‹ L'horticulteur français de (volume 4)Chapitre 132 sur 160 · PLANTES D'INTRODUCTION NOUVELLE · texte numérisé non relu

PLANTES D'INTRODUCTION NOUVELLE

II ne s'agit pas ici de nouveaux gains obtenus par le semis de nos persévérants borticulteurs^ comme nous avons l'habitude de les annoncer chaque année, ce sont des végétaux d*un ordre plus élevé.

Des voyageurs collecteurs non moins persévérants, et sur le dévouement desquels ce journal a souvent appelé l'attention de qui de droit, viennent d'introduire en Europe les espèces décrites dans cet article.

Nous aurons probablement ces nouveaux venus à la prochaine exposition parisienne.

G^est H. Linden qui, le premier, met ces plantes en vente. Naturellement , le prix est encore inabordable aux bourses ordinaires. On pourrait toujours se les procurer par l'entremise de nos bons horticulteurs de Paris ou de la province.

Nous empruntons les renseignements suivants à VHortus UndenianuSj publié par M. Linden, horticulteur à Bruxelles.

Arachnothrix roseâ. — Arbuste de la famille des Rubiacées très-voisin des Mogiera et Rondeletia, dont il se distingue par le nombre quaternaire des parties de sa fleur et par la gorge de sa corolle , qui n'a ni anneau saillant comme chez les Rondeleiia^ ni cercle de poils comme chez les Rogiera.

VArachnothrix roseoj originaire des parties tempérées de Il Nouvelle-Grenade, aies feuilles ovales oblongues, courte-

ment pétiolées, glabres en dessus et d'an glauque pobéralent en dessous. Fleur rose tendre en corymbes terminaux axil** laires d'un très-bel effet.

BegorUl amabilis. — Moins considérable dans ses dimensions que le B. Rex, cette espèce présente néanmoins quelque analogie avec ce dernier, par le disque argenté qui coliTre la partie centrale de la feuille. Celle-ci est beaucoup plus pe« tite, d'une consistance plus coriace » à lobes profondément incisés et irréguliers. La partie supérieure est glabre , d'un vert noirâtre , très-luisant , sur lequel ressort le cercle argenté. Le dessous de la feuille est d'un rouge pourpré.

Cette jolie espèce^ ainsi que les deux suivantes» habitent les mêmes localités que le B. Rexj dans le royaume d'Assam^ o& elles ont été découvertes par M. Simons.

Quelques hybrides de Bégonia ont été mis, depuis peu, dans le commerce sous les noms de tplendida argentea et à^argenteo-guUalay mais aucune n'offre la moindre analogie avec Vespèce dont il est question ici. Quelques points verts presque imperceptibles apparaissent sur la surface, tandis que les nervures principales rayonnent -en lignes d'un jaune paille. Ces feuilles sont de moyenne grandeur, obliquement cordiformes, allongées, à dentelures fines et serrées. Là surface inférieure est d'un vert pâle, très*tendre, couvert d*un réseau de vei* nules pourpres.

Begomu VicTomA. — Par le port et la forme des feuilles, cette espèce ressemble à la précédente. La couleur de ces dernières est des plus extraordinaires et d'tine beauté exceptionnelle ; le fond est d^un brun verd&tre, pointillé d'argent, et de laides bandes argentées, de longueur inégale, s'étalent entre les nervui'es et rayonnent vers la base. Le dessous des feuilles est d'un rose pourpré.

Ces trois merveilles de l'Inde seront accueillies, dit-on, avec la même faveur que le Bégonia Rex.

Belopëronb violacea. — Belle Jcanthacée^ sous-frutescente, rameuse, à fleurs en épis ternriuaux, d'un beau Tiolct et remarquables par Tampleur de la lèvre inférieure. Origî» uaire des régions semi-froides de la Cordillière de Colombie, celte espèce se développe parfaitement en plein air et peut être considérée comme une excellente acquisition pour nos parterres, qu'elle parera de ses bellesfleurs violettes, depuis juillet jusqu'en octobre. Elle y acquiert une hautem* de 70 centim. à i mètre et y donne une floraison parfaite et d'un bel effet. Cultivée en serre tempérée, la floraison dure jusqu'en décembre. Les exemplaires que Ton confie à la pleine terre demandent à passer l'hiver en serre froide, dans un endroit rapproché du jour.

CEirTAADENiÀ GRÂNOiFOUA. Cest uu SOUS - arbrisscau rameux et bien touffu, qui mesure 1 mètre de hauteur sur une largeur égale; les feuilles sont falciformes, de 13 à 16 centimètres de longueur sur 7 à 8 centimètres de largeur, d'un vert foncé sur la face supérieure , et d'un pourpre vif en dessous. Les fleurs, d'un rose tendre, sont disposées en corymbes di ou trichotomes et couvrent littéralement la plante pendant plusieurs mois consécutifs. Cette espèce est infiniment supérieure à ses deux congénères, les C. rasea et florU)unda^ tant sous le rapport de sa taille que sous celui de sa beauté et de la dimension de ses feuilles. Ce n'est pas seulement une belle et gracieuse plante, à floraison facile et abondante, c'est de plusune vraie plante ornementale digne de figurer à côté des Cyanophyllum et des Medinilla. Elle se prête parfaitement à Tornementation des appartements, soit en corbeilles, soit en vase suspendu. La floraison commence en novembre et finit en février. Elle demande la serre tempérée et un compost de terre de bruyère, de terreau de feuilles et de terre Torte.

CuPHEA OGYMoioEs. Par son port et l'abondance de ses fleurs ,

cette jolie plaute nous rappelle une de nos plus él^ntes plantes, le Saponaria ocymoides. Elle appartient au groupe desCuphea chez lesquels la corolle est à 6 pétales et les étamines au nombre de 12 De ses tiges très-rameuses^ diffuses, cylindriques, couvertes de poils hispides à base purpurine, sortent des feuilles sessiles ou très-courtement pétiolées, ovales, acuminées, entières. La corolle est formée de 6 pétales auriculaires d'un beau pourpre violet.

LiNDEiuA RiVALis. Retrouvée en abondance, sur les bords du Rio Puyopatengo^ dans l'Etat de Tabasco où elle forme, eu compagnie du Chamœdorea Martiana , des buissons épais, très-denses, cette belle Rubiacée n'a été introduite en Europe qu'en 1856.

C'est un arbuste de 65 centim. à 1 mètre de hauteur, fortement ramifié dès sa base, à feuilles épaisses, salicifoiisies et à longues fleurs tubuleuses d'un blanc pur»

Maiunta portëana. Ce Maranta ne le cède à aucun de ses prédécesseurs pour la beauté de ses feuilles fasciées de blauc argenté, longuement pétîolées et pourpres à la face inférieure. Par le port, cette espèce rappelle, en des proportions moiudres, le Stromanthe on Calathea sanguinea. Nous en devons la découverte et l'introduction à M. Porte, qui le rencontra dans les forêts du Rio-dos-Uheos, dans la partie méridionale de la province de Bahia.

MoNOCHAETUM sERiCEUM. Pctit arbrisscau touffu à feuilles ovales acuminées, recouvertes d'un duvet blanchâtre et «oyeux. Fleurs trè&-abondantes d'un rose tendre et de la graus deur de celles du Jf . ensiferum. Cette espèce habite les riions plus froides de la Cordillière orientale de la Nouvelle-Grenade; elle supporte parfaitement la serre froide où elle se fera remarqi^r, depuis février jusqu'en avril, par Taboudance de ses jolies fleurs roses.

MusAGLAUCA. — Buuanier très-remarquablc, provenant du

versant tempéré da Pic Adam dans Tile de Ceylan. Les feuilles sont longuement pétioléeSi lancéolées, acuminées, glaueescentes en dessus et glauques pulvérulentes en dessous. Le stype se couvre de grandes taches d^un pourpre noir&trc.

MunsiA CLEHÀTis. — Le Mutisia clematis est une plante sarmenteuse à feuilles pinnées, légèrement velues et à grandes fleurs imbriquées, d'un rouge écarlate. Il habite les régions très-froides des Andes de Bogota, à une altitude supramarine de 3 à 4,000 mètres dans des parages où le thermomètre descend fréquemment au-dessous de zéro. Sa culture en pleine terre parait assurée.

PmLODENDRON FENESTBATUH. — Espèco grimpante des plus curieuses, à grandes feuilles ovales lancéolées fortement perforées entre les nervures ; elle est originaire des provinces mé* ridionales du Mexique.

GiŒscErfTiA begàlis. — Arbuste majestueux à feuilles sesailes entières, dures et coriaces, spatulées, longuement atténuées, mesurant 1 mètre de longueur sur 27 à 28 centim. de largeur. C'est une plante k effet grandiose, et la digne rivale du Curatella [Theophrasta) imperialis.

GoMPHu THEOPmiASTA. •— Arbrisscau à port dc Theophrasta glabre, feuilles amples lancéolées (de 66 centim. de longueur), courtement pétiolées, dentelées et cuspidées, d'un vert sombre^ d^une texture rigide et parcheminée, à veinures réticulées. Fleurs terminales en panicules, de 27 millim. de diamètre, d'un jaune tiès-vif.

Jacquinia SHARAGomA. — Myrsiuée à feuilles verticillées, ovales aiguës, glabres en dessus ; rameaux^ pétioles, et dessous des feuilles couverts de poils hispides. Fleurs grandes, d'un vert d'émeraude. Ce joli arbrisseau croît à l'entrée des cavernes et dans les gorges obscures des euvirons de Teapa, dans la province de Tabasco.

Oreopanax peltatum. — C'est le premier Aralîa mexicain

qui entre dans nos coltores. Les feiuUes sont trilobées» glabres» pareheminées. H ne le cède en rien aux plus belles espèces colombiennes, et prend un rang distingué parmi les nombreuses espèces introduites en Europe.

Rhopala australis. — Cet arbuste élégaùt prorient des parties les plus australes du Brésil, où il babite les montagnes qui avoisinent la république de l'Uruguay. Par le duvet fauve doré qui recouvre la tige, les pétioles et les bords des folioles rhomboldales, ainsi que par des feuilles gracieusement inclinées, ce Rhcpala est trèfr-distinct de toutes les e^èces connues jusqu^à ce [jour.

Rhopala glaucophtlla. — Grande et magnifique espèce à folioles presque aussi grandes que celle du R. Janghii, recou* vertes, de même que les pétioles et les parties non ligneuses de la tige, d'un duvet glauque fulvescent. C'est une des nombreuses découvertes de M. Porte, qui n^ncontra cette espèce sur les parties les plus élevées de la l^erra de Pieu, dans la province

de] SaintrPaul au Brésil.

Th. Larché.

Page 1