‹ L'horticulteur français de (volume 3)Chapitre 25 sur 162 · IGNAME DE LA CHINE · texte numérisé non relu

IGNAME DE LA CHINE

, Culture en butte et en ados.

Une des causes de l'insuccès de cette introduction chinoise dans les cultures européennes est la profondeur à laquelle atteignent les racines, et qui rend l'arrachage d'autant plus difficile, que ces racines sont plus grosses à leur extrémité qu'à leur collet. Aussi la culture qui, au début de l'introduction, avait excité une sorte de passion, est-elle tombée dans une sorte d'indifférence voisine de l'abandon. Son Exe. M. le Ma-

réchal Vaillant, qui s'intéresse si vivement aux introductions utiles de l'horticulture, cherche eu ce moment à réhabiliter cette plante, en faisant connaître un procédé nouveau qui se rapproche de la pratique chinoise, et devant lequel disparait la difficulté d'arrachage. Ce procédé a été expérimenté chez M* de Montigny, consul général de France en Chine, et avec le plus grand succès. Ce procédé est tout simplement la planche en ados.

En 1865, M. de Montigny, qui est l'introducteur de l'Igname de Chine en France, comme chacun sait, voulut tenter la méthode chinoise. Il fit faire, vers la fin de novembre, l'extraction d'une planche de ces Ignames arrivées à la 3* feuille, et replacer les collets à l'endroit qu'occupaient primitivement les rhizomes. Dix mois environ après cette opération, le jardinier déterra deux de ces tubercules, et fut étonné de les trouver de la môme grosseur que ceux qui comptaient trois années de végétation, et dont un pesait un kilog. 670 grammes.

Cette culture est donc tout simplement, comme on le voit, une culture en billon. Rien dès lors de plus aisé que de l'établir. Le terrain étant divisé en planches parallèles d'un mètre de largeur, on creuse alternativement une de ces planches , par moitié, en jetant la terre sur l'autre planche, en lui donnant une forme bombée, et c'est au sommet de ce dos d'âne qu'on plante deux rangées, de collets de jeunes Ignames. En creusant à 30 centimètres au-dessous du sol on obtient ainsi unbillon de 30 cent, de hauteur. L'arrachage devient donc très-facile, par les flancs de chaque billon.

• Au lieu d'attaquer les tubercules entièrement à la base, dit M. de Montigny dans une de ses lettres à son Exe. le Maréchal Vaillant, il suffira de commencer à les découvrir à la base du collet, là où cesse le chevelu, d'opérer la section et de continuer à découvrir le tubercule, à l'extraire, à l'aide de la main et de la bêche* h l'ébranler doucement et à le soulever per-

pendicnlairement. C'est ainsi que mon jardinier fait^ et dans une terre sablonneuse et bien meuble, quelque cassante que wit cette racine, il l'arrache facilement en s'y prenant de cette manière. »

Louis Goannsa.

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