pererme var. album
ËTfMOLOGis : du Celtique Lin, Fil.— Les grecs en ont fait leur Linm, les latins Linum; les français Zm, d'où le mot Zin^; —delà filasse qu'on extrait de leurs tiges.
Famille des Linacées : Pentandrie^ pentagynie de Linné.
Caractères génériques. Le genre Linum comprend des herbes et quelques sous-arbrisseaux, presque tous indigènes de TEurope. Leur tige est eylindrique et garnie de feuilles simples, alternes^ rarement opposées : elles se ramifient le plus souvent au sommet en un élégant corjmbey dont les rameaux sont terminés par des fleurs généralement grandes, et de l'aspect le plus agréable, mais malheureusement tièsfugaces : — « Le matin les voit naître ; le soir les voit souvent périr. » — Cependant par suite de l'allongement continuel de la tige^ qui émet de nouveaux rameaux^ la floraison de ces plantes est très-prolongée. Chaque fleur présente : un calice à cinq sépales persistants; une corolle imitant la corolle campanulée. à cinq pétales ovales obtus munis d'un onglet ; cinq étamines plus courtes que les pétales, à anthères sagittées, et cinq filets stériles.
L'ovaire est libre au centre de la fleur, et surmonté de cinq styles filiformes. Le fruit est une capsule globuleuse à cinq loges divisées chacune en deuxlogettes par une cloison incomplète; chaque loge contient une graine aplatie luisante.
Historique des espèces. — On connaît aujourd'hui 80 espèces de Lin ; mais 8 ou 1 0 seulement sont entrées dans le domaine de l'horticulture. Par leur port léger, élégant, et par la grande quantité des jolies fleurs qu'elles produisent, elles sont dignes de figurer dans nos jardins.
Le Linum grandiflorum (fig. 1 ) ou Lin à fleur rouge, est sans contredit la plus belle espèce. Introduite de la Mauritanie en Europe en 1 81 7 , elle n'y fit qu'une assez courte apparition ; sa cul.
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}ure n'était pas connue, on ne put la conserver. Depuis la conquête de l'Algérie, elle fut réintroduite plusieurs fois, mais sans succès. Aujourd'hui, cependant, on est parvenu à lui faire prendre un diplôme de naturalisation ; elle est acquise à ^o^ nementation des parterres. C'est une plante annuelle, haute de 35 à 40 centimètres, dressée, se ramifiant dès sa base, et produisant tout l'été les plus charmantes fleurs, qui sont trèsgrandes et d'un beau rouge carmin.
Le Linum nbiHcum (fig. 2) est une espèce vivace, introduite de Sibérie dans les cultures depuis 1 775. Ses tiges sont dressées, hautes de 60 à 80 centimètres, se divisant au sommet en lameaux longs et flexueux, qui portent^ pendant les mois de juin à août, de grandes fleurs bleues, beaucoup plus grandes que celles du Lin vivace [Limtm pêrenne).
Le lÂnum campanulatum (Gg. 3) est originaire des régions méridionales de la France ; il porte aussi les nontis de flavum et de glandulosum. Les belles et grandes fleurs jaunes de cette espèce, ses feuilles élargies et spatulées, la distinguent très-nettement de SOS congénères. Sa tige n'atteint que de 20 a 30 centimètres de hauteur; elle se divise au sommet en rameaux bifurques et courts qui portent de 3 à 5 fleurs d'un beau jaune d'or^ quelquefois marquées de stries orangées à la base du limbe dos pétales. Cette espèce est vivace, et croit naturellement daiK les endroits secs et arides.
Le lÀmim perenne album (fig. 4) est une variété à fleurs blanches, du Lin vivetce^ obtenue il y a une dixaine d^années par un horticulteur des environs de Paris.
On cultive encore les Linum usUatissimum (Un à filasse) espèce annuelle à fleurs bleues ; — le Linum perenne ou Lin viyace à fleurs bleues , — les trigynum et quadrifoliumf espèces sousfrutescentes à fleurs jaunes ; la première des Iodes cuiantaleSt 1a seconde du cap de Bonne-Espérance. Toutes deux, par conséquent, demandent la serre pendant l'hiver. Le trigyHum est
une très-belle plante pour T ornement des salons ; elle fleurit pendant presque toutThiver, Dans ce moment, j'en possède un pied tout couvert de ses magnifiques et larges fleurs jaunes.
Pour terminer, nous signalerons aux amateurs une charmante et gracieuse espèce, le Linum tenuifolium^ indigène à la flore parisienne et qui croit dans les sols les plus arides. Elle est vivace, à tiges grêles, se divisant au sommet en rameaux presque capillaires sur lesques sont implantées de délicates fleurs blanc rosé ou camé tendre, avec ses pétales parcourus d'un fin réseau de lignes purpurines ; c'est de la plus ravissante coquetterie.
CcLTUBE. — Excepté les deux espèces que nous avons signalées pour la serre tempérée^ les autres sont des plantes essentiellement rustiques qu'il faut traiter cavalièrement. Les Lins, celui de Sibérie surtout, ne demandent que la mise en place et quelques arrosements. Le linum campanukUum exige un peu plus de soins. Originaire du midi de la France, et croissant dans les terrains secs et arides» il s'acconunode peu de la température hivernale de Paris. En lui donnant un petit coin de l'orangerie près du jour pendant l'hiver^ et en lui rendant la pleine terre à la belle saison » on s'assurera de ses fleurs pour tout l'été. — Le Lin à flaurs rouges, étant annuel, doit âtre semé vers la fin d'avril, tout simplement en pleine terre en recouvrant avec du terreau, et en maintenant toujours le sol un peu humide. Quand le plant a 5 ou 4 centimètres on le repique en pépinière dans un sol léger et bien ameubU en tronquant l'extrémité du pivot. Le niomeatde la mise en place arrivé, on enlève en motte. Lorsqu'on veut en avoir une corbeille entière, on peut semer en place.
Maintenant, si nos lecteurs veulent jouir àa ces plantes charmantes, nous leur donnerons le conseil de composer une large corbeille avec les quatre espèces qui sont figurées dans notre planche X, La bleue au centre, et eu massa ; puis une^deux ou
trois rangées circulaires de blanches, autant de rangées de rouges pour encadrer les blanches, et enfin la jaune pour faire bordure. Ainsi disposées, ces quatre plantes formeront une délicieuse corbeille à la mode, qu*on pourra jeter sur une pelouse à quelque distance de l'allée ; cai* en général ces sortes de corbeilles ne font d'effet que vues de loin.
F. Heklnco.
DIANTHUSSUPERBUS. L. (pl. xi.)
Comme son nom l'indique^ cet Œillet est une très-gracieuse et très-jolie plante, qui mérite à tous égards de se répandre dans os jardins ; du reste la planche de ce numéro, représentant le Dianlhus superbus me dispense de tout éloge en faveur de sa beauté* Il est vivace et rustique comme l'Œillet de Chine ou celui de Gardner . Ses nombreuses fleurs odorantes , d'un rose très-pâle un peu gris, souvent camées et parfois blanches, surtout en vieillissant, se succèdent depuis juin jusqu'au milieu de septembre. Ses boutons laissent apercevoir l'extrémité des pétales d'un rouge assez intense. Il ne s'étale point, mais s'élève presque droit, de manière à atteindre 30 ou 40 centim. Ses tiges se ramifient vers leur sommet et portent, chacune, plusieurs fleurs ( 3 ou 5 en moyenne ) assez longuement pédonculées, et formant un corymbe en général très-lâche. Ses feuilles, longues de 4 à 8 cent. , étroites , presque linéaires , aiguës et glabres, doimeraient à la plante une apparence un peu grêle, si des fleurs très-abondantes n'en changeaient complètement Ta^pect. Celles-ci ont un calice de 3 cent, environ , mimi de 4 écailles dont 2 plus longues, se terminant brusquement en une pointe aiguë et courte. Ce calice , mugeâtre et verdâtre à la fois, se divise en 5 parties longues de 5 ou 6 millimètres et lan-
céolées. Enfin les pétales dont nous avons indiqué la couleur sont pennatifides j ou fendus au delà du milieu de leur limbe divisé en lanières linéaires , divergentes , présentant presque l'aspect des barbes d'une plume. C'est là ce qui rend les fleurs de cet Œillet si gracieuses et si élégantes ; et, lui donnant, comme je le disais, une apparence plumeuse, Ta fait confondre souvent avec les Dianthus monspessulanus de Linné et Plumasus de SprengeL Mais il se distingue nettement du premier en ce que ses tiges portent toujours plus de fleurs , que le limbe de ses pétales est bien plus étroit, et que les écailles de son calice n'atteignent pas, à beaucoup près, la moitié de la longueur de celui-ci. Le D. superbus diffère encore plus du D. plumosus; car ce dernier a des fleurs solitaires , et les écailles du calice linéaires, écartées et seulement un peu plus courtes que le tube.
J'ai insisté à dessein sur les caractères distinctifs et spécifiques de notre Dianthus , pour que cette jolie espèce ne soit plus confondue avec les deux autres ; cultivée anciennement, elle eut trop de noms, et ses noms d'emprunt s'ap, '^^ant en outre souvent à des espèces peu dignes d'intérêt pour i la^i^ticulture, on la confondit et on la rejeta peu à peu.
Le Dianthus superbus appartient à la flore parisieime : y est-il bien spontané? je n'oserais l'affirmer. Pourtant, quoique plante rare pour nos environs , il existe plusieurs localités où elle se trouve, ainsi entre Dannemarie et Bray (Seine-et-Marne), à Provins et le long de la Juine.
M • Emile Goubert lut dernièrement à la Société botanique une note sur cet OBillet , et indiqua quelques localités où il existe, signalant toutefois sa rareté et le petit nombre d'échantillons qu'on peut trouver dans chaque.
C'est dans les prairies subalpines qu'il faut chercher le Dianthuê superbus y de 1000 à 1600 mètres au-dessus du niveau de la mer. J'ai pu moi-même l'observer quelquefois dans ces régions, mais nulle part je ne l'aij vu aussi beau et aussi abon.
dont que dans k Vallée de Samadeti, en Engâdiile, sur les confins des Grisons suisses. Il croit là comme k Bellis de nos champs, entouré de plantes dont plusieurs appartiennent déjà à rhorticulture, et dont d'autres mériteraient une place dans les parterres. Ainsi à Bevers et à Samaden, à côté du Dianthu9 superbus , je voyais le brillant Lychnis flos Jovis , le curieux Àquilegia tUtrata, le charmant Lilium martagon , le Cotoneaster vulgare , le Centaurea Rhapontica, les Arbutus uva nrsi et alpina , toutes plantes cultivées pour Tomement , lies autres compagnes de ces jolies espèces, je l'ai dit, devraient être importées aussi dans les jardins : c^étaient le Senedo abrotanîr folius avec ses feuilles découpées et ses fleurs jaune capucine; le Daphne striata^ une espèce très-rare, mais la plus jolie, je crois, des Daphne ; le Gentiana ciliata^ avec son apparence délicate et les jolis cils de sa corolle ; le Gypsophila repens , qui est une plante excessivement facile à cultiver et aussi jolie que nos Silènes ^ et un grand nombre d'autres encore, que je ne veux pas nommer, craignant que mon amour pour les plantes de nos montagnes d'Europe ne me laisse plus voir si^l'espèce que je citerais, charmante dans une collection botanique vivante, si je puis dire, le serait encore dans le jardin de Tamateut* horticole.
Le Dianthus superbtis était donc oublié et rejeté, nous l'avons dit, sauf par M. de Presle, qui l'a dans sa propriété à Parouzeau, lorsque M. Foissy^ qui cultive au Muséum les plantes les plus difficiles de montagnes, en pleine terre, comme seul il sait le faire, le rapporta d'Espagne, et en orna ses plates-bandes. Tout le monde put admirer ce beau Dianthiis suberbus, et, grâce à l'obligeance de son introducteur, il va rentrer dans les cultures horticoles.
A. De Talou.