‹ L'horticulteur français de (volume 4)Chapitre 128 sur 160 · EN HORTICULTURE · texte numérisé non relu

EN HORTICULTURE

Epigyniutn Leucobotrys Nuit.

Le genre Epigynium n'est que depuis peu établi ; il prend place près de celui des Vaccinium dont il ne devrait peut-être fairequ'une section. C'est à M. Nuttal, qni avait déjà introduit

YBpigymim acutnifèatumy que Ton est eneore redevable de cette jolie espèce, qui est pour nos serres uoe heureuse acquisition. Cette nouvelle Vacciniée est un arbrisseau toujours vert^ haut de 2 m. 30 à 2 m. 76» d'un port élancé» à branches verticillées» à racine épaisse ; il produit pendant Tété d'abondantes fleurs disposées en grappes, et ces fleurs d'un blanc pur sont si diaphanes, que Ton peut voir au travers les 10 anthères. A Tautomne des baies également blanches et ayant l'apparence de cire, viennent prolonger les jouissances que peut offrir cet Epigynium. Il est originaire du voird-est dxf, Bengal. (Bot. Mag.)

SonerUa margaritacea lindl.

Cette ravissante Mélaatomacée est déjà dan^ le CQqiQiercQ parisien, mais on ne saurait trop» à mon sens, revenir sur d^ si charmants végétaux.

Le Sonerila margaritacea fut trouvé par M. Thpipas Lobb dans rinde ; MM. Weilcb et fil^ cultivèrent qstte plapte et l'exposèrent à la Société d'horticulture de f^ondres en 1854, cil elle fit sensation. Jï fisl regrettable que l'on n'ait pas déplus amples renseignements sur son origine et spfi habi^t. Elle est d'une culture facile, et il parait que si l'on a le çqurage de pincer les pédoncules flor^iux encore jwnes, on augmente 1^ vigueur de la plante et Téclat de pon feuillage. MaU^ij^eusement on se fiirjve ains^i des fleuri roses ^ort jolies e^ bi^ir^ que le SonerUa donne abondamme^nt.

C'est une plaqte herbacée, qqoique ylvace, à t;iges gr^.Cfi, et presque couchées, de forme quadrangulaire, colorées d'un beau rouge, et pubescentes. Les pétioles des feuilles offrent les mêmes caractères.

Les feuilles opposées, oblongues acnminées, d'nnbeau vert veiné de noir sont rep^Arqpabl^ pqr dçs lignes parallèles dç p<MM)tuations blanches, ovales, assez semblables à des perles

et disposées en lignes régulières entre les veines et suivant leur direction. Les fleurs sont roses^ comme nous le disions et présentent la singulière structure que Ton rencontre dans toutes les Mélastomacées. Les 3 étamines très saillantes avec leurs anthères subulées contournées en S fixées à leur base qui est renflée et se terminant en aleine contribuent beaucoup à Téléganee et à la singularité des ombelles du Sonerila margaritacea. Nous devons en terminant insister sur la beauté de cette plante, dont la présence est assurée dans les serres de tout véritable et intelligent amateur. {Bot. Mag..)

Dipteracanthus calvescens Nées.

Joli sous arbriseau très-florifère, appartenant à la famille des Acaiithacées, recueilli souvent près de Rio-Janeiro, et à Pernambuco par M. de Mornay. Nous ne recommanderions guère celte espèce, non qu'elle ne soit fort jolie, mais parce qu'elle est de serre chaude et qu'il faut être sobre à l'égard de plantes qui exigent de pareils soins, si nous ne savions que Ton a obtenu de beaux effets du Dipteracanthus spectabiUs, plante tout à fait analogue, en la cultivant comme nos Pétunias et nos Verveines. Nous ne recommandons pourtant le Dipteracanthus calvescens qu avec hésitation, quoique ce soit assurément, nous le répétons, une fort jolie plante.Elle est remarquable par ses grandes fleurs à divisions denticulées, d^un gris de perle tendre s'atténuant à la base de la corolle de manière à devenir presque blanc, et par ses feuilles d'un rouge lie de vin pâle à la face inférieure. {Bot. Mag.)

Lonioera fragrantissima.

Ce chèvre-feuille tient une modeste place parmi ses congénères dont un grand nombre ont assurément des fleurs plus remarquables, mais c'est en novembre et en décembre quMl fleurit, et, h pareille époque, quand déjh la gelée a depuii

longtemps détruit les mélancoliques Chrysanthèmes, nous n'avons guère le droit d'être difficiles. Le Jasminum nudiflorum ne vient que plus tard, et les plus zélés amateurs doivent se contenter des Clematis cirrhosa et calycina^ que Ton devrait pourtant plus rechercher malgré leur infériorité» surtout à cause de leurs feuilles persistantes. Accueillons donc le Loni* cera fragrantissima avec empressement. Ses fleurs sont disposéespar paires, qui sont en général au nombre de quatre à Taxe de chaque feuille, et portées sur de grêles et courts pédoncules, longs tout juste assez pour que ces délicates fleurs, dont le tube, bien différent des chèvre-feuilles communs, est très-petit, puissent dépasser la feuille qui les protège et ainsi se faire voir. L'odeur que répand ce Lonicera, a la douceur de ceux de nos pays, mais associée légèrement à celle de la fleur d^o» ranger. {Florist^ fruiiist. and garden Miscellany.)

FremùrUia Californica Torrey.

C'est un arbuste de pleine terre qui a été introduit tn 1851 au jardin de la Société botanique de Londres, par M, Robert Wrench. Il donna des fleurs pour la première fois en 1854, mais la plante resta sans être muliipliée jusqu'à ce que MM. Weitch la reçurent de leur collecteur M. Lobb, prov&> nant de la Sierra-Nevada, où elle croit à une altitude de 5000 pieds. Le Rév. A. Fitch l'avait recueillie aux sources du Sacra mento.

Le Fremontia Californica est réellement un bel arbuste, probablement fort rustique. 11 s'élève de 1 m. à 1 m. 50« et accidentellement davantage. Il a un peu le port d'un figuier, mais ressemble beaucoup aux Hibiscus de l'Australie. Ses fleurs sont grandes, du plus beau jaune qu'il est pos« sible intérieurement, et extérieurement de couleur abricot. C'est une précieuse acquisition ; elle est déjà portée sur des catalogues, {Gardeners Chronicle.)

SpêthùiM campanmlata. Beavrois. (Bignoniacées.) Bignonia tulipifera. Schumacher.

Ce brillaDt arbre de la famille dea BigDoniaeées, déooQTert d'abord par Palisot de Beaurois^ a été longtemps méconnu, car les descriptions et les figurer qu'on en donna ne purent être faites que sur des fragments d'échantillons très-incomplets et abîmés. Palisot de Beàuvois nous explique le fait, c Ses dessins» nous dit-il, devinrent la proie des flammes qiie les soi-disant philanthropes de Paris avaient allumées à St^Doaaingue. i Ce fut Schumacher qui en donna le premier une bonne de»* cription.

Le Spathodea campanukUa est originaire de l'Afrique tropicale. Il fut trouvé tour à tour à Oviràre^ Ashantée, «n Guinée; enfin M. Ansell, attaché à l'expédition du Niger, sous les ordres du capitaine Trotter, rapporta des graines de cette belle espèce qu'il avait trouvée sur les monts du Stirling. C'est un arbre élevé de sorte que ses fleurs sont souvent h peine visibles pour le voyageur, car il ne fleurit que quand il a déjà atteint une grande hauteur. Il a les feuilles opposées, impari-pennées d'un beau vert foncé ; elles sont un peu épaisses et longues d^envi* ron 50 ceutim. Les folioles sont ovales-lancéolées, acumiuëes, presque entières, et ont h leur base, sur la face supérieure , 2 ou 3 glandes charnues à peu près globuleuses. Ses fleurs sont aussi grandes que celles des plus grandes tulipes, d'un rouge-orange intense, plus pâle, il est vrai, dans le fond du tube. Le calice est réellement formé d'une spathe ; il ne s'ouvre que d'un seul coté^ et est courbé en arc, de manière à s'appuyer au dos de la corolle ; il est d'une texture épaisse et coriace, velouté extérieurement , et d'un vert sombre , mais strié de lignes rouges en relief.

Le Spathodea est donc un magnifique végétal ; d'ailleurs Is belle planche qu'en donne le Botunical Jifagœnne permet de

Tapprécier. Nous n'oserioos pourtani trop le reeoniinaii^ à cause de sa haute taille même daus les serres {Botaniaal Hag^)^

Sanseveria cylindrica. Bojer. (Âsparagînëes.) Sanseveria angolensis. Wellwitset.

C'est une plante des cdtes ouest de l'Afrique. Elle provient de rétablissement portugab d'Angola ou du Zanzibar. Ses fibres sont utilisées, sous le nom d't/ë, à la fabrication de magnifiques cordages qui sont supérieurs à ceux provenant du Sanseveria zeylanica^ que l'on connaît depuis longtemps. M. Hooker rappelle son rapport sur certains produits de l'exposition universelle de Paris, et l'éloge qu'il y faisait des fibres textiles de ce Sanseveria cylindrica, connu primitivement sous le nom spécifique à' À ngolensis.

Cette Asparaginée a fleuri pour la première fois, en Angleterre, en août de l'année dernière. EUe croit rapidement et ne réclame aucun soin ; elle peut, par ces qualités, être cultivée dans leM serres, où ses fleurs, petites, mais assez curieuses, se développent abondamment en ctme terminale.

On sait que les Sanseveria sont des plantes à feuilles radi* cales et à tiges plus ou moins charnues, à rhizome épais et ram* pant, se multipliant de rejetons. La tige simple, s'élevant du milieu des feuilles, et munie de bractées, donne naissance à de nombreux fascicules de fleurs.

Le Sanseveria cylindrica est caractérisé par ses feuilles cylyudriques et complètement charnues, et par sa cime longuement acuminée. Ses fleurs, à 6 divisions, longues et infléchies, sont d'un blanc crémeux , légèrement teintes de rose {Botanical Mog.).

DoiyUrium Hartwegianum. Zuccarini. (Asparaginées.)

C'est une bizarre plante parmi celles que l'on appelle grasses. Elle ressemble au fameux Tamus elephantipes ou à

eertaines Dhscorées da Mexique. Le jardin de Kew la reçut en 1846 de M. Reppez , qui l'envoya de Mexico. Gomme tous les végétaux analogues^ elle resta pendant quelques années sans donner de feuilles ni de fleurs, et tout à coup en produisit abondamment.

L'individu mâle est seul cultivé jusqu'à ce jour. Sur un énorme tronc tuberculeux sortent des fascicules de feuilles, longues de 70 cent, à 1 met., peu larges à leur base et devenant linéiformes à leur extrémité. Du milieu de ces fascicules de feuilles s'élèvent de fortes panicules florales moins longues que les feuilles, munies de grandes bractées un peu scarieuses. Les fleurs, à sépales obtus, membraneux, rosés et verdàtres, à étamines épaisses et saillantes, forment des glo« méiniles un peu lâches, munies de bractées (Botanical ^ag.)

Phyllocaotus angulifer. Lem. (Cactées.)

Il nous i^ste à citer, pour clore cette longue description des espèces réellement remarquables que nous ont, dans ces derniers temps recommandées, les journaux anglais ^ une belle CactéCy le Phyllocactus nngulifer. La plante se rapproche des Cereus et est remarquable par la grandeur de ses fleurs d*un beau blanc légèrement teinté de jaune à la base des pétales. Ce sera une belle acquisition pour les amateurs de ces sortes de plantes, et nous la leur recommandons (Aomnfcaj MagJ).

Â. DE Talou.

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