DE LÀ MULTIPLICATION DES YUCCA
Confiants en la science, el acceptant les théories et maximes scientifiques comme œuvres de foi, les jardiniers ont longtemps considéré comme impossible la multiplication des plantes dites monocotylédonées. Ces plantes, d'après les anciens livres de botanique, diffèrent essentiellement des dicotylédones; elles ne se ramifient pas, et, dès qu'un individu à fleuri, il meurt ; il est monocarpe* Aussi appréhendait-t-on la floraison d'un Yucca, d'un Dracaena, etc. Comment, en effet, multiplier, par bouture, des plantes qui n'ont pas ou ne donnent pas de branches? Leur couper la tête n'avancerait à rien, disait-on; on n'aura jamais qu'un individu,, seulement plus petit, et encore la bouture reprendra-t-elle ? car « l'arbre périssait infailliblement, si l'on retranchait son centre de végétation •, c'est-à-dire lebourgeon terminal, comme disait M. Ach. Richard à la page 114 de ses Nouveaux Éléments de botanique, 3* édition, revue, corrigée et augmentée.
Aussi pendant longtemps les Yucca, les Dracœna ont été rares dans les collections, et partant très-cher s. Mais la science se trompe parfois — souvent même — et la pratique vient alors détruire, «sans remords sans pitié », tout le brillant échafaudage sur lequel repose quelque savante théorie. Ici , elle est venue montrer que les monocotylédonées, comme les dicotylédonées, possèdent à l'aisselle de leurs feuilles un œil qui, favorisé d'un peu de nourriture, donne, comme tous les yeux de dicotylédonées, un bourgeon capable d'être bouturé aussi facilement qu'une branche de Saule. Le tout est d'exciter la vitalité des yeux qui, généralement, restent à l'état latent.
Il y a quelques mois M. Rivière, jardinier en chef du Luxembourg, faisait connaître un appareil et le moyen de faire dé-
velopper les yeux des arbres monocolylédonés; il avait de grands coffres à tiroir, .placés sous les bâches d'une serre chaude, et dans lesquels il enfermait des tronçons de Dracœna qui, soumis à une haute température et à l'obscurité, produisaient aussitôt des bourgeons étiolés avec lesquels ils faisait ses boutures. Ce procédé est simple, mais coûteux.
Nous en avons vu un, en application chez M. André Leroy, pour les Yucca, qui est beaucoup plus simple et à la portée de tout la monde. M. A. Leroy coupe les tiges de Yucca par tronçons de 10 à 15 centimètres de longueur, et les enterre, en les couchant horizontalement, dans le terreau d'une couche sur laquelle est placé un châssis. En très-peu de temps, on voit naître de nombreux bourgeons, un au-dessus de la cicatrice des anciennes feuilles; nous en avons compté 11 sur un tronçon de 10 centimètres. Aussitôt que ces bourgeons ont de 2 à 3 centimètres de hauteur, on les enlève avec un peu de talon, en ayant soin de ne laisser que la partie encore saine de la tige, et on les bouture dans des petits godets remplis de terre sableuse ; on replace ces boutures sur couche et sous châssis, ou en serre à multiplication ; l'émission des racines a lieu peu de temps après. •
F. Herincq.
EXPOSITIONS D'HORTICULTURE
Le mois de septembre sera riche en exhibitions horticole;.
À Paris, au parc réservé du Champ de Mars, commencera, le 4 w septembre, l'exposition des Raisins pour vignobles. Puis, Fougères en Bretagne ; après, Coutances, du 6 au 9 ; Étampes, à la même époque; Soissons, du U au 17 ; Saint-Germain-en-Laye, du \ 5 au 48.
Travaux du mois d'Août.
Potager. Les chaleurs du mois d'août nécessitent de copieux arrosements aux Choux-Fleurs, Choux, Cardons, Céleri, etc. ; les Concombres, Cornichons, veulent aussi des bassinages nombreux. — A mesure que les Artichauts cessent de produire, il faut couper immédiatement les tiges au niveau du sol, en faisant attention de ne pas endommager les œilletons qui commencent à se développer. — Toutes les Laitues doivent être l'objet d'une attention soutenue de la part du jardinier; il faut lier les Laitues et les Scaroles, empailler les Cardons t et Céleri pour les faire blanchir selon le besoin de la consommation ; semer de la Romaine d'hiver, de la Laitue de la Passion, qu'on replante sur rotière. On peut encore à bonne exposition, semer dans les premiers jours do mois, des Haricots pour récolter en vert, pour les conserves d'hiver; mais alors . le terreau otles arrosements ne doivent pas manquer, on sème aussi, Radis roses, Oignon blanc, Poireau, Salsifis, Scorzonères, Épihards, Cerfeuil, Navet, Haches, Carottes, Choux-Fleurs, Choux de Milan, Pommiers hâtifs. Si on veut avoir du plant de Fraisier Quatre-Saisons, il faut, dès les premiers jours du mois, laisser les coulants se développer librement, on les paille un peu pour faciliter l'émission des racines. On veillera enfin à abattre, avec le dos d'un râteau, toutes les tiges d'Oignons qui seraient restées debout, pour que la sève se concentre dans l'Oignon et en augmente le volume.
Jardin fruitier. Palisser, ébourgeonner, pincer, sont les principaux travaux à opérer; on doit avoir soin aussi de découvrir les fruits qui approchent de la maturité, et profiler de cette opération pour visiter les branches malades, soit par la gomme, le chancre, etc. — On commence la greffe à œil dormant, à mesure que le bois sur lequel on veut pratiquer est parfaitement aoûté.
Jardin d'agrément. Les travaux de ce mois sont à peu près les mômes pour l'entretien. On commence à greffer les Rosiers en écusson à œil dormant ; on sèvre les Œillets* qu'on aurait marcotté le mois précédent, et on les plante dans des pots ou en pleine terre. 11 faut s'empresser de lever et mettre en place les plantes annuelles d'automne repiquées en pépinière , telles que Reine-Marguerite , Balsamine et Rose d'Inde, etc. On sème des Quarantaines pour les repiquer en pots et qu'on abrite pendant l'hiver, des Giroflées grosse espèce, Calcéolaires, Cinéraires, Pensées, Pelargonium, 'Pivoines, Renoncules, etc.
Sert*. Comme au mois de juillet.
Paris. — Imprimerie horticole de E. Donitaud, rue Cassette, 9,
soMÀiti dbs âtncus awrraros oahs ci nuitu.
F. Haaiice, Chrtnf^M. — Ludovic Gdillotiaux, eoapte raadn dp razpetttllm. — 0. Luanria, Roses ■ooTell* : mmm Prisme Itakert (PI. IX). - Rambt, observation sur «les Oarraceata aa pont de *ae de lf or eoliere en Bnrepe. — Nicolo, i«r l'origiee des Ctoraariaaa a1««Me«. — CaUaloajsw d'Iiorti cnliare. — Travail do mo» de septembre.
CHRONIQUE
Réclamations au sujet delà suppression de la chronique, et des articles scientifiques. Leçons et conseils d'une lectrice ; ce que doivent être une chronique, et les articles scientifiques d'un journal de jardinage. Je suis, dit-on, un cheval fougueux, et Y Horticulteur français est le Figaro horticole. Les eunuque* de la science. Justification des articles trop scientifiques, et des comptes rendus de l'Exposition. Le Congrès botanique; ce qu'il a été; promenades des membres ; leur réception à Verrières, par Mm* Elisa de Vilmorin ; toasts et discourt ; notre gaieté naturelle. Session du Congrès scientifique de France à Amiens : discours de M. le comte de Gomer sur les végétaux et leur acclimatation. Maladie de la Vigne et de la Pomnde de terre ; révélation inopportune de M. d'Avrincourt sur les expériences de M. Georges Ville concernant la maladie de cette dernière. Communication de |f . de Couliboeuf sur la cause de cette maladie qui détruit le gluten ; le zouave guérisseur.
L'absence de chronique, dans les deux derniers numéros, nous a valu une foule de réclamations, toutes très-aimables, du reste, devant lesquelles nous nous inclinons humblement, comme le doit faire tout chroniqueur qui tient en haute estime ses bienveillants lecteurs, et ses aimables lectrices ; car, parmi les nombreuses lettres qui encombrent mon bureau, il en est plusieurs dont le parfum embaume encore les airs d'une douce senteur, que n'exhale pas le papier rustique du vaillant ouvrier de la terre. "
Toutes ces lettres nous rappellent à l'exécution de notre programme : réintégration de la chronique en son lieu et place ; usage très-modéré d'articles scientifiques non élaborés!
« Ce que nous demandons, porte une de ces lettres, — dont
Septembre 4867. 4 8
l'immaculé papier satiné atteste que c'est une main blanche et légère qui a tracé ces mots, — c'est une chronique pour de vrai, c'est-à-dire un récit instructif et amusant des faits actuels qui intéressent l'horticulture. La chronique, c'est l'histoire du moment, racontée sans prétention, aveG simplicité et abandon; c'est plutôt de l'historiette. Par conséquent, lexhroniqueur doit être ce conteur plus ou moins aimable et spirituel du coin du feu comme au temps de nos pères, et non un éloquent et sévère professeur d'Histoire du collège de France. Son récit peut être assaisonné d'un peu de malignité et au besoin de piqûres légères, mais qui excitent seulement la sensibilité de la peau, sans jamais pénétrer au delà de l'épiderme; ce sont, en effet, les deux condiments indispensables de la chronique, comme le sel et le filet de vinaigre sont les ingrédients obligés de "toute bonne sauce ; et même dans la meilleure sauce, la mayonnaise, il entre un peu de moutarde. Mais nous sommes raisonnables ; nous ne vous demandons pas des chroniques à la mayonnaise; nous vous engageons même à n'en pas faire, parce que dans un moment de distraction ou .d'oubli vous pourriez la faire tout à fait sinapisée, ce qui est arrivé, parait- il, pour la dernière qui n'a pas paru. Votre éditeur a eu raison de vous en demander le retrait, et dans votre intérêt dont vous faites trop bon marché. 11 ne faut pas se sacrifier tout entier à la vérité ; personne ne vous en tiendra compte, et même ceux qui vous applaudissent sont les premiers à répéter : que vous êtes un cheval fougueux échappé d'un haras, et réfugié dans un magasin de porcelaines, où par vos ruades vous brises tout; que vous êtes le Figaro horticole, etc.
» Ce que vos lecteurs vous demandent, — je crois pouvoir parkr ici collectivement, — ce sontdoncdes chroniques avec sel et filet de vinaigre dans une bonne et sage proportion; et il vous est facile de la connaître exactement, cette proportion, maintenant que vous êtes presque confrère avec le grand et
habile cuisinier du jour, le Baron Brisse ; car je vois qu'il fait imprimer son intéressant Journal de cuisine chez votre imprimeur et éditeur M, Donnaud,
■ Quant aux articles scientifiques, qui occupent la place de vos chroniques, je ne sais s'ils sont du goût de tous les lecteurs deT Horticulteur français* Pour moi, je n'ai pas pu m'qssmiter, comme on dit dans le monde savant, le dernier sur la sève ascendante non élaborée; c'est de la science par trop ascendante et ma force, en botanique, ne me permet pas de vous suivre jusque si hautes régionslBeaucoup de vos lecteurs sont évidemment comme moi. Vous avez en effet pour abonnés des gens du monde et des jardiniers ; il y a donc peu, parmi nous, de docteurs en botanique, capables de s'assimiler de la.science à l'état brut. Pour qu'elle soit assimilable, il faut nous l'élaborer comme vous avez fait jusqu'à présent, en éliminant, par une opération que vous pratiquez fort bien, toutes les âpretés, en transformant la substance nutritive en quelque chose d'agréable qui soit l'analogue de la Glucose par exemple; car la science pure est fade comme la fécule. Il faut donc que vous remplissiez auprès de vos lecteurs le rôle que les feuilles remplissaient autrefois exclusivement pour les autres organes; c'est-à-dire que, sous l'influence de vos lumières, vous décomposiez la science, et la rendiez facilement assimilable, comme jadis les feuilles décomposaient l'acide carbonique, pour offrir le carbone aux substances qui en ont besoin pour se constituer. Je dis jadis, puisque vous avez tout changé, et que vous laissez maintenant à chaque organe le soin d'élaborer sa nourriture. C'est sans doute par esprit d'imitation que vous voulez aussi nous servir de la science brute, et laisser à chacun de nous le soin de la décomposer. Pour mon compte, j'aime beaucoup mieux recevoir de la science élaborée, descendant de vos feuilles, parce que j'avoue humblement qu'il me sera toujours impossible de tirer la moindre molécule assimilable de la science ascendante, par la
raison fort simple que mes lumières ne sont pas assez puissantes pour en opérer la décomposition.
• Je sais qu'en élaborant ainsi la science pour les autres, vous ne serez jamais considéré que comme un vulgarisateur, et non comme un vrai savant. Mais, sans vous connaître, à ne vous juger que par vos œuvres, on peut facilement apprécier qbe vous y tenez peu; car il y a longtemps que vous brisez comme k plaisir, une à une, les marches de l'échelle qui conduit aux régions scientifiques. Vous auriez dû faire, au moins, comme le jeune Japonais du Cirque Napoléon : monter d'abord au sommet de l'échelle en vous aidant des échelons, et ne les briser que quand vous auriez été bien établi, au sommet d'un des montants. Mais vous n'avez et n'aurez jamais ni la souplesse, ni l'habileté du jeune acrobate japonais, et je vous en félicite •
Grand merci, bienveillante lectrice. J'accepte la leçon et les conseils. Je reprends donc mes chroniques sous vos auspices, et j'aurai toujours sous les yeux, en les écrivant, la formule d'une des meilleures sauces du Baron Brisse, pour ne mettre que juste ce qu'il faut de sel. Je m'abstiendrai de toute mayonnaise, dans la crainte de faire des sinapismes. '
Je suis, dit-on, un cheval fougueux, etc., etc., la comparaison est plus spirituelle que juste. Si dans mes courses fougueuses, j'ai pénétré dans des magasins, ce n'a jamais été que dans des boutiques de vieilles vaisselles de. faïence; je n'ai donc pu diriger mes ruades que sur de mauvais plats en terre de pipe; j'aime trop ce qui est bon et beau, pour chercher à détruiçe la vraie porcelaine, c'est-à-dire la science et les vrais savants. Quant au Figaro horticole qui serait le surnom de V Horticulteur français, nous pourrions en tirer vanité; car fous les écrivains ne peuvent pas écrire au Figaro; il faut y dépenser beaucoup d'esjJrit, et du bel et bon esprit! N'en a pa$
qui vent en cave, à tirer à la pièce. Cette plaisante critique me rappelle un vers de Voltaire :
L'eumqne, etc...*....
Il se pourrait fort bien que nos détracteurs fussent tout si mplement les eunuques de la science : incapables de produire quoi que ce soit par eux-mêmes, ils dénigrent et cherchent à nuire à qui produit, ou fait mieux qu'eux. Cette pensée est notre consolation.
Maintenant, chers lecteurs, je reconnais mes torts au sujet de mon article sur la végétation; dix-sept pages de sève brute non élaborée, j'avoue que c'est difficile à digérer, et je comprends les graves indispositions qu'elles ont fait naître. Mais j'avais à justifier mes précédentes assertions sur la circulation, devant un savant distingué, M". Duchartre qui, dans le second volume, paru dernièrement, de ses intéressante Éléments de botanique, combat notre manière de voir. € Tout récemment encore, dit-il, p. 717 , M. Herincq s'est efforcé, dans une série d'articles du journal Y Horticulteur français, d'expliquer le développement des végétaux par l'action et la marche de la seule sève brute ; mais contester l'existence des sucs élaborés ou nourriciers, et vouloir faire 3ervir le liquide aqueux puisé dans le sol à la nutrition immédiate, c'est annihiler le rôle des feuilles, c'est nier l'utilité majeure de la respiration, etc. » En présence de ce passage du livré de savant professeur de la faculté des sciences, j'ai dû traiter le sujet au point de vue purement botanique; c'est là mon excuse.
Pour compléter ce point si intéressant de la physiologie végétale, j'aurais encore à examiner d'un peu haut la respiration, qui se rattache à la circulation par le rôle qu'elle joue dans l'élaboration, et sur laquelle s'appuient les partisans de la sève descendante. Je vous demanderai donc, chers lecteurs, die consacrer quelques pages à l'examen du système respiratoire, qui n'existe pas plus que le système circulatoire;
mais nous prendrons souvent haleine; car j'ai iftés dix-sept pages de sève brute sur la conscience; c'est ma punition.
Pour cette fois nous ne ferons pas de respiration; ce doit être une consolation pour vous* Mon ami Ferrier nous ayant quitté, et je le regrette vivement, son successeur pour le compte rendu de l'Exposition nous a demandé le plus de place possible pour se mettre au courant ; j'ai cru devoir lui laisser toute latitude; mais j'aurai soin qu'il n'abuse pas de la permission* Un compte rendu d'exposition n'est pas toujours intéressant pour le lecteur ; il en faut sans doute, mais, Gomme du sel, pas trop.
De quoi pourrais~je bien parier maintenant, qui soit, comme le demande ma spirituelle et aimable conseillère, instructif et amusant? Du congrès botanique ! À-t-il été bien instructif? C'est une question à soumettre à celui de l'année prochaine. À-fc-il été amusant? Je suis assez porté vers l'affirmative. Si les futurs grands maîtres — car ceux du présent se sont abstenus, — si les futurs grands maîtres de la botanique, dis-je* n'ont pas fait avancer beaucoup le char de la science, ils ont pu établir au moins l'état de celui de la botanique et de l'horticulture à Paris et de ses environs. De nombreuses promenades,. organisées par les soins des membres du conseil, ont été faites aux .établissements publics et privés : à Trianon, où ils ont pu retrouver de beaux restes des splendides pépinières du règne de Louis XVI, et des souvenirs des Michaux et des Lemonnier, conservés religieusement parles deux habiles jardiniers-chefe, MM. Charpentier et Briot; à Versailles, où ils ont pu constater le goût exquis du jardinier français, dans l'art d'orner les parterres, en visitant le ravissant petit coin du parc auquel on a conservé le nom de Jardin du Roi ; puis le Potager impérial, qui, sous la direction de M. Hardy fils, n'a rien perdu de. la réputation que lui avait faite le grand de La Quintinye . A Paris, l'incomparable fleuriste de la ville, si grandement organisé à
la Muette et dirigé par M. Barillet, et où la multiplication des végétaux est pratiquée avec un rare succès; les buttes Ghau~ mont, travail herculéen d'où est sorti le plus somptueux Eden moderne. Puis les cultures' de plantes de pleine terre de %la maison Vilmorin, à Verrières, où le congrès a été reçu avec une grâce charmante par la veuve du regrettable et toujours regretté Louis Vilmorin. Si les membres étrangers du Jury de l'Exposition universelle d'horticulture oùt emporté une fâcheuse idée de l'hospitalité française, il en sera tout autrement pour les membres du congrès botanique. La réception de madame Êlisa Lévèque de Vilmorin leur fera regretter la France, particulièrement Verrières qu'ils n'ont quitté que parce que le ciel est venu verser trop d'eau dans leur vin. Sans un orage qui a interrompu, en effet, le banquet en plein air, et les discours sur les beautés de la nature, les douceurs de la science et spécialement sur l'affabilité d.e la noble châtelaine, à l'heure où j'écris' ces lignes les savants anglais, allemands, russes, italiens, belges, voire même français de Paris et des départements, seraient encore à discourir, tous à la fois, sur les .voluptés de la table» et les extravagances du vin de Champagne ; tant il est vrai que sous la chlamide du rigide et sévère professeur il y a toujours un homme!.. Je ne lui en fais pas un reproche; mais au moins qu'il ne trouve pas mauvais notre gaieté naturelle, quand nous écrivons pour nos aimables abonnés.
C'est le 25 août, à Montmorency et sur les ruines de l'her* mitage de Jean-Jacques Rousseau, qui fut aussi botaniste, que. les membres du congrès se sont séparés, enchantés l'un de l'autre, de la France et de quelques-uns des habitants.
La science ne se plaindra pas de l'année 1867. Le Congrét scientifique de France, a aussi tenu, à son intention, sa trente» quatrième session, dans l'ancienne capitale de la Picardie, à Amiens. J'ignore complètement. ce qui s'y est passé; je n'en connais que le discours, plein d'intérêt, de M. le comte de
Gomer, sur les végétaux et leur naturalisation. Je voudrais pouvoir l'analyser pour en extraire l'essence ; malheureusement cette charmante étude ne supporte pas l'analyse. Je dirai seulement que M. le comte de Gomer, partage notre manière de voir, «tu sujet de l'acclimatation. « En horticulture, dit-il, on emploie le mot acclimatation dans un sens qui n'est pas juste, et il importe de protester contre cette expression qui, appliquée aux végétaux dans son sens réel, est complètement fausse... C'est introduction ou naturalisation qu'il faut dire, si Ton veut conserver à la chose que Ton veut exprimer sa véritable signification. ».
En effet, l'industrie des hommes ne pourra jamais changer le tempérament d une plante en l'habituant progressivement, comme on le prétend, aux conditions nouvelles dans lesquelles on voudrait la placer; et la meilleure preuve, c'est la Vigfte, qui gèle toujours au moindre froid; la Pomme de terre, malgré les nombreux semis qui en ont été faite, n'a pu produire une race rustique supportant mieux les rigueurs de notre climat. Bien au contraire ; cette année, non-seulement il y a des tubercules malades, mais, dans certaines localités, ceux que la maladie a respectés sont de qualité inférieure; au lieu de s'acclimater, la Pomme de terre se désacclimate donc.
Les journaux ont reproduit une lettre de M. D'Avraincourt sur des expériences de M. Georges Ville, professeur de physique végétale au jardin des Plantes de Paris, et d'après laquelle ce savant professeur serait parvenu à connaître la vraie cause de la maladie de ce tubercule, puisqu'à l'aide de certains engrais chimiques il garantissait du mal, ou le donnait à volonté. M. D'Avraincourt s'est hâté un peu trop. Les résultats obtenus sont favorables, c'est vrai ; mais M. G. Ville ne croit pas qu'on puisse conclure sur une seule année d'expériences ; il veut que les résultats de cette année .reçoivent une nouvelle consécration par les expériences de l'année prochaine ; et c'est alors
seulement qu'il fera connaître les procédés et moyens de combattre la maladie de la Pomme de terre- Le Petit Moniteur du soir s'intéresse aussi à ce précieux végétal. Un M. de Goulibœuf lui a communiqué une lettre qui porte en substance que la Pomme de terre est malade, tout simplement parce que nos cultivateurs ne la «cultivent pas comme en Amérique, d'où il arrive. « Ils choisissent pour • les semences, dit-il, le rebut des récoltes, celles qui sont cou- » pées par les instruments aratoires, ou attaquées par les » larves ; ils les coupent souvent eux-mêmes, ou les sèment » trop tardivement quand elles sont germées ; les couvrent » incomplètement, coupent en vert les tiges, etc., etc. Par ces » procédés peu inlelligen ts, ter mine- t-il, ils obtiennent des ré- » coites insuffisantes dépourvues de substances nutritives, » c'est-à-dire de gluten et d'albumine, qui les font rechercher » pour l'alimentation. »
En publiant la lettre de M. de Coulibœuf, le Petit Moniteur a rendu un grand service à l'humanité souffrante et surtout à la science. Actuellement les savants, sauront au moins pourquoi la pomme de terre, en Europe, ne contient pas de gluten comme le grain de blé, ce qui nous empêche d'en faire du pain ; jusqu'alors ils ne se doutaient guère que c'est parce que nos cultivateurs ne la cultivent pas comme en Amérique. Quelle précieuse communication vient de faire M. de Coulibœuf ! Si l'Académie des sciences ne lui décerne pas le grand prix de physiologie, elle ne peut se dispenser de lui faire obtenir une place réservée au cours de chimie agricole de M. Boussingault. Ou gluten dans la pomme de terre. Ah ! M. de Coulibœuf ! Et c'est M. Paul Dalloz qui accepte de semblables communications ! M. de Coulibœuf devrait refaire un second voyage en Amérique pour en rapporter les procédés de culture en usage pour la Vigne ; car ce doit être aussi parce que nos vignerons la cultivent sans soins, qu'elle est malade depuis si longtemps
et que, cette année, les grains, au lieu de durcir, renferment un liquide infect, et non un pain de sucre tout rafiné comme en Amérique.
Le zouave de la rue de la Roquette, lui qui guérit les malades et les infirmes avec ces mots : « Aile* vous êtes guéri » de* vrait bien s'intéresser un peu à la Pomme de terre et à la vigne malade, puisque maintenant -le voilà en disponibilité, pour cause d'envahissement de la voie publique. Il y avait une telle affluence à ses consultations quç la police a dû, en effet, lui interdire l'usage de la parole pour guérir les pauvres d'esprit. En voyant cette multitude qui encombrait les abords de ce guérisseur, à la manière du Christ, il m*a été impossible de retenir dette réflexion :
— Et dire que nous passons, nous Parisiens, pour le peuple le plus éclairé...
— Oui !... au gaz, répondit une voix fortement accentuée.- C'était celle d'un Marseillais. Ces enfants de Marseille sont vraiment terribles J
F. HfiRINCQ.
EXPOSITION UNIVERSELLE D'HORTICULTURE
((* 6« et 7* Série. — Concourt de» 4", 4 b juin, et 4" juillet.)
La dispersion des lots sur une aussi grande étendue de terrain que celle du Parc réservé à l'Exposition horticole, et- le maintien de certaines collections, pour les concours des séries . suivantes; rendent difficile le travail du chroniqueur, surtout quand il est chargé, comme moi, à l'improviste, d'une mission pour laquelle il n'était pas préparé. La tâche qpe j'accepte, de continuer l'œuvre de M. Auguste Ferrier, que des travaux multipliés ne lui permettent pas de poursuivre, n'est donc pas sans difficultés. Je vais tenter néanmoins de la remplir avec impartialité, et si quelquescollectionsnese trouvaient pais mentionnées,
j'ose espérer qne les propriétaires ne m'en tiendront pas rancime; je m'empresserai de réparer l'oubli, à leur première et amicale réquisition .
Dans son dernier compte rendu, M. Ferrier a passé en revue tontes les collections de la quatrième série, c'est-à-dire celles qui ont figuré dans les concours de la seconde quinzaine de mai. Nous continuerons l'examen par les expositions de la cinquième série, «ou de la première quinzaine de juin.
Les concours principaux étaient consacrés aux Orchidées et aux Pelargonium à grandes fleurs.
Trois concurrents se sont présentés pour le concours d'Orchidées, avec des lots très-intéressants de plantes bien fleuries bien cultivées, ou d'espèces nouvelles. C'est à MM. Thibaut et Keteleèr, de Paris, qu'est échu le 1er prix pour « espèces et variétés réunies en collection » ; le second prix a couronné le lot de M. Luddemann, également de Paris. M. Linden, de BruxeUes, a été le vainqueur dans les quatre autres conoours : c 25 espèces ou variétés choisies; — 12 et 6. sujets remarquables par leur développement, — : sujets nouveaux ». — A côté de ces 'collections d'horticulteurs, figuraient celles de trois amateurs distinguées : MM. de Nadaillac, Guibert et de M. le duc d'Ayen.
Au concours de Pelargonium à grandes fleurs, se trouvaient les lots de nos plus habiles cultivateurs et semeurs. Les lauréats pour les variétés en collection ont été classés dans l'ordre suivant : M. Alphonse Dufoy à Paris; M. Mallet, au Plessis-Piquet ; M. Pigny, jardinier au château de Bois-Préau|prèsRueil, ' et M. Emile. Dufoy, à MontreuiL-sous-Bois. Le lot primé des « 50 sujets remarquables par le9 choix des variétés » appartenait à MM. Thibaut et Keteleèr. « Six variétés remarquables par leur bonne culture » ont valu une mention honorable à M. Merle de Paris* Caprice des. dames, et Gloire de France, à M. Alph. Dufoy sont les deux variétés nouvelles couronnées;
le Jury a fait passer le Caprice des dames (1er prix) avant la Gloire de -France (mention honorable), — il s'est montré galant envers le sexe aimable ; — au point de vue Pelargonium, il a raison.
Le Pelargonium fantaisie a donné lieu également à plusieurs concours ; mais les collections variées n'ont pas été jugées dignes d'un V* prix : le second a été accordé à M. Alph. Dufoy et le 3# à M. Mallet. Dans le concours de 25 variétés de choix, c'est M. Chenu, de l'Ile Adam, qui a été premier et MM. Thibaut-Keteleêr second. Les six sujets les plus remarquables par leur développement se trouvaientdanslacollectiondeM. Gbenu qui a eu un second prix. Quant aux nouveautés : Mignardise^ à M. Ghemi, a remporté le 1er prix, et Désirée Dufoy une mention honorable.
Comme chaque fois, les concours accessoires sont nombreux et souvent plus intéressants que les concours principaux.
Dans l'ordre du programme ce sont d'abord les plantes de serre chaude : lot de 12 plantes variées choisies. Ici c'est M. Linden, le vainqueur; M. Lierval obtient un 2* prix pour la nouveauté de ses plantes; et pareille récompense est accordée à M. Chantin pour la force des végétaux qu'il a exposés. Un de nos confrères a émis, au sujet de cet exposant, une critique qui n'est pas fondée. Il admire les plantes dit-il; mais ne félicite pas l'exposant, parce que ces superbes Palmiers, Cycadées et Fougères n'ont pas été élevés par lui. Pour notre spirituel confrère, le besoin de critiquer quand même se faisait sans doute vivement sentir ce jour-là chez lui, car il sait parfaitement que ce n'est pas en 24 heures qu'on obtient des Palmiers, Cycadées et Fougères de la taille des individus exposés par M. Chantin. Nous félicitons au contraire notre compatriote pour son dévouement à la cause de l'horticulture française ; sans lui, les. serres du parc réservé ne brilleraient que par le vidé, et les étrangers prendraient une triste
idée de notre commerce horticole. La critique de notre confrère est au moins injuste et peu patriotique.
Un lot qui a fait sensation est celui de M. Bleu. Ce persévérant et habile hybridateur de Caladium avait exposé dans une petite serre, malheureusement peu fréquentée par les visiteurs, toute la série de ses obtentions, aussi remarquables par les différentes formes que par les variations de couleur des feuilles. Le jury en a remarqué 7 variétés qui, sur la demande de l'exposant, ont été immédiatement nommées : Triomphe de 1 Exposition ; M. Bleu; M. Le Play; M. Alphand ; Duc de Cleveland ; Duc de Ratibor et M. Devinck. Deux premiers prix sont venus couronner les efforts de M. Bleu ; l'un pour l'ensemble de sa collection, et l'autre pour ses variétés nouvelles.
En plantes de serre tempérée, nous avons seulement à mentionner la collection en. espèces variées de Mi Chantin, et les belles Calcéolaires ligneuses de MM. Baudry et Hamel à Avranches ; un premier prix a été accordé à chacun de ces exposants.
Viennent maintenant les végétaux herbacés de pleine terre, que MM. Vilmorin, Yvon, Thibault-Prudent, Loise, Guenot, Du vivier, Havard, renouvellent chaque quinzaine,, et qui sont actuellement le principal ornement du jardin. Peu de nouveautés ou raretés à signaler; nous avons remarqué cependant une collection intéressante de 8 ou 10 variétés de Maurandia de MM. Vilmorin; le Celêsia featered crimson et Nierembergia frutescens, deux charmantes plantes très^recommandables, et quelques variétés de Scfrizanthus, Coquelourde et la Campanula médium à fleurs doubles roses. Le Jury, appréciant le mérite de ces plantes, leur a accordé un 1" prix.
De belles Pivoines de Chine fleuries ont valu à MM. Verdier (Charles) et Margottin, chacun un premier prix pour leurs plantes en collection et pour les 25 présentées en pot ou en panier ; un !•» prix a été en outre accordé au lot de Pivoines en
fleurs coupées, de M. Charles Verdier; un 2« à M. Paillet; 3* à MM. Havard et Qe ; et mention à M. Loise-Chauvière*
Les Œillets avaient aussi place à ce banquet de quinzaine. M. Paré a eu un 2e prix pour la diversité des variétés de ses Œillets fions, et M. Brot-Delahaie, une égale récompense pour leur bonne culture et ses mignardises.
Les non invités, mais qui ont pris part cependant à la distribution des récompenses, sont les Aroïdées de M. le comte de Nadaillac (l,f prix); une Broméliacée nouvelle du Mexique (t-r prix) de M1* Zoé deKnyff, à Waelhem (Belgique}; les Gloxinia de MM. Marest (1er prix)etLoise-Chauvière (mention) ; FAralia Sieboldii, à feuilles maculées de blanc (36 prix) de M. Lemoine; les Delphinium de M. Loise-Chauvière (!« prix); les Iris germanica de M. Charles Verdier, 2e, et M. Loise-Chauvière 3e prix; les Iris hispanicaf de*M. Guenot, 2% Loise-Chauvière, 3* prix, et Havard, mention honorable. Une collection de Dahlia de M. Alph. Dufoy, 1er prix; les Phlox Drummondii de M. Guénot, les Clématites de M. Lemoine, les Pensées en fleurs coupées de M. Downie de Londres, des Abies lasiocarpaf nobilis, amabilis, de M. Van Geert, auxquels il a été accordé un premier prix; puis enfin tous les beaux spécimens du Thé de la Chine, d* Araucaria et de beaucoup d'autres remarquables ou rares Conifères exposés, hors concours, par M* André Leroy, d'Angers.
Nous arrivons à l'Exposition générale des Roses, qui a eu lieu du 15 au 30 juin (6* série). Cette Exposition n'a pas été aussi splendidè qu'on Pavait espéré ; beaucoup de rosiéristes se sont abstenus, et c!est regrettable, car la Hose est une fleur éminemment française. 21 horticulteurs seulement ont pris part à cette Exposition générale de Roses, en comprenant ceux qui ont établi des massifs en pleine terre dans le grand parc tout autour du [pavillon impérial, et qui, paraît-il, devaient ètte placés hors concours. Quoi qu'il en soit, voici les noms par
ordre alphabétique de ces exposants : Charles Verdier, rue Duméril, à Paris; Cochet, à Suisoes (Seine-et-Marne); Duval, à Montmorency ; Fontaine père, à Chàtillon ; Garçon ; Gautreau père, à Brie-Comte-Robert; Grange?, à Suisnes; Grégoire, aux Ménils (Seine-et-Oise) ; Guillot père, rue du Repos, à la Guillotière-Lyùn ; Guillot fils, chemin de fer des Pins, à la Guillotière, Hippolyte Jamain, rue de la Glacière, Paris; Jacques Vigneron, à Orléans ; Laloy Henry, à RueQ ; I^edecheux à Villecresne (Seineet-Oise) ; Irlandais, à Caen ; Marest, à Montrouge-Paris; Margot- . tin, à Bourg4a- Reine (Seine); Meurant;Paillet fils, à Chàtenay /Seine); Société d'horticulture de Clennont, et enfin MM.Baltet frères, qui ne concourent que pour l'ensemble de tons leurs lots, et non pour chaque concours.
Le Jury avait fort à faire, et sans discuter sur le mérite des lots exppsés, voici le résultat de ses décisions :
Pour les Rosiers tiges fleuris, les prix ont été décernés : i« M. Jamain Hippolyte (1); 2* Margottin; 3' Charles Verdier; mentions honorables, MM. Duval, Paillet et Fontaine.
I^es Rosiers francs de pied et à basse tige ont valu : 1er prix M. Jamain Hippolyte; 2- M. Guillot père; 3*,à M. Guillot fils.
Dans les lots de Roses, coupées en collection, les prix sont ainsi répartis : t« M. Margottin; 2* M. Marest et M. Jamain Hippolyte; 3' MM. Granger, Cochet, Fontaine ; mentions, Société d'horticulture de Clermont, et M. Mourant» Un 1* prix a été accordé à M. Lelandais pour un lot de 100 Roses choisies. Enfin, pour, les nouveautés, des premiers prix ont couronné la Rose n' 7 Roustel, à M. Garçon; Rose Prince Humbert à M. Margottin; M. Verdier a reçu un 2« prix? MM; Ledecheuxet Fontaine, chacun une mention.
(I) If. tiippoljte Jamain nous fait observer que dans 1« dernier numéro, on
. a oublié son prénom qui le distingue de ses homonymes, et qu'on a écrit Jamin au lieu de Jamain : nous nous empressons de faire droit à sa récla* natta* * F. H.
Les Pandanées étaient, comme les Roses, l'objet d'un des concours principaux. M. Chantin en avait réuni une nombreuse collection; c'est à lui qu'est échu le iw prix; le Jury n'a pas cru devoir récompenser le lot de M. Ambroise Verschaffelt, de Gand, ni celui de M. Knight, jardinier au château de Pontchartrain, qui en avaient exposé un certain nombre d'espèces.
Dix concours accessoires appelaient à nouveau les Pelar- goniumà grandes fleurs et fantaisie. C'est M. % Malet qui a été vainqueur; il a enlevé prestement le l6r prix, par ses gains nouveaux, qui ont été nommés par le Jury : MM. Decaisne^ Leplay, Brongniart, Barillet-Deschamps, Devinck, duc de Rati-+ bor, Alphand, duc de Cleveland. — Un peu plus, et toute la Commission impériale y passait. — YÉléonore Petit de M. Mézard a remporté le 2- prix; quoi qu'on dise, elle ne vaut pas Gloire de Paris, pour la culture en pleine terre. #
Les Pelargonium zoriale étaient représentés par les lots de MM. Chaté, Alph. Dufoy, et Mail d'Yvetot ; mais ils prenaient simplement place pour le concours de la quinzaine suivante.
Un concours était consacré au genre Tlieophrasta ou Clavija, plantes ligneuses de serre chaude à beau feuillage : trois concurrents étaient inscrits : M. Linden, M*' Legrelle d'Hanis et M. Knight. Le prix a été remporté par les dix superbes espèces de M. Linden, parmi lesquelles on distinguait les glauca9 imperialis, latifolia. nobilis et rnacrophylla.
Les Maranta avaient aussi l'honneur d'un concours spécial. Ici encore M. Linden l'a emporté sur MM. Ambr. Verschaffelt, Luddemann et Knight; sa collection, composée de 1 9 espèces, comptait 1 1 nouveautés dont une, le Maranta metallica, est regardée par l'exposant comme la plus remarquable.
M. Chantin avait exposé trois Musa Ensete, qui ont été jugés trop jeunes pour mériter une récompense .
Comme végétaux de serre tempérée, ce sonft les Verveines
de M. Ghaté qui ont reçu la palme ; elles avaient pour concurrentes celles de M. Alph. Dufoy.
Les plantes herbafcées de pleine terre ont donné lieu encore à de nouvelles récompenses; mais nous croyons que c'est abusif. Le lot de M. Yvon s'était enrichi d'une légion de plantes à feuillage paifeché qui a reçu un '2* prix, et celui de M. Duvivier, d'une collection de Pois de senteur.
Quatre nouveaux lots de Delphinium nouveaux de semis ont apparu dans l'arène; ils appartenaient à MM. Loise, Ghaté, Yvon et Lemoine; deux mentions ont été accordées aux semis dés deux premiers.
Dans le concours d'Iris bulbeux, pour lequel se sont présentés quatre concurrents, MM. Loise et Legendre Garriau ont eu chacun un 2* prix ; M. Guenot un 3% et M. Cochet un 4\
Comme à l'ordinaire, les imprévus sont nombreux. Ce sont les Pentsteman de M. Ghaté, l«r prix; les beaux Œillets en collection et de semis de M. Gauthier-Dubos, deux 2* prix ; les Renoncules (fleurs coupées) de M. Loise, l«prix, et de M. Guenot, 2«; les Anémones de M. Loise, {« prix; les Dahlia de M. Alph. Dufoy, i« prix; les Potentilles de M. Lemoine, les Nierembergia frutescens de M. Vilmorin, qui ont remporté chacun un V prix; les Œillets de poète de M. Guenot qui ont dû se contenter d'une mention. Puis, enfin, les collections non récompenses : les belles et intéressantes Fougères de MM. Thibaut et Keteleér; les plantes de serres à feuillage de M. Lierval; les Bégonia de M. Ghaté ; les beaux Lilium de M. Thibaut, et peutêtre d'autres encore qui nous ont échappé.
Les légumes de saison ont été fournis par la Société des maraîchers de Paris et la Société de Clermont. La maison Vilmorin avait envoyé un lot de Pois qui a reçu un i* prix; M. L'Hérault-Salbœuf n'avait pas fait défaut pour ses Asperges toujours belles, grosses et sans doute bonnes; les lots de chouxfleurs provenaient de MM. Fontaine et Cajou.
Septembre 1867. - 19
Pouf 1g dessert la Société de la Gôte-d'Qr, et celle de Cler* mont avaient servi deux belles collection* de Cerises, qui ont M fort appréciées de» garçons jardiniers } et MM.Berger ,Glofide, Bobine, Çrouxf Gauthier se sont empressés de mettre à leur disposition les pîûa belles Fraises de leur jardin ; car il paraît que ces Messieurs, ou les visiteurs, ne respectent pas toujours le bien d'autrqj.
J'use, de la permission de nçtoe rédacteur en chef qui veut bien m'acoorder encore trois pages pour continuer la septième série ; ce n'est pas que cela m'amuse, mais, pour gagner vos bonnes grâces, amis lecteurs, je dois faire, à mon début dans U carrière, quelques petits sacrifices.
Cette fois les Pelargonium zonale ont le pas sur les autres . yégétaux ; à eux la récompense la plus élevée, qui revient de droit à la collection de MM. Thibaut et Keteleèr; celle delà Société de Glermont n'a que le 3* prix. Un lot à fleurs doubles de M- Lemoine a reçu un 2' prix; et, parmi les nouveautés, Surpa$8e Beauté dt &ure*toô* de M. Gassier ; Madame Rose Char* meuœ&fteuv double de M* Lemoine ont été couronnées <f*s Edouard Tabar> Angélins Tabar, semis de M. Tarbar, et Langlôis *Barillet, à M. Chardine ont eu des tf prix.
Les Fougères arborescentes jouissaient des mêmes avantages que les Pelargonium. M. Chantin a remporté trois premiers prix-, pour l'ensemble de sa collection ; pour les six sujets dont 1$ trône a, an minimum, 50 centimètres; pour le sujet dont le tronc a, an minimum, 4*50 de hauteur; et enfin un 8* pour des Fougères en arbre de semis. Un premier prix a été accordé à M. Linden pour 1 0 nouvelles Fougères en arbre ; et, parmi les . concours imprévus, le Jury a récompensé deux oollections de Fougères de pleine terre : le premier prix à M. Stelxuer, le S9 à celle de la Société Dodonée.
Trois tràfr*intéresflantes collections de plantes utiles offietiia-r les exotiques étaient exposées par MM. Linden, Van Huile,
& la Belgique, Bertrand Bocandé. U publia s'intéressait surtout au Café, Caimeliier, Quinquina, Giroflier, Cotonnier, Camphrier, Poivrier, le, Figuier à caoutchouc et l'arbre 9 k $utta-pe?cha; les Cacaoier, Thé, Vanillier et la fameux arbre à la noi* vomique, un terribjç poison, eto , Le \* prix a été pour M. Linden, et le V pour M. Van-Huile.
Noue retrouvons encore de belles Orchidée» de MM, Luddemaro (i^)» Thibaut-Keteleêr (2'); et des Gloxiuia exposées par MM. Bonatre, Loise, Rieui-Poulignier, ThibapWKeieleôret Huillier. \
Les Pétunia étaient magnifiques ; ils ont donné lieu à 4 eoncoun. La collection de variétés à fleurs doubles, de M. Ben* Mer, a été primée première ainsi que la collection à fleurs simples dn même exposant. Les variétés nouvelle* de M. Ta* bar, et les KO variétés choisies de M. Chaté ont eu un V prix. .
Un concours était consacré jyi Croisula coccinea ,• c'est M. Alph. Dufoy qui a été lauréat.
Le lots de plantes annuelles de pleine terre sont toujours magnifiques de floraison ; MM. Vilmorin et Loise ont conservé leur position dans Tordre des récompenses, et M, Guenot a remplaaé Duvivier an troisième prix. M. Havard avait exhibé un lot de panachurea qui est sorti'? prix, aipsi que les variétés nouvelles de M. Louis Smet .
Dans le concours des roses coupées, en collection, M. Duval passe premier avec M. Màrgottin ; M. Granger second avec M. Marest ; M. Charles Verdier, se trouve 3e ; MM. Cochet et Hipp. Jamain 4e8 avec mention honorable. Le prix pour les 4ÛÛ variétés de Roses choisies, n'a été qu'un troisième, il a été rem* porté par M. Irlandais. Deux nouveautés ont été primées : 1er prix à Hase Ed. Morren de M. Granger ; et Sf à Vicomtesn de Vérins de M. Gautreau.
Comme plantes nouvelles fleuries, provenant d'iniroduction, M. Lemoine avaifc présenté un Platycraterarguta, couronné
d'un 3* prix. Ce Platycrater est d'origine japonaise et cousin germain des Hydrangea ou Hortensia i c'e&t-à-dire qu'il est de la même famille ; mais je ne dis pas laquelle, parce que ce complément de renseignements dérouterait mes lecteurs, qui ne verraient pas trop comment les Hortensia ont pu être unis aux Saxifrages dans un même groupe.
Enfin, pour clore la série des concours prévus, nous avons à signaler les belles Roses-trémières de M. Margottin qui ont été proclamées premières, et celles de M. Loise-Chauvière troisièmes * ,
Dans les concours imprévus, le Jury a accordé des premiers prix : à la collection d'Euphorbes cactoïdes de M . Pfersdorff aux Œillets de semis et à la collection de M . Gauthier-Dubos aux Iris anglais de M. Loise, et un second à ceux de M. Guenot Des 2W prix aux Lauriers-roses de M. Chevet, et aux Bégonia de M. Touchais ; des 3eB aux Phlox de semis de M- lierval aux Graminées naturelles de M. Guenot; aux Bégonia de M. De lamotte ; Fuchsia de MM. Àlph. Dufoy et Vyeau-Devaux enfin des mentions aux Statice, très-intéressants cependant, de MM. Ryfkogel et Loise ; aux Graminées de ce dernier ; aux Œillets àeipoële et flamands de MM. Cajon, Guenot, Lebatteux, et au lot de 50 plantes pour garniture d'appartements de M. Touchais.
Quant aux lots que le Jury n'a pas récompensés, grand est mon embarras. En les mentionnant je pourrais commettre des erreurs, et nuire à la réputation des plantes ; et cela par cette raison : que beaucoup d'exposants apportent à l'avance des collections qui, souvent, ne doivent concourir que 15 jours ou 1 mois après et être alors honorablement couronnées. Or, comme dan* le doute il faut s'abstenir, je m'abstiens.
Et maintenant, amis lecteurs, si vous trouvez que mon compte rendu n'est pas précisément amusant, vous serez exacmentde mon avis. Un compte rendu n^est jamais amusant ni
à lire ni à écrire ; et malgré tous les efforts d'intelligence que j'ai pu faire pour rendre le mien attrayant, je le trouve sans saveur. C'est qu'aussi la tâche 'est difficile; 99 sur 100 auraient refusé l'honorable mission que m'a confiée mon excellent ami Herincq; Je ne l'ai acceptée que par amour de mon prochain, et pour être agréable aux lecteurs de l'Horticulteur français; si je n'ai pas réussi, on me tiendra compte, je l'espère, de mas bonnes intentions.
Ludovic Guilloteàux,
propriétaire à 1