‹ L'horticulteur français de (volume 4)Chapitre 101 sur 160 · REVUE DES PLANTES RARES OU NOUVELLES · texte numérisé non relu

REVUE DES PLANTES RARES OU NOUVELLES

Ipomea Karwinskyana (Gartenflora). — Ce nouveau Volubilis, qui a été introduit dans le jardin botanique de Saint- Pétersbourg, par M. Karwinski, n'a pas d'origine connue; mais ses exigences démontrent clairement qu'il appartient aux régions tropicales ; il faut en effet le cultiver en serre chaude. Ses tiges, qui naissent d'une grosse racine vivace, sont grimpantes très-longues, et portent des feuilles en cœur, pointues, larges de 4 centimètres, sur 6 à 7 de longueur. Les fleurs apparaissent en juillet : elles sont blanches, à gorge violet pour-

pré, larges de 7 à 8 centimètres, et réunies par 2 ou 3 a Tais* selle des feuilles • Cette espèce est vivace ; on la cultive en pleine bâche ou dans de grands pots remplis de terre un peu argileuse, mais meuble cependant. La multiplication se fait par boutures tenues sur couche chaude.

Salpia aUxhcœrulea (Linden). — C'est M. Ghiesbregth, qui a découvert cette nouvelle Sauge dans les forêts de Conifères de l'État de Méchoacan, au Mexique, et, c'est par M. Linden qu'elle a été livrée au commerce Tannée dernière. EUe forme un sous-arbrisseau de 1 mètre 50 centimètres environ de hauteur. Ses rameaux sont dressés, un peu duveteux ; ses feuilles oblongues-lancéolées, finement dentelées, longuement retrécies en pointes au sommet, et se prolongeant en pétioles à leur base. Les fleurs sont disposées en une sorte de longue grappe terminale, qui atteint jusqu'à 30 centimètres de longueur ; la corolle est longue de 3 centimètres, blanche avec la lèvre inférieure d'un beau bleu indigo. — Cette Sauge, d'après M. Ortgies, aurait une odeur de pomme mûre très-prononcée ; c'est uu excellent caractère à signaler, et qui ne permettra guère la fraude, de la part des marchands qui ont une conscience en caoutchouc.

Nidularium Scheremetiewii, (Gartenfl.) — C'est pour l'acquit de la mienne (ma conscience) que je relate ici cette Broméliacée, car je suis bien convaincu que pas un amateur n'aura le courage d'apprendre ce-nom là par cœur : Scfeeremetiewiilll — Quel nom mignon pour une joUe plante. Un littérateur distingué a dit quelque part, que le succès d'une pièce de théâtre, ou d'un roman, dépendait le plus souvent de son titre. Eh bien, ce qui est vrai en littérature pour les titres ne l'est pas moins en horticulture pour les noms :. aussi je crains bien que le Nidularium Soheremetiewii ne se voie préférer le N. fulgens ou autre, d'un nom plus facile à prononcer. C'est ce qu'amènera toujours la bassesse des dédicaces. Pour conque-

rhf les bonnes gràoes d'un grand seignenr, un titre, une place, on donne aujourd'hui, à une charmante fleur, le nom le pins saugrenu. 0 ! humaine espèce ! quand donc comprendras-tu mieux , ta dignité? Tu te révoltes parce que le naturaliste te classe dans le règne animal, et tu fais tout pour lui montrer que tu n'es qu'un vil reptile ou qu'une ridicule girafe! Comme tu as dégradé le chef-d'œuvre de Dieu ! — Mais passons, il me vient des nausées Ce Nidularium a été cultivé dans le jardin botanique de Saint-Pétersbourg, et dans ceux de l'Allemagne sous le nom de Caraguataserrata; mais mieux étudiée il a été reconnu qu'il n'appartenait pas au genre Caraguata ; c'est de là qu'on en a fait le Nidularium Scherem. etc. etc. D se rapproche beaucoup du fulgens ; mais sa tige ne s'élève pas à plus de 30 centimètres et elle est garnie de nombreuses femlles ; les inférieures sont larges et embrassantes à la base, longuement et étroitement rubanées supérieurement,' longues de 40 centimètres, larges de 3, bordées de fines dents pointues, d'une belle couleur vert lustré et ponctuées ; les feuilles supérieures sont moins longues, plus larges et prennent, à partir de leur base, une belle teinte rouge cramoisi. Les fleurs sont d'un beau bleu d'azur bordées de blanc, et naissent par 4 à Taisselle des bractées qui sont du plus beau rouge vif. — On peut cultiver cette espèce en pot rempli de terre de bruyère, ou bien simplement attachée sur un morceau de bois, en entourant la base de la tige avec de la Sphaigne des marais.

Cydonia Japonica var. Mallardi. — Variété à fleurs roses, dont les pétales sont largement bordés et quelquefois rayés de blanc. Elle a été obtenue par M. MaUard, amateur^ au Mans (Sarthe).

Potentilla MuUeri. — C'est une très-jolie plante de pleine terre ; on la dit hybride et obtenue de semis par M. MoUer amateur à Bruxelles. Ses fleurs sont d'un beau jaune et doubles.

Codonanthe picta. — Gesnériaoée d'origine inconnue et

(pn a été troavée ea Angleterre par M. VerschaffeK^ sous te nom de jEsohgnêMus aUridus ou Mw. Ole a ses tiges grêles, pendantes, rameuses, garnies de feuilles ovales-lancéolées, acu* minées, Caisses, saœ nervures saillantes, entières ou denticulées, à pétiole épaissi à sa base et aminci au sommet. Ses fleurs sont blanches à la gorge, jaunes et ponctuées de rouge^ Cette espèce est de serre chaude.

Aquilegia blanda. -^ Voîcî une hyhride obtenue d'une variété indéterminée de VAquUegia vulgaris fécondée, Ire»waisemhlaklemeni et par accident //} par VAquUegia lepto* ceras ou vice versa. — Quelle exactitude ! — Ses fleurs sont grandes, pendantes à folioles externes d'un bleu légèrement vidlacé, et à folioles internes blandies. Cette plante obtenue par M. Jean VerschafiPelt est très*rustique et se multiplie par la séparation des touffes au printemps ou à Tautomne.

Rhùdoiendrum acutilcbum. Autre hybtide dont on ne connaît pas les parents (!). Elle a été exténue p«r M. Van Geert, de Gand ; ses fleurs ont les lobes triangulaires aigus, d'un beau rose vif.

Cosmidium Burridgeannm. Plantes de la famille des Gom*^ posées, tribu des Radiées et qui rappelle les belles variétés du CaUiepsis ou Cûreopsis tinctoria à fleurs foncées. Elle ressemble beaucoup au Coreopsis ou CaswUdium filifolium ; mais ses li-^ gules sont d'un rouge très-foncé presque noires, et n'ont de jaane qu'à l'extrémité. -^ On la sème au printemps sur coudte^ on la repique en pleine terre.

Calce€iaria rugosa var. Califomica. C'est ime plante qu'on cultive dans quelques jardins sous le nom àei^aiceolaria Culiformca. Elle est velue, visqueuse, haute de 65 centim. Ses feuilles sont profondément découpées (pennatiséquées) en lanières âûrtmctes et pétiolées d'un vert foncé ; ses fleurs sont d'un beau jaune. On peut la cultiver comme plante annuelle ; en faisant les semis de bomie heure sur couche tiède, on repique le plant

en pots tenus sous châssis pour faciliter la reprise ; puison donne graduellement de l'air, et on livre ensuite en pleine terre vers le mois de mai.

Spirœa confusa. MM. Regel et Kœmicke ont découvert cette nouvelle espèce, parmi les Spirœa chamœdryfolia cultivés depuis longtemps. Elle se distingue de ce dernier par ses rameaux arrondis et anguleux ; par sesfeuiUesobovales-oblongues rétrécies en coin à la base et seulement dentées vers leur sommet ; enfin par les fruits qui portent une bosse à leur sommet (!!). Après tout c'est une espèce qui vaut bien certaine variété horticole.

Brachycome calocarpa . On a fait beaucoup de bruit autour de cette Composée de la Nouvelle-Hollande; eUe était, disait-on, très-florifère et très-ornementale. Il n'en faut rien croire; elle est très-insignifiante.

Tydœa Hansteinii. M. Regel est passionné pour les Gesnériacées; il s'en occupe avec amour, et fait des mariages que le code pénal punirait sévèrement, si la grande famille végétale était soumise à la juridiction française. Il marie, en effet, des frères avec leurs sœurs, des filles avec leurs pères^ etc., etc., et de tout cela il en obtient des enfants que le monde horticole s'empresse d'accueillir. C'est ainsi que le concurrent de Mme de Sainte-Foy a obtenu, en mariant des Tydea ocelkUa avec le gigantea un grand nombre d'hybrides, plus tranchées que les variétés qu'on admetdansles genres Rose, Verveine, Dahlia, etc. Parmi tous ces nouveaux gains, M . Regel en a choisi seulement quatre des plus beaux, qu'il a nommés T. Hansteinii, var. nigra, — tigrina, — fulgida et te^a.Toutes ces plantes ont le port du Ti/dea ocelUUaj la forme et la villosité du feuillage ; mais les fleurs se rapprochent de celles du T. gigantea; elles sont nombreuses, d'unbeau rouge orangé, plus ou moins mêlé de jaime, avec le limbe ma^ que de points noirs.

Embothritan cocdneum {Flarisl and fruitisû). Protéacéeflo-

riftsani abondamment en grappes de flenrs longaes et brillantes (roQge-écarlate). Cet Embothrium^ indigène aux côtes de Magel* lan , aurait supporté le froid de nos derniers hivers dans le comté de Devonshire, ce qui est d*un bon augure.

Pinns don Pedri (Gard, ohran.) Elégant conifère à rameaux flexueux, à feuilles fines et longues, réunies par 5 ; et à cônes énormes plus volumineux que ceux du Pinus macrocarpa.

Cynoglossum nobile {Id.). Feuilles grandes, épaisses, pétiole

et limbe larges, nervures prononcées, fleurs petites rouge lilacé

passant au bleuâtre.

F. HERmoQ*

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