‹ L'horticulteur français de (volume 3)Chapitre 44 sur 162 · LA RAYE SERPENT OU MOUGRI DE JAVA · texte numérisé non relu

LA RAYE SERPENT OU MOUGRI DE JAVA

Depuis quelque temps, on ne parle que de la Rave serpent, ou Mougri de Java,' à siliques ou fruits longs de 70 à 75 centimètres, dont la saveur un peu piquante permet de les manger à la manière des Radis, ou confits dans le vinaigre. L'année dernière, àja suite de l'exposition d'horticulture de Londres, où la plante avait été exposée, on vendait la graine en Angleterre au prix de 12 fr. 50 centimes chaque, ou 3 pour 25 francs (une livre sterling).

Mais cette plante est-elle bien, comme on Ta nommée, le Raphanus caudatus, de Linné, espèce cultivée dans le jardin d'Upsal vers 1770, et, il y a une cinquantaine d'années, au jardin des.plantes de Paris î Ou n'est-ce qu'une variété du Radis ordinaire (Raphanus sativus), comme le pense M, Duchartre, dans une note publiée en 1859, sur cette plante, dans le Journal de la Société d'horticulture de Paris?

Les faits qui se sont présentés cette année, dans certaines cultures, confirmeraient l'opinion dii savant secrétaire rédacteur de cette Société. Plusieurs personnes, et tout récemment encore M. Gloëde, habile et dévoué cultivateur de Fraisiers, annonçait à plusieurs de ses amis, dans le jardin de l'Exposition, que ce Raphanus à longue silique pendante, lui avait donné, dans un semis, un certain nombre d'individus dont les siliques étaient très-courtes et dressées, comme dans le vrai Ra-

phanus sativus ou Radis. Cette nouvelle importation ne serait donc qu'une variété locale, obtenue à Java, et qui, cultivée sous un autre climat se rapprochant de celui de la Chine, d'où le Radis est originaire, retourne plus ou moins rapidement au type.

Cette révélation donnera à réfléchir aux amateurs de nouveautés ; car 12 francs 80 centimes la graine, c'est payer un peu cher un simple Radis .

Louis Cordieu.

BIBLIOGRAPHIE

Nous venons de terminer la lecture de plusieurs livres qui nous ont été adressés; mais le temps nous manque pour écrire nos impressions. Nous les remettons au prochain numéro. Toutefois nous dirons de suite que la Culture et l'Histoire du genre Canna, par M. Emile Chalé, est un livre admirablement conçu, et qui devient indispensable aux amateurs de ce beau genre*

La Culture de V Asperge, par M. T. Lenormand, est un excellent guide pour l'homme qui n'a que peu de temps à donner à la lecture; l'auteur a résumé tout ce qu'on doit savoir pour obtenir de belles et bonnes Asperges, dans 54 pages du petit format adopté par M . Donnaud pour sa Bibliothèque de l'Horticulteur et de V Amateur du jardinage, à laquelle appartiennent ces deux nouvelles publications.

Quant au Dictionnaire de pomologie de M. André Leroy, le

premier volume qui vient de paraître nous a permis de juger

de l'importance et du grand mérite de cette publication que

l'auteur a voulu mettre à la portée de toutes les bourses. 6 fr. 50

le volume; c'est vraiment pour rien. Au prochain numéro donc

les détails et renseignements.

CATALOGUES D'HORTICULTURE

pour 4867.

Adolphe Pelé fils, horticulteur, rue de Lourcinc, 451, Paris. — Catalogue des plantes disponibles dans rétablissement.

Ambroise VersehanVlt, rue du Chaume à Gand (Belgique). Plantes nouvelles et prix courant na 81, pour l'automne 4867 elle printemps 4868»

Coartolft-Gérar* et Pavard, marebands-grainiers, 24, rue du Pont-Neuf, près les Halles centrales, Paria, — Catalogue d'oûraoûs à fleurs, automne

Croax et fils, horticulteurs-pomologistes, vallée d'Aulnay, à Sceaux (Seine) . — Extrait du Catalogue général et prix courant des arbres fruitiers et d agrément à l'usage de la plantation des parcs, jardins anglais et fruitiers.

Dncher, horticulteur, chemin des Quatre-Maisons, Guillotière-Lyon (Rhône). — Prospectus des 4 nouvelles variétés de Rosiers hybrides remontants obtenus de semis dans rétablissement.

Fontaine et Bu flot, marchands grainiers, S, quai de la Mégisserie, Paris. Catalogue des Oignons à fleurs, plantes diverses, et graines que Ton peut se* mer en septembre et octobre.

tiloëde, horticulteur, 44, faubourg St-Louis, à Beau vais. Catalogue descriptif

de nouvelles variétés et autres de Fraisiers. CSnillot (J.-B.), père, horticulteur, rue du Repos, 43, à la Guilloti ère-Lyon

(Rhône) . — Extrait du Catalogue général des Rosiers pour l'automne 4 867

et le printemps 4868. Gnlllot (J.-B.), fils, horticulteur, chemin des Ans, quartier Sainte-Anne, à

Lyon-Goillotièrc (Rhône). — Catalogue et prix courant des Rosiers cultivés

dane rétablissement disponibles pour l'automne 4867 et le printemps 4888.

Lesnotne (V.), horticulteur, rue de l'Étang, 67, à Nancy (Meurtne). «-Catalogue n° 60, supplément et modification des prix : plantes de serre ebaude, de serre froide et de pleine terre, nouveautés. Prix courant pour l'automne

liiabattd, horticulteur, montée de la Boucle, 4, angle de la Grande-Rue de la Croix-Rousse, Lyon (Rhône). — Supplément au Catalogue général des plante* cultivées dans rétablissement.

IioUe-Chaavière, grainier-horticulteur, quai de la Mégisserie, 44, Paris* — Catalogue de graines de fleurs $ prix courant.

Louis Sergent, pépiniériste-horticulteur, rue Saint* Aubin, 7, à Vitry*sur* Seine (Seine). — Catalogue général des végétaux cultivés dans l'établisse* ment.

nUrgettln, horticulteur, Grande-Rue, M, à Bourg-la-Reine, près Paris. -* Catalogue des meilleures Roses remontantes et autres plantes.

Ynikaat-nteteleér, ci-devant rue de Charonne, actuellement rue Houdan, 85, à Sceaux (Seine). Extrait du Catalogue général. Nouveautés d'Azalées, Fuchsia, Pelargonium et diverses.

Thinant-Prudent, 4, rue de la Cossonnerie, Paris. Catalogue des Oignons à fleurs, griffes et pattes. Jacinthes.

Terdler (Eugène) fils aine, 3, rue Dunois, 43» arrondissement, gare d'Ivry, Paris. Catalogue descriptif et spécial, pour le commerce : Glaïeuls, Amaryllis, Iris, Pivoines, Rosiers nouveaux.

▼Unt*rltt*An«jr!enx et Cie, 4, quai de la Mégisserie, Paris. Catalogue d'Oignons à fleurs, et de* graines de plante» qui peuvent être semées) en septem*

bre et octobre.

Travaux du mois d'Octobre.

Jardin pQtager. On sème en place : Mâche, Epinards, Cerfeuil, pour récolter en mars, et des Laitues crêpe rouge, petite noire, romaines hâtives, pour repiquer ensuite sur couche . On repique en place ou en pépinière : Choux d'York et autres, Oignons blancs, Oseille ; et sur cotières, Laitues de la Passif Choux-fleurs. Lorsque les gelées arrivent, il faut couvrir les semis et ieuues plants, ainsi que les planches de Chicorée, Scaroles et Haricots qui pourraient encore rester dans le jardin.

Jardin fruitier. Récolter les fruits d'hiver et choisir pour cela un temps bien sec. Pour que ces fruits se conservent plus longtemps, il faut éviter de les meurtrir et les laisser ressuyer dans une pièce bien sèche, avant de les transporter dans le fruitier. C'est le moment d'adresser les demandes d'arbres.

Jardin d'agrément. Travaux d'entretien et de propreté. On met en place les Chrysanthemum . On peut planter des Œillets de poète, Mufliers, Scabieuse, Campanules, Digitales, Polemonium et autres plantes vivaces élevées en pépinières. On fait ses plantations, en pleine terre, d'Oignons de Jacinthes, Tulipes, Narcisses, Crocus. On doit relever, pour, mettre en pot, de la Giroflée jaune et la rentrer sous un abri quelconque pendant l'hiver, afin de l'avoir de bonne heure en fleurs au printemps.

Serre. On doit aérer pendant les heures les plus chaudes, tant que la température extérieure sera égale à celle de la serre ; mais vers la fin du mois, les nuits commencent à être froides, il est alors prudent de préparer les paillassons pour en couvrir les vitres. On ne doit pas oublier que les plantes ont besoin de repos pendant un certain temps; on doit donc commencer à diminuer les arrosements. Il est cependant quelques espèces qui ne fleurissent, sous notre climat que pendant, la saison d'hiver; à celles-là, les arrosements ne doivent pas manquer, surtout lorsqu'elles se disposent à entrer en végétation.

Si les plantes d'orangerie ne sont pas encore rentrées, il ne faut pas tarder aies hiverner; les nuits commencent à être froides et humides; il faut choisir une belle journée de soleil et attendre que l'humidité delà rosée des nuits soit disparue; autrement on risquerait de voir les plantes pourrir. On doit disposer . ces plantes, dans l'orangerie, de manière à réserver le devant pour les plantes délicates ou celles qui conservent leurs feuilles. On place les arbrisseaux à feuilles caduques tout à fait au fond avec les Orangers et les Lauriers roses. Règle générale: toute plante à feuilles molles et qui les conserve pendant l'hiver, doit être rentrée dans un endroit bien éclairé, pour recevoir autant de lumière que possible. On dépouille les Fuchsia et les Géranium zonales de leurs feuilles, et on les intercalle entre les caisses d'Orangers; ils n'ont pas besoin de lumière avant le mois d'avril, si on né les pousse pas à l'eau; on ne doit arroser les plantes d'orangerie que très-rarement, pour maintenir seulement la vie*

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Paris é — Imprimerie horticole de E, Domaud, rue Cassette, 9.

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S0IIA1RI DES ARTICLES COHTMCS DANS GR ITOMÊHO.

P. Hmmcq, Cbrralqaf.— L. Gvillotiaqx, Bip**ltt*B imfrerflell*. — 0, Lucotu,

iaaeheata D«bllln (PI. XII). — Ern. Bobard, ■»!*■*«• ■•«▼elle*. — Ern. Bo-

' mn, griffe de fc«vt«M h frais*. — Alto*. Leroy, P«lre é • Curé. — Eh. Ciaté,

dct Kagrai*. — €*UI«fiM d'horticulture. — Tnvaix dn moit de Novembre.

CHRONIQUE

Clôture de l'Exposition universelle ; exposants atteints de fièvre ; divagation et aberration ; titres des candidats à la décoration ; les cinq grands prix; époques de la distribution des récompenses ; conseils aux candidats malheureux. — Quatre nouveaux livres : Culture des Asperges; des Ananas ; des Canna-, Dictionnaire de Pomologie.

C'en est fait, la grande lutte pacifique de l'intelligence et du ^travail des peuples, qui a tenu pendant six mois en éveil le monde entier, est enfinterminée ! Encore quelques jours et toutes les immenses richesses végétales qui ont pris place successivement dans un petit coin du Champ-de-Mars auront disparu ; cet ancien désert enlevé aux enfants de Bellone va redevenir ce qu'il était : un désert poudreux. Adieu donc cascades, rivières et verts gazons! Adieu belle oasis, petit univers tant admiré ! Encore un peu de temps et rien ne laissera plus soupçonner ton existence ! C'est ainsi que tout passe et disparaît en ce monde.

Pour beaucoup il ne restera de ce magique jardin qu'un vague souvenir; pour quelques-uns, une couronne de laurier rappellera qu'on y fut vainqueur.

Dans cette grande mêlée, où tant d'intérêts étaient en jeu,

nous avons voulu rester simple spectateur, afin qu'on ne puisse

nous accuser de partialité envers quelques combattants. Des

hommes vivant en dehors du monde horticole, mais non

Novembre 4867. 22

étrangers à la science ont bien -voulu se charger de la tâche ardue de rendre compte des résultats. Nous croyons qu'ils l'ont remplie avec impartialité ; si quelques lots ont échappé à leurs* investigations, il ne faut s'en prendre qu'à la disposition^ jardin, dans lequel les lots d'un même concours étaient disséminés, perdus dans les massifs de garniture, auxquels il a fallu recourir pour remplir une aussi vaste étendue de terrain. Qu'ils reçoivent donc nos remerclments.

Quant à nous, qui avons assisté à ce grand tournoi en simple curieux, nous n'avons pas moins éprouvé certaines imposions, que nous ferons connaître en leur temps; ce sera le bouquet des comptes rendus publiés par Y Horticulteur français, c'est-à-dire la vérité sur l'Exposition horticole. En attendant, rentrons dans la chronique fantaisiste, qui veut qu'on parle un peu de tout.

Naturellement la clôture de l'Exposition nous fournit le çiorceau d'entrée, — sauce mayonnaise! — Elle a fait naître, en effet, chez un assez grand nombre d'exposants, une maladie terrible qui, depuis quelques années, détraque la raison de tous ceux qui en sont atteints; c'est la fièvre rubro-rubanique. J'ai vu plusieurs de nos malheureux confrères; ils ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes ! Ils divaguent que cela fait peine à entendre. Un entre autres, qui n'ayant ni jardin ni serre achetait des plantes à la fin de chaque concours, pour en reformer un nouveau, passe son temps à calculer combien les feuilles de ses plantes ont pu décomposer d'acide carbonique, et rendu d'oxygène à l'humanité. Sans elles, dit-il, tous les augustes souverains qui ont visité l'Exposition auraient été asphyxiés; et il conclut qu'il a droit aux honneurs dus aux hommes pour lesquels la patrie est reconnaissante. 11 n'est pas le seul, malheureusement, à donner de pareilles preuves d'aberration d'esprit. Le syndic d'une association, composée d'un seul membre., est tellement convaincu de son droit qu'il demandait der-

nièrement à un fonctionnaire de l'Exposition quand on lui délivrerait sa croix.

— Est-ce que vous allez bientôt mourir? lui fut-il répondu. Hélas! peut-être bien, s'il ne Ta pas. Enfin d'autres encore en ont tant fait, qu'il est impossible aujourd'hui de leur accorder l'insigne de l'honneur.

Sans doute l'horticulture et l'agriculture méritent d^èlre encouragées par cette haute récompense, aussi bien que les -■arts et industries; mais faut-il encore que ceux qui la eonvoi- Wnt et la demandent aient rendu des services exceptionnels à l'une de ces deux sciences, et qu'ils soient dignes de la porter.

Il est vraiment curieux de lire les titres que font valoir certains de ces candidats, qui, je dois le dire, ne sont pas tous des horticulteurs. Ce sont des promoteurs de l'horticulture par occasion; des maires, des capitaines de gardes nationales, qui, ayant échoué à plusieurs 15 août, ont profité de l'Exposition universelle pour appuyer leur nouvelle demande d'une botte de Radis, d'une corbeille de Pommes à faire des confitures, ou d'un bouquet de Roses 1 Quelle cruelle déception pour tous ces braves et vaillants soldats de Flore et de Pomone qui n'ont jamais été désarmés — par les premiers revers— quand à l'appel nominal des nouveaux légionnaires, ils n'entendront pas leurs noms. Dans quel état fiévreux ils sont ! combien doit encore durer cette fiévreuse attente? Je ne puis le dire. Tout ce que je sais, c'est que la Commission impériale a arrêté les cinq grands prix et qu'ils sont accordés à MM. Chantin, Lindcn, Veitch, Vilmorin et à la Société de secours mutuels des ma* ralchers de Paris.

Sans être prophète on peut prédire que les nouveaux chevaliers — s'il y en a — seront choisis parmi ces cinq grands prix ; car il n'est guère supposable qu'on décerne le ruban aux exposant qui n'ont eu que des mentions honorables ; c'est

d'une telle logique que je redoute pour la raison de ceux qui courent après la croix, et qui n'ont qu'une simple médaille d'argent, ou même d'or. Je n'affirme pas cependant que ma prédiction s'accomplira. Tout ce qu'on croit logique ne l'est pas toujours; je désire qu'il en soit ainsi, pour mes pauvres amis, dont le raisonnement dénote déjà un affaiblissement considérable des facultés intellectuelles. Je les engage donc à attendre patiemment. D'après le Petit journal, qui généralement est bien informé, voici l'ordre et les époques de la distribution des récompenses accordées à l'horticulture et à l'agriculture:

Grands prix, au commencement de novembre ;

Médailles d'or, fin de décembre;

Médailles d'argent, fin de janvier;

Médailles de bronze, fin de février;

Mentions honorables, fin de mars.

Quant aux rubans, il n'en parle pas ; mais en tout cas, le plus tôt ne peut être que le 1er avril. Quel poisson pour beaucoup ! ! Pauvres confrères et amis ! faites une croix sur votre ruban, et n'y pensez plus. Chantez gaiement avec Josselin, dans le Bot cTYvetot :

Fi des honneurs,

Des grandeurs ; Parlez-moi d'un chez soi Où l'on est bien à Taise.

Oui, c'est bien là seulement où se trouve le bonheur, et il n'y manquera rien, si vous avez su faire, autour de votre demeure, un joli petit jardin dans lequel vous aurez planté des Canna, des Asperges, des Poiriers, voire même des Ananas dans une petite serre. Si vous ignorez l'art de les cultiver, vous consulterez avec fruit trois petits livres que vient d'éditer M. Donnaud, et un gros volume de M. André Leroy, le Dictùm-

noire de Pomohgie. On y trouve dévoilés tous les mystères de culture de ces différents genres.

La Culture de l'Asperge est de M. Lenormand fils, nom bien connu ; c'est une garantie que ce livre est tout à fait pratique, et qu'il ne contient que juste ce qu'il faut connaître pour bien cultiver cette plante. La culture de l'Asperge est pratiquée dans rétablissement Lenormand depuis près de quarante ans. L'auteur de la petite brochure, que nous recommandons, a donc été à même d'apprécier la valeur des différentes méthodes, tant au point de vue de l'économie, que de celui de l'amélioration du produit. La méthode qu'il développe dans son petit Traité est celle qui donne, comparativement aux autres méthodes de culture, les meilleurs résultats, puisqu'elle fournit un rendement au moins double sur la même surface de terrain, avec diminution notable de fumier. Le secret, il est là, — dans son livre, — je viens de le lire; il n'en fait pas mystère. C'est dit simplement, sans prétention ; mais aussi comme c'est clair!

Le livre sur les Ananas est de M. Gontier père, l'habile primeuriste de Montrouge, une de nos gloires horticoles ; c'est lui qui a appliqué le premier le soufrage pour combattre la maladie de la Vigne ; mais ce n'est pas lui qui a eu la récompense; d'autres la portent pour lui à leur boutonnière.

Le livre de M. Gontier est consacré aux Ananas à fruits comestibles; leur culture actuelle est comparée à l'ancienne culture ; à la fin du livre on .trouve une Notice sur là culture forcée du Fraisier. C'est le premier ouvrage qui traite de l'Ananas, et il est heureux que ce soit un homme du métier qui ait pris l'initiative ; car on est assuré de l'exactitude des données; il est vrai que les faiseurs n'auraient pu le faire, puisqu'ils n'avaient rien à piller ni à dénaturer.

Après la description et l'historique des Ananas, M. Gontier passe à l'examen critique de l'ancienne méthode de culture, et

il en montre les défauts et les mauvais résultats. Passant ensuite à la reproduction et à la multiplication des Ananas, il examine la reproduction par le semis, par œilletons, couronnes et collerettes. Puis il donne la liste descriptive des variétés qui font partie de sa collection de réserve, et qu'il considère comme les plus méritantes, au point de. vue des cultures d'amateurs, pour la succession de la maturité des fruits. Enfin il fait connaître, dans tous ses détails, cette méthode française si fort appréciée de nos voisins les Anglais.

Ce livre manquait, et nous félicitons M. Gontier de l'avoir écrit ; il a rendu un signalé service aux jardiniers et amateurs, qui, faute de renseignements, ont été privés de ce délicieux fruit ; ils trouveront les premiers principes de cette culture qui n'a rien d'exorbitant, comme frais d'installation; tous les renseignements sur la construction des bâches, serres, etc.;des ûgures aident encore à l'éclaircissement du texte. Nous reprocherons toutefois l'absence de table des matières.

Le livre est très-commodément divisé en chapitres; mais rien ne vient aidera trouver ce qu'on cherche. Il faut feuilleter tout le livre ; c'est une perte de temps. Nous appelons l'attention de l'éditeur sur cette absence de la table ; il lui sera facile de l'ajouter à la seconde édition qui ne tardera pas à venir établir le succès que nous prédisons au livre de M. Gontier.

Il est un autre ouvrage de la Bibliothèque de l'horticulteur et de Tamateur de jardinage, qui se recommande particulière* ment, c'est celui deM. Chalé fils, sur les Canna, et au sujet du* quel M. Morren, de la Belgique, qu'on ne peut taxer ici de par* tialité., s'exprime ainsi : c Nous avons lu cet ouvrage avec un véiitable intérêt, parce que dès les premières lignes nous avons reconnu chez son auteur les qualités les plus recommandables. Il expose de la manière la plus judicieuse les véritables principes scientifiques qui doivent diriger celui qui veut élucider la connaissance d'un genre de plantes nombreux, soumis à la cul-

ture et par suite fort embrouillé, — Le Canna est une monographie botanique et horticole telle que la fédération dea société* d'horticulture de Belgique en demande au sujet de toutes les plantes dont la culture est répandue.» Ce dernier passage est le meilleur éloge qu'on puisse faire du livre de M. Ghaté ; car les sociétés d'horticulture, en Belgique, ne craignent pas de jeter le blâme sur les mauvaises publications qui leur sont adressées. L'espace nous manque pour entrer dans de plus amples détails. Mais, d'après les quelques lignes de M. Morren, on voit que c'est un travail complet ; aux données historiques et scientifiques sont ajoutées des notions complètes de culture, qui permettent à l'amateur de cultiver et de multiplier, avec succès, toutes les espèces et variétés de Canna. Nous avons reproduit, à la page 356 le chapitre des Engrais qui peut donner une idée de la manière dont M. Chaté a traité son sujet»

Enfin, nous dirons deux mots seulement du Dictionnaire de Pomologie de H. André Leroy. C'est un ouvrage des plus remarquables aux points de vue scientifique et typographique, L'auteur, possesseur d'une des plus riches et complètes collections de fruits, s'e3t livré pendant bien longtemps à l'étude comparative de toutes les variétés de fruits avant d'avoir écrit le titre de son livre. C'est une œuvre complètement originale, et qui témoigne des vastes connaissances pomologiques de l'auteur. Pour établir la synonymie, il lui a fallu fouiller tous les livres qui traitent cette matière, non-seulement français, mais encore étrangers, et ce n'est pas une mince affaire. On trouvera plus loin l'article sur la Poire de Curé, que nous extrayons du livre pour montrer comment l'auteur traite chaque variété de poire.

L'ouvrage complet aura quatre volumes. Le premier, qui vient de paraître, ne contient que la moitié du genre Poirier, 389 variétés, et le prix n'est pas, comme on l'a imprimé par erreur daps le dernier numéro, G fr. 50? — mais seulement

6 fr. pris chez L'auteur, et 1 fr. 20 en plus pour le recevoir par la poste.

J'ai lu entièrement toute la première partie, qui est F historique du Poirier; c'est plein d'intérêt. En somme, c'est un excellent livre que nous recommandons sans réserve.

F. Herincq.

EXPOSITION UNIVERSELLE

Concours des iw et 15 septembre; 17 et 15 octobre.

Nous avons déjà parlé de Dahlia; il nous faut encore y revenir, puisque cette fois il s'agit pour* lui du concours principal. Je n'ai jamais bien compris cette répétition de concours pour un même genre de plantes. Elle n'a pu que favoriser des collections très-secondaires qui, venant après coup, se trouvaient en première ligne, quand elles n'eussent été qu'en seconde ou même en troisième si toutes eussent été présentées au jour indiqué par le programme. Pour ne pas revenir sur le même genre plusieurs fois dans cet article — qui fort heureusement est celui de la fin, du moins je l'espère, —nous envisagerons d'un seul coup les quatre derniers concours.

Pour les Dahlias en pleine terre, nous ajouterons à ceux déjà signalés dans notre dernier article, un beau massif de M, Rouillard, et celui de M. Loise-Chauvière. Au concours du ltr septembre — concours principal, — M. Rouillard a remporté le 1er prix pour bonne culture, et le 15 il recevait encore un 4#r prix, en concours imprévus, pour Dahlias en collection. En général, les Dahlias se sont montrés trop généreux envers leur feuillage, qui avait pris une telle proportion, que c'est à peine si on apercevait quelques fleurs dont le développement laissait beaucoup à désirer. Nous ne ferons pas le même reproche aux fleurs coupées. Là, le cornet de papier avait produit

son effet; car certaines fleurs avaient une ampleur inaccoutumée.

Les exposants de la lr° quinzaine de septembre étaient MM. Moricart et Asclept, 1" prix; Devaux, d'Ermontet Scalabre-Delcour, 2'; Loise-Chauvière, 3% et Mangin, mention honorable. Les 15 septembre, 1° et 15 octobre, nous retrouvons encore MM. Moricart et Asclept, Rohart, i"; Dufoy, Chardine, Rendatler, Coulon, Loise-Chauvière, Guénot. Ce n'est que plus tard, au concours du 15 octobre, qu'apparurent les collections de M. Mézard, qui lui ont valu chaque fois un lffprix.

Des nouveautés ont été présentées : le 1" septembre, par MM. Guenoux, amateur, Souchet, de Bagiiolet et Laloy ; le 1er et le 1 5 octobre encore des nouveautés de M. Guenoux ; ce qui loi a fait trois premiers prix pour un. C'est ainsi qu'avec le même genre, peut-être même avec les mêmes variétés, on pouvait obtenir quatre et cinq récompenses. M. le Commissaire général a dû trouver que le Jury agissait en véritable enfant prodigue .

Cette remarque peut s'appliquer aux Glaïeuls,' qui, depuis trois mois, n'ont pas cessé de se présenter à chaque renouvellement de quinzaine; nous avons pu encore admirer, à la fin d'octobre, quatre collections de MM. Souchet, Eugène Verdier, Loise-Chauvière et Guénot, toujours classées comme au grand concours spécial.

Les Roses sont aussi dans le même cas : ce sont toujours MM. Margottin, Hippolyte Jamain et Duval qui renouvellent leurs massifs de Rosiers thés. Et les Roses coupées appartiennent à MM. Hippolyte Jamain, Margottin, Cochet, Duval, Marest, etc., qui passent alternativement premiers et deuxièmes.

Au concours du 1er septembre, M. Pernet, de Lyon, a présenté une Rose nouvelle, Mme la Baronne de Rothschild, qui a reçu une mention honorable.

Pour les plantes annuelles en collections variées, MM. Vilmorin, Thibaut-Prudent et leurs confrères, n'ont pas aban* donné la place. Les collections de Dianthus sinensis du premier et de M, Sénéclauze étaient très-variées; elles ont dû faire le bonheur des adversaires de l'espèce. On en voyait de toutes les formes et de toutes les couleurs.

Les Pétunia n'ont brillé qu'en fleurs coupées pendant le mois deseptembre; ils appartenaient à MM, Rendatler etTabar; dans le courant d'octobre, M. Chardine en a planté une demi-cor" beille, qui nous a fait regretter l'absence de concurrents.

Quelques Reines-Marguerites de MM. Duvivier, Thibaut- Prudent, Loise-Chauvière et Guénot ont encore paru dana la première quinzaine de septembre, et son parent, le Zinnia double, exposé par MM, Oudin, Guénot, Regnière, a voulu clore la« fête ; il montrait ses jolis pompons, le jour de la fer* meture officielle.

Le Phlox Drummondii a baissé dans l'estime publique; à peine en avons-nous vu quelques pieds disséminés dans les groupes de plantes variées,, sa véritable place; car en corbeille uniforme, comme celle de M. Duvivier, le mérite de ses jolies Heurs est anéanti par son mauvais maintien.

En Phlox decussata, ou vivace, M. Rendatler en avait quelques variétés assez' remarquables pour lesquelles il a eu un V prix; et M. Alphonse Dufoy, une nouveauté, nommée Virgo-Maria à fleurs blanches, qui n'a rien de bien extraordi- . naire.

En plantes vivaces de plein air, nous citerons aussi l'intéressante collection d'Aster de M. Yvon, 2* prix; lesLilium de M. Thibaut-Prudent, i" prix; encore des Œillets remontante et Mignardises de MM. Gauthier-Dubos, Boucharlat et Nardy frères, de Lyon.

M. Havard avait une corbeille à' Anémone Honorine Joubert, qui a bien montré le mérite et la beauté de cette variété mise

au commerce il y a quelque 4 ou S ans, par M. Rendatler, en même temps que le Gazania aurantiaca, qui, lui aussi, for* mait une ravissante corbeille plantée par M. Loise-Chauvière.

J'ai beaucoup admiré une plante qui a été fort malmenée dans ce recueil par notre sévère ami, M. Herincq; c'est Ylresine Herbstii. Je lui demande la permission de m'inscrira ioi en opposition à son jugement; cultivée par des mains habiles, comme celles qui ont présidé à l'élevage des sujets qui for* maient la corbeille de l'Exposition, cette plante est réellement très-belle. Il y avait là des individus de près de deux mètres de hauteur, et dont les feuilles vigoureusement développées offraient un limbe parfaitement plane., de 10 centim. au moins de longueur, d'un roug* vif du plus charmant effet, surtout quand le soleil, les caressant de ses éclatants rayons, permettait de les voir par transparence. J'ignore le nom de l'exposant — il n'était pas indiqué, — et je le regrette j car un aussi bon résultat de culture mérite d'être signalé.

C'est ainsi que je comprends les plantes à feuillage. Elles doivent avoir de la vigueur et un cachet tout différent de celui de nos plantes indigènes.

La Poirée à carde du Brésil, exposée par MM. Courlois- Gérard et Vilmorin, avec ses grandes feuilles rouges gaufrées à pétiole plus ou moins orange, constituent certainement une plante à beau feuillage; mais elle ressemble trop à la Betterave, que nous voyons en parcourant nos champs, et ce nom de Poirée, rappelle qu'une de ses congénères, à feuilles vertes, joue un triste rôle chez les pauvres diables affligés d'infirmités. Elle n'a donc rien de curieux pour attirer la vue, et rien d'intéressant pour fixer l'attention, puisque nous vivons depuis longtemps au milieu de, plantes analogues. Pour qu'une plante ait de l'attrait, il faut qu'elle ne ressemble en rien à nos plantes indigènes ; autrement on la repousse dédaigneusement avec cette phrase stéréotypée : Nous en avons plein nos prés.

C'est à cause de leur trop grande ressemblance avec le Chou à vache que les Choux plus ou moins frisé*, comme ceux exposés par MM. Vilmorin et Guénot, restent à peu près confinés dans les jardins des marchands grainiers, et de quelques curieux des bizarreries de la nature.

Le Gynerium, qui ressemble tant par son feuillage à nos Laiches ou Carex, ne jouirait pas de si grande réputation, s'il n'avait pas ses splendides panaches. Je doute que la chétive variété panachée exposée par M. Oudin, de Meudon, obtienne jamais quelques succès ; pour les panachures, les beaux jours sont passés.

En voyant la collection de Lierres panachés de M. Dieuzy, qui a reçu un 1* prix, je me suis demandé comment on a pu se laisser aller à cet engouement du rachitisme ; tous ces malheureux Lierres ont une mine qui dénote la misère, et leur vue attriste plutôt qu'elle n'égayé. Je ne comprends donc pas qu'on ait tant multiplié les variétés ou mieux les noms, et qu'on ait fait le Rhombea-japonica quand on avait YArborea elegantissirna, ou le Marginata arborea argentea, ou le Marginata pulchella, ou bien encore le Marginata cullisii ! Quand on voit, à côté de ces êtres rabougris, les beaux et vigoureux Lierres en arbres de M. André Leroy, on doit avoir honle de leur préférer de semblables expirants, sur la tombe desquels nous pourrons bientôt planter les Noisetier et Bouleau pleureurs de MM. Charles Neusing et Bonamy, couronnés à l'Exposition d'un 2* prix.

Une collection qui nous a vivement intéressé, est celle de la Compagnie suédoise. La Suède est, tomme chacun sait, l'un des pays les plus septentrionaux de l'Europe, situé entre le 55e et le 71. degré de latitude; le cap Nord, dans la mer Glaciale, est le point extrême. Il n'y a que deux saisons, 9 mois de froid et 3 mois de grande chaleur; et dans la région polaire il y a trois mois de nuit et trois de jour. C'est pendant cette dernière

période que les végétaux se développent : dans l'espace de six semaines ils fleurissent et fructifient * Il est donc intéressant de connaître les plantes qui s'accommodent d'un pareil climat. Si nous en jugeons par les arbres et arbustes cultivés, qui étaient représentés par des branches fraîches à notre Exposition, le nombre en est assez considérable, et il pourrait l'être plus encore, selon un savant de Stockholm, M. Anderson, qui a publié un Aperçu de la végétation des plantes cultivées en Suède, et auquel nous empruntons les quelques renseignements suivants qui font connaître la rusticité de certaines espèces exotiques. Ainsi dans la Norrbotnic, sous le 66e degré de latitude (région polaire), nous trouvons dans les pépinières de M. Pringius, les Prunus Virginiana, Syringa vulgaris, Sambucus raceraosa^Eleagnus macrophylla,Mahonia aquifolium,Deutzia gracilis, Berberis dulcis. — M. Rosendahl, en Vestrobothnie, sous le 64. degré, cultive les Ceanothus americanus, Hydrangea nivea, Dans le Jamtland (63* degré), c'est le Marronnier d'Inde, le Philadelphus coronarius, Symphoricarpos racemosa exposés par M. Lignell. Dans la Suède moyenne, entre les 57* et le 60* degrés, à Upsal, Stockholm, etc. , d'après les communications de MM. Peterson, Larrson, Ljungdahl et Lôwegren, on possède une foule d'arbres et d'arbustes de l'Asie orientale, de l'Amérique du nord et du Japon, tels que Abies nigra, canadensis,Picea nordmanniana, Populus canadensis, Quercus coccinea et finctoria, Juglans nigra, et regia qui ne mûrit ses fruits que dans les étés les plus chauds; Chionanthus virginica, Syringa Jôsikaea, Weigela rosea, Yiburnum plicatum, Ribes sanguineum, Cydonia japonica, Sophora japonica, Berberis asiatica, canadensis, etc., etc. — Dans la province méridionale et dans l'île Gotland, on cultive encore le Pinus excelsa, Abies Doùglasii, Cedrus deodara, Araucaria imbricata, Wellingtonia gigantea, les Powlonia et Catalpa, mais qui n'ont pas encore fleuri ; Andromeda floribunda, Halesia tetraptera, Au-

cuba et Aralia spinosa, les Prunus laurocerasus et lusitanien • Dans la Scanie, sur la côte sud-ouest, les Broussonetia, Pinus pinea, Platanus cuneata, etc. prospèrent magnifiquement. Nous nous sommes peut-être un peu trop étendu sur cette Exposition de Ja Suède; mais elle nous a tellement intéressé au point de vue de la naturalisation, que nous avons pensé qu'elle aura le même intérêt pour nos lecteurs, auquels nous recommandons la petite brochure de M. Anderson.

En fait de naturalisation, M. Ramel avait exposé unie bien belle collection d'Eucalyptus, grands arbres de l'Australie, qui jouissent depuis quelques années d'une grande vogue. Mais, malgré le zèle et les efforts de l'introducteur et propagateur, ces vigoureux arbres ne parviendront jamais à prendre droit de cité sous le climat parisien; ils devront se contenter du midi et peut-être de l'ouest de la France. M. Ramel a obtenu un premier prix pour son intéressante collection .

Comme plantes à feuillage, nous citerons les Solanum de MM. Vilmorin, Loise, Yon, et la collection du jardin de la ville de Paris, dans laquelle figuraient quelques belles espèces, entre autres les Solanum calicarp'um, macranlhumjubatum, robustum, betaceum et crinitum.

Une très-remarquatle touffe de Bambusa nigra, haute au moins de 5 mètres, et exposée par M. Daudin, a dû gagner bien des partisans à cette élégante espèce.

On pouvait espérer que le genre Canna serait amplement représenté ; car c'est la plante à feuillage par excellence ; rien chez nous ne lui ressemble. Nous n'avons trouvé cependant qu'une seule collection, celle de M. Chaté; M. Lebatteux exposait quelques semis, et M. Loise père avait établi un massif' avec le Canna discolor, qui avait le défaut de tous les massifs de Canna : celui d'être planté trop serré, ce qui détruit le port de la plante dans lequel réside tout le mérite des végétaux à feuillage.

fUne très-belle espèce de Fougère en arbre de l'Australie, le Balantium antarcticttm^ envoyée par M. Ferdinand Muller de Melbourne, n'a pas craint de prendre place à côté des espèces arborescentes des régions tropicales; elle a été couronnée d'un lw prix.

Les Erica d'automne, de M. Michel fils, laissaient beaucoup à désirer sous le rapport de l'orthographe ; nous ayons plutôt reconnu que lu les noms d'Ërica praestans, assurgens ou per- 8oluta, gracilis-autumnalis, Linneana-varia, hyemalis, Blanda, Bowieana, mammosa-purpurea, sulphurea; quant aux erupta perormifloribunda, nous nous demandons encore quels noms on a voulu écrire. Le Jury a compris sans doute que celle no* menclature impossible plaçait le candidat hors concours, car nous n'avons pas vu le moindre énoncé de récompense, et nous approuvons ; la première condition à imposer à tout concurrent, c'est l'exactitude dans la nomenclature. C'est pénible à dire; mais M. Michel n'est pas le seul en France à estropier ainsi les noms de plantes ; le catalogue officiel de l'Exposition contient malheureusement de nombreuses preuves d'incorrection, et ce sera une bien triste page, qui restera, de l'histoire de notre horticulture en l'an de grâce 1867 .

Le programme ouvrait pour le 15 septembre deux concours en faveur des Ketmies ou Hibiscus. Seul M. Savoie, de l'ancien Charonne, a répondu à l'appel ; car son concurrent, M. Guénot, marchand grainier, n'est pas un producteur.

Une collection d'Abutilon de M. Rendatler contenait quelques variétés nouvelles non encore nommées, que le Jury a jugé digne d'un 26 prix.

L'Oranger, le Myrte et le Grenadier, ces bons vieux arbustes que chérissaient nos pères, n'ont pas tout à fait disparu des cultures commerciales, comme on le prétendait. M. Hippolyte lamain a exposé un lot de nombreuses variétés de chacun d'eux, et qui lui ont valu trois premiers prix»

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Nous signalerons, pour leur belle culture, le lot de Fiais elastica de M. Savoye, 1er prix, et celui de M. Huillier, 2e; puis les plantes de serre chaude à feuillage de MM, Chantin, Savoye, Luddemann, Marest, Pacoto, Chantrier et Knigbt. Le lot de M. Savoye était composé de petits sujets admirablement cultivés, pour le commerce des marchés et l'ornementation des appartements; c'est certainement le premier producteur en ce genre.

Deux beaux lots de Dracena ont valu un in prix à MM. Beukelaer et Savoye.

Je passe sur les Crotonpanacliés, d'un intérêt assez douteux, de M. Knight ; et pour ne rien oublier, nous inscrirons le lot du charmant Eucodonopsis naegelioides de M. Chaté; le Carolinea en fleurs de Mme veuve Froment, et les Araliucées de MM. Chantin, Linden et Stelzmer . Le concours principal du 15 septembre était consacré aux plantes de cette famille qui sont fort estimées des amateurs de feuillage. M. Chantin a remporté le 1er prix d'ensemble; M. Linden a obtenu un 1er prix pour le beau développement de 12 espèces, et un autre pour plusieurs nouveautés .

a Les serres, » — a dit M. Rouillard dans son rapport lu à la Société d'horticulture de Paris dans la séance du 1 5 septembre, — a à peu près dégarnies, n'auraient offert à l'intel- » ligente curiosité des visiteurs que bien peu de choses pou-

• vant fixer leur attention, si une partie des magnifiques » plantes envoyées par M. Chantin ne s'y trouvaient encore.

* Vous savez que cet horticulteur, par le nombre, l'importance » et nous dirons la persistance de ses envois , a conquis à *> l'Exposition une position prééminente qu'il serait bien dif- » ficile de lui disputer. » — Ceci est reproduit pour édifier les lecteurs de certain recueil qui s'acharne, avec une persistance peu digne, contre un homme dont l'amitié est acquise au jardinier en chef de la ville de Paris. On voit trop le bout

d'oreille pour croire à la critique, dite indépendante, de son chroniqueur (1).

c Les concours ouverts pour les Orchidées, dit le même chroniqueur dans un de ses comptes rendus, n'ont rien offert qui vaille la peine d'être décrit.» C'est tout naturel, puisque M. Leroy, le jardinier de MM. Nadaillac et Guibert est,conïmeM. Chantai, un des amis du jardinier en chef de la ville de Paris ; l'impartialité de cet impartial écrivain est ici en défaut ; car nous avons remarqué, jusques à la fin, des plantes vraiment dignes d'être citées, telles, par exemple : Preptanthe Veitchii et vestita rubra, Cœlogyne lagenaria, Vanda cœrulea, Laelia elegans et praestans, Aerides Lobbii, Oncidium crispum, Saccolabium Ptamei major, etc.

Eufin, pour finir avec les plantes vivantes, nous enregistrerons les dernières nouveautés exposées par M. Linden qui, lui aussi, a conquis une position prééminente à cette Exposition, et qui déjà a reçu, à la grande solennité de juillet dernier, la 5

croix de la Légion d'honneur. Parmi ces nouveautés nous -f:\.

citerons, un Dioscorea nouveau, à feuilles marbrées et veinées *

en dessus, rouges en dessous, un Tiltonia gigantea à feuilles veinées de rouge vif, Stadmannia grandis, Oncidium macranthum, Cymbidium macranthum, Lasiandra macrantha, à fleurs bleu violet, qui ne mesurent pas moins de 15centim. de diamètre, enfin la géante Gommélinée parasite, fleurie, que le professeur Karl Koch et M. Linden ont nommée Cochliostema Jacobiana.

(4) M. André nous a adressé une lettre en réponse aux passages du dernier compte rendu relatifs aux Àroldées. Cette lettre confirme pleinement les assertions de notre collaborateur; car la liste complémentaire des rectifications de M. Koch., sur laquelle s'appuie M. André, pour prouver que c'est bien lui qui a traové les erreurs qu'il a signalées,— est pour nous la preuve incontestable que c'est bien le savant professeur de Berlin qui les lui a toutes indiquées. Si notre excellent et loyal confrère y tient beaucoup, je développerai cette proposition dans le prochain numéro. F. H.

Novembre 4867. *3

N'oublions pas les plantes aquatiques, de serre, cultivées par M. Kolb, jardinier chef du Jardin botanique de Munich, et qui n'a pas aussi bien réussi cette fois qu'en 1855. Quelques Nymphœa seulement ont pu fleurir, les rubra, cœrulea, gracilis, ortgiesiaoa, etc. Quant à la Victoria, elle n'a pu parvenir à floraison ; mais il ne faudrait pas s'en prendre à l'habile jardinier bavarois ; depuis plus d'un mois, la serre est largement- ventilée par suite de vitres cassées, et la Commission impériale n'a pas cru devoir prélever 75 centimes sur les recettes pour faire boucher cette ventilation intempestive.

Quant aux bouquets, nous accordons seulement une mention à ceux de M. Duppuis, horticulteur, qui, depuis le l,r septembre, n'a pas cessé d'exposer de grosses et belles bottes de Lilas blancs et de Gardénia: c'est le résultat de la culture de l'exposant, et un beau résultat*

Nous sommes* obligé de remettre au prochain numéro les légumes, fruits et objets d'arts industriels.

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