‹ L'horticulteur français de (volume 3)Chapitre 48 sur 162 · POIRE DE CURÉ · texte numérisé non relu

POIRE DE CURÉ

STftofcrtfEs. — Poirtè: 4. Belle de Bbeet (Prévost, Cakien pomologi. que*, 1839, p. 42). — 2. Belle-Hbloï^e (Id. ibid.). — 3, -BwPapa (Id. ibid.). — 4. De Clion {Id. ibid.). — 5. Monsieur ((d. Md.\.— 6. Dumas (Thompson, Catalogue of fruits of the horticultural Society of tendon, 4842, p. 45», n° 453). — 7. De Monsieur le Curé (Id. ibid.). —8. Vicaire de Waeefjbld (Id. ibid.). — 9. Belle-AcMewb (BiYOrt, Album de pomologie, 4851, t. IVf pp. 404 et 40î). — 4Q. Belle-André ane (Id. ibid.). — 14. Cueillette d'hiver (Id. ibid.).— 42. Belle- Andréinë (Dalbret, Cours théorique et pratique de la taille dès arbres fruitiers, 4851, p. 330).— 4». Missive d'Hiver (/d. ibid.). 44. Comice de Tquuw (de Liroa d'Airollss, Notices pomologiqm, 1855, p. 23).— 45. Bellk-àdréine (Thuillier-Alou\, Catalogue raisonné des Poiriers qui peuvent être cultivés dans le département de la Somme, 485$. p. 43).— 16.BELLE-ADWANNE(Decaisne,fet/ardm /ruitier du Muséum, 4858, 1. 1). — 47. Du Curé (Id. ibid.). — 48.Grossb- Ajaûngée {Id. ibid.). — 49. Du Prabbl (Id. ibid.). — 20. Wicar of Waxefield (Id. ibid.). — 24. Pradello de Catalogne (Congrès pomologiqpe, session de 4859, Procès-verbal } p. 2). — 22. Curette (delâTramMai*, Journal de la Société d'Horticulture de Paris, 4863, t. IX, p. 348). *-28. Joupfbot (Decaisue, même Jownal% 4863, t. II, p. 320). — 24. Messire d'Hiver (Id. ibid.).

Description de l'arbre. — Bois: très-fort. — Rameauto: pombrerçx, généralenieqt. étalés ptun peu contournés, desphw

gros et des plus longs, fortement coudés, rouge grisâtre, ayant les lenticelles larges, clair-semées, les coussinets assez aplatis et les mérithalles très-longs. — Yeux : volumineux, ovoïdes» aigus, un peu cotonneux, légèrement écartés du bois. — Feuilles : grandes, d'un beau vert luisant, arrondies, faiblement acuminées, assez profondément dentées en scie, portées sur un pétiole long et très-fort.

Fertilité. — Peu commune.

Culture. — Sur cognassier; ce poirier, dont la vigueur est remarquable, pousse vite et bien ; ses pyramides, des mieux , ramifiées et des plus feuillues, sont d'une rare beauté.

Description du fruit. — Grosseur : volumineuse et parfois énorme. — Forme : très-allongée, affectant généralement celle d'une Calebasse, mamelonnée au sommet, assez contournée, presque toujours plus ventrue d'un côté que de l'autre. — Pé* doncule : de longueur et de force moyennes, mais renflé h ses extrémités, légèrement courbé, obliquement implanté à la surface de la chair et le plus ordinairement en dehors de Taxe du fruit — Œil : grand, arrondi, ouvert, souvent caduc, à peine enfoncé. — Peau : mince, jaune clair verdâtre, entièrement couverte de larges points fauves, maculée de même autour de l'œil et du pédoncule, quelquefois complètement marquée d'une raie longitudinale roussâtre, squammeuse et bien apparente, sur la face exposée au soleil, où elle est en outre colorée de rouge-brun. — Chair : blanche, demi-fine, fondante' ou demi-fondante, presque exempte de pierres. — Eau : suffisante, sucrée, faiblement aromatique, assez savoureuse ou dénuée, mais exceptionnellement, de toute sapidité.

Maturité. — Vers la fin d'octobre, et se prolongeant jusqu'en décembre; pouvant même, rarement cependant, atteindre le mois de janvier. /

Qualité. — Deuxième comme fruit à couteau ; première comme fruit à compote.

Poire dt Curé,

Hcstorïquk. —Nous avons cru longtemps, trompé par le synonyme Saint-Lézin, que la généralité des pomologues modernes ont erronément attribué au fruit ici décrit, que ce fruit devait être Tune des trois Poires de Saint-Lézin connues dès le commencement du xvne siècle. Aujourd'hui, après avoir attentivement interrogé les anciennes Pomologies de Merlet (1675, pp. 121-122), de Henri Hessen (1690, p. 281) et de Henri Manger (1783, p. 120), nous sommes formellement convaincu que Ut Poire de Curé date de 1 760 environ, et n'a rien de commun avec ces vieilles variétés. Notre opinion, du reste, s'appuie sur celle du savant professeur de culture du Muséum de Paris, M. Decaisne, et sur celle, également, de M. Fortuné Willermoz, directeur de FÉcole d'Horticulture de Lyon, et l'un des auteurs les plus accrédités parmi nous. Mais ce qui, dès l'abord, est venu fortement ébranler notre fausse croyance, c'a été l'article suivant, écrit en 1 863 et fait pour contenter les plus exigeants, en matière d'origine de fruits :

a Deux versions existent sur la provenance de cette belle Poire de Curé : l'une qui l'attribue à un ancien curé de la paroisse de Villiers, près Vendôme (Loir-et-Cher), l'autre qui la fait originaire des environs de Clion, où le pied mère existait encore, paraît-il, dans un bois, en 4823.

» Ce dernier passage jetant du doute sur l'origine de notre Poire, il importe de l'éclaircir, et personne ne le peut mieux que moi, puisqu'à l'époque même dont il est question, je recueillis à ce sujet, sur les lieux, les renseignements les plus circonstanciés :

— » Vers 1760, un M. Leroy, curé de Villiers-cn-Brenne (et non Villars ou Villiers, près Vendôme), paroisse située à huit kilomètres de Clion (Indre), rencontra non loin de son presbytère, dans les bois de Fromenteau, à un kilomètre du château de ce nom, on Poirier sauvage dont le fruit lui parut assez remarquable pour que l'idée lui vînt de le propager. Il en greffa dans une vigne attenante à son jardin, et c'est de là que sont sortis, toujours en s'améliorant, en se perfectionnant, les innombrables Poiriers qui ont peuplé tous les environs. J'ai souvent vu dans ma jeunesse, non pas le vieux Poirier trouvé dans les bois de Fromenteau, mais son premier descendant, le pied mère planté dans le jardin de la cure de Villiers, celui-là même qui avait été

greffé de la main du bon curé. Ce vieil arbre existe encore; son tronc mesure 1 m, 40 c. de circonférence et 2 m. 35 c. de hauteur

» Cette nouvelle espèce de Poirier s'était rapidement répandue, et le mérite de son fruit n'avait pas tardé d'être apprécié, puisque dès avant notre première Révolution, le ministre Amelot de Chaillou, qui avait des domaines dans la paroisse de Villiers, ne manquait pas de s'en faire envoyer chaque année pour sa table.

d En 4822, frappé de la beauté de celte Poire (on m'en avait apporté nue qui mesurait près de 0 m. 26 de hauteur), et ne la trouvant men* tionnée sur aucun Catalogue, ni décrite dans aucun ouvrage, j'en ai envoyé plusieurs échantillons à MM. André Thouin et Vilmorin, qui en firent l'examen avec quelques autres personnes, parmi lesquelles était M. Bosc. Un de ces Messieurs, M. Poiteau, je crois, prit d'abord notre Poire pour une variété du SainULéxin, si ce n'est pour le Saittt» Iiiki même; mais on reconnut poitivement qu'elle était nouvelle, et depuis lors on la vit figurer comme distincte sur les Catalogues et dans les collections.

* Db la Tramblais, propriétaire à Clion (ïndte). »

(Extrait du Jotjmal de la Société d'Horticulture de Paris, mai 4863, pp. 347 i320).

Observations. — La Poire de Curé a quelquefois été vue, parait-il, étiquetée Pater-Noster et Pater-Notte; nous rappelons le fait, mais sans accepter ces deux noms comme synonymes de Curé, attendu qu'ils s'appliquent à une variété fort connue, gagnée dans le Hainaut, au début de ce siècle, par un pharmacien nommé Parternoster. Les mots Caîiillette d'hiver , qu'on a présentés aussi comme synonymes de Curé, ne peuvent non plus être maintenus ; ils proviennent uniquement d'une erreur typographique : c'est le synonyme Cueillette d'hiver, mal lu, voilà tout. — Quant à la Poire Iloi de Rome, que le Congrès pomologique suppose, sans l'affirmer, identique avec la Poire de Curé, elle est dans notre école depuis quelques mois seulement; il nous faut donc attendre encore, avant de la juger. — Relevons ici une petite errem^récemment échappée à l'un des rédacteurs deYjllustrirles Handbuch der Obstkunde, qui n'ayant pas eu sous les yeux l'article de AL de la Tramblais, a dit que le propagateur de la variété ci-dessus était le Curé Clion* Ce

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I poâtioû; c'est un problème qui renferme encore un grand 1 nombre d'inconnues, sur lesquelles la routine a jeté çà et là i quelques lumières ; mais qui ne pourront être convenable-

Iment dégagées qu'avec du temps, des expériences et des observations bien faites. L'idée qu'on se fait généralement des engrais est incomplète. Les jardiniers croient qu'ils fournissent aux plantes des extraits ou produits organiques tout préparés, qui représentent les aliments des animaux ; on verra que cette comparaison est entachée d'une grande exagération. Il y a cependant quelque chose de vrai dans cette idée fondamentale, d'après laquelle on considère les engrais comme étant les aliments principaux des plantes; mais c'est F air principalement, les oxydes ou les sels dont la terre se compose, qui sont, pour les plantes, les véritables conditions de leur existence. Tous les sels indistinctement ne conviennent pas à la culture de toutes les plantes, cela tient à ce que la terre ne renferme pas les éléments nécessaires à la végétation de toutes les espèces de végétaux.

Ceci explique comment on doit, par des assolements, renouveler les cultures et ne pas planter dans un terrain des arbres ou des plantes qu'où y a cultivés depuis un certain temps. Les Canna, qui font le sujet de cet ouvrage, quoique très-vigoureux, ne pousseraient pas à leur troisième année de plantation dans un même sol. 11 est donc facile de comprendre comment une terre s'épuise et peut devenir infertile ; d'où la nécessité des engrais pour lui restituer s^ fertilité première. Si un sol devient improductif; si, comme on le dit dans le langage vulgaire généralement employé par les jardiniers, il est épuisé par les cultures précédentes, on y remédie en rapportant des engrais ou des amendements dans lesquels les végétaux pourront rencontrer les éléments nécessaires à leur vie. Dans les jardins, souvent on rapporte une terre neuve sans se préoccuper assez des principes qu'elle renferme, et de savoir

s'ils conviennent à la culture qu'on se propose d'y faire. Nous laissons à la science le soin de constater quels sont les sels

"particuliers qu'une plante enlève à la terre7 et à l'aide de quels engrais ou amendements il serait possible de les lui rendre. Ce n'est que par une double analyse, et du végétal et du sol, qu'il est donné de savoir ce qui convient à l'un et ce qui convient à l'autre, La chimie nous apprend qu'on retrouve dans les cendres des végétaux les sels qui ont contribué à

-leur végétation. Il semble dès lors rationnel, avant de se livret à la culture d'nne plante, de connaître les éléments de sa constitution, afin de pouvoir les lui procurer à l'aide

' d* engrais préalablement analysés eux-mêmes.

Pour nous résumer sur cet important problème, voici le

' rôle que Ton doit attribuer aux engrais :

1° Les racines des végétaux croissant dans une terre bien fumée absorbent et quelquefois fixent les oxydes et lés sels qui leur conviennent plus spécialement.

2° Les engrais azotés par leur décomposition continuelle, donnent à la terre une précieuse perméabilité; ils font que l'air peut continuellement circuler autour des racines humides des plantes, qui absorbent alors, par les spongioles, de Fôau chargée d*azote et d'acide carbonique, gaz qui intervient si utilement dans les phénomènes de la vie végétale. 3* Les engrais contiennent des phosphates de chaux, de magnésie, de potasse, des sels alcalins, etc., que les plantes cultivées ne trouveraient pas en quantité suffisante dans le sol ; par l'oxydation des matières azotées des engrais, il se forme de l'acide azotique qui facilite la dissolution et l'absorption du phosphate de chaux et du phosphate de magnésie. Le caractère essentiel d'un engrais riche, c'est la réunion des phosphates tefreux et alcalins, et de matières azotées ou ammoniacales qui, par une oxydation lente, peuvent se transformer en acide azotique»

Telle est la théorie des engrais et des amendements dont

l'application seule présente encore quelques difficultés, que la

science et la pratique sauront, sans aucun doute, résoudre au

. grand avantage de l'agriculture et aussi de rhoclicuUure, et

cela dans un temps rapproché.

Ayant exposé dans cet article les observation» sur lesquelles s'appuie la théorie des- engrais, il ne nous reste plus qu'à en faire l'application, et à aborder les questions pratiques qui peuvent se rapporter au sujet de notre ouvrage. C'est ce que nous nous proposons de faire au chapitre qui va suivre.

(A continuer*) CATALOGUES. D'HORTICULTURE

Le Rosier est toujours d'une i-!onnan(c fécondité; il est intarissable ; chaque année en donne de nouvelles et nombreuses preuvrs. Les nouveautés pour 4867, ne sont pas moins nombreuses que celles des années précédentes* L'abondance des matières ne nous permet pas de les inscrire aujourd'hui ; nous enregistrerons seulement le nom des producteurs qui noua ont adressé leurs catalogues. Ce sont, Messieurs :

Dncner, chemin des Quatre-Maisons, à la Guillotière (Lyon).

Ctaltlot père, rue du Repos, 43, Guillotière (Lyon).

4v«illot tus, chemin dea Pères, prolongement de la rue Sainte- Aane, Guillotière (Lyon) .

I<aeaarmc, à la Guillotière (Lyon).

Iilafcand, montée de la Boucle, Croix-Rousse (Lyon).

If argottin, Grande-Rue, Bourg -la-Keinc i Seine; .

Charles VersUer, rue Dumeril, \ 2 (ancienne rue du M arche -aux-Che vaux), Paris!

Eugène Verdler, fils aîné, rue Dunois, 3, gare d'Ivry, XIIIe arrondissement, Taris.

Société dea Rosiéristes de Brie-Comte- Robert ( Seine :et-Mar ne) ; MM • Gau- Ireau père, Granger, Céchet.

£n plante* diverses, noua avons aussi reçu les catalogue* de MM* Ban-T *ère», faabourf de Crooôela, à Troyet (Aabe). Nouveautés en arbrea fruitiers, «Are* d'ornement.

Bltllard fils, dît la Graine, à Fontenay-aux-Roses (Seine). CteôJTre (Antoine), terres du Prado, à Marseille : plantes de serre, d'oran* gerie, et de pleine terre; Camellia, Rhododendrum, Pœonia, Rosiers, etc. Marrel* à Vais» (Lyon), arbrt* fruitier» nouveaux. Vevafcer (Charles), CaUdium nouveaux, Glaïeuls et autres plantes buN

YeysHHriMt, à Gand (Belgique), catalogue général t nouveauté* (voir f 'W 347).

Von Slefcelal, à Leide (Hollande), catalogue des plantes à> la Chine et du Japon.

Travaux du mois de Novembre.

Jardin potager. Le potager commence à revêtir sa tenue d'hiver^ mais le Poireau, le Céleri, les Choux, la Chicorée, la Scarole et la Laitue d'hiver, etc., couvrent encore le terrain. Pour prolonger sa jouissance de Fraise, on place des châssis sur les planches ; il faut songer à la plantation de nouveaux fraisiers. Lorsqu'on craint la gelée, on arrache une partie des différents légumes, pour les rentrer dans la serre aux légumes, ou* les mettre en jauge pour les couvrir de feuilles ou litière sèche, afin d'en avoir toujours à sa disposition. On prépare également la couverture pour les Artichauts, Céleri, Chicorée, Scarole, etc., restés en place. On arrache les Choux-fleurs qui commencent à marquer pour les planter dans la serre aux légumes, ou dans des tranchées sur lesquelles on pose des châssis. A défaut de serres et châssis, on peut couper les Choux-fleurs au-dessous de la tête, en supprimant les plus grandes feuilles, et on les suspend avec une ficelle dans un cellier. Pour ceux dont la tète n'est pas encore formée, il faut les couvrir pendant la gelée, et les découvrir dès que la température est radoucie. On butte le Céleri en place ou on l'enterre profondément dans du terreau pour le faire blanchir. On repique encore sur cOtière : Choux d'York, Cabus et Laitues d'hiver.

Vers la fin du mois, on commence à forcer les Asperges, soit en plaçant un châssis, entouré de réchaud, sur une planche d'Asperges en pleine terre, soit en plantant des griffes sur couche chaude et sous châssis. On sème encore, sur de vieilles couches chaudes ou sur terreau et sous cloches de la Laitue crêpe et gbtte, Romaine, Choux-fleurs: sur couche tiède, Laitue à couper, Radis hâtifs; on repique aussi les Salades et Choux-fleurs semés en octobre.

Jardin fruitier. Trois opérations appellent l'attention du jardinier : le défoncement, la plantation et la taille des arbre3. Pour la plantation, il n'y a aucun inconvénient à replanter sur l'emplacement d'un arbre mort ou épuisé, pourvu qu'on lasse un trou plus grand qu'il ne le serait dans un terrain neuf, et qu'on renouvelle la terre. On ne peut tailler, dans ce mois, qu'un petit nombre d'arbres fruitiers, ce sont les vieux sujets épuisés ; les jeunes, plus vigoureux, peuvent attendre jusqu'aux derniers jours de février.

Dès qu'on craint les gelées, on doit rassembler toutes les branches des Figuiers, a l'aide de cordes, et les envelopper de litière sèche; ou bien om creuse de petites tranchées au pied des arbres, dans lesquelles on rabat les branches en les y maintenant avec des crochets en bois ; on les recouvre ensuite d'une épaisseur de terre suffisante pour que la gelée ne les atteigne pas.

Jardin d'agrément. On va encore quelquefois dans son parterre jouir des charmantes fleurs de Chrysanthèmes, et contempler tristement les derniers Asters, ou chercher tes derniers brins de Réséda. Après avoir taillé les Rosiers do Bengale, et couvert de feuilles les plantes et arbustes qui craignent les froids, arracher les Dahlias pour rentrer leurs tubercules dans une pièce bien sèche et à l'abri de la gelée, séparer et planter les plantes vivaces, Tulipes, Jacinthes et Narcisses, etc., on peut dire adieu pour longtemps au jardin d'agrément.

Serres. Les plantes de cette température n'exigent que peu de «oins pendant ce mois ; il faut seulement arroser avec discernement ; bassiner de temps en temps les feuilles de Camélia : veiller à maintenir la température au degré nécessaire, en observant que la température de la nuit soit plus basae que celle du jour ; renouveler l'air toutes les fois que le temps le permet ; et, enfin, entretenir les plantes dans un état pariait de propreté.

ssa&QOùsm

Paris. — Imprimerie horticole de E. Dojckàcd, rue Cassette, 9.

niuutti ms umcui cmwids dans u wutao.

F. Hstisce, Cfcr«»m«e, — 0. Lsjcifst, Jaaeytetra* Uafclflé** (PI. XIII). — Etto.

m Mabtracmy, 1w IrMUheaui tafeerealatwa «t C*«perl. — Jean Sisley, les Ntogeata» vwMMtaat*. — Es*. Boras», Wrmitm «««votas. — Transi di mois <U décembre. — Taèle dm mariera eonUoiM Sani ce volume.

Despotisme et présomption de certains écrivains. M. André proteste contre les assertions de M. L. Guilloteauxj son insistance pour faire insérer sa lettre ; pourquoi nous ne voulions pas l'insérer et pourquoi nous l'insérons. —Lettre de M* André; notre réponse.

U est curieux de voir comment certains écrivains entendent la liberté de la pensée ; ils veulent avoir le droit de critique sur tout; mais ils ne veulent pas que d'autres usent du même droit pour blâmer quelques-unes de leurs actions. M. André est du nombre de ces écrivains. Dans son compte rendu de l'Exposition universelle d'Horticulture, notre confrère a critiqué, à plusieurs reprises, les plantes d'un exposant sans lesquelles, — comme Ta si justement dit M. Rouillard (1), — « les serres du parc réservé n'auraient offert, à l'intelligente curiosité des visiteurs» que bien peu de chose pouvant fixer leur attention ». Notre collaborateur, M. Ludovic Guilloteaux, s'est permis de trouver qu'une telle critique n'était peut-être pas très-impartiale. Aussitôt M. André de crier à Yaristarque au rabais, dans une lettre pleine de semblables aménités qu'il nous a adressée le 31 octobre, pour nous imposer silence. Ne voulant pas entamer une polémique qui ne pouvait que lui être fatale, nous nous sommes contentés de dire, dans une

(4) Rapport à la Société impériale et centrale d'Horticulture de France : Jtotfefe*, page 563.

Décembre 4W7. *4

note insérée à la page 345 que sa lettre ne justifiait rien et qu'elle ne méritait pas l'insertion.

M. André mit alors ses amis en campagne contre nous. Les uns nous écrivirent, d'autres cherchèrent à agir sur des tiers, tous menacèrent de la loi, et surtout des nombreuses tribunes que possède M. André, et dans lesquelles il dévoilerait que nous avons dit « un conifère ,• des Œillets fions, des plus splendides, et autres puérilités sur lesquelles ne s'arrêtent guère les esprits sérieux ; car on peut les mettre, à son exemple, sur le compte de l'ouvrier typographe. Ne pouvant rien obtenir de la rédaction, qui n'a pas l'habitude de céder à la menace, M. André s'est adressé directement à notre éditeur, le menaçant lui aussi, de ses nombreuses tribunes^ pour critiquer les livres de sa librairie. Si ce n'est pas absolument de la loyauté, ce doit être de la franchise, à moins que ce soit de la naïveté. Devant une pareille menace, M. Dounaud a confirmé notre refus d'insertion, pour le même motif. C'est alors que M. André s'est décidé à écrire à notre éditeur, le 30 novembre., une lettre conçue en termes plus convenables, de laquelle nous extrayons le passage suivant, pour bien établir notre rôle :

« Monsieur,

» Les derniers numéros de V Horticulteur français oontien- » nent des attaques contre moi que j'ai réfutées dans une • lettre adressée à M. Herincq, avec prière de l'insérer.

» M. Herincq n'a pas cru devoir ou n'a pas osé donner sa- » tisfaction h cette demande, ce qui prouve combien peu il a » de confiance en la bonté de sa cause. Je viens vous prier 9 « » Monsieur, de vouloir bien faire respecter mon droit en ini sérant la lettre en question dans votre plus prochain » numéro, etc. »

Nous regrettons que M. André ait pris notre générosité pour de la peur. J'ai répondu à un de ses amis officieux, que je

n'avais pas publié sa lettre, parce que je ne voulais pas qu'on pût m'accuser d'avoir profité de l'aveuglement de M, André pour démontrer son incapacité scientifique; et, afin qu'il n'en poisse douter, je poussai la loyauté jusqu'à discuter les faits que prétend établir M. André, et j'avançai même les arguments qui détruisait péremptoirement ses assertions* Mais M. André croit posséder ce qu'il pourrait avoir, si la présomption ne l'aveuglait pas aussi complètement ; il n'a pas cru, parait-il, aux arguments que nous avons communiqués à son ami; il veut absolument affirmer son ignorance en botanique par de nouvelles preuves, que sa volonté soit faite, personne ne pourra nous accuser d'avoir profité de son erreur.

Voici donc cette lettre dans toute sa pureté; nous la publions sans y changer un tara, comme nous le commande — en caractère grec — M. André, dans sa lettre du ff no* vembre, qu'il nous adressait personnellement.

rwj# m #f mmmiv Wm»

Monsieur le rédacteur, M. Ludovic Guilloteaux, YOtre nouveau chroniqueur de l'Exposition lient donc à avoir avec moi une petite querelle. Il l'aura, Un.e première fois déjà, ma critique indépendante lui avait déplu, mais il avait pris si maladroitement la défense du client dont il s'est fait le triste avocat, que je n'avais pas voulu relever cette aggression anonyme et misérable (4). Je , suis heureux que mon silence Tait enhardi, qu'il ose maintenant nommer les gens qu'il attaque et qu'il me procure le plaisir au moins de dire son lait à cet Aristarque au rabais.

Passons d'abord à ma défense. Elle sera bien simple et bien facile; que vos lecteurs en jugent. 'J'ai dit que les Aroïdées de M. Chantin étaient mal nommées. Je me trompais : elles l'étaient horriblement mal; vous l'allez voir dans la lettre ci-contre. Les noms rectifiés que j'ai donnés l'ont été par moi seul, sans aucun secours étranger. Ce qui le prouve sans réplique, c'est qu'ils ont été publiés dans le n° du 20 septembre, et que la visite que j'ai faite avec M. Koch, et à laquelle fait allusion votre propriétaire de Beanraont, était postérieure d'une semaine à la publication de ee n°. Quant à la distinction des Philodendron d'avec les Anthurium, elle n'est pas due au docteur Koch et je ne pouvais lui en attribuer le mérite. Je

tn ta lof nom utorfse I supprimer tes Injures, nuis nous voulons respecter les prioelfesde Es*» t«r. F. H.

l'ai apprise de Sohott et des auteurs qui traitent spéoialement dès Àroïdées J'ai de nouveau examiné ce caractère ami M. Koch, wiîà tout.

La vérité sur cette visite, la voici : Comme je revoyais les collection* d'Aroïdées, qui sont restées longtemps exposées, M. Koch entra dans la serre par hazard. Je ne l'ai jamais accompagné, et je le regrette, car j'en serais honoré. Sa compagnie vaut bien celle des chroniqueurs de Beaumont. Je signalai au docteur Koch les erreurs en question ; il me fit voir qu'il y en avait bien d'autres et me promit de m'en envoyer la liste quelques jours après. Voici cette liste, que j'allais publier, et dont je vous donne la primeur. Elle m'est parvenue le 44 octobre; mon article est do 20 septembre. Voyez et jugez. Je vous envoie l'original de cette lettre, dont je reproduis ici le passage qui se rapporte à notre affaire. Vous y verrez que M. Koch m'honore de son amitié, ce qui n'arrivera jamais, je le crains, au sieur Ludovic Guillotteaux.

Paris, le 10 octobre 1W7.

« Mon bien cher ami,

» Comme vous avez un grand intérêt pour les Aroïdées, je me permets » de vous envoyer la liste des noms rectifiés des espèces qui se trouvent » dans la serre en haut près du restaurant et appartiennent (la grande par- » tie) à M. Chantin : Ânthurium elegans est Philodendron albo-vaginatum% » dito Emwti-AugustiestA. Miquelia?ium, dito cartilagitieum est A. glau- » cescens, dito digitatum est A. membranuliferum, dito Surinamense est peut- » être A. Hnmboldtianum, Philodendron laeerum est Scindajpsus pinnatvs, » Anthurium Havanense est A . Beyrichianum, Philodendron HoulleUanum est » Ph. albo-vaginatum, dito microphyllum est Seindapsus «p., Alocasia metallica » est A. cuprea, Anthurium linguœforme est A. Beyrtchianum, Pothos cordata » est Anthurium luridum. »

Est-il besoin d'autres preuves, et le Don Quichotte de M. Chantin osera- Hl encore défendre son étiquetage?

Pour ce qui est de YEquisetiim de M. Armand Gontier le redresseur de torts n'est pas plus heureux. Telmateia doit s'écrire avec un t, et non avec un y. Cela tout simplement parce qu'il dérive du grec Telma (TsXjws, «oç, mare, bourbier), dont l'adjectif est telmateios (TeXjiaTsios), d'où telmateia. Si quelques auteurs l'ont écrit avec un y, c'est qu'ils ont confondu le j ou i norwégien d'Ehrhardt avec un y. Mais ils sont dans leur tort; cela ne fait pas un doute. Voilà pour la terminologie.

Si maintenant j'appuie pour l'emploi de telmateia au lieu de fluviatile (qui sont tout aussi euphoniques l'un que l'autre), c'est que je tiens pour la priorité en fait de nomenclature. Or, la Flora Lanka, commencée en 4764, contenait le nom d'12. telmateia, créé par Ehrhardt déjà depuis plusieurs années. Smith Ta changé sans raison pour fluviatile longtemps après, 40 ou 50 ans peut-être, dans le Compendium florœ BrUanmcœ. Le premier nom doit donc être seul adopté, et il restera pour tous les gens soucieux d'une bonne nomenclature.

J'espère m'étre justifié de ces critiques plus que hasardées, et avoir prouvé que mon adversaire a battu l'eau avoc une gaule*

Quant à vous, monsieur Ludovic Çuillotteaux, chewKer errant de rhorHadture, qui donnez de la tête dans les moulina à vent, après avoir fabriqué à eonps de serpe vos comptes rendus de l'Exposition aux dépens de la prose des antres, ne [parler pas d'honnêteté ni de bagage botanique; cela vous est inconnu. Vos éluoubrations peu amusantes et sans saveur (je cite les compliments que vous vous décernez en toute justice) ne vous auront, gr&oe à Dieu, pas plus attiré de critiques que de lecteurs. Les catalogues ne sont pas plus lus que les annonces, et vos comptes rendus ne sont que des catalogues. Qui croirait, cependant, que vous avez trouvé moyen de les émailler de gentillesses de ce genre :

Vous pariez, dans ce banquet de quinzaine (quelle littérature !) des Œillets fions de M. Paré. Un Œillet flon, deux Œillets lions, trois Œillets fions. Pourquoi pas fions-dons? — Sachez, monsieur le grammairien, que ces Œillets portent le nom (invariable) d'un horticulteur distingué : M. Flon, lequel nom ne peut prendre d's à la fin. Et d'une !

On doit dire une Gonifère exposée,..* el non pas un Conifère exposé. Et de deux !

Les Eydrangea rentrent dans les Saxifragées par d'aussi bons caractères que ceux qui mettent le Fraisier dans la même famille que le Poirier. Si vous n'y entendez rien, qu'avez- vous besoin de le dire ? Et de trois !

On comprend que vous ayiez avoué franchement que ce travail vous ennuyait, quand on y trouve des phrases comme celles-ci : le Lucuma delidosa à fruits délicieux (M. de la Palisse!); les Glaïeuls de M. Souchet, des plus splendides; les Génariums à fleurs doubles; M. Malet, qui enlève prestement le premier prix, et cette poétique image : « Si saint Louis revenait sur la terre, il confirmeront les décisions du jury des Œillets. » J'en passe, et de pires.

Evertuez-vous à répondre à ceci, monsieur, si vous pouvez. Je ne vous suivrai pas plus longtemps sur un terrain si mal défriché ; j'ai autre chose à faire, et ce sera là ma seule réponse. Mais, en terminant, je veux vous dire que la morale de tout ceci, est qu'on aurait volontiers laissé vos articles et vous dans le silence que vous n'avez pu troubler un instant que par celte sortie malencontreuse. Nouvel Àlcibiadc de Beaumont, vous avez voulu couper la queue à votre chien. C'est là un pauvre essai de polémique et je ne suis pas seul à penser qu'en matière de critique horticole, ce qui vous va le mieux, c'est la culture de vos choux de propriétaire, que vous n'auriez jamais dû quitter.

Veuillez agréer, monsieur le rédacteur, l'expression de mes sentiments dévoués. Ed. Aisdeé.

Nous n'avons rien à dire du style de cette lettre; il témoigne suffisamment du caractère de l'écrivain et de la position qu'il occupe dans Tordre social; nous avouons donc humblement que nous sommes vaincus sur ce terrain. Mais pourquoi tant de fiel dans l'âme de M. André? Simple question.

Nous voulons seulement reproduire les arguments que nous avons communiqués à un de ses amis officieux, pour prouver la fausseté de ses assertions ; laissant de côté le témoignage des hommes honorables qui ont entendu les intéressantes communications du professeur Koch, dans la serre des Aroîdées, et que nous ne vouions pas faire intervenir pour le ' moment dans ce pénible mais intéressant débat.

M. André prétend qu'il a appris les caractères différentiels des Anthurium et Philodendron, par la nervation des feuilles, dans les livres de Schott et des auteurs qui traitent spécialement des Aroïdées. Or, Schott ne dit pas un mot de la distinction générique des Philodendron et Anthurium par la nervation, et cela, pour cette raison, que les deux genres sont si différents et si éloignés l'un de l'autre, dans Tordre générique, qu'il n'a pas cru qu'on pouvait les confondre ; du reste, la nervation parallèle n'appartient pas seulement aux Philodendron, mais encore à une infinité de genres, comme Homalonema, Mchardia, Calla, et même Anthurium, etc. On ne trouve dans Schott, page 219, au genre Philodendron, établi pai lui, que ces caractères de nervation : « Venulœ tenuissimœ approœimatissimœ subparallelœ. » Rien, comme on voit, de nervures parallèles longitudinales; elles sont presque parallèles entre elles, et non longitudinales, c'est-à-dire parallèles à la nervure médiane; et pour les espèces du 26 groupe, il dit : Venis omnibus sursum arcuatis.

Pour le genre Anthurium, pas un mot de nervures entrecroisées, réticulées, comme distinction générique; mais seulement pour la section simplicinervia à là page 436 : « Costa et venœ tenues... ; » autre part : « Costa firma, haud crassa, venis remotis tenuibus. Dans la section digitinervia on trouve ces caractères : « Nervi intimi jam in inferiore laminœ parte in pseudoneurum a margine late remotum arcuatim tramemles, xlimi in margi ne eooeuntes, » ou bien encore : « reliqui valde

arcuatii omnet in marginem procurrentibus,... et pour les espèces de la section 15, Amphineuriwn ; « Venœ costales 11-15 nervis intimis parallelœ... » Ainsi on trouve d'une part : des côtes et des veines déliées, des côtes solides et des veines déliées; rien de l'entrecroisement ou de la réticulation. D'autre pari : ce sont des nervures arquées qui traversent la lame ou limbe, de la partie inférieure» ou de la nervure médiane, et qui se dirigent vers le bord ou parallèles, exactement comme il est dit aux Philodendron; rien de plus. D'entrecroisement, pas le traître mot. Ce n'est donc pas d'après Schott que M. André a appris les caractères distinctifs de nervation des Anthurium et des Philodendron, qu'il a9 dit-il, simplement examinés à nouveau avec M. Koch. Si Schott les indique dans une autre publication, que M. André daigne nous citer le titre et la page, nous nous empresserons de reconnaître la fausseté de nos assertions ; jusque-là, nous tenons la sienne pour complètement coutrouvée. L'Horticulteur français ne craint pas la discussion sérieuse, qui peut être utile à la science et au jardinage; et ses rédacteurs acceptent avec une égale modestie les éloges et la critique.

Après avoir établi que les assertions de M. André, touchant la nervation, sont dénuées d'authenticité! nous ne voulons pas insister sur la découverte qu'il dit avoir faite, tout seul, des fausses déterminations des Aroïdées de M. Ghantin — que nous n'avons jamais défendues ; — nous laissons nos lecteurs juges de la yaleur de cette fameuse entrée par hasard de M. Koch, dans la serre; car les hasards sont si grands!...

Pour prouver sans réplique, dit-il, que c'est bien lui tout sèut qui a rectifié les Aroïdées, c'est que son article a été publié dans le n° du 20 septembre et que la visite qu'il a faite avec M. Koch est postérieure d'une semaine. Vraiment c'est à n'y pas croire. Comment, parce que c'est lui M.André, lui tout seul qui témoigne de ce fait, il appelle cela une preuve sans réplique!

— L'homme tout entier s'est peint par cette phrase. — M. André ne doit cependant pas ignorer que, chez tous les peuples, le témoignage de l'intéressé ne prouve rien; que les anciens Romains, dont il possède si bien la langue, ont écrit dans leur code : « testimonia ma nulla » , et qu'en France aussi le témoignage d'un seul est sans valeur. Or, les 15 jours écoulés entre la publication de l'article et la lettre de M. Koch, ne sont pas une preuve sans réplique comme il le dit et le croit; ils s'expliquent naturellement ainsi : — Le savant professeur de Berlin, en entrant par hasard dans la serre des Aroïdées, a montré à M. André quelques plantes mal étiquetées, dont celuici a pris aussitôt note, ainsi que des caractères de nervation;

— et comme M* Koch ne se les rappelait pas toutes; il a promis d'en envoyer la liste complète; mais M. André craignant de perdre le fruit de l'entrée par hasard de M. Koch, s'est empressé de citer les quelques noms, qui lui avaient été donnés verbalement, dans son article du 20 septembre qui s'est trouvé incomplet. Voilà comment s'expliquent ou peuvent s'expliquer les dates du 20 septembre et du 11 octobre, cette preuve sans réplique de M. André.

Quant à la justification au sujet de YEquisetum telmateia, M. André déplace la question. Notre collaborateur lui a reproché de n'avoir pas compris que les mots fluviatile et telmateia s'appliquent à la même espèce , et d'avoir cru , au contraire , qu'il y a deux espèces portant chacune un de ces noms, et que la plante de M. Gontier était faussement nommée. Notre collaborateur a commis là une imprudence ; car il aurait pu se faire battre par M. André, si M. André était réellement versé dans la science des plantes. Mais M.André n'ayant pas pu se justifier sur ce point, s'est rejeté sur la question do Yi français et de Yi grec (y) pour faire de l'érudition à l'aide d'un dictionnaire, dans lequel il trouve t&isxxt&îoç qu'il écrit maladroitement avec un e, quand son dictionnaire l'invitait à

écrire xùpaxioSoq avec un ta ; ce qui veut dire tout simplement qu'il est aussi fort sur le grec que sur le latin. Or, celte étymoiogie ne dit rien. Nous pourrions donc soutenir que telmateya doit s'écrire avec y, parce qu'il dérive de xikfi*, rûpotroç, marais, bourbier, et de «ira (ayta), mot dorien, duquel on a fait *vn, qui veut dire mal, dommage, calamité, d'où le nom de la déesse Até, déesse malfaisante. Cet Equisetum serait ainsi appelé telmateya, avec y, de ce qu'il est un mal, une calamité des marais, et notre étymologie se trouverait confirmée par le mot latin Calamités , appliquée par Sackow, à certaines espèces A'Equisétacées antédiluviennes. Ce qui prouve qu'en fait d'étymologie, les racines grecques prouvent tout ce qu'on veut. Passons donc à la priorité.

Pour prouver la priorité du mot telmateia, il invoque le Flora danica commencé en 4761 » et à cette date, dit-il, Ehrbart avait déjà créé depuis plusieurs années son E. telmateia. Double et même triple erreur ! qui prouve que M. André n'est pas très-familier avec les livres de botanique qu'il cite. En effet, ce n'est pas dans le Flora danica que Ehrhart a créé son Equisetum telmateia, mais bien dans le volume II, page 159, d'un ouvrage intitulé : Beitrœge %ur Naturkunde, publié en 1788 et dans lequel le mot telmateia est écrit avec un i et non un j norwégien ; mais M. André tenait à faire voir qu'il possède aussi bien la langue des Norvégiens que celle des anciens peuples d'Athènes et de Rome. Cet Equisetum a été seulement figuré dans le Flora danica ; et, quand on cite cet ou* vrage, c'est uniquement pour indiquer qu'on y trouve une belle image de la plante d'Ehrhart. Or, en s'appuyant de cette citation pour prouver la priorité du mot telmateia, M. André commet une preuve flagrante de son ignorance en botanique — je suis fâché de le dire, mais il m'a forcé ; — car la figure citée n'a paru que dans le volume IX du Flora danica publié de 1815 à 1819; il y a loin de cette date à celle de 1761 in-

voquée par M. André. S'il fallait s'en rapporter au dire de notre confrère, la priorité, d'après l'autorité qu'il cite, appartiendrait, au contraire, au mot fluviatile, mal appliqué par Smith dans le Flora britannica, vol. III, page H 04, publié en 1804. C'est là, il me semble, ce qu'on peut appeler battre l'eau avec une gaule en se donnant sur les ongles.

M. André avait cependant une belle et bien simple justification à présenter : nous sommes heureux de la mettre à sa disposition pour une prochaine occasion.

Le nom de ielmateia doit être conservé à l'espèce figurée dans le Flora danica, non pas précisément parce qu'il est antérieur au nom de fluviatile et que Smith Va changé sans raison, mais parce que Smith — qui n'a rien changé — a confondu cette espèce avec une autre à laquelle Linné avait donné le nom de fluviatile, dans le Flora lapponica publié en 4737, et qui n'est qu'une simple forme de son Equisetum limosum, auquel elle a été rapportée comme variété. Cette double applition de la même épithète spécifique pouvant amener la confusion, on a décidé sagement de reléguer le nom de fluviatile à la colonne des synonymes des deux espèces, et voilà pourquoi VE. telmateia a pour synonyme le fluviatile de Smith, et VE. limosum pour synonyme le fluviatile de Linné. Ce n'était pas plus difficile que cela, de sortir du bourbier dans lequel M. André s'était engagé, sans être cependant un Equisetum telmateya, avec y.

Si M. André eût dit seulement qu'il avait voulu parler de Y Equisetum fluviatile de Linné, et non de Smith, mon imprudent collaborateur était battu; il n'avait plus qu'à retourner piteusement à Beaumont planter ses choux. M. André, lui, an contraire, se trouvait couvert de lauriers, rayonnant de gloire, de science, etc., et nous aurions été obligé de reconnaître que

M. André est un botaniste pour de vrai ; mais il fallait tout

simplement le savoir ! . . . .

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Nous ayons répondu, sinon comme le désire M. André, du moins comme il nous y invite ; nous déclarons donc les débats clos. J'ose espérer que M. André et ses amis ne m'accuseront pas de poursuivre mon malheureux confrère avec acharne» ment; car, dans sa lettre à notre éditeur, il déclare être «étonné qu'un collègue qui lui donnait tout récemment encore une preuve de sympathie, à l'occasion de son succès h Liverpool, ait pu ainsi changer de ton à son égard sans aucune cause connue » . L'explication de notre conduite est bien simple : c'est que nous distribuons toujours l'éloge et le blâme, avec une égale impartialité, la plus entière indépendance, et que nous n'avons de haine ni de préférence pour personne. La vérité a été, est, et sera toujours le drapean de l'Horticulteur français.

F. Herincq.

ANCYLOGYNE LONGIFLORA (Pl. XIII).

Le genre Ancylogyne a été créé par Nées, d'Esenbéck, pour des plantes vivaces du Brésil et du Pérou, dont la tige, qui est à 4 angles et noueuse,, porte des feuilles opposées glabres, et des fleurs disposées en petits bouquets à l'aisselle des feuilles supérieures on de bractées, et qui constituent des sortes d'épis interrompus ou des panicules composées.

Chaque fleur est composée d'un calice divisé jusqu'à sa base en 5 lanières colorées très-allongées , inégales ; d'une corolle tobuleuse à limbe court, oblique, presque régulier à lobes étalés ; de 4 étamines, dont 2 seulement fertiles à anthères ciliées, et pourvues d'un petit éperon redressé, qui est le prolongement inférieur du connectif ; les deux autres étamines sont stériles , c'est-à-dire dépourvues d'anthères, et plus

courtes. L'ovaire est à deux loges, surmonté d'un style simple filiforme, plus long que les étamines, recourbé en crochet et terminé par deux branches stigmatiques , dont une avortée ne se présentant que sous la forme d'une petite dent. Le fruit est une capsule anguleuse terminée en pointe, et qui contient huit graines ascendantes, quatre dans chaque loge, et fixées sur une cloison épaisse.

On ne connaissait que quatre espèces de ce genre, et aucune n'était cultivéeX'j*. longiflora est la cinquième et n'appartient pas aux régions assignées aux espèces connues par Nées. Elle a été envoyée de Guayaquil à MM. Veitch, par M. Pierce, leur collaborateur, pendant son exploration du territoire de la république de l'Equateur (Ecuador), pays situé entre la nouvelle Grenade et le Pérou*

Cette nouvelle acquisition horticole a été nommée et figurée par M. Hooker fils, dans le journal anglais Botanical Magazine. C'est un sous-arbrisseau à feuilles ovales-oblongues, ou obovales-lancéolées, terminées en languette pointue, bordées de très-petites dents. Les fleurs, d'un beau pourpre vineux, forment une très-élégante panicule terminale, retombante, qui rappelle l'inflorescence du Russelia juncea. Le calice est de couleur pourprée ; la corolle tubuleuse, longue de 3 centim. environ, est un peu renflée dans la portion supérieure du tube, et le limbe à 5 lobes arrondis pourpre clair. Les étamines ont leur filet garni de deux rangées de poils inclinés, et l'anthère ciliée de couleur jaune.

Comme toutes les plantes des pays tropicaux, cette belle Acanthacée est de serre chaude. Elle veut une terre très-substantielle , de bons arrosements pendant la première période de végétation , puis un ralentissement d'arrosement et une atmosphère sèche, pour provoquer la floraison. Aussitôt que l'inflorescence apparaîtra on pourra augmenter un peu les arrosements et replacer la plante dans une atmosphère humide,

afin d'obtenir une luxueuse floraison. La multiplication par bouture est facile*

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