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LES ERÀNTHEMUM TUBERCULÀTUM ET C00PER1.
Depuis quelques semaines on trouve, sur les marchés aux fleurs de Paris, un ravissant petit arbuste très-rameux, cou- ?ert de nombreuses et coquettes fleurs blanches, et que les marchandes vendent sous les noms les plus bizarres. J'ai appris que cette jolie plante avait été introduite Tété dernier dans les squares de Paris, et que son vrai nom, le nom scientifique, est Eranthemum tuberculatum de Hooker fils . La figure que ce savant a donnée de cette espèce, dans le Botanical Magazine, se rapporte parfaitement à la plante de nos marchés . La patrie, d'après la note du journal anglais, n'est pas précisément connue. M. Veitch, de Chelsea (Angleterre), qui Ta mise au commerce, en a reçu les graines en 1863 de sir Daniel Cooper, mais sans indication d'origine. On suppose qu'elle appartient à la flore de la Nouvelle-Calédonie, ainsi qu'une autre espèce du môme genre, Y Eranthemum Cooperi, introduite à la même époque et de la même manière.
V Eranthemum tuberculatum est un arbuste grêle, à rameaux couverts de nombreuses verrues ; ses feuilles sont petites (1 à 2 centim.), opposées, elliptiques ou obovales, obtuses ou échancrées au sommet. Les fleurs très-abondantes sont solitaires à l'aisselle des feuilles, et la corolle, d'un blanc pur, offre un tube grêle, long de 2 à 3 centim ., au sommet duquel 'étale un large limbe oblique à 5 lobes profonds, et qui rapeile — jusqu'à un certain point — la fleur du Jasmin blanc. Nous recommandons cette espèce pour garniture de vases l'appartement ; elle est élégante et légère.
L'Erantheipum Cooperi est un arbuste à longues feuilles étroitement lancéolées, pourvues de quelques grosses dents, et dont les fleurs blanches ont les lobes de la corolle séparés comme en deux lèvres, avec le lobe du milieu marqué de stries pourprées. Je ne connais pas cette espèce dans nos cultures françaises ; elle existe en Angleterre, et c'est M. Veitch qui en est l'introducteur; elle ne serait pas une moins bonne acquisition que VE. tuberculatum.
Ces plantes sont rustiques, de simple serre froide, et peuvent servira la décoration des parterres pendant la belle saison. VEranthemum tuberculatum se force parfaitement et devient nn précieux arbuste pour les serres et les appartements pendant l'hiver.
ÊUG, DE MARTRAGNY.
LES PELARGONIUM REMONTANTS.
Monsieur le Directeur,
Permettez-moi de faire appel à l'esprit de droiture et de justice dont vous avez fait preuve dans V Horticulteur français, pour rectifier une erreur que vous avez commise dans la note qui suit l'article de M. Ch. Dupont, sur lePelargonium George Sand.
Il y est dit que le nombre des Pelargonium remontante à grandes fleurs est de deux seulement, Gloire de Paris et Elèonore Petit.
Il en existe cependant un troisième, Gloire de Moiitplaisirf que j'ai signalé au public horticole en octobre 1865.
Ce Pelargonium n'est pas encore aussi répandu qu'il le mérite, probablement parce qu'il est né en province. Il est cependant le plus véritablement remontant de tous ceux prônés comme tels, car il fleurit toute Vannée et n'a pas besoin d'être
primé pour cela; il est nain, oe s'emporte pas et fait à» trèsjolies touffes.
Toutefois, malgré son origine provinciale, il commence à être apprécié à Paris, et probablement l'année prochaine il ornera les squares de la capitale, car il va être multiplié trèsgrandement à; la Muette.
Gloire de Paris est assez connu, aussi je me dispense d'en parler ici.
Quant à Eléonore Petit, je le crois généralement condamné à l'oubli, et M. Mézard lui-même regrette probablement déjà de lavoir pris sous son patronage ; car, partout où je l'ai rencontré, il n'a fleuri qu'une fois et moins abondamment que les antres Pelargonium à grandes fleurs .
L'éloge que M. Ch. Dupont fait de George Sand est, à mon avis, très-mérité; car j'en ai admiré une vingtaine de plantes, couvertes de nombreuses fleurs, en septembre dernier, chez M. Chaté, et, selon moi, ce sera le digne pendant de Gloire de Montplaisir, pour former les corbeilles dans les petits comme dans les grands jardins.
Agrées, je vous prie, Monsieur le Directeur, mes civilités
Jean Sisley*