FRAISE PRINCE IMPÉRIAL
Et procédé pour garantir les Fraises de la terre.
Je ne sais d'où vient cette nouvelle Fraise, et encore moins à qui nous la devons ; je l'ai reçue .par l'intermédiaire de M. Chaté, en même temps que Napoléon III et Impératrice Eugénie; il est probable qu'on se la procure chez tous les marchands qui tiennent la nouveauté. Le grand mérite selon moi de la Fraise Prince Impérial réside surtout dans sa précocité. Elle est néanmoins d'excellente qualité, et, sans connaître la fameuse Fraise Ananas perpétuel de M. Gloëde, qui doit — au dire de cet habile et zélé propagateur de la culture du Fraisier
—faire abandonner et rejeter sais merci toutes les autres variétés, je doute fort' qu'on pirissa trouver meilleure. Elle est eu effet de grosseur ordinaire, très-jnteuse et sucrée, et parait usez faille. Mais, je le répète, c'est au poin^de vue de la précocité, que je crois pouvoir la recommander* Elle était parfai* tenant mare, quand les autres variétés commençaient seulement à se teinter, et, cultivée comparativement dans Je même terrain avec les deux autres variétés nouvelles citées plus haut, elle a eu 12 à 15 jours d'avance sur elles.
Mais ce n'est pas le tout d'avoir de bonnes Fraises, il faut encore les préserver des limaces et du contact du sol ; car des fasses assaisonnées de terre, quelque bonnes soient-elles, , sont peu estimées des petites bouches délicates du sexe charmant qui embellit notre existence. C'est donc à son intention que je recommande apssi un procédé imaginé par M. Laanae, de Tournai, et que je trouve dans la Belgique horticole. < Ce n'est pas la perfection, dit l'inventeur, mais c'est trèssimple, et très-peu coûteux.
Dans le sens de la longueur de ses planches, il tend une ficelle des deux côtés de chaque rang de Fraisiers. La ficelle esta une hauteur de 10 centimètres du sol, et fixée ainsi et fortement tendue à des petits pieux placés à 2 mètres les uns des autres sur la même ligne; ces pieux n'ont que 20 centimètres hors de terre. Pour les Fraises des Alpes, il n'y a que 15 à 16 centimètres de distance entre les deux ficelles ; pour fesPmses dites anglaises, M. Lasausse recommande d'en mettre us peu pins.
'«Quand les Fraises commencent à se montrer, il pose les tiges sur les ficelles. Les fruits forment avec le bout des tiges an crochet assez solide qui les tient suspendus au-dessus du »1; c'est quelquefois le milieu de la tige qui pose . Mais voici . k défaut de la méthode , l'inventeur le reconnaît ; c'est que, A y a deux côtés du Fraisier qui n'ont pas de ficelle, les côtés
qui regardent la longueur de la planche; « mais il est rare, ajoute M, Lasausse, que je ne puisse pas accrocher un fruit, sent sur une ficelle, soit sur une tige déjà soutenue. »
Ce procédé estâai simple et si facile à établir, qu'on peut sans craindre en essayer. C'est le conseil que nous donnons, aux personnes qui aiment les Fraises, mais qui' n'aiment pas les croquer,
Ecg. de Martràgny.