‹ L'horticulteur français de (volume 4)Chapitre 131 sur 160 · PL. XVII · texte numérisé non relu

PL. XVII

Ettmologie. Dédié à M, Tries^ botaniste. Famille. Broméliacées. Hexandrie monogynie.

Caractères gémértques. Le genre Vriesia comprend des herbes à feuilles raides dressées planes^ ou un peu en gouttière. Les fleurs sont distiques situées à Taisselle de grandes bractées colorées, et canaliculées ; elles présentent trois sépales égaux, coq volutes; trois pétales beaucoup plus longs ; six étamines saillantes : trois insérées à la base des pétales et trois insérées entre et connées à leur base ; les anthènes sont linéaires planes, fixées par la partie dorsale. L'ovaire est semi-infère conique, surmonté d'un long style qui est terminé par un stigmate à trois lobes velus, convolutés et sinueux.

Desgriptiok spécifique. Le Vriesia speciosa a les feuilles toutes radicales, largement oblongues en gouttière, entières, obtuses avec une petite pointe, glabres, d'uo beau vert foncé, avec des taches ou des bandes transversales noires. Les fleurs d'un blanc jaunâtre^ sont disposées en épi aplati, allongé en fer de lance, et situés a Taisselle de bractées du plus bel écar* late, lancéolées acuminées, imbriquées pliées longitudinalement et carénées. La hampe, qui porte cet épi de la plus grande beauté, est garnie de petites bractées vertes, marquées de taches noires de grandeur inégale.

Le Vriesia speoiosa est une très- jolie plante, par la forme de Tépi floral et par ses éclatantes bractées. Il a été introduit de Cayenne par M. Melinon qui Ta envoyé au jardin des plantes de Paris, où il a reçu le nom de Tillandsia splendens; de là il est passé eu Angleterre, au jardin de Rew, et eu 1848, M. Hooker en publia la figure dans le Boianiml Magazin, sous le nom de Vriesia splendens. C'est de là probablement qu'il a été répandu dans le commerce horticole. Il est depuis long-

YIll. 10« liv. - Octobre 1859.

temps multiplié chez les horticulteurs français qui s'occupent de la culture des pilotes de serre : MM. Gbantin, Rougier. Chauvière, Ludmann, Thibault-Keteleè r et Yerdier (Victor et Charles, fils) etc.» etc.

Culture. Les Vrieàamolt de serre chaude ; ou ksoulUve en pot très-facilement. Gomme pour toutes les plantes de la famille des Broméliacées il leur faut beaucoup de chaleur et une atmosphère humide pendant la période végétative ; lorsqulk sont en fleurs, ils en exigent moins et peuvent ainsi servir à Toraernent des salons. Les Frtem, comme les BiUbergia demandent une nourrîtttre tpèMubstaatieUe. fi convient doiicd» leur donner une bonne terre de bruyère tMrbease skafil^ ment concassée, et non tamisée, à laquelle on ajoute da teN reau de feuilles et un peu de sable si la terre employée n'en contient pas assez. Les pots doivent être profonds pour pe^ mettre un bon drainage ; car «i ces plantes exigent beaucoup d'humidité, il ne faut pas que leurs racines plongent dans une eau stagnante. Les feuilles ont besoin d'être souvent nettoyées et aspergées. L'eau qui s'amasse généralement dans l'entonnoir formé au centre des touffes par la réunion des gaines des feuilles n'est pas auisiUe à la plante^ autant du moins qu^elle ne se corrompt pas, ce qu'on évite en aspergeant souvent; l'eau se trouve ainsi renouvelée et la plante n'a rien à craindre.

E. HERINCQ.

PONTEDERIA GRÀSSIPfiS» MARTIUS.

Etymologie : Dédié à Jidius Pontedera, professeur de botanique, à Padoue.

Famuxe des Pontédériacées de Richard ; hexatidrie monogynie de Linné.

GniAGTkRBs «ÉtfÉKioms.Les Pcmtedma sont des herbes aqoatifooa da

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rAmérique. Us pré^ntent un rhizome duquel naissent des feuilles en cœur^ longuement pétiolées, à pétiole engainant. Les fleurs sont d'un bleu plus ou moins intense, disposées en épis au sommet de hampes ou pédoncules radicaux. Chaque fleur est composée d'un calice ou périanthe coloré, comme une corolle, tubuleux, k limbe à six lobes tonnant deux lèvres. Six étamines inégales sont insérées i diverses hauteurs dans le tnbe calicinalj dont trois situées sous la lèvre inférieure saillantes; les trois autres, placées sous la lèvre supérieure, sont incluses. L'ovaire est libre (supère), à trois loges; il est surmonté d'un style filiforme allongé, terminé par un stigmate à six lobes. Le fruit est une capsule triloculaire polysperme ou une sorte d'utricule qui contient une seule gtaine à testa lisse.

Oàêervations. L'ancien gMUe Pmtakria de Unné, a été dans ces derniers temps démembré par Kunth et Presl ; on en a extrait certaines espèces pour former les genres Eichhomia et Monochoria.

Les Eichhomia sont les Pontederia qui présentent trois étamines supérieures inégales, une plus longue ; des anthères obtuses ; un ovaire à trns loges, qui constitue à la maturité nne capsule à trois loges poly-* qiermes. La plante qne nous figurons dans os numéro appartient i ce nouveau genre.

Le genre Monochoria comprend les espèces à étamines insérées i la base du périanthe, toutes incluses, à anthères échancrées au sommet, à ovaire incomplètement triloculaire^ constituant à la maturité une capsule à trois loges polyspermes et à graines striées. «— Exemple : Pontederia aiatoia.

Les Pontederia vrais sont las espèees i étamines inégales, dont tnns inférieures sont plus bngnes qne les supérieures, i anthères obtuses^ i ovaire triloculaire mais à deux loges vides, et qui devient, à la maturité, une sorte d'utricule indéhiscente ne renfermant qu'une seule graine lisse. — Le Pontederia cordata reste le type de ce genre.

Description : Le PatUederia crampeg , de Martius , figuré sur notre planche XYIII, est une plante qui flotte à la surface des eaux ; ses nombreuses et longues racines fibreuses tout hérissées de petites fibrilles ténues, naissent d'un rhizome très;court, un peu charnu, qui émet des Uohns ou coulants. Lea feuilles partent toutes dei«rhiaOin6;dle8 ont la forme rhom*

boide,mais uu peu arrondie, avec le sommet prolongé en bec, d'une consistance un peu charnue, sans nervures saillantes ; les surfaces sont glabres et les bords entiers ; leur grandeur varie de 5 à 10 centimètres de longueur sur un peu plus de largeur. Le pétiole plus long que le limbe est très^remarquable* ment renflé vers son milieu et maculé quelquefois de violet. Les fleurs de couleur pourpre p&le, avec tache jaune encadrée de bleu sur les sépales supérieurs sont très-élégantes et disposées par 3 à 10 sur un pédoncule radicale.

Ce PofUederia crassipes , confondu avec un P. azurea de Swartz, est aujourd'hui YStchhomia speciosa de Kunth. Il peut être considéré comme une des plus jolies plantes pour Tornement des bassins d^une serre. N'étant pas fixé au sol, il vagabonde à la surface des eaux, et va se mêler ^ avec ses gracieux épis, au Nymphéa à larges fleurs blanches, rouges et bleues, qui sont à peu près, jusqu'à ce jour, les seuls hôtes nageurs de nos aquarium.

Sa culture est des plus simples : on le jette dans l'eau, et il y croit, fleurit et y multiplie sans le concours du jardinier. Nous avons vu Vaqvarium du Muséum de Paris envahi presque complètement par lui ; c'est là qu'il nous a montré ses charmantes fleurs et que notre peintre l'a dessiné. Le Panie-^ deria crassipes est originaire du Brésil; il croit dans les eaux stagnantes^ sur les bords du fleuve San«Prancisco, près Halhada, dans la province des Mines.

On a introduit, dans ces derniers temps, une nouvelle espèce de ce genre, VE. tricoloVy qui a le port du Pontederia cordata; mais ses fleurs sont plus grandes : les trois lobes inférieurs sont pourpres, les trois supérieurs bleus, avec une tache jaune au centre du lobe médian. On doit cultiver cette plante en pot, qu'on place ensuite dans l'eau des aquarium, oiî elle fleurit pendant plusieurs mois de l'été. Nous croyons qu'elle pourrait aussi servir à l'ornement des grands bassins

des jardins : on la rentrerait alors dans la serre chaude pendant rbiver.

Le Pontederia cordata est tout à fait acquis aux bassins de plein air ; ou le cultive en pot ou caisse, qu'on immerge dans les pièces d'eau, soit pour en garnir les bords^ sojt pour en orner le milieu. F, Herincq.

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