LE FRUITIER DE VHORTICULTEUR FRANÇAIS
Notre fruitier se dégarnit fort ; les Poire de Curéj et Vauquelin, Bézi Chaumontel commencent à blettir, il est grandement temps de les servir ; il est vrai que nous entrons dans le mois de janvier. Parmi les variétés d'hiver de bonne qualité qui dépassent à peine la fin du mois, nous apercevons les Joséphiné*de Malines, Beurré df Arenberg, Passe-Colmar, Orpheline aEnghien, Beurré Sterckmann, Beurré de Luçon, Fondante de Noël, Beurré Rance, ete.
Parmi les variétés qui commencent à mûrir sont les deux suivantes que nous recommandons à nos lecteurs :
Poire Abbé Pétez. C'est un fruit au-dessus de la moyenne, de forme ovoïde, bosselée, pourvu d'un gros pédoncule assez long, charnu à sa base, inséré obliquement dans une pavité peu profonde ; la peau est d'un vert jaunâtre, ponctuée, striée de roux et marbrée de couleur fauve autour de l'œil. C'est un très-bon fruit, à chair fine, fondante, avec quelques pierres cependant au-dessous des loges ; mais son eau est abondante, sucrée acidulée, et très-agréablement parfumée .
Cette Poire est encore peu répandue ; il n'y a que quatre ou cinq ans que M, l'abbé Dupuy Ta fait connaître dans une revue de pomologie qu'il publiait alors. L'arbre est très-fer» ttte, et d'après M. André Leroy {Dict. de pomologie), « il parait devoir se greffer plus avantageusement sur cognassier que sur franc ; toutefois, dit-il, il est encore impossible de préciser quel sujet on devra lui donher de préférence. Sur cognassier, il forme de belles pyramides, » Les premiers fruits mû-
(4) Sont ce titra nousTpublierons dans ckaque numéro une revue desmeil» leurs fruits du moment: Poires, Pommes, Prunes, Raisins, etc.; ce sera une sorte de Ouwfe inàkatiffa l'époque de maturité des fruits.
rissent vers la fin de décembre, et les derniers n'acquièrent leur maturité que fin janvier et même février.
Poire Angélique de Bordeaux. Cette Poire, qui n'est pas précisément de première qualité, commence seulement à mûrir; elle est précieuse, précisément à cause de sa maturité tardive, car on peut encore en manger d'assez bonnes à la fin d'avril.
Cette poire est connue sous 17 noms, d'après M. André Leroy : 1° Mouille-Bouche d'hiver, 2d Poire de Légat, 3° Angélique, 4° Saint-Martial, 5° Cristalline, 6° Bouge, 7° Bens, 8° de Dumas, 9e Christalline Morin-Gout, 10° Douce, lTGrosfranc-réal d'hiver, W Saint-Marcel, 13° Angélique de Languedoc, 14° Angélique de Pise,M5° Angélique de Toulouse, 16° Saint-Mareil, et 17° Angélique de Bordeaux* La variation du fruit explique toute cette longue synonymie ; comme grosseur il dépasse la moyenne ; sa forme est tantôt oblongue, tantôt en forme de toupie arrondie ; le pédoncule assez long est implanté plus ou moins obliquement dans une cavité évasée mamelonnée sur les bords; la peau est d'un jaune obscur, trèsfinement ponctuée de gris, et souvent marbrée de roux sur la partie frappée par le soleil. Cette poire n'est que de deuxième qualité ; sa chair est cassante, un peu pierreuse autour des loges; mais son eau est suffisante, douce un peu sucrée, et .d'un goût très-franc et agréable.
Cette variété vient mal sur cognassier, elle est Irès-vigoureuse sur franc. Mais, pour que les fruits acquièrent quelque saveur, il faut la planter au midi.