ABRICOTIER A AMANDE DOUCE
Nous annoncions dernièrement l'arrivée prochaine en France d'an envoi d'Abricotiers à amande douce , très-communs en Syrie. Cet envoi est parvenue la Société d'horticulture de Paris, qui, n'ayant pas de jardin à sa disposition, a dû con- * fier les six exemplaires envoyés, aux membres les plus zélés de cette Société, pour en assurer la diffusion.
Cet Abricotier, au dire du D* Pigeaux, l'instigateur de cette nouvelle introduction, est d'une singulière fertilité, et son fruit, sans être gros, a un goût excellent. Voici du reste les renseignements que publie le zélé docteur, dans le Bulletin de la Société d'acclimatation, n° de mai 1867 :
t Les Abricotiers de plusieurs espèces ou variétés sont trèscommuns en Syrie. Il y a deux manières principales de les cultiver qui concourent puissamment à assurer sa fécondité annuelle. A Damas il s'élève h$ut comme nos Ormes, sans se dégarnir aucunement par la tète, jusqu'à une hauteur de 12 à 15 mètres.
• 11 n'est pas rare d'en voir qui portent ainsi plusieurs milfiers de fruits d'un poids de 100 à 150 kilogrammes. Ils sont si sucrés et si parfumés que, pour les transformer en pâte d'abricot, répandue dans tout l'Orient, il suffit de les aplatir sur des planches de bois blanc et de les exposer quelque temps au soleil (35 à 48 degrés).
» Dans certaines contrées du Liban peu fertiles, où la pierre
est à fleur de terre, on fait ramper les Abricotiers, greffés très-bas, à 6 ou 9 pouces de terre (20 à 30 centimètres). Quand on rencontre une veine de terre ou un creux de rocher où Ton puisse en placer, on décortique une branche dans un intervalle de quelques centimètres, et on lui fait ainsi prendre racine à nouveau. Il y en a qui ont ainsi plusieurs branches de 40 à 50 mètres. Au printemps, pour garantir les fleurs de ces espaliers rampants ou horizontaux, il suffit de les couvrir légèrement d'un peu de foin et de ne les découvrir que lorsque le fruit est gros comme une noisette. Ainsi cultivés, les Abricotiers donnent d'aussi bon fruits qu'en plein vent, et n'ont aucun des inconvénients de nos espaliers» Ce procédé ' est facile à pratiquer, d'une réussite certaine et donnera dans nos climats une récolte à peu près constante et annuelle. Nous ne saurions trop le recommander dans nos jardins et surtout dans les pays montagneux, dont on accroîtrait ainsi facilement le revenu. »
Dr Pigeaux.