‹ L'horticulteur français de (volume 3)Chapitre 35 sur 162 · DISSERTATION SUR LA VÉGÉTATION · texte numérisé non relu

DISSERTATION SUR LA VÉGÉTATION

Les preuves qu'il n'y a pas de sève descendante : Conclusions.

M. Tonchard, du Cercle de botanique du Havre, ne nous ayant pas fait parvenir encore le flambeau qui éclaire le chemin de la bergerie de Panurge, nous continuerons à errer par les voies de l'égarement, avec l'espérance de découvrir un petit sentier qui nous mènera au temple de la Vérité.

Pour bien établir l'état de la question, résumons enesore, au risque de nous répéter, les doctrines de M. Trécul, savant anatomiste, nouvellement élu à l'Académie des sciences, et un des plus fervents défenseurs*de la circulation.

Dans un mémoire lu à l'Académie des sciences le 21 septembre 1857, et inséré aux Comptes rendus, volume XLV, page 402, M. Trécul, après avoir examiné les forces physiques (capillarité, endosmose) auxquelles on attribue, en général, l'ascension de la sève, essaye de prouver que le mouvement ascensionnel ne peut s'accomplir sous l'influence de ces forces ni par l'effet de l'évaporation des feuilles qui déterminent une sorte d'aspiration.

« Les physiologistes mêmesj dit-il, qui accordent à lar capillarité et surtout à l'endosmose une grande part dans l'ascension de la sève, sont obligés de reconnaître qu'elles sont impuissantes à élever les liquides à la hauteur de nos arbres,

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sans le secours de l'évaporation qui a lieu dans les feuilles, ei qui appelle, dit-on, les liquides vers ces organes.

» Si Févaporation fait monter les liquides, ajoute ce savant, elle doit les empêcher de descendre; or, ils descendent après avoir monté; l'évaporation ne concourt donc pas à leur ascension. »

Pour l'endosmose, voici en quels termes il nie son concours :

« Les botanistes qui admettent la théorie en dosmo tique n'ont pas remarqué qu'ils ont ainsi, à côté l'un de l'autre, deux courants de liquides de densités différentes; ils n'ont pas fait attention que la sève ascendante, étant moins dense que celle qui descend, devrait être attirée par cette dernière, puisque les membranes sont perméables ; ils n'ont pas réfléchi qu'il devrait y avoir dans toute la longueur du tronc un courant horizontal centrifuge, jusqu'à ce que l'équilibre de densité fût établi, qu'alors le double cpurant ascendant et descendant Que nous constatons ne saurait exister. Le courant descendant au moins serait anéanti ; puisqu'il ne Vest pas, la théorie endosmotique est erronée. »

Ainsi pour M. Trécul, le mouvement séveux — absorption et circulation — ne s'accomplit, ni sous l'influence de la capillarité et de l'endosmose, ni par l'effet de l'évaporation qui produit une si puissante aspiration. — Le liquide absorbé par les racines se répand et circule ensuite, selon lui, dans tout le végétal « au moyen de cette force que nous ne connaissons que par les effets qu elle produit : la vie. » Ce système lève toule difficulté.

D'après cet habile observateur, il y a trois circulations : une. grande circulation pour les liquides pompés parles racines qui montent par les vaisseaux du corps ligneux jusque dans les feuilles, et qui de là descendent vers les racines ; puis celle qu'il appelle la circulation veineuse et qui se fait par les vaisseaux la l ici f ère s de l'écorce, ramenant aux vaisseaux du

corps ligneux les substances que les cellules n'ont point assimilées; et enfin un mouvement intra-cellulaire, c'est-à-dire dans l'intérieur des cellules et qui a reçu le nom de rotation. Nous voici ramenés au singulier système des analogies, qui a égaré les premiers physiologistes, et qui a entravé si longtemps le progrès de la science.

Aussitôt que l'ascension de la grande circulation commence, * dit M. T recul, toutes les cellules sont en travail ; les vaisseaux reçoivent les sucs puisés .dans le sol par les racines, et les élaborent. L'amidon, dissous sans doute par la diastase, et transformé en sucre, « est porté vers les parties dans lesquelles doit s'opérer la multiplication utriculaire », et c'est seus Pin- (luence.de ces matières nutritives que commence V accroissement en diamètre par la multiplication des cellules. Il reconnaît ensuite que cette multiplication à lieu en effet « au début » sans le concours dé la sève élaborée par les feuilles, parce que, chez plusieurs de nos arbres, la couche des jeunes cellules (couche génératrice appelée cambium) a pris une notable épaisseur avant l'apparition des feuilles. M. Trécnl pouvait dire chez tous les arbres.

M. Trécul admet, comme on le voit, que la sève ascendante subit dans les vaisseaux une élaboration, qu'il ne a connaît pas assez, dit-il, pour en parler plus longuement » ; mais, qu'en cet état, elle « contient déjà des principes assimilables, qui peuvent concourir à lànutrition des feuilles et des bourgeons » .

Arrivée dans les feuilles, cette sève est soumise, d'après tous les physiologistes, à une nouvelle élaboration dans le parenchyme vert; l'acide carbonique de l'air est absorbé, . puis décomposé, et le carbone retenu par la sève. C'est ainsi modifiée, dit M. Trécul, qu'elle redescend —par le tissu cribreux de M. Hartig sans doute — à travers les cellules de Técorce qu'elle nourrit, et «concourt alors a la multiplication des cellules de la couche génératrice» , dont une partie forme une nouvelle couche

d'écorcc, des fibres ligneuses, les rayons médullaires, tandis que l'autre est soumise à une transformation pour constituer les vaisseaux, et de la manière assez singulière que voici : «Y excès de sève descendante, dit M. Trécul, qui riest pas employée à nourrir les cellules récemment formées ou à épaissir les premières développées, descend à travers certaines de ces cellules • nouvellement nées ; elle les dilate, les perfore, et leur fait prendre tous les caractères des vaisseaux. C'est cette formation vasculaire, ajoute l'auteur de cette ingénieuse théorie, qui a fait croire aux auteurs des fibres descendantes, que ces vaisseaux, dont ils n'avaient pas reconnu la nature, étaient de vraies racines des bourgeons ou des feuilles. » Mais, dit-il, les expériences que j'ai décrites dans un Mémoire présenté à l'Académie des sciences le 25 juill. 1853 « prouvent de la manière la plus. évidente la marche de la sève descendante » . • C'est précisément avec les pièces qui résultent de ses expériences que nous voulons démontrer, delà manière la plus évidente aussi, qu'il n'y a pas de sève descendante, et que l'organisation vasculaire de haut en bas n'a pas lieu, comme il le dit, sous l'influence d'un excès de sève élaborée par les feuilles.

Commençons toutefois par les raisonnements qui jouent, dans cette théorie, un plus grand rôle que les faits. Mais d'abord déclarons-le ; ce n'est pas un procès que nous voulons faire à M. Trécul ; nous avons pour lui la plus grande estime, et il est un des quelques hommes qui se partagent notre affection. Si nous combattons ses doctrines sur la circulation des liquides séveux, c'est que nous voulons la vérité; et la vérité oblige souvent à de pénibles nécessités.

M. Jrécul a compris qu'avec l'endosmose et la force aspirante déterminée par l'évaporation des feuilles, il ne peut y avoir de sève descendante.

Il se sépare donc des physiologistes, qui admettent Tin-

fluence de ces forces ; il nie que la capillarité, l'endosmose et l'évaporàtion des feuilles jouent un rôle dans le phénomène ascensionnel des liquides vers ces organes ; il se montre an moins logique ;

Nous sommes parfaitement d'accord quant à l'impuissance de ces deux premières forces à faire monter, seules, les liquides jusqu'au sommet de nos grands arbres. Toutefois, il est impossible de mer le rôle, fort restreint du rpste, de l'endosmose dans le mouvement horizontal de la sève, qui a lieu particulièrement par les cellules des rayons médullaires* Si M, Trécul le conteste ici, c'est parce que cette force toute physique devient un obstacle à la descente de Ja sève .

Mais nier n'est pas prouver; et les faits sont là qui démontrent, de la manière la plus évidente, qu'ily a un courant horizontal centrifuge par lequel la sève ascendante se rend des couches ligneuses extérieures de l'aubier vers l'écorce, pour nourrir les cellules de la pouche génératrice qui commencent leur multiplication avant l'apparition des feuilles; et ce courant ne peut s'établir que par cette force physique : l'endosmose. M. Trécul ne peut le nier. Il la reconnaît tacitement quand il dit: « Les anatomistes doivent bien considérer qu'il n'est pas une cellule vivante qui ne soit traversée par des

sucs. • « Les cellules sont en travail dès que l'ascension

commence. ».... « L'amidon est transformé en sucre et porté vers les parties dans lesquelles s'opère la multiplication cellulaire qui commence l'accroissement en diamètre, c'est-à-dire la couche génératrice appelée c^mbium. »

Or, pour que l'amidon se transforme en suc ou glucose, il faut qu'il s'empare de deux nouveaux équivalents d'eau, puisque la formule chimique de l'amidon est : carbone 12, hydrogène 10, oxygène 10; — et celle de la glucose : carbone 12, hydrogène 12, oxygène 12. L'amidon emprunte incontestablement ces deux équivalents d'eau au liquide séveux

qui monte, au début de la végétation,, dans les vaisseaux de l'aubier. Ce liquide traverse la membrane des premières cellules des rayons médullaires remplie» d'amidon et qui se trouvent en contact avec les vaisseaux, purs celles des secondes, des troisièmes, etc., et il parvient ainsi jusqu'aux utricules de la couche génératrice, qui le cèdent, à leur tour, aux cellules de la couche herbacée où se trouvent emmagasinées toutes les substances nutritives et particulièrement la fécultf qu'on trouve en grande abondance dans les racines et les tiges de tous les végétaux ligneux (1) . C'est donc bien par le passage du liquide ascendant à travers les cellules, que s'établit le courant horizontal centrifuge relaté par M. Trécul, et que les physiologistes ne peuvent contester ; et ce passage est certainement bien provoqué par les densités différentes des liquides contenus dans les cellules des rayons médullaires. L'exploitation de la sève d'Erable à sucre {Acer saccharinum) est là, du reste, pour témoigner que le liquide ascendant du corps ligneux est moins dense que celui de la couche génératrice ou cambium.

M. Trécul oppose, il est vrai, à ce phénomène physique, « la force que nous ne connaissons que par les effets qu'elle produit : la vie!) C'est une raison spécieuse; mais puisque oe phénomène se produit également à travers des membranes inanimées, il nous est bien permis de supposer que la force vitale ne l'anéantit pas complètement. C'est une subtilité et non une raison scientifique. En sciences naturelles, les mots religion, vie, Dieu, évoqués dans les discussions, sont généralement des preuves de la faiblesse des arguments, ou de défaut

(4) D'un morceau de racine fraîche de Glycine de la Chine, pesant 400 grammes, j'ai obtenu par un procédé de lavage très-grossier: 22 grammes de fécule, et 27 grammes de résidus très-secs dans lesquels il restait encore de l'amidon. Toutes les racines ligneuses en contiennent, même celles des Conifères, mail en moindre quantité.

d'arguments; quand on se retranche derrière eux pour sou* tenir une cause scientifique, c'est presque un aveu qu'on est vaincu ; il ne faut dôûo pas en trop user.

Mais, que le courant horizontal centrifuge soit un effet de la vie ou de l'endosmose, il existe ou il n'existe pas ; s'il existe, il anéantit, comme le reconnaît M. Trécul, le courant descendant. Or, puisqu'il existe, il ne peut dont pas y avoir de sève descendante; par conséquent la théorie de la circulation de la sève élaborée est controuvée.

Démontrons maintenant par des faits matériels bien connus et admis de tous les physiologistes et physiciens, que le mouvement ascensionnel, mystique pour M. Trécul, est bien positivement déterminé par l'assimilation et l'évaporation.

Les feuilles, comme tous les organes des végétaux, ont besoin, pour naître et croître, d'une certaine quantité de sève qui sert d'abord à la multiplication de leurs tissus, et ensuite à la nourriture et à l'accroissement de ces tissus nouvellement formés; car, après tout, ces organes ne peuvent pas vivre seulement que de l'air du temps. Cette quantité de liquide n'est pas limitée ; ce sont, au contraire, les organes qui se trouvent limités dans leur croissance par la somme de nourriture qu'ils ont pu se procurer; ils acquièrent un plus ou moins fort développement, suivant qu'ils reçoivent et s'assimilent une plus ou moins grande quantité de liquide nourricier ascendant; car il y en a une partie qui se perd par l'évaporation. Ainsi, quand on place une plante dans une atmosphère saturée d'humidité, l'évaporation est nulle ou peu sensible ; les feuilles, alors, absorbent à jeur profit tout le liquide qui leur arrive; les tissus se multiplient surabondamment, et ces feuilles acquièrent une ampleur extraordinaire. Si, au contraire, la plante vit dans un milieu atmosphérique sec et chaud, l'évaporation est très-considérable, car les liquides çfui arrivent aux feuilles sont rapidement enlevés par les molécules de l'air. Il en résulte qu'il ne reste^

dans ce cas, qu'une petite quantité de suc nourricier pour servira la multiplication des tissus; et alors, cette multiplication est restreinte ; les cellules nouvellement formées ne recevant qu'une faible nourriture ne prennent pas ou que peu d'accroissement, les feuilles restent petites. •

Ainsi, si d'un côté l'évaporation diminue la quantité de liquide qui parvient aux feuilles, et si de l'autre les feuilles s'assimilent, absorbent des liquides pour multiplier et développer leurs tissus, il faut évidemment qu'elles empruntent constamment un liquide réparateur au bourgeon qui les porle ; il en résulte naturellement qu'elles font le vide d'ans les tissus de ce bourgeon ; ce vide des tissus du bourgeon produit incontestablement une puissante succion sur les tissus du rameau pour s'emparer du liquide qu'ils contiennent; le même phénomène se produit sur ceux des branches, puis sur ceux du tronc et des racines ; de là une aspiration continuelle, qui fait affluer sans cesse de nouveaux liquides vers les organes en voie de formation. Or, M. Trécul n'oppose à ces effets produits par l'assimilation et l'évaporation, effets reconnus et admis par tous les physiologistes et physiciens, qu'un argument aléatoire : la vie. Ce n'est pas sérieux; et du reste, puisque nous pouvons arrêter ce phénomène en enlevant les feuilles, il est donc évident que les feuilles — la vie aidant bien entendu — sont le véritable moteur de l'ascension séveuse.

On peut dès lors en déduire ceci. Puisque les feuilles attirent sans cesse à elles des liquides pour nourrir les tissus en voie de formation, et réparer les pertes produites par l'évaporation, ces feuilles déterminent de la sorte une puissante succion qui* empêche tout liquide de descendre de ces organes; car une seule et même force ne peut produire deux effets contraires. Donc, si la sève qui a monté ne peut plus descendre, il n'y a pas de sève descendante; la théorie de la circulation est eontrouvée.

Et maintenant, puisqu'il est positivement établi, par l'étude microscopique, que la sève ascendante — appelée aussi, mais à tort, sève brute par certains auteurs — concourt directement, au début, à la multiplication des cellules, des libres et des vais* seaux qui apparaissent dans le camhium ou la couche génératrice du corps ligneux, pourquoi cette sève aurait-elle besoin d'être élaborée par les feuilles pour concourir, aprhs le début, à la même multiplication de cellules, de fibres, de vaisseaux de la couche génératrice, en tout semblables à ceux formés au début?

Les partisans de la sève descendante répondront que c'est absolument nécessaire, parce que c'est alors, et seulement alors, tyie F acide carbonique de l'air est absorbé par les feuilles et décomposé dans le parenchyme vert, où la sève descendante s'empare de son carbone. • .

Comment a-t-on constaté ce fait, puisque nul — au dire même de Decandolle et Mirliel— n'a pu en recueillir une seule goutte, à moins qu'on n'entende par sève descendante le liquide épais appelé cambium qui se trouve entre i'écorce et le bois? Mais ce liquide, ce cambium, comme on voudra l'appeler, tout le monde le sait et tous les auteurs le reconnaissent, il apparaît au début de la végétation, avant le développement des feuilles ; ce n'est donc pas de la sève élaborée par les feuilles qui est venue se déposer là en traversant les tissus cribreux de M. Hartig ou cellules grillagées de M. Hugo-Mohl, par où passe aussi, dit*on, la sève descendante. Cependant, au premier moment dé son apparition, ce liquide générateur est déjà acide; et les nombreuses expériences que nous avons faites, les études auxquelles nous nous livrons depuis long- ' temps sur la marche et la nature de la sève nous permettent d'affirmer, que la sève brute ou ascendante et le cambium de tous ils végétaux contiennent toujours de l'acide carbonique libre. A l'aidé delà teinture ou du papier de tournesol

trèweosibte, sa présente peut être constatée très-facilement, dans tous les organes de la plante, depuis l'extrémité radiculaire jusqu'aux pétales des fleurs qui terminent les rameaux même dépourvus de feuilles, et, cela, à quelque époque de Tannée que ce soit : en hiver comme en été, avant comme pendant la végétation (1).

La sève n'a donc pas besoin de monter dans les feuilles pour s'epiparer de l'acide carbonique de l'air, le décomposer et en retenir le carbone qui entre dans la composition des tissus et des diverses substances qu'ils contiennent, puisque cet acide s'y trouve dès son entrée dans les cellules de la racine, et qu'on le retrouve entre l'aubier et l'écorce dans le cambium. Ici encore la théorie de la sève descendante élaborée chargée de carbone est con trouvée.

Si les auteurs physiologistes maintiennent toujours la nécessité de Pélaboration de la sève dans les feuilles, c'est uniquement pour pouvoir expliquer la formation des bourrelets qui se manifestent au-dessus des ligatures ou à la partie supérieure des plaies produites par les décortications annulaires; et si M. Trécul soutient cette théorie, c'est pour avoir à opposer, à la théorie des fibres radiculaifes de Gaudichaud, une théorie de laformation des vaisseaux qui naissent à la base des bourgeons.

Eh bien! c'est ici surtout que nous disons, non ! il n'y a pas de sève descendante élaborée par les feuilles, dont l'excès qui riest pas employé à nourrir les cellules nouvellement formées, sert à9 laformation vasculairel La preuve ! nous la trouvons, nous le répétons, dans les pièces mêmes qui ont servi à combattre la théorie des faisceaux ou prolongements radiculaires de Gaudichaud.

(4) La présence de l'acide carbonique a été signalée, du reste, par plusieurs chimistes, Vauqaelù), Biot, Boussingauit, etc., dans la sévf de quelques végétaux, mais ils paraissent annoncer ce fait comme exceptionnel ; aujourd'hui nous croyons pouvoir aflirmer qu'il se trouve dans la sève de tous les végétaux.

Les unis faits bot lesquels repose la théorie de la circulalion sont, en effet, ces bourrelets ; c'est la seule preuve que poissent fournir ses partisans.

Lorsqu'on Oppose, dit M. Trécul, des obstacles à la marche descendante de la sève, à l'aide de ligatures ou de décortications en hélice ou annulaires, on change à volonté le cours de cette sève. Elle donne naissance à des vaisseaux très-sinueux présentant des parties verticales, d'autres obliques ou horizontales Les sinuosités de ces vaisseaux montrait les courants de la sève à travers les cellules de la couche génératrice se contournant dans toutes les directions pour trouver issue; c'est en effet ce qui produit les bourrelets qu'on observe à la base des boutures, et au-dessus des ligatures ou décor ticat ions**

Il y a d'abord ici contradiction : M. Trécul dit quelque part que la sève élaborée redescend à travers les cellules de Fécorce qu'elle nourrit, et maintenant il l'a fait passer sur le corps ligneux, au début de la végétation pour former des vaisseaux sinueux ; elle passerait donc partout !

Quoi qu'il en soit, ce n'est pas un amas de sève, comme le disent les jardiniers, qui forme ces bourrelets ; l'étude microscopique l'a démontré depuis longtemps ; tous les physiologistes et anatomistes sont d'accord sur ce point.

Examinons donc si les sinuosités de ces vaisseaux sont dues réellement aux courants d'une sève descendante.

M. Trécul a enlevé, sur la tige de différents arbres, des plaques d'écorce. Des excroissances ligneuses, mais dépourvues de bourgeons feuilles, se sont formées sur quelques-unes des portions de tiges ainsi dénudées; elles n'avaiept aucune communication avec la partie supérieure de l'arbre d' oh pouvait descendre de la sève; elles étaient, en un mot, parfaitement isolées du reste de la tige, et formaient ainsi des sortes d'Ilots.

Si c'est une sève descendante qui forme les vaisseaux, il ne doit pas s'en trouver dans ces excroissance»} si ce sent des

courants de sève descendante qui déterminent les sinuosités des vaisseaux, les vaisseaux, s'il s'en forme, ne doivent pas être sinueux, puisque aucun excbs de sève descendante ne peut arriver jusqu'à ces excroissances, pour perforer leurs cellules de haut en bas ou horizontalement, et en faire des vaisseaux. Or, ces excroissances examinées au microscope par M. Trécul renfermaient, dit-il, des vaisseaux volumineux, souvent très-nombreux ; et nos observations nous les ont toujours fait voir très-sinueux, très-contournés, allant à droite, à gauche, montant et redescendant comme ceux des bourrelets des ligatures annulaires ou en hélice. Donc, puisque, ici, il n'y a pas de feuilles, ce n'est pas l'excès d'une sève élaborée qui, dans .sa marche descendante, a formé -ces vaisseaux et déterminé leurs sinuosités; par conséquent la preuve du courant descendant formant les vaisseaux et imprimant leur direction est anéantie, et, par cela même, la théorie de M. Trécul se trouve erronée.

Le 12 juin 1852, M. Trécul a soulevé l'écorce d'un Paulownia de haut en bas, tout autour du tronc; puis cette écorœ, divisée en sept lanières qui restaient fixées à l'arbre par leur partie inférieure', fut remise en place et maintenue avec des petite clous sur le cofps ligneux, avec lequel elle pouvait se ressouder par la greffe. Ensuite, pour rendre impossible toute communication directe entre les bourgeons ou les feuilles de la partie supérieure de l'arbre et les lames d'écorce ainsi détachées, mais rappochés du corps ligneux, l'expérimentateur fit une décortication annulaire, à 48 centimètres au- dessus de la première opération; les lanières ainsi mises en expérience ne pouvaient, delà sorte, recevoir aucune influencede la prétendue ' sève descendante, qui se trouvait arrêtée, parla décortication, à 40 centimètres au-dessus d'elles.

Cette opération eut pour premier résultat l'affaissement immédiat des feuilles; 11 jours après (le 25) « toutes les

•feuilles étaient tombées; plus tard aussi, dit AL Trécul, les jeunes rameaux se sont complètement desséchés •. Or, malgré l'absence de feuilles, il s'est formé, sur la face interne des lames de l'écorce, du bois en abondance, et des vaisseaux se trouvaient dans la couche ligneuse (1). D'où provenait (Jonc Y excès delà sève élaborée si nécessaire à la formation vasculaire de la couche génératrice corticale !

Les fluides nourriciers qui montent ne subissent donc pas, dans les feuilles, cette élaboration que M* Trécul dit • être imparfaitement connue mais indispensable au progrès de la végétation i, puisque, dans cette expérience même, les cellules de la couche génératrice corticale ont donné naissance à des productions vasculaires. C'est une preuve des plus évidentes que l'élaboration dans les feuilles n'est pas indispensable au progrès de la végétation; et que ce n'est pas une sève descendante qui perfore les celules génératrices pour les transformer en vaisseaux. La théorie de M. Trécul est donc complètement controuvée.

La sève qui a nourri tous ces nouveaux tissus et vaisseaux est tout simplement de la sève ascendante élaborée, modifiée sur place, dans tes cellules herbacées de l'écorce même.

Quand on étudie la formation et le développement des bourgeons adventifs qui naissent sur les boutures de racines ou au sommet d'une tige d'arbre tronqué, on voit apparaître bientôt un petit mamelon cellulo-vasculaire. Si, à ce moment, on enlève l'écorce, on aperçoit sur le corps ligneux son point d'insertion d'où partent un ou plusieurs petits filets très-courts qui descendent verticalement. Observé plus tard, quand le bourgeon embryonnaire a pris un peu plus de développement, mais avant l'apparition de feuilles, on trouve des filets plus nombreux qui rayonnent du point d'attache de ce bourgeon;

(4) Trécul. Mémoire sur la production du bois par Vécorce, elc, la à P Académie des sciences, Je 4? janvier 4853,

ceux de la hase descendent toujours verticalement; les laté- • raux, après une courte direction horizontale, s'infléchissent vers la partie inférieure de l'arbre ou de la base organique de la bouture, et ceux qui sont situés audessus changent presque aussitôt de direction et devient également pour reprendre la direction oblique et enfin la direction verticale. Tous ces filets, qui forment, au début, une sorte de griffe à la base du bourgeon naissant, ne tardent pas à s'étendre tout autour du corps ligneux^ en se divisant, en se soudant les uns aux autres, de manière à figurer des mailles irrégulières comme celles d'un filet de pécheur. Ils forment ainsi une nouvelle couche de bois sur la couche externe de l'aubier ; c'est, ce qu'on peut voir sur la figure ci-jointe, représentant une bouture de tronçon de racine de Paulownia. B est le point où s'est organisé le bourgeon ; au moment de l'étude, ce bourgeon n'était encore qu'à l'état de mamelon ; il n'avait pas, par conséquent, de feuilles; les sinuosités et réticulations v ne peuvent donc pas être l'œuvre d'une sève descendante élaborée.

Dans les boutures, quand tous ces filets vasculaires qui descendent verticalement sont parvenusà la section inférieure, leur direction perpendiculaire est arrêtée ; ils contournent alors le corps ligneux, comme les racines de plantes cultivées en pot contournent la motte de terre aussitôt qu'elles ont atteint le fond du vase; ces filets se superposent et forment un épaississement plus ou moins considérable à la base de la bou ture ; c'est le bourrelet. Ils continuent ainsi leur élongalion dans le sens horizontal jusqu'à ce qu'ils trouvent une proéminence cellulaire sur la-

quelle ils s'engagent pour continuer leur marche descendante ; c'est de là que naît une racine.

Tel est l'aspect que présente à l'œil nu une bouture de racines dont on a enlevé i'écorce.

Nous n'examinerons pas ici la nature de ces filets; c'est une question anatomique que nous réservons. Pour le moment nous n'ayons à nous occuper qae de la manière dont ils se forment, c'est-à-dire, s'ils sont bieu le résultat de la marche descendante de la sève, comme l'affirme M. Trécul.

Si nous remontons à la première apparition de ces filets qui naissent à la base des bourgeons, nous en trouvons déjà de formés, alors que rien ne signale la future venue des feuilles.

« Pris fort jeunes, dit M. Trécul (1), on » aperçoit au»de$sous d'eux un ou plu- » sieurs petits filets courts étendus verti- » calement, etc. » Or, comme à ce moment il n'y a pas de feuilles sur le corps de racines bouturées, il ne peut y avoir de sève élaborée; donc ces petits filets courts contenant des vaisseaux ne sont pas formés par une sève descendante.

Voici maintenant une autre pièce qui représente un tronçon de Saule; elle est empruntée au mémoire de M. Trécul. Un saule fut étêté, et, sur le côté de la tige, on opéra une décortication de manière à isoler une plaque d*écorce A, dépourvue de feuilles et de tout bourgeon. L'opération fut pratiquée le 15 avril, et les résultats en furent étudiés le \ 0 mai-. L'écorce ayant été enlevée « on vit, dit M. Trécul (mé-

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(4) Formation des vaisseaux. Académie des Sciences, 25 jaill. 4853.

-r 248 — » moire cité), que des petits filets vascu lai res longitudinaux pa- * rallèles s'étaient formés à son sommet et à la base V, V, mais t que ceux de la base étaient beaucoup plus abondants ! » Or, ces productions vasculaires se trouvent sur une portion de tige qui n'a pu recevoir de sève descendante, puisque une bande d'écorce a été enlevée tout autour, pour rompre toute communication avec la partie garnis de feuilles ; la sève élaborée est parfaitement étrangère, par conséquent, à leur formation, donc la théorie de la formation des vaisseaux par la sève élaborée descendante est complètement controuvée.

Enlin un dernier fait, — car nous pourrions en citer à l'infini, — et nous poserons nos conclusions.

Etant appliquée une greffe en anneau d'écorce, d'un Orme à bois rouge, par exemple, sur un Orme à bois blanc. Si une sève élaborée descend à travers les tissus corticaux, cette sève doit se charger du principe colorant emmagasiné dans les tissus de Vanneau-greffe, et l'entraîner dans les tissus nouveaux qui se forment au-dessous de la greffe ; ces nouveaux tissus doivent prendre nécessairement la même coloration. Un simple examen démontre que rien de semblable n'a lieu. Il n'y a de colorés que les nouveaux tissus formés là où la bande d'écorce est appliquée ; ce qui prouve le courant horizontal. Les tissus nouveaux formés sous l'écorce du sujet, au-dessous de l'anneau; greffe, n'ont subi aucune influence du principe colorant ; ils ont la couleur normale du bois du sujet.

Ce fait est assez concluant pour que nous puissions dire une dernière fois : Non ! il n'y a pas de sève descendante, et tous les faits sur lesquels on veut appuyer cette théorie spnt ou erronés ou mal interprétés.

De tout ce qui précède, nous croyons être en droit de conclure ceci :

\° II n'y a pas de sève élaborée descendante; la théorie de la circulation est controuvée.

2* Les tissus en voie de formation reçoivent le liquide nourricier ou générateur d'un courant séveux ascendant, d'où prend naissance un courant secondaire horizontal rayonnant par les rayons médullaires.

3° Lie mouvement ascensionnel a pour moteur la succion déterminée par l'évaporation et l'assimilation ; le mouvement horizontal par l'endosmose. Maïs aucun de ces phénomènes physiologiques ne peut se produire sans la vie.

4* Chaque organe reçoit une certaine quantité de liquide qu'il élabore et modifie selon la nature de son tissu , et qu'il s'assimile entièrement; la limite de sa croissance est déterminée par la somme de liquide qu'il reçoit ; il ne peut laisser échapper aucun excès de nourriture pour servir à la nourriture d'un autre organe, puisque la succion produite par l'évaporation et l'assimilation s'oppose à la descente de tout liquide; Yeœcîs, quand il y en a, amène la désorganisation des tissus, la pourriture dès organes.

5° Le bourrelet qui se forme au-dessus des ligatures, incisions, décortication, plaies, etc., n'est pas un amas de sève concrète descendue des feuilles; c'est une agglomération de. productions vasculaires sinueuses, transversales, composées de cellules, fibres et vaisseaux, comme tout tissu ligneux des

6° Les vaisseaux qui partent de la base des bourgeons et qui concourent à l'accroissement en diamètre de haut en bas des tiges, ne sont pas créés par une sève descendante ; ils naissent des bourgeons et se développent sous l'influence de la sève ascendante rayonnante, modifiée par la transformation des substances nutritives emmagasinées dans les cellules, et qui, exsudée entre l'écorce et le bois, constitue cette couche plus ou moins épaisse de matière fluide nommée cambium ou couche génératrice. Ce sont ces vaisseaux qui servent Tannée suivante à l'ascension de la sève, ou du moins qui en trans-

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portent la plus grande partie, parce qu'ils se trouvent en communication plus directe avec les racines de formation récente, qui sont les prolongations souterraines de toutes ces productions vasculaires naissant de la base des bourgeons.

F. Herincq.

EXOCHORDÀ GRANDIFLORA (Lindley).

Pl. VIII.

Voici un magnifique arbrisseau, d'une rare élégance au mo- ' ment de sa floraison au printemps, et qui, cependant, a passé inaperçu à l'époque de son introduction en Europe en 1854. Il est originaire du nord de la Chine. C'est Fortune qui Ta fait connaître d'abord sous le nom de Amelanchier racemosa. Mais l'intrépide explorateur avait commis une singulière erreur ; il est vrai que M. Fortune connaît les plantes à la manière des horticulteurs, c'est-à-dire à l'aspect, au faciès, et de là à la science il y a loin, La moindre connaissance des caractères des plantes l'eût empêché de commettre cette grossière méprise : car les Amelanchiers sont des Rosacées à ovaire infère . à plusieurs loges ; tandis que sa planta offre cinq ovaires distincts, et naturellement super es. M. Hooker en fit, pour cette raison un Spirea et le baptisa Spirea grandiflora dans le Botanical Magazine, pl. 4,795. Plus tard, Lindley trouva dans la disposition des é ta mines, au nombre de 1 5, et dans le nombre des ovules; un caractère suffisant pour l'extraire du genre spirea, et en former un genre nouveau, qu'il a décrit dans le Gardener's Chronicle en i 858, sous le nom de Exoch&rda et non Exocordia comme l'écrivent les jardiniers et comme il est écrit par erreur sur notre planche.

L'Eœochorda grandiflora est un arbrisseau buissonneux trfcsrustique, qui atteint à plus de trois mètres de hauteur, et dont

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les pousses annuelles ont' jusqu'à 60 et 70 centimètres de longueur. L'écorce des rameaux est d'un marron clair et offre des lenticelles saillantes allongées, tes feuilles 6ont obovalescunéiformes, brusquement et brièvement acuminée?, dentelées seulement au sommet, entières dans les trois quarts inférieurs, longues de 5 à 7 centimètres sur trois de largeur, avec un pétiole long de 1 centimètre environ ; les plus petites feuilles, celles des brindilles, sont généralement oblongues-elliptiques, longues de 45 millimètres, y compris le pétiole.

Les fleurs, d'un blanc très-pur, sont larges de 35 à 40 mill., disposées en grappes simples terminales panicult'es ; elles apparaissent au premier printemps en même temps que les feuilles qui sont alors très-petites ; aussi , l'arbrisseau n'offre-t-ilqu' unemasse blanche d'un très-bel effet, surtout s'il a derrière lui, pour repoussoir, un arbuste à feuilles persistantes. Chaque fleur est composée d'un calice monosépale h 5 dents inégales obtuses, ciliées ou finement dentelées ; d'une corolle à 5 pétales obovalesarrondis, iasérés au sommet du tube calicinal, qui est tapissé par un disque jusqu'à la naissance des dents; lesétajraines, au nombre de 15, sont groupées par 3 et insérées à la même hauteur sur le bord du dùqbe, en face les pétales ; 5 ovaires occupent le centre, ils sont distincts, terminés chacun par un style et un stigmate simple.

Ce bel arbrisseau supporte parfaitement nos hivers; il serait d'une grande ressource, par sa floraison précoce, pour l'ornementation des jardins des villes.

Le plus beau pied que nous connaissons est à Segrez, sur le bord d'un massif d'arbres, exposé au nord. Il a près de trois mètres de hauteur; sa floraison cette année a étésplendide, malgré les emprunts souvent répétés qui lui ont été faits pour la confection des bouquets d'appartement.

Il existe très- probablement une seconde espèce de ce genre; nous avons vu, sous le nom d'Eœochorda grandi fiera au Jardin

des plantes de Paris, un jeune sujet d'une complexion très-dé* licate, assez différent de ceux de Segras, qui se rapportent exactement à la figure du Botanical ; mais la floraison avortée de ce sujet ne nous a pas permis d'en faire une analyse assez complète potrr que nous puissions nous prononcer à cet égard.

F. Herincq.

EXPOSITION UNIVERSELLE D'HORTICULTURE

(Troisième série.)

Le Moniteur enregistre, après chaque concours, les décisions du Jury ; c'est la consécration officielle des récompenses laborieusement gagnées par les exposants. Cette mention omise par le Moniteur prive l'horticulteur primé, de cette sérieuse et importante publicité ; pour beaucoup d'amateurs, cela équivaut à l'absence de prix et par conséquent à l'infériorité des produits exposés. Un oubli très-involontaire du journal officiel est venu atteindre M. Chaté fils. Au concours du 1" mai, cet habile horticulteur a obtenu un ln prix pour un beau lot de Pelargonium à cinq macules, pOur la plupart nouveaux. Le public a pleinement admiré ses magnifiques plantes, plusieurs étaient de premier mérite z Figaro, rouge- sang à centre blanc ; Stéphanie Chaté, rose vif à centre blanc, grandes fleurs; Emile Loise, saumoné bordé blanc, fleurs de moyenne grandeur; Alphonse Dupuy, rose saumoné, fleurs petites mais de forme parfaite; Emile Dupont, violet à grandes fleurs; Léopold Charpentier, rouge à centre blanc; Camille Bernardin rouge groseille, centre blanc ; Eughne Delamarre, rouge violacé, centre blanc, forme excellente, etc., sont de magnifiques plantes qui montrent les progrès obtenus dans les Pelargonium Odier. M. Chaté filsist un horticulteur très-intelligent et irès-consciencieux. Il a exposé quatre lots de plantes dans

différents concours; trois premiers prix et on second ont ré* compensé ses lois exposés, savoir : 1er prix pour les Pelargonium à grandes fleurs; 1er prix pour les Verveines, 1" prix pour les Pentstemon} 2e prix pour les Pétunia. Semeur habile, il a mis au commerce, depuis plusieurs années, un grand nombre de Verveines, de Lantana, de Delphinium, de Phlox et de Canna; toutes ces plantes, d'un mérite incontesté, ont fait rapidement leur chemin, et se trouvent actuellement dans toutes les collections sérieuses. Sa collection de Verveines est une des plus complètes et des plus belles. Pour ne citer, parmi ces belles plantes, que les dernières nouveautés mises au commerce cette année-ci, M*" Coursolles, M°* Héloïse Ginesty et Monsieur Gustave Ginesty , sont trois plantes charmantes que tout collectionneur voudra posséder. J'ai dit consciencieux. Son catalogue soigneusement expurgé de toutes les nouveautés douteuses et des plantes d'un mérite inférieur présente à l'amateur la fleur du panier de toutes les collections. Si en écrivant ce catalogue l'homme de goût y a trouvé son compte, ce n'était pas pour lui un mince sacrifice que de réformer des plantes, en grande quantité, qui, pour être moins belles que les autres, n'étaient pas moins chères. M. Chaté fils a ajouté un fleuron à sa couronne. Après avoir cultivé avec succès les plantes, il a consigné, dans cinq traités, tous les procédés de culture. Les Traités des Giroflées, des Lantana, des Verveinesf des Cinéraires et des Canna, seront les meilleurs guides que r horticulteur et l'amateur pourraient prendre pour cultiver avec succès ces beaux genres (1). Je tenais essentiellement à réparer l'oubli qui avait atteint M. Chaté fils; j'en ai profité pour dira quelques mots sur un jeune horticulteur plein d'avenir, et qui marche à grands pas dans la voie du succès.

(I) Les traités, édités avec beaucoup de soin par M. Donnaud, su trouvent à la librairie, me Cassette, 9.

Un des plus intrépides et des plus heureux exposants, M . Chantin, a brillé au premier rang dans les concours des Cy codées etFougères en arbre. M. Ghantin fait partie de cette hardie phalange qui se présente à presque tous les concoars , et soutienne courageusement l'honneur de l'horticulture française. J'enregistre avec joie, dans- ma modeste chronique, leurs succès, et je désire que leur persévérant courage trouve de nombreux imitateurs; l'Exposition n'en sera que plus brillante, les concours plus suivis et les récompenses plus difficiles à conquérir, et par conséquent plus désirables. Sa collection de 80 Palmiers a obtenu un premier prix pour espèces et variétés réunies en collection. Un premier prix a été accordé a son lot de 50 plantes de choix. Plusieurs Areca rubra, horrida, nobilis, speciosa à nervures brunes glacées de blanc , étaient représentés par de beaux exemplaires. Différents Cocos, un Zalacca Wagnerii, un Ceroxylon niveum, un Wallichiacaryotoides, un Seafortliia robusta, étaient fort admirés. Ces plantes passionnent toujours les amateurs ; elles joignent à des formes qui s'éloignent de celles de nos végétaux indigènes, une valeur ornementale des plus remarquables. Deux seconds prix ont été accordés à M. Dallière,deGand, pour un lot de 25 sujets en fortes plantes, et à H™ Legrelle d'Hanis, de Berchem, pour un lot de 1 2 espèces remarquables par la force et le choix des sujets. Le concours pour le sujet le plus remarquable parsondéveloppementextraordinaireaété brillamment soutenu par M. Linden, de Bruxelles, qui a obtenu un premier prix pour son Seaforthia robusta, plante d'un grand mérite; par M. Chantin, dont le magnifique Areca sapida a o 6 tenu un 2a prixi Les Phomix dactyli fer a donnés à la ville de Paris par M. Denis à Hyères (Var) ont rapporté au généreux donateur un troisième prix; ces exemplaires fort beaux sont admirés du pu- . blic. Tout le monde s^it que les Dattiers végètent à l'air libre , sous le climat d'Hyères. Ces végétaux présentent un charmant

coup cTœil aux malades qui vont chercher la santé sons le climat béni* Deux mentions honorables ont été accordées à H. Linden pour son beau Chamœrops stauracantha, et à M. Cbantin pour son Thrinax radiata. Le 1" prix du concours pour 25 espèces d'introduction récente a été remporté par M* Àmb, Verschaffelt. Son lot de 25 Palmiers nouveaux présentait au premier rang le Calamus Werschaffeltii, le Korstallia robusta, le Brahea nitida, Ylriartea exorhiza, le Wallichia myriostigma, le Pinanga maculata. Les prix du concours de 12 espèces d'introduction récente ont été obtenus : le 1" prix par M. Linden. Le Levistonia Hoogendorfii avec ses épines trèsfortes et très-aiguës, le Plectocomia hystrix, le Martincxia erosa. le Bactris speciosa, le Rhapis flabelliformis variegatis, m'ont paru de précieuses introductions. M. Amb. Verschaffelt, a obtenu le second prix et M. Chantin le 3e prix. Dans le lot de M. Àmbroise Verschaffelt, j'ai admiré plusieurs Areca; un Levistonta allissima, qui n'a pas besoin de s'appeler comme notre charmante Balsamine indigène, Noli me tangere (ne me touches pas), pour qu'on n'y touche, à cause de longues épines, que lorsqu'on y est absolument obligé. M. Chantin présentait aussi plusieurs Areca, dont. un Sechellarum viridifolium, fort remarquable.

Un beau lot de Palmiers au même horticulteur a obtenu un 2* prix.

M. Linden, de Bruxelles, a obtenu un premiefr prix pour son lot de plantes nouvelles. Ses Desmonchus, son Cocos elegontissima, son Pkgtelepha* yurumaguas, ont bien mérité cette récompense. M. Dallière a obtenu le second ; ce que j'ai le plus admiré dans son lot» c'est un Calamus adspersus, un Cdlamus de Sumatra.'

Les Cycadées ont présenté trois concours. Les mêmes noms 6e retrouvent dans ces concours. Au premier rang brille M. Chantin; ses Zamia iinearis, superba, Makoyana, ses Stan-

geria magellanica et paradoxa, son Katakidozamia Macleyi, son Cycas Rumphii9 lui ont obtenu un premier prix glorieusement gagné .

M. de Gellinck, de Wale, à Gand, a présenté une magnifique collection ; il a obtenu le second prix. Avant d'examiner les étiquettes, j'aurais juré qu'un premier prix eœ-œquo aurait récompensé les deux collections exposées. Uu magnifique exemplaire du Ceratozamia mexicana et plusieurs Zamia ont été fort admirés des connaisseurs. Son Zamia villosa a obtenu une mention honorable. Au concours de plante remarquable par sa rareté ou son développement, YEncephalartos Altensteiniij appartenant à Mme Legrelle d'Hanis, a obtenu le 1er prix. M. Linden a été récompensé du second pour son beau Cycas revolula. Le 3* a été attribué à YEncephalartos Altenstcnii de- M. Chantin* Ici se termine le concours principal; on voit, par la valeur personnelle des exposants et l'importance des lots exposés, combien les concours ont été sérieux et les récompenses bien gagnées .

Les Orchidées étaient très-belles mais peu nombreuses. La culture de ces belles plantes, privilège des riches amateurs, n'est pas encore très-étendue en. France. Deux concurrents se sont présentés, M. le duc d'Àyen et M. Luddemann. La magnifique collection de M. le duc d'Àyen a obtenu le premier prix. M. Luddeman a obtenu un troisième prix. Le Jury voulant récompenser le zèle et l'habileté de M. Fanion, jardinier de M. le duc d'Ayen, lui a décerné un prix. Jamais, en effet, Orchidées ne furent cultivées avec un pareil succès.

MM. Veitch et fils ontpbtenu un 1er prix pour 10 Azalea indica très-fortes ; nous avons dit ce que nous pensions des belles plantes de ce lauréat. M. Joseph Vervaene a présenté un lot à' Azalea indica de semis, auquel le Jury a accordé une mention honorable.

Les Rhododendron de pleine terre ont donné lieu à des

concours très-remarquables/ Les collections étaient nombreuses et bien choisies» MM. Croux et fils de Sceaux, que Ton voit prendre part à de nombreux concours dans chaque série, ont présenté un lot magnifique. Les Rhododendron Bylstanum, Elfryde, Lovii et Étoile de Villers, étaient admirables et admirés dans ce lot qui a obtenu le 1er prix. Le 2* a été accordé à M. VanAcker, deFromont. J'ai admiré dans ce lot Favorite, vermillon; Georges Cuvier, et elegans. M. Paillet fils, à Chatenay , a obtenu le troisième prix ; de fort belles plantes composaient son lot, parmi lesquelles on remarquait : magnificens $ Gloire d'Angers, delicatissxma, J. Walerer. La mention honorable a été accordée à M. Morlet, d'Avon près Fontainebleau. Prince Camille de Rohan, Jf"6 Miolan Carvalho, Béranger, se faisaient admirer au milieu de très-jolies plantes. Le concours, de 50 variétés ou espèces de choix a été, pour MM. Thibaut etKeteleér, l'occasion d'un triomphe. Leur lot a été jugé digne d'un premier prix, tandis que deux mentions honorables récompensaient les efforts de leurs concurrents, M. Cochet, de Suisnes (Seine-et-Marne), et M. Boyer, de Cambois, prèsHoudan(Seine-et*Oise).Leîot de MM. Thibaut et Keteieér présentait parmi les plantes les plus remarquables: M"" Durand, Joseph Witworth, Mistress Fistgeraldf Nero9 Stanfordianum. — VAzaloïdes odorata, à M. Cochet, est une plante charmante répandant un doux parfum et se couvrant d'une multitude de fleurs roses. Leopardii, Everestianumetlngramii} à M. Boyer , m'ont paru fort beaux. Le concours de 25 sujets remarquables par leur développement n'a pas présenté des plantes hors ligne. Un deuxième prix a été accordé à MM. Jamin et Durand, de Bourg-la-Reine. M. Oudin, à Lisieux, a obtenu le 2- prix pour sujets obtenus de semis ; M. Ambroise Verschaffelt, le 3\

Les concours à'Azalea pontica ont été fort beaux. Le Jury et le publie ont admiré les charmants arbrisseaux garnis d'une

immense quantité de fleurs de toutes les nuances. M. Van Acker a obtenu le 1er prix; M. Croux, le second; M, Morlet une mention honorable. Dans le lot de M. Van Acker : Heureuse Surprise, Rêve de Bonheur, Grandeur triomphante, ont attiré mon attention, et par leur nom un peu extraordinaire, et par leur beauté. Je signalerai Aurore deRoyghem dans le lot de M. Croux ; la Superbe, Joie des amateurs et Bronze unique dans le lot de M. Morlet. J'ai indiqué quelques noms parmi lès plus belles plantes dans les lots exposés; j'aurais dû en nommer plus de la moitié, pour rendre compte des merveilles qu'on a exposées à nos yeux. Un premier prix a été décerné à Van Acker pour un lot de 12 variétés nouvelles d'un grand mérite.

M. Huillier, à Bagneux, a présenté au concours un lot de Calcéolaires en fleurs assez remarquable ; le Jury lui a donné un 2* piix.

Les concours de Roses ont été peu nombreux, et, disons-le, moins beaux que les précédents. Trois concurrents se sont partagé les récompenses dans Tordre suivant : M. Margottin% à Bourg-la-Reine, 1er prix ; M. H. Jamain, à Paris, 2e prix; M. Fontaine, à Châtillon,a obtenu un 3e prix pour 25 Rosiers très-remarquables par leur bonne culture.

Les concours suivants, bien qu'ayant pour objet des végétaux plus humbles que les précédents, sont très-intéressants. Ces plantes forment ce que je pourrais appeler le fond de tous les jardins français. Il serait à désirer qu'un plus grand nombre d'exposants vinssent présenter des lots aux concours qui auront lieux Les plantes vivaces fleuries ont formé un concours dont les prix ont été remportés : le premier, par M. Ivon, de Montronge ; le second, par M. Thibault-Prudent.

M. Duvivier, à Paris, a présenté un lot de Pyrethrum au concours de « lots d'espèces et de variétés d'un même genre » : le Jury lui a accordé un troisième prix. Lorsque le Pyrethrum M. Barrai parut, on s'attendait à voir sortir de belles nouveau-

lés de ce genre ; M. Barrai était une espérance Jusqu'ici aucun des nouveaux gains ne Ta dépassé, je peux même dire atteint.

Les concours des plantes annuelles a été plus nombreux ; on ' devait s'y attendre. En tête des exposants brille, la maison Vîlmorin-Andrieux et C*; un premier prix est venu consacrer le goût du public f qui admirait leur belle corbeille de fleurs. Une maison importante dont le chef, M. Guenot, met tout son soin à vendre beau et bon, a plauté une corbeille fort remarquable que Ton pouvaitregarder avec plaisir, après avoir admiré celle de MM. Vilmorin-Andrieux et Cle. Une belle collection de graminées ornementales, des nouveautés très-méritantes caractérisaient ce lot. Un 2* prix est venu récompenser M . Guenot : M. Loise-Chauvière a obtenu le 3* prix ; la mention honorable a été décernée à MM. Havard et Cle, à Paris. J'ai regretté que plusieurs des producteursde ces belles plantes, entre autres M. Lemaire, rue de Lourcine, h Paris, n'aient point exposé. MM. Vilmorin-Andrieux et C16 ont exposé un lot de Pyrethrwn roseum; ils ont obtenu un 2* prix pour plantes nouvelles fleuries ou non.

M. Verdier a exposé un lot de Pivoines qui a obtenu un deuxième prix . Le lot de Pivoines de M. Paillet, son concurren t, était défleuri. Tous les amateurs de jardins savent que les Pivoines sont très-belles, mais de peu de durée ; le voyage a suffi pour flétrir cette belle floraison: c'est là un accident qui a privé probablement M. Paillet d'un prix.

M. Duvivier a planté une corbeille de £iro fiées Empereur. Ces plantes très-variées m'ont paru fort belles, un troisième prix est venu récompenser ce lot ; elles me paraissaient mériter mieux. On est peut-être indifférent pour ces jolies plantes, qui demandent une culture spéciale pour les obtenir très-belles. Bien des nouveautés fort recherchées passeront, tandis que la giroflée fleurira toujours dans les parterres et embaumera l'humble fenêtre où on lui donnera asile.

Le Jury a décerné un premier prix aux Pelargonium de

M. Vaudron, de Saint-Germain ; ces plantes étaient remarquables par leurs dimensions et l'énorme quantité de fleurs qu'elles . • présentaient. Un lot assez médiocre de Pelargonium de semis a valu à M. Régnier, à la Tourelle près d'Evry, une mention honorable ; aucune des plantes de ce lot ne nous a paru sortir de l'ordinaire.

Des concours divers ont donné lieu à des récompenses d'ordres différents. Mme Legrelle d'Hanis, qui tient à honneur de nous faire admirer les richesses végétales qu'elle possèàe, a obtenu un deuxième prix pour ses Araliacées ; un deuxième prix pour ses Aroïdées; un troisième prix pour ses Broméliacées. M. Jean Verschaffelt a obtenu un premier prix pour ses Tillandsia argentea, plantes fort curieuses ; un troisième prix a été accordé à son Eriostemumbuocifolium; une mention honorable a été décernée à son Clerodendrum Bungiifoliis variegatis.'IA. Delair, à Orléans , a exposé un Doryanthes excelsa en fleurs, qui aété très- admiré, et auquel le Jury aaccordé un troisième prix.

Les Pervenches de Madagascar de M. Chevet ont remporté un troisième prix. La Pervenche est une flmir charmante. Je suis surpris que les semeurs n'aient pas essayé d'obtenir de nouveaux coloris.

M. Chantin a obtenu une mention honorable pour son Ataccia cristata, plante dont la floraison est très-curieuse.

Plusieurs lots de fleurs coupées ont été primés. M. Guénot a exposé deux lots de Renoncules et d'Anémones coupées ; deux troisièmes prix l'ont récompensé. C'est en regardant ces lots, qu'on se rend compte de la variété et de Téton nante richesse . de coloris que présentent ces beau* genres. Une mention honorable a été accordée aux Iris en fleurs coupées de M. Loise- Chauvièré. Les Pivoines coupées da M. Charles Verdier étaient fort belles et variées; le Jury leur a accordé un premier prix. Une mention honorable a été la récompense des Pivoines de M. Paillet fils.

H. Vood nous a donné un avant-goùt de ses gains, en exposant un lot de fleurs de Rhododendron de semis. Il a obtenu une mention honorable. Le public a admiré l'harmonieuse élégance des bouquets de M"° Lion. Le Jury a confirmé le goût du public en lui accordant un troisième prix. Un amateur, M. Deschamps, a exposé, hors concours, une corbeille de •fleurs fort belles.

Les légumes sont peu nombreux. Les Asperges tardives formaient à elles seules l'Exposition maraîchère. Le premier prix a été accordé à M. Lhérault Salbœuf, le 2e prix à M. Louis Lhérault; leurs produits étaient fort appétissants. M"1 veuve Fromont, à Montrouge, a exposé des Vignes en pot portant des raisins mûrs; un troisième prix lui a été décerné. Un deuxième prix a été remporté par les Ananas en pot portant fruit de M. Crémont frères, à Sarcelles (Seine-et-Oise).

M. Besson, de Pont-de-Vivaux (Bouches»du-Rhône), a présenté un lot de Cerises en plusieurs variétés. Ces Cerises étaient très-belles et très-fralches ; un troisième prix a consacré leurs qualités* et, espérons-le, d'autres bouches que celles où elles sont nées en apprécieront la saveur.

M, André Leroy a exposé successivement au fur et à mesure de la maturité, toute la collection de Cerises qu'il cultive. Inutile d'insister sur l'intérêt de cette exposition placée hors concours.

Les Raisins exposés par MM. Rose Charme ux, de Thomery , et M. Adolphe Bertron, à Liberge-des-Bois, près Sceaux, ont été primés d'un 1er, d'un V et du 5e prix. M. Bertron , le candidat humain, trouvera certainement que les végétaux sont plus reconnaissants que les hommes.

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