mois. Dans la deuxième quinzaine on sort les plantes d'orangerie, et vers la fin les plantes de serres tempérées et de serres chaudes. Il faut avoir bien soin de choisir un temps couvert, autrement le soleil détruirait les jeunes pousses, encore trop tendres pour affronter ses rayons brûlants.

»-i — afrgqai

Paris. — Imprimerie horticole de E. Donaaud, rue Cassette, 9.

SOMMAIU BBS AkttlCLBS COMTENDS DANS CE NOMtao.

F. Hnnco, CstoadajM. — Asa. Pbamii, Coopte randa 4e l*Sxp««lCUa sutfveav Mlle. — 0. l^cmi, Al*eaal« I*wtl (PI. Y).— Tbmisibn, Floraison à l'air libre d« trois mhmàmémmewuB de r Himalaya. — P. HaaincQ, le Béribéri» BtarwIaUl. —

Lou» Cobjhbi, llgasiame de la Cblae : enltore en sillon cita à en ados. — Eue. di M aiisask. Serais* Prince impérial ; et procédé pour garaatir les fruits. — Doctot* Pi. aux, l'Abrleetler à aauode dooaé. — F. Hiiixcq, U Jafratla renne de l'aorttealtire à l*Expositioa uoJyerMlls. — Travaax du mois de juin".

CHRONIQUE

Quelle est cette année la lune rousse ; on me demande de décider et de régier U question ; impossibilité matérielle ; ce qu'il faut pdur traiter ce sujet \ mes sentiments à son égard ; nouveaux cas d'infraction aux lois qui réglementent t'influence des lunes.— Prix des légumes à Paris.— La gelée du mois <Je mai; ses effets; plantes qui en ont souffert; lettre de M. Massé.— Changement subit de température; la cause; lune rousse, trois saints de glace, banquise; opinion du Dr Rigaud; 43 lunes dans l'année ; nombre fatal; on prend son sel pour du diamant. — Edmond Àbout chroniqueur horticole. — Lee bustes du Jardinier anglais Paxton et du prince Albert à l'Exposition. — Prospectus illustré d'un ouvrage sur les jardins de Paris. — Le Paxton français. — Alphonse Karr. — Pourquoi About s'est fait jardinier. — A propos 'du Wellingtonia; une erreur; rien ne s'acquiert sans études. — La vérité du Journal l'Expxitiûn universelle de 48*1} — Un fait à signaler : 3 Lyonnais, leurs roses coupées, et Je sans-façon du Jury horticole.

Une grave et importante question agite, depuis quelques semaines le monde lunopbile : quelle est, cette année, la lime rousse î est-ce la dernière, est-ce l'avant-dernière ? Les lunographes sont partagés sur ce point ; les uns veulent que la lune rousse soit toujours celle qui commence après Piques ; les autres prétendent que c'est la treizième après Piques de Tannée précédente ; les plus aveugles soutiennent qu'il y en a eu deux. De là , grandes discussions. Plusieurs partisans de la lunomanie, — confiants dans mon lavoir, — m'ont fait l'honneur de m'écrire pour que je veuille bien élucider et régler la question. Je suis fier assurément de cet arbitrage; mais j'avoue humblement mon

Jtm 4867. V 41

incompétence en la matière. N'ayant jamais eu le moindre fragment de lune rousse authentique à ma disposition, je n'ai pu en faire ni l'analyse microscopique, ni l'analyse chimique pour en connaître les caractères et la composition. Il serait par conséquent téméraire à moi de trancher au vifla question, en décrétant que o'erft la première et non la treizième, on la treizième et non la première, puisqu'il me serait impossible d'affirmer mon dire, en prouvant, pièce en main, qu'il y a bien réellement une lune rousse, et qu'elle diffère essentiellement , de ses congénères. En lunologie, il en est comiqe en pomologie, on ne peut rien établir, rien fixer, sans types authentiques, Il importe donc que les lunologues fiassent d'abord une collection de lunes typiques; c'est alors, — et seulement alors, — qu'ils pourront décider, après les avoir étudiées dans toutes leurs phases et sur toutes leurs faces, qu'il y a bien plusieurs sortes de lunes, dont une rousse, et faire connaître ensuite les matières réfrigérantes qui entrent dans la composition de cette dernière, lesquelles matières agissent si désastreusement parfois sur les pauvres végétaux. En les étudiant bien, ils parviendront peut-être aussià savoir,— ce que je cherche en vain depuis longtemps, — pourquoi le premier quartier détruit ce qu'avait fait le dernier; pourquoi une nouvelle ou pleine lune fait le mauvais temps à Paris et le beau autre part, — comme dans tout le midi, par exemple, oh régnait nne sèche* resse désespérante, quand ici nous étions dans la boue; — » pourquoi, enfin, une lune rousse peut être : ou toute bonne, ou toute mauvaise, ou bien commencer en lym et finir en mon* ton, ou commencer en mouton et finir en lion ; en un mot ils pourront faire connaître par quelle suite de modifications passent ces lunes pour être si sujettes à variations, et à Tin* constance; ce qui fait dire., aux esprits malveillants, que Tin* fluenoe lunaire est une mystification de quelques célèbres Gaulois, grands propriétaires, comme chacun sait, de pré*

denses salines, d'où ils tiraient ces fameux grains de sel qu'on prend parfois, encore aujourd'hui, pour des diamants ou des perles fines. Je regrette donc de ne pouvoir édifier mes aimables correspondants sur la question qui les préoccupe si vivement» et qui est, je le comprends, d'un très-haut intérêt horticole I Us ignorent évidemment mes sentiments à l'égard de leurs divinités.

Je ne prétends certes pas être un esprit Malveillant ; j'ai tout au plus, comme on le dit dans certains cercles bien informés, le caractère mal fait — pour l'époque actuelle; — néanmoins, je partage l'opinion de ceux qui ne croient pas à l'influence lunaire , et cela, par suite de la simple observation des faits, avec accompagnement d'un peu de raisonnement et de bon sens.

J'ai déjà enregistré, dans ce recueil, plusieurs cas d'infraction aux lois qui réglementent l'influence des lunes ; j'ajouterai aujourd'hui ceux du mois dernier.

Depuis longtemps le ciel déversait sur nos têtes une pluie généreuse qui promettait, aux Parisiens, que les petits Pois et les Fraises se vendraient cette année à peu près pour rien ; et le Parisien se préparait à être heureux. Mais, tout à coup, le soleil, imitant la lune, notre ingrate satellite, dévora les nuages, et tant et si bien que, le 1" mai, le beau ciel bleu apparut dans toute sa magnificence ; et , actuellement , Pois et Fraisée sont hors de prix. Or, le dernier quartier de la lune 96 trouvait le 27 avril, et la nouvelle lune n'était que pour lé 4 de mai l L'infraction est donc bien encore ici manifeste. Jusqu'an 7, le soleil nous fit jouir d'une température tropicale; mais le 8 la pluie vint mettre un terme à cette chaleur caniculaire, et pourtant, le premier quartier n'était que pour le 10. Depuis, nos lecteurs n'ont pas oublié la froidure qui est descendue àséro le 23 (à Segrei) , à 4 1/2 au-dessous le 24 , et à moins % le 25.

Cette recrudescence de froid a eu lieu à peu près par toute la France. À Marseille il à neigé; aux environs de Toulon presque toutes les primeurs ont été grillées parla gelée blanche; en Bourgogne les vignes ont souffert; en Lorraine elles sont toutes gelées. De l'ouest les nouvelles ne sont pas meilleures; toutefois, à quelque chose malheur est bon, comme on va le voir. Voici en effet ce que nous écrit M. Massé, horticulteur à là Ferté-Macé, département de l'Orne •

Monsieur le Directeur , « Hier $2 mai, dans l'après-midi, il est tombé beaucoup de grêle. et cette nuit beaucoup de neige. Il fait très^froid; la population a repris ses vêtements d'hiver qu'elle avait quittés par suite des premiers beaux jours du mois. Nous avons eu de la pluie tous les deux jours. — Grande destruction de jeunes semis par les limaces. — Pas de hannetons fécondés ; en sortant du sol ils n'ont pas la force de s'accoupler par suite de la pluie. — Ravages des vers blancs nuls à cause de l'humidité. — La végétation marche lentement. — Beaucoup de poires et de pommes à cidre et à couteau.— Idem prunes et cerises. — Les Pêchers sont trèsmalades; une partie même est morte. Ce matin 23 , la neige tombe; les toits en sont couverts d'an centimètre ; elle ne fond pas au nord; on craint une gelée pour la nuit prochaine ; le vent est nord, et le temps est couvert.

Agréez, Monsieur, A. Massé.

Si nous nous reportons au calendrier, nous constatons que la pleine lune était le 18, et le dernier quartier le 26. Par conséquent le 22, jour de neige et de gelée, se trouve encore 4 jours avant ou 4 jours après une de ces phases lunaires* Le beau temps et la chaleur sont venus, il est vrai, le 26, dernier quartier de la lune. Ce jour-là, le thermomètre marquait 13 degrés au-dessus de zéro, à 3 heures du matin, et, à midi, la température était telle que j'aurais pu me croire en plein Pérou sans le triste spectacle que m'offraient les jardins de Segrez.

J'ai relevé, encourant, le nom de quelques-unes des victimes des journées du 22 au 25 ; voici le résultat : Les Coleus Ver-

schaffeltii et Potirons gelés complètement; les Iresine Herbstii et les pommes de terre ont en les jeunes pousses gelées» la partie inférieure des tiges a résisté. Dans l'école des arbustes, toutes les vignes américaines et japonaises, y compris la vigne vierge, ont eu l'extrémité des bourgeons également gelée. Chez les Chimonanthusfragans, Catalpa Kaempferi et Bungei, lé Paulownia, Magnolia macro phy lia, et le rustique Chêne des bois, les jeunes feuilles ont été grillées , mais seulement chez les individus exposés au soleil ; des sujets des mêmes espèces, abrités du soleil levant, ne portent aucune trace de gelée. Les Camellia, les Thés, la Passiflora cserulea , les Clerodendrum, ksCallicarpa, les Véroniques ligneuses, les Rhynchospermum, tous les Osmanthus, Eurybia, et une foule de plantes de serre, mises en pleine terre dès le mois de février, ont parfaitement supporté ce dçrnier froid ; il faut noter que la plupart de ces végétaux n'avaient fait aucune nouvelle pousse. Enfin les Pelargonium zonale et à grandes fleurs, les Fuchsia exposés à r air libre mais au nord depuis plusieurs jours, n'offrent pas la moindre trace de souffrance.

Cette recrudescence de froid, pendant le mois de mai, s'était déjà manifestée Tannée dernière , et , chose remarquable , cdtame cette année, elle s'est arrêtée brusquement le 25. II y a là évidemment une cause. Lune rousse à part — puisque les ltmophiles ne peuvent dire si c'est la dernière ou l'avant-dernière qui l'était — quelle est cette cause ? On ne saurait en appeler aux trois saints de glace dont l'influence s'arrête le 13 ; ni aux astéroïdes de M. Petit, dont F arrière-garde a dû défiler entre ciel et terre le 45 ! Les gens qui veulent tout expliquer ont bien remis à flot la banquise du Groenland; maïs, soit dit entre nous, cette banquise me fait singulièrement l'effet d'être une fameuse Exposition universelle !!.. Mon estimable et spirituel ami, le Dr Rigaud, de Dun, un descendant des Gaulois, par les femmes, soutenait dernièrement dans le t>*~

réservé du Champ-de-Mars , à des lunistes qui dissertaient sur la lune rousse, que la température anormale du mois de mai provient uniquement de ce que le mois de février;, qui n'a que 28 jours , a eu par compensation deux nouvelles lunes! c C'est cette anomalie astronomique, disait- il, qui a produit l'anomalie atmosphérique, car l'année 1867 a ainsi treke lunes, et ce nombre a toujours été funeste il l'humanité. «Son auditoire a pris son selpour du diamant et s'est retiré convaincu.

Quand on voit des gens prendre cette plaisanterie au sérieux, on désespère vraiment de détruire oette croyance aveugle de l'influence lunaire, qui entrave le progrès de l'horticulture et de l'agriculture, mais on s'explique très-bien, par exemple, comment Edmond About a pu devenir tout à coup chroniqueur horticole, sans jamais avoir cultivé même une Giroflée sur sa fenêtre, comme la vertueuse et candide Fanny l'Ouvrière*

Aussi je renonce à la destruction des erreurs lunoman» tiennes, bien entendu ; — car, pour le métier de jardinier chroniqueur, depuis que j'ai vu, au Champ-de-Mars, les Anglais placer, dans le café du Palais de cristal, le buste du jardinier Paxton à côté de celui du prince Albert d'Angleterre, j'y tiens plus que jamais, et ne céderais pas ma plume pour le sceptre de l'empire de feu Soulouque.

En Franoe, il est vrai, nous n'en sommes pas encore & honorer le jardinage à ce môme degré d'altitude, bien au contraire.

J'ai vu à l'Exposition un prospectus illustré d'un grand ouvrage sur les jardins de Paris* et c'est en vain — mais avec peine — que j'ai cherché le nom du Paxton français, M* Barillet-Deschamps, qui, cependant, a concouru pour une large part 'dans la création de ces splendides et pittoresques promenades que nous envient les pays étrangers. Il n'y a pourtant pas de honte à être le collaborateur d'un -dis-

ôtpla dé Flore. Alphonse Karr ne dédoigae pas le titre de jardinier , — il est vrai que c'est un hbmme d'esprit) — et Edmond Àbout,— qui ne manque pas non plus de ce que pos<* ièderauteur des Guêpes, -~ ne craint pas à son tour de se faire jardinier, non pas, comme l'empereur Vespâsien, pour trouver k bonheur, mais tout simplement pour démontrer, dans le journal V Exposition universelle de 1867 illuitrée, * que* le séjour des jardins adoucit les mœurs de l'homme en détendant les nerfs,» Je dis: t tout simplement », parce que l'auteur de Tolla et de Germaine se bornera à traiter le sujet au point de vue seulement delà philosophie sociale; car il a compris qu'il manquerait le but auquel il veut atteindre, s'il s'aventurait dans le domaine de la science pure des végétaux. On peut en juger du reste. par la courte incursion qu'il y a faite dans le numéro cinq» Voici la digression de la page 67, qui prouve évidemment qu'il aurait tort :

« A propos, de Wellingtonia gigantea, dit-il, je demande la i parole. Nos économistes et nos politiques vont profiter de

• l'Exposition pour inviter tous les Européens à s'entendre » une bonne fois sur les monnaies, les poids et les mesures. Je > voudrais que les botanistes, attirés en foule au Champ-de- »' Mars, s'entendissent un peu, par la même occasion, sur lu » nomenclature des plantes* On leur donne des noms latins, » parce que le latin est pour les esprits cultivés une langue

• universelle, filais à quoi bon parler latin, si les Américains » appellent Séquoia ce que l'Anglais nomme Wellingtonia et le » Français Euùêlyptui? et&<, etc. »

C'est peu, dit Boileau,

Cest peu qu'en un ouvrage où les fautes fourmillent, . Des traits d'esprit semés de temps en temps pétillent ; - Il faut que chaque chose y soit mise en son lieu.

Or, M. About a mis là un Eucalyptus qui n'est pas précisément à sa place. Un myrte n'a jamais été un sapin 'pour per-

sonne; et jamais non plus la science n'a enregistré que le Géant des forêts déjà Nouvelle-Hollande, V Eucalyptus, arbre de la famille des Myrtacées, était le Géant des forêts de la Californie, ou Washingtoniades Américains, ou Wellingtonia des Anglais, ou Séquoia des botanistes non compatriotes des deux grands capitaines Washington et Wellington, et qui appartient à la fafnille des pins et sapins .

Cette erreur se comprend parfaitement. Rien ne peut s'acquérir sans études, les sciences naturelles surtout; car elles ne sont pas et ne peuvent être immuables. Comme toute chose perfectible, elles sont entraînées sans cesse vers la perfection, par le mouvement progressif qui nous enveloppe de toute part; il faut par conséquent qu'elles marchent, et leur marche est si rapide, que le savant par état qui se repose seulement un jour, a beaucoup de peine souvent à comprendre le progrès accompli quand il se remet le lendemain à l'étude. Il est donc tout naturel qu'un homme, qu'un romancier, qui ne peut se tenir au courant des découvertes journalières de la science, confonde le Géant des forêts de la Nouvelle-Hollande avec le Géant des forêts de la Californie ; et qu'il' ne comprenne pas que trois botanistes de nations différentes, découvrant la même plante à peu près en même temps, puissent donner, à cette plante reconnue nouvelle, chacun un nom qui ne soit* pas le même. La réunion des botanistes au Champ-de-Mars proposée par M. About n'est pas absolument nécessaire, dans ce cas, pour s'accorder ; le besoin ne s'en fait nullement sentir pour lés savants ; ils s'entendent très-biensans cela. Quand il arrive que trois, quatre ou cinq botanistes ont donné sans le savoir, à peu près à la même époque; chacun un nom différent à la même espèce, les naturalistes adoptent le premier en date et tout est dit. C'est simple comme bonjour.

On aurait donc tort de faire à M. About un crime de son erreur. 11 ne peut dire que ce qu'il sait.

Da reste, le Journal Y Exposition universelle ne tient pas parait-il, à l'exactitude. Dans ce même n* 5, que le hasard m'a mis sous les yeux, il y a deux dessins qui ont la prétention de représenter le jardin central et la grande serre du parc réservé, mais que personne ne reconnaîtra . Où le dessinateur a-t-il vu, dans la grande serre, ce superbe aquarium garni de Victoria regia? et ces majestueux palmiers enlacés de tyranniques lianes qui s'élèvent jusqu'au sommet de la coupole et donnent à l'ensemble un petit aspect de forêt vierge? Je ne sais pas à quel moment le dessinateur peint la vérité*, mais je puis affirmer que ce n'est certes pas quand elle sort de son puits, car elle est par trop altérée. C'est une magnifique mystification.

A propos de mystification, nous croyons devoir signaler un fait dont viennent d'être victimes trois horticulteurs de Lyon; qui ont pris aussi à la lettre le second alinéa dé l'art. 2 du programme officiel, ainsi conçu : « Les concours ouvrant le » 1" et le 15 dé chaque mois, et le Jury entrant immédiate- *ment en fonctions, les plantes et les produits devront être • apportés les jours d'ouverture de ces concours avant 8 heures » du matin, et seront reçus dès la veille avant 5 heures du » soir. »

Confiants en ces traités , trois rosiéristes lyonnais débarquaient le 1er de ce mois à Paris, et avant 8 heures du matin, ils déballaient, au Champ-de-Mars, des Roses nouvelles pour le concours accessoire : Roses coupées nouvelles obtenues de semis. Ces Roses coupées de la veille, et qui avaient fait cent et quelques lieues en chemin de fer, étaient déjà un peu fatiguées. Nos trois courageux exposants, commençaient à s'inquiéter ; car ils allaient lutter contre des fleurs coupées du matin même, dans les pépinières des rosiéristes de Paris. Pauvres gens! ils comptaient encore sans la fragilité humaine. Le programme porte bien que le Jury entre immédiatement en {onctions ; mais MM. les membres qui le composent, en déci-

dent souvent autrement, et pour le concours de Roses coupées du 1er juin, ils avaient décidé qu'ils ne fonctionneraient que le lundi 3. U est vrai qu'ils sont eux-mêmes si singulièrement reçus, qu'ils ont raison de n'en prendre qu'à leur aise. Mais on peut juger dans quel état se sont trouvés les exposants lyôfl» nais.fLe lundi leurs roses étaient fanées et n'ont pu concourrir Avis aux horticulteurs de province !

Malgré ma bonne volonté et mon désir d'être agréable à MM. de l'Exposition > il m'est impossible de garder le silence sur un fait aussi préjudiciable aux intérêts des horticulteur

F. Hkrincq.

EXPOSITION UNIVERSELLE

Dans mon précédent article, j'ai dit quelques mots du concours de la S9 série ; mon intention n'était pas de me borner à ce simple exposé. Ce concours, très-remarquable, par la valeur des concurrents, le nombre des lots, la beauté et souvôùt la rareté des sujets présentés, mérite un article plus étendu.

Les Conifères, qui en sont le principal objet, forment une famille très-intéressante pour l'horticulteur, l'arboriculteur et l'industriel. Des plantes fort belles, originaires de tontes les parties du monde, se sont trouvées réunies en même temps, et ont montré l'étonnante richesse de cette belle famille, et son extrême importance à tous les points de vue. L'amateur, qui ne recherche pas seulement le plaisir des yeux, mais qui voit les bienfaits cachés dans une plante, songe aux nombreux habitants des montagnes qui vivent de l'exploitation des forêts de sapin. U voit l'homme, opposer le Pin maritime aux envahissements de la mer, qui ronge les dunes et s'avance dans le pays. L'habitant des landes combat, avec succès, un ennemi plus implacable que la, mer, la misère ! Il récolte la résine, et trouve, dans cette exploitation, l'aisance et le bien-être que lai

refusait le dur paya qu'il habite. Il me sera impossible de m'éteudre autant que le comporterait cette importante matière ; je me bornerai à indiquer les récompenses obtenues, et à nommer, dans chaque lot, les plantes qui m'ont paru re» masquables par leur belle venue, leur haute taille et leur nouveauté.

Tous les concurrents ont rivalisé entre eux, pour atteindre à ces prix, qui sont la 'haute récompense de bien des années de travail ; et, lorsque le monde entier viendra visiter ce merveilleux jardin où tant de belles choses seront tour a tour ex* posées, on ne pouvait songer à être médiocre. Les différences qui séparent un. premier prix d'un second, un second d'un troisième, sont bien minimes; un point , moins même, une fraction de point ont obtenu ce résultat ; aussi toutes les récompenses sont extrêmement honorables, et toutes vont atteindre des hommes d'un mérite incontesté. Le Jury très* savant et très- délicat éprouve souvent des scrupules et des embarras sérieux, avant de se prononcer sur la valeur relative des différents lots d'un concours. Cette hésitation est le plus pur hommage rendu aux efforts des habiles et courageux exposants.

Le Jury composé de MM. Briot, Carrière, Lawson, Pépin, Pissot, Ravene, Serval, Van Geert et le marquis de Vibray, offrait aux concurrents dans ce concours de Conifères, toutes les garanties de science et d'aptitude désirables. M. Deseine, horticulteur àBougival, a présenté pour le 1" concours (espèces et variétés réunies en collections) un lot de 250 plantes delà plus belle venue; il a obtenu le 1er prix, L'Abies pectinata pendula; l'Abies Douglasii; l'Abies excelsa pyramidalis ; le Biota orientalis aureo variegata ; le Picea excelsa ; le Thuya gigantea; le Wellingtonia gigantea; le Pinus ponderosa et le Séquoia gracilis m'ont paru mériter le premier rang dans ce lot magnifique.0

MM. Defresne et fils , horticulteurs à Vitry, ont obtenu le 2a prix. Les plantes que j'ai le plus admirées sont l'Abies Douglasii pendula ; leBiota orientalis aureo variegata; lePinus gylvestris monophylla, très-curieux et très-rare; le Larix pendula; le frnus Pindrow et le Pin us Jeffreyana.

La collection la plus nombreuse était celle de H. Oudin, horticulteur à Lisieux; elle a obtenu le 3' prix. Beaucoup d'exemplaires étaient très-jeunes, j'en ai observé quelques-uns qui s'élevaient à peine au-dessus des gazons .où ils étaient plantés; plusieurs plantes étaient mal étiquetées. l'ai re* marqué dans ce lot l'Abies Pichta; l'Abies Pinsapo; le Cupressus Lambertiana ; le Cupressus macrocarpa et une variété nouvelle panachée du Picea excelsa, le Picea nivalis.

MM. Croux et fils, horticulteurs à la vallée d'Ànlnay, ont obtenu une mention honorable pour leur lot. Très-peu déplantes étaient étiquetées. Même mention a été accordée à M. Paillet fils, horticulteur à Châtenay ; son lot très-remarquable ne présentait que 160 plantes. Plusieurs sujets étaient fort beaux, entre autres , un Abies Hookerii ; un Juniperus fragrans et un Larix Griffithii. Les 3 autres lots, présentés par MM. Moreau, horticulteur à Fôntenay, mention honorable ; Corail, horticulteur à St-Cloud, et Armand Gontier , pépiniériste à Fontenay-aux-Roses, étaient bien moins nombreux que les précédents; ils offraient néanmoins de fort belles plantes.

Les lots de 50 plantes de pleine terre, qui forment le 2* concours, ont été très-remarquables; MM. J. Veitch et fils (1) ont obtenu à l'unanimité le lw prix. Il faudrait citer toutes les plantes de la collection, pour être juste envers leur mérite. Voici les plus belles à mon avis : l'Abies bifida ; l'Abies ama-

(4) Dans mon précédent article, le nom" de MM. J. Veitch et fils a été imprimé avec trois orthographes différentes, ce qui pourrait faire croire qu'il y a trois maisons de noms a peu près semblables à Londres. Cette note dissipera tous les doutes qui ont pu s'élever, à cet égard, dans l'esprit dif lecteur.

Mlis; l'Abies bracteata; l'Araucaria imbricata ; le Biota aureovariçgataelegantissima; le Retinosporaplumosa ; le Thuyopsis dotabrata; le Sciadopitys verticiilata , l'Arthro taxis selaginoides. Le second prix a été décerné à M. Moriet. Dans sa belle collection on remarquait : r Abies Cilicica ; l'Abies magnifica; le Taxus baccata pyramidalis; le Wellingtonia gigantea; les Pinus excelsa, Retinospora obtusa; le Torreya grandis; l'Abies Pinsapo, toutes plantes fort remarquables.

La collection de M. 'Jamin-Durand était aussi belle que la précédente ; le Jury l'a classée au 3' rang, à la différence d'un point, et lui a accordé le 3° prix. Le Thuya gigantea, l'Abies lasiocarpa; l'Abies grandis; le Pinus Salzmannii; leCryptomeria elegans, m'ont paru de fort belles espèces et les plus beaux sujets de ce lot. M. Rémont de Versailles a obtenu une mention honorable, le Pinus Benthamiana; l'Abies Douglasii ; le Cupressus Corneyana; l'Abies Pinsapo, étaient justement admirés et par leur taille et leur belle végétation. La «collection de M.Robine, formée de sujets jeunes, n'a pu, malgré la valeur des espèces qui la composaient, Qbtenir qu'une mention honorable. Un Pinus aristata;* un Pinus Peuce; un Torreya grandis; un Abies Pindrow, attiraient l'attention par leur rareté et leur beauté. *

Cinq concurrents se sont présentés pour le 4° concours '(12 espèces variées remarquables par le choix et le dé* veloppement ). Voici leurs places par ordre de récompenses;. 2* prix : M. Chajozé , horticulteur à Angers ; 3* prix : M. Alfroy neveu , horticulteur à Lieusaint ; mentions honorables : M. Gochois, horticulteur aux Andelys, et M. L. Leroy d'Angers. M. Cochet, n'ayant pu présenter que onze plantes de toute beauté, n'a pu être primé par le Jury, comme ne remplissant pas les conditions du programme. Tous présentaient de belles plantes: le Pinus Cembra; l'Abies lasiocarpa, l'Abies Douglasii, le Thuya gigantea de M. Charozé;

le Juniperus<exoelsa, l'Abies Morinda, le Cupressus horizontalisde M. Alfroy neveu; le Retinospora leptoolada, l'Abicp grandis et le Thuya Lobbii de M. Cauchois, étaient de magnifiques exemplaires, qui, par leur taille, et leur culture bien entendue, faisaient le plus grand honneur aux exposants.

Les prix du 5e concours (lots de six sujets variés extra forts remarquables pour l' ornementation des jardins) ont été remportés par M. Cochet, deSuisnes, pour le 4*r; par M. Remont, de Versailles, pour le 2*; les mentions honorables ont été accordées à MM. Alfroy Duguet, de Lieusaint; Louis Leïoy, d'Angers et Louis Sergent, M. Cochet présentait dans son lot, un Abies Mienziezi, un Taxodium sempervirens, un Àbies Pinsapb de 5 à 0 mètres de haut ; les sujets des autres concurrents étaient moins élevés, quoique très-dignes d'être admirés par les connaisseurs les plus difficiles.

Le 6a concours (sujet remarquable par son développement), a présenté des merveilles; on ne sait ce que Ton doit le plus admirer, ou de la beauté et de la grande taille des sujets présentés , ou des difficultés vaincues pour les amener à l'Exposition. Le Thuya gigantea de M. Coohet a obtenu le 1* prix? l'Abies Nordmanniade7 mètres de haut, de MM. Krelage et fils, le 2° prix; M» Oudin aîné a vu son Abies Pinsapo récompensé du 3* prix ; les mentions honorables ont été attribuées : aux Pinus Sabiniana de M. Alfroy neveu, à l'Araucaria imbricata de M. Aug, Van Geert, et à l'Abies cephalonica de M.Louis Leroy.

M» Paillet, horticulteur à Chàtenay, s'est présenté seul au 7« et au 8e concours (lot de 25 Abies, et de 25 Pins remarquables par le développement et le ohoix des sujets) ; son lot de 25 Abies (Sapins) a obtenu un 3* prix.

Le 0e concours était consacré aux espèces et variétés de pleine terre d'introduction récente. M. Adrien Sénéclauze, horticulteur à Bourg- Argen lai (Loire), a obtenu le ttr prix*

MM, J. Veitch et fils, le 2'; MU. Thibaut etKeteleér, le 3<. Les mentions honorables ont été accordée* à MM. Paillet, Oudin, Morlat et Rovelly,

Les deux premiers lots étaient considérables. Le premier présentait environ 50 plantes, et te second en comptait plus de60. Nous renvoyons nos lecteurs aux catalogues, ne pouvant icfreproduire cette longue' énumération de nouveautés. Les plantes de M. Sénéclauxe étaient peut-être* plus fortes dans quelques variétés très-rares; cette cause lui a valu le 1" prix.

Les autres lots présentaient des collections plus ou moins nombreuses, mais composées d'exemplaires très-petits. M. Kételeèr a obtenu le 3a prix avec 21 plantes parfaitement choisies parmi les plus rares. M. Roelly a présenté des plantes fort curieuses» entre autres un Retinospora glaucu, et un Dacridium Lobbii très-élégant.

Le 10» concours comprenait les lots de Conifères nou« Telles, (espèces et variétés non encore mises au commerce). À ce concours très-important, et très-difficile à juger, trois concurrents sont en triés en lice. MM. J. Veitch et fils ont présenté au Jury, entre autres plantes» 4 Retinospora : filiçoides, obtusaoompacta, filiformis et retusa; un Juniperus japonioa, etc. Os ont obtenu le 1er prix.

M. Oudin avait un Abies canadensisfoliis variegatis, un Abies species nova, un Abies californica et un Cedrus pinifolia î remarquables ; un 3f prix a récompensé son apport. M. A. Sénéclause à exposé trais plantes curieuses :xle Juniperus myolurus, F Abies Lindleyana et F Abies glaucescens. Le Jury lui a accordé une mention honorable.

^e 11e concours (espèoes et variétés de conifères de serre tempérée et d'orangerie) n'a pas eu lieu, faute de conçu*» lents.

Le i& concours (lots d'Araucaria variés, et remarquables par leur force) n'a pas été très*eomplet; trois exposants seu«

lement se sont présentés; le Jury n'a accordé qu'un 3* prix et deux inentions honorables. M. Daudin a obtenu le prix. Les mentions honorables ont été décernées à MM. Knight et Rioui.

Les concours accessoires ont été moins considérables que les concours principaux; il faftt en excepter les Cactées, qui ont donné lieu à dix concours.

M. Chantin a obtenu le 1er prix pour un lot de 30 plantes à feuillage ornemental. M. Lassusla été recompensé d'un 3* prix pour son lot de 12 plantes. Plusieurs pieds de Dracaena indivisa m'ont paru très-remarquables par leur développement. On peut adresser le même éloge à toutes les plantes du lot. ,

M. Ambr. Verschaffelt a présenté, pour le concours de 6 plantes à feuillage ornemental remarquables par leur développement, un Pandanus mauritanicus orna tus, un Zamia Lehmanni, un Zamia villosa, nn Livistonia siriensis, un Bonapartea glauca et un Dracœna Knerckii; ces six plantes, très-grandes, d'une puissante végétation, étaient admirables ; elles ont obtenu le 1" prix.

Les exposants ont fait défaut au concours des Orchidées.

Les concours de Cactées ont été aussi brillants que pouvaient le désirer les amateurs de ces curieux végétaux. Les Cactées présentent bien certainement les formes les plus bizarres que les plantes puissent revêtir. La plus grande partie est couverte . d'épines tantôt courtes et en forme de crochets, tantôt longues et entrelacées, en si grand nombre, que la plante disparait sous cette armature menaçante. Jamais chevaux de frise n'ont aussi bien défendu les murs auxquels on les fixait, que les épines de certains Echinopsis et Echinocactus. Les unes sont sphériques et à côtes, comme des Melons ; les autres, telles que lesCereus, élèvent vers le ciel leurs colonnes prismatiques. Le profane qui contemple ces monstres végétaux se dit : mon Dieu! à quoi cela peut-il servir? Qu'il attende 1 les fleurs les plus jolies et les plus brillantes viendront embellir ces plantes

et lui prouveront qu'il ne faut pas toujours juger sur l'apparence.

M. Cels, qui a présenté plus de 600 espèces au 1er concours (Espèces et variétés réunies en collection), a obtenu le i"prix. Jamais plus nombreuse collection déplantes, rares pour la plupart, n'avait été présentée au public. Nommer les plus belles, serait faire le catalogue du lot; ici encore nous sommes obligés de renvoyer au catalogue spécial d'horticulture de l'Exposition (4). M. Pfersdorff avait un lot moitié moins nombreux. Il présentait des plantes fort rares; le 2d prix lui a été accordé. M. Ramus, amateur, a exposé une collection de 1 20 plantes fort remarquables par leur taille et leur belle végétation; il a obtenu le 3e prix.

Les Cactées greffées ont donné lieu à un concours très-intéressant. M. Pfersdorff a présenté 88 sujets greffés; beaucoup ont été très-admirés du public par leur bizarrerie. Un énorme Echinocactus Potsii porté sur trois pieds de Cereus était bien certainement le plus curieux exemplaire de ces greffes. Bien que nourri seulement par les trois pieds qui le soutenaient, il avait pris un tel développement, qu'on avait été obligé d'établir un petit échafaudage pour le supporter, les plantes nourricières en étaient incapables. Quand donc les dames de Paris, rencontreront-elles, pour leurs chers poupons, des nourrices aussi consciencieuses? M. Pfersdorff a obtenu un 3*-prixpour on lot de 25 variétés présentées en fleurs. M. Cels a obtenu un 1er prix pour sa belle collection de Cereus. Le Cereus geometrisans était le plus remarquable.

Le concours des Lycopodium et deSelaginella a été soutenu par MM . J. Veitch et fils, qui ont obtenu un 2- prix pour 5 Lycopodes nouveaux. Le Lycopodium (les lies Salomon m'a paru le plus digne d'être admiré. Lé V prix a été accordé à M. Wil-

(4) L'admkufttnitioii an Journal se charge de procurer le Catalogue de l'Exposition d'horticulture au prix de 4 fr. 20 c, franco par la poste.

Juin 1867. 43

linck, horticulteur à Amsterdam» pour ses Lyoopodium tétrasticum. M. Aug. Van Geert, de Gànd, a obtenu une mention honorable pour une collection de 12 espèces d'un beau développement.

Jamais concours d'Agave ne fut plus brillant et plus curieux ; tous les plus forts sujets d'Europe s'étaient donné rende*vou» au Champ-de-Mars. M, Gels a obtenu à l'unanimité le premier prix, pour sa magnifique collection, et M. Ghantin le second ; sa collection fort belle présentait des sujets moins forts.

Le prix des collections de 25 espèces choisies a été remporté par M. Jean Yerschaffelt, de Gand. L'Agave eohidigera, l'A* xylenacantha, TA* Kerkovii, m'ont paru les plus remarquables. Un 2e prix a été accordé à la collection d'Aloès de M. PferadorfL

M, Jamiji'Durand a obtenu un 2* prix pour ses Yucca; nous avons aussi remarqué le lot de M.. Lebatteux, du Mans, qui était composé de sujets très-forts et très-vigoureux ♦

M. Jean Verschaffelt a exposé une splendide collection de Bonapartea, Dasylirion, etc. Les variétés de Bonaparte», VHystria, l'Hystria glàuca, le stricta glauca, le longifolia et le DasyUrion Hartwegianum ont été fort admirés. Un premier prix a récompensé ce lot magnifique. M. J, Yerschaffelt a ex* posé ausai une Broméliacée nouvelle très-remarquable par son aspect neigeux, le Tillandsia argentea, Un premier prix a ré* compensé cette curieuse introduction.

Nous passons à des plantes d'un autre ordre, au plantes herbacées, de pleine terre. Les Jacinthes de M. Krelage, dq Haarlem, ont obtenu le premier prix, et c'était justice; iaHoU lande maintient toujours sa réputation. U était difficile de voir rien de plus brillant comme coloris et beauté de fleurs. Le gouvernement prussien avait fait dessiner un chaînant parterre, et des milliers de Jacinthes formaient bordures; rien de plus gracieux que cette disposition où le rose., le bleu et le blanc se mêlaient harmonieusement, flaobtenu un 2* prix. M, Thibaut-

Du reste, le Journal Y Exposition universelle ne tient pas paraît-il, à l'exactitude- Dans ce même n° 5, que le hasard m'a mis sous les yeux, il y a deux dessins qui ont la prétention de représenter le jardin central et la grande serre du parc réservé, mais que personne ne reconnaîtra* Où le dessinateur a-t- il vu, dans la grande serre, ce superbe aquarium garni de Victoria regia? et ces majestueux palmiers enlacés de tyranniques lianes qui s'élèvent jusqu'au sommet de la coupole et donnent à l'ensemble un petit aspect de forêt vierge? Je ne sais pas à quel moment le dessinateur peint la vérité*, mais je puis affirmer que ce n'est certes pas quand elle sort de son puits, car elle est par trop altérée. C'est une magnifique mystification.

A propos de mystification, nous croyons devoir signaler un fait dont viennent d'être victimes trois horticulteurs de Lyon; qui ont pris aussi à la lettre le second alinéa dé l'art. 2 du programme officiel, ainsi conçu : « Les concours ouvrant le * 1er et le 15 dé chaque mois, et le Jury entrant immédiateornent en fonctions, les plantes et les produits devront être » apportés les jours d'ouverture de ces concours avant 8 heures » du matin, et seront reçus dès la veille avant 5 heures du » soir, d

Confiants en ces traités , trois rosiéristes lyonnais débarquaient le 1er de ce mois à Paris, et avant 8 heures du matin, ils déballaient, au Champ-de-Mars, des Roses nouvelles pour le concours accessoire : Roses coupées nouvelles obtenues de semis. Ces Roses' coupées de la veille, et qui avaient fait cent et quel* ques lieues en chemin de fer, étaient déjà un peu fatiguées. Nos trois courageux exposants, commençaient à s'inquiéter ; car ils allaient lutter contre des fleurs coupées du matin même, dans les pépinières des rosiéristes de Paris. Pauvres gens! ils comptaient encore sans la fragilité humaine. Le programme porte bien que le Jury entre immédiatement en fonctions; mais MM. les membres qui le composent, en déci-

complet que possible, il permet à tous d'approcher et de venir chercher leur portion d'honneur et de gloire» Il est facile à l'observateur de voir que le public qui vient admirer ces produits ne se borne pas à la simple admiration ; les nombreux renseignements qu'il recueille font présager une heureuse récolte pour les semeurs audacieux qui viennent affronter les concours. En effet, les catalogues sont très-bons, mais ce qui est bien préférable, c'est de voir les fleurs et de pouvoir juger de leur beauté. De cette façon, nul mécompte;, la description^ mieux faite pâlit, comparée au simple coup d'oeil jeté sur la plante. Certaines plantes de ma connaissance auraient pu revenir dans leur pays, si les nombreux acheteurs avaient pu les voir. Le temps n'a pas été très-propice. Espérons que les horticulteurs, comprenant l'importance d'une semblable Exposition, favorisée par un temps plus beau, arriveront en foule au concours et émerveilleront le public Semblables à l'ancienne Circée, ils le changeront d'un seul regard en clientèle nombreuse et fidèle.

Les légumes sont peu nombreux à l'Exposition, il est pénible de penser que, de ce côté-là, on ne pourra constater les efforts tentés en vue d'amélioration. La pomme de terre malade trompe tous les ans l'espoir du cultivateur ; elle affame quelquefois l'Irlande ; l'humanité attend un nouveau Parmeritier qui vienne lui apporter une variété très-bonne, très-productive, vigoureuse et ne craignant pas la maladie. Son nom durerait autant que son bienfait.

Deux prix ont été décernés : l'un, à M. Louis LKérault,

d'Argenteuil, pour un lot d'Asperges ; elles étaient très-belles.

La Société de Glermont (Oise) a eu un second prix pour sa

collection de légumes . Les successeurs de la maison Joret ont

exposé des primeurs. *

M. Courtois-Gérard, l'habile et savant horticulteur, a exposé trois légumes nouveaux. En sa qualité de membre du Jury,

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ses plantes n'ont pu être primées, elles étaient très-dignes du * i" prix. La plus curieuse est le Radis de Java, à siliques violettes, atteignant un mètre et plus de longueur. Jeunes, ces siliques sont très-tendres et possèdent la saveur fraîche des Radis. Quelle charmante succédanée du Radis rose que ces gousses délicates ; et quelle agréable surprise de la part des invités à qui on les offre pour la première fois ! La seconde est une Chicorée de la passion, variété fort rustique, qui se sème à Tautourne, végéta tout l'hiver à l'air libre, et donne une salade excellente au moment où l'on sème les autres variétés. Ceux, qui • ne peuvent faire de la culture maraîchère, — et ils sont nombreux en France , — apprécieront l'excellence de cette plante qui leur donnera des salades à une époque où , dans bien des localités, il est impossible de s'en procurer. La troisième plante est un Brocoli. Ce Choufleur donne la pomme comme les autres; en outre il se développe, sur ses nombreuses branches secondaires 9 une grande quantité de petites pommes. On comprend aisément que la production est plus que doublée dans un même espace de terrain. C'est une acquisition très* précieuse. Je suis heureux de faire connaître ces trois plantes h ' mes lecteurs bienveillants; quand ils ne retireraient que cela de leur lecture, ils n'auraient pas tout à fait perdu leur temps.

AuGr Fermer.

ALOCASIA LOWII (Pl. VI).

Autrefois on aurait dit Caladium Lovoii; c'est même sous ce nom générique que MM. Veitch ont annoncé cette nouvelle espèce d'Aroïdée, dans leur Catalogue, mais en lui donnant, comme nom spécifique, celui de Veitchii, c'est-à-dire Caladium Veitchii, bien que ces honorables horticulteurs de Chelsea ne fussent pas les introducteurs. C'est M. Hugh Low

fils, qui le découvrit dans l'Ile de Bornéo, une des lies de la Malaisie, comme Java, et qui l'envoya à son père, horticulteur anglais, chez lequel la plante a fleuri en 1863.

C'est une plante magnifique par, la riche teinte luisante de ses feuilles, et que l'art ne saurait imiter qu'imparfaitement. Elle a une souche tuberculeuse allongée souterraine, d'où naissent des feuilles — en petit nombre — toutes radicales par conséquent, et dont le limbe peut atteindre à la dimension de 40 à 45 centimètres de longueur sur 13 à 14 centim. de diamètre dans la plus grande largeur ; ces feuilles sont en cœur allongé en forme de fer de lance, très-profondément échancrées à la base , acuminées au sommet , d'un vert sombre en dessus, avec les nervures et les bords épaissis de couleur blanche ; la face inférieure est d'un beau violet carminé ; le pétiole est rougeâtre pâle. Les spatheç ou les grandes bractées qui enveloppent les fleurs et portées par une hampe yougeâtre, sont d'un jaune pâle, renflées globuleuses à la base, puis se contractant, et ensuite s'élargissant en un limbe en forme d'entonnoir, long de 15 à 18 centimètres, et laissant voir l'appendice stérile., moins long que le cornet, et d'une belle couleur jaune d'or.

Comme toutes les autres espèces, cet Àlocasia est de serre chaude.

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