‹ L'horticulteur français de (volume 4)Chapitre 146 sur 160 · OU RARES · texte numérisé non relu

OU RARES

Nous avons dans plusieurs articles successifs tenu nos lecteurs au courant des plantes de récente introduction. Nous voulons aujourd'hui continuer notre tâche, mais en ne recherchant que les plantes de pleine terre ; le moment propice de l'année nous permettant, souvent, de juger par nous-mème du mérite réel de chaque espèce ou variété.

Capucine Tom^Pouce : variété anglaise, très-saine, très-florifère, de couleur rouge foncé. Annoncée comme pouvant servir à former des massifs où a garnir des jardinières, nous la reconnaissons telle dans nos cultures ;

Capucine Géante : variété également anglaise, atteignant de grandes proportions, 12 mètres, dit-on. Nous n'oserions encore la juger.

n est difficile de se prononcer sur des plantes aussi in. constantes que le sont les Capucines, et, à notre avis, le bou-

turage seul peut permettre de fixer les qualités fugitiTes de ces plantes. Cette pratique est suivie avec succès pour le Trapsolum à fleurs doubles , et rien n'empêcherait d'étendre pour des plantes analogues le même système. Nous avons cultivé aussi cette année d'autres variétés et espèces encore npuvelles. Ainsi T. Neubertiiy dont les fleurs jaunes sont lavées de rouge pâle ; T. floribundum^ triomphe de Gand, variété hors ligne à fleurs très-rondes, presque régulières, assez petites, d'un rouge ponceau clair, d'un effet charmant. T. Lobii^ tricolary speciosum

lAliif Niessiliense, etc. Cette collection avait été formée par M. Chaperon^ marchand grainetier à Paris.

Callirhoe pédala ou NuUalia pédala. Malvacée fort recom-* mandée, dès Tannée dernière, que Ton peut cultiver comme plante annuelle quoiqu'elle soit en réalité vivaceen serre. Haute de 75 cent, à i mètre^ bien garnie, dès la base, de feuilles digitées,' cette espèce donne depuis juin qu'aux gelées de belles fleurs de couleur carmin à centre blanc. Mais une variété nouvelle nous office des fleurs presque roses et un peu plus grandes. Nous ne connaissons du reste qu'imparfaitement le Callirhoe pedata.

Coquelourde rase de ciel pourpre. Nous recommandons avec toute assurance ce gain de la maison Vilmorin, que nous avons en fleurs en ce moment.

Campanula strigosa. Plante bisannuelle de Syrie, assez haute, formant une belle touffe, à feuilles allongées , à fleurs grandes, d'un bleu violet, à gorge blanc jaunâtre.

Nicotiana Capensis. Nous nous plaisons à recommander cette magnifique espèce, dont les feuilles, d'un beau vert, sont énor^ mes; elles ont de 50 à 60 cent. La plante a une végétation vigoureuse et rapide , qui la fera certainement rechercher. Elle se termine par une grappe serrée de fleurs jaunes , un peu verdâtres, assez remarquables. Nous avons trouvé dans nos semis une variété distincte et digne de nos soins. Elle offre

des feuilles encore plua grandes, d'un vert plus foncé, et ses

^îges, pétioles et nervures sont complètement velus* Elle a présenté une végétation beaucoup plus rapide encore.

Nous regrettons qu'une espèce de Nicotiana^ introduite il y a 3 ans, le Nicotiana Guatemalensist ne se soit pas répandu. Ce tabac est bien digne de figurer dans les jardins, mais à un tout autre point de vue que celui précédemment cité. Ce ne sont plus ses feuilles qui le rendent ornemental , mais ses gracieuses et abondantes fleurs blanches qui, par la largeur du tube, ont une certaine ressemblance avec les Datura. Tandis que le Nicotiana Capensis n'est destiné qu'à former des touffes pittoresques , le N. Guatemalensis peut être avantageusement employé à garnir le troisième rang des plates-bandes.

Datura Carthaginensis. Nous continuons notre examen des nouveautés appartenant à la riche famille des Solanées ; mais nous devons ajouter que nous ne connaissons pas les fleurs de 3 des espèces dont nous allons parler.

Le D. Carthaginensis a toute F apparence du D. MetelUndes dont il n^est peut-être qu'une variété, mais on peut aisément observer que ses feuilles sont plus allongées, et que les tige^ sont moins ramassées. On dit en outre ses fleurs d'un blanc pur et très-abondantes.

Le Datura humilis flore pleno^ yariété peut-être déjà an« cieiine, mais très-remarquable par de nombreuses fleurs jaunes doubles, grandes et odorantes.

Enfin, on a reçu, à la fin du printemps, une nouvelle espèce de Datura de Lima, qui n'a même pas reçu les honneurs du baptême ; mes graines ont parfaitement levé ; attendons les fleurs.

Solanum Texanum. C'est une espèce qui, probablement, deviendra populaire. En effet, inconnue, pour nous, jusqu'à ce jour, elle a été cultivée dans le Midi par M. Rantonnet, et ne nous est parvenue qu'après la consécration de sa beauté.

Elle atteint environ un mètre, développe de belles feuilles d'un vert foncé, à pétioles et nervures violets, fort curieux parce qu'ils portent de nombreux aiguillons. Cette particula» rite se remarque jusque sur les dernières nervures de la partie limbaire. A l'automne cette espèce de Morelle se couvre de fruits d'un beau rouge clair, en forme de croix de Halte et qui durent presque jusqu'aux gelées.

Solanum vesctim. Nouveau et recommandé pour ses fleurs violettes. Est-t*il réellement recommandable?

Chrysanthemum tricolor Burridgeanum. Variété fort jolie, semblable au C. tricolor type, mais ayant le cercle jaune entouré d'une auréole cramoisie.

AcrolirUum roseum album. Variété presque entièrement blanche, que nous ne connaissons pas.

Myosotis azurea grandiflora. Variété anglaise formant de gracieuses touffes bien serrées, assez hautes pour entrer dans l'ornementation de nos parterres, et qui en font une bonne plante pour la culture en pots.

Une autre espèce, le Myosotis nobilisy a été très-admirée à la dernière exposition de la Société d'horticulture de Londres. N'oublions pas que ce genre de plantes a son culte de l'autre côte du détroit, et que les Forget^-me^not jouent là le rôle des Pensées en France ; aussi devons-nous espérer une nouveauté qui mérite son nom spécifique de Nobilis.

Collinsia bicolor candidissima. Variété d'un blanc plus pur que celle obtenue auparavant.

Nous terminerons par le Goldfussia Ttiomsonii. Acanthacée toute nouvelle, rapportée, nous dit le Botamcal Magame (juin 1859) par le docteur Thomson, du Sikkim-Himalaya, à l'ouest du Népaul, à une élévation de 2 à 3000 mètres, audessus du niveau de la mer. C'est une plante bisannuelle, petite, à feuilles simples, ovales presque lancéolées dentelées pétiolées, à fleurs en général sessiles, portées 3 ou 4 ensemble sur

chaque rameau ; la corolle d'un violet foncé s*atténuant et devenant blanc au bas du tube se recourbe au tiers de sa hauteui* ; c'est en somme une jolie espèce^ mais dont on n'oserait garantir la rusticité. ^ A. de Tàlou.

COSMANTHUS GRANDIFLORUS fpL. xxu).

Etymologie du grec Cosmos^ ornement ; et Anthos fleurs. Famille : Hydrophyllacées de Lindley ; Pentandrie mowh' gynie de Linné.

Caractères génèrioues. — Le genre Cosmanthus a été établi par îîolte, pour des espèces d^'Eutoca et de Phacelia qui n'ont pas de trèspetits appendices membraneux à la base du tube de la corolle. ( ! ! ) Elles sont toutes annuelles berbacées ; les feuilles sont alteroes, et les fleurs pédicellées blanches^bleues ou pourprées^ sont disposées en grappes simples allongées et dépourvues de bractées. Le calice estmonosépale à cinq divisions et à sinus nus. La corolle est largement campanulée^ caduque., à cinq lobes ; cinq étamines à filets grêles ne dépassent pas la longueiur de la corolle. (On indique comme caractère important le pollen dont les grains sont oblongs-XL'ovaire entouré d'un disque nectarifère très-petit, est poilu^ excepté la base^ à une loge et surmonté d'un style bifide ; la capsule s'ouvre en deux valves et renferme de quatre à dix graines ovoides-anguleuses et rugueuses.

Desgiuption. Le Comuxnihus ^an(2f/Zorttô9 de Decandolle, est YEuioca grandifiora de Bentham, et VE. speciosa de Nuttal. Ses tiges sont ascendantes, hautes de 25 à 30 centime très, gar« nies de feuilles largement ovales, dentées, rugueuses et un peu échancrées en cœur à la base. Les fleurs d'un beau bleu pourpré, sont très-grandes (4 centimètres de diamètre) et disposées en grappes au sonmiet des rameaux.

Culture. Cette espèce» originaire de la Californie^ se cultive comme VEutoca viscida et autres. On la sème en mars sur couche pour être repiquée en pépinière ; ou en mai en place en

pleine terre. Elle est bien supérieure à YEtUoca viscida, par la grandeur et la beauté de ses fleurs. 0. Lesguyer.

LES PORTULACA ou POURPIERS (pl. xxi).

Ettmologie : du grec Portis, génisse ; et de lac^ lait : ces plantes données en nourriture aux vaches, en augmenteraient , dit^on, le lait.

Famille : Portulacées de Jussieu, Dodécandrie monogynie de Linné.

Cabagtèbss aÉNÉEiQUEs. — Le genre Portulacca comprend des herbes charnues qu^on rencontre le plus communément dans TAmérique intertropicale; leurs feuilles sont généralement cylindriques^ rarement planes, très-entières, épaisses, alternes ou opposées. Les fleurs sont solitaires à l'aiselle des feuilles, ou réunies plusieurs au sommet des rameaux et accompagnées d'une collerette, ou involucre de plusieurs feuilles. Chacune de ces fleurs présente un calice soudé inférieurement à Tovaire et a deux sépales qui se détachent circulairement du tube. La corolle est composée de quatre à six pétales très-fugaces, insérés au sommet du tube calicinal, avec les étamines dont le nombre est très-variable (depuis huit jusqu'à vingt, trente et plus). L'ovaire est semi-supère ou infère, à une seule loge et surmonté d'un style partagé, quelquefois jusqu'à sa base, en trois ou huit branches stigmatifères. Le fruit est une capsule membraneuse s'ouvrant circulairement et qui renferme plusieurs graines réniformes attachées à un placenta basilaire.

Caractères et historique des espèces. La floriculture possède plusieurs espèces de Portulaca qui ont en outre produit un certain nombre de variétés.

LePortuIftca grandiflora^qae nous figurons dans cenuméro, est une espèce vivace du Brésil, mais qui est traitée comme plante annuelle. Ses tiges sont dressées, poilues h Taisselle des feuilles qui sont linéaires, semi-cylindriques (planes en dessus, convexes en dessous), et couvertes de longs poils. Les fleurs dans la plante type sont d'un beau pourpre violacé, rassemblées

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au sommet des rameaux, et les pétales qui sont échancrés en cœur dépassent de beaucoup la longueur des sépales.

Cette espèce introduite en i 828 dans les jardins de l'Europe, a produit plusieurs variétés et sous-variétés. La première est la Rutila introduite en 1835 du Brésil, dit-on, et qui a été plus tard élevée au rang d'espèce sous le nom de P. Thellu" 5onu. Ses fleurs sont pourpres, à pétales bilobés. En 1847 et 1 849, M. Vilmorin reçut des États-Unis trois autres variétés : à fleurs jaune orange taché de rouge, à fleurs blanc pur, et à fleurs blanches striées de rose. Mais il est certain que ces plantes ne sont pas originaires des États-Unis ; car le bouquet de fleurs de notre planche xxi, représente trois variétés, dont les graines ont été reçues Tannée dernière, également de New-York , par M. D. Janin,mais avec l'indication du Mexique pour pays origi^ naire.

Aujourd'hui les variétés sont assez nombreuses. Dans le délicieux et élégant fleuriste du château de Segrez , de M. Lavallée. nous avons distingué les variétés suivantes du P. grandiflora, qu'on trouve dans le commerce :

r à grandes fleurs simples pourpres.

2* — — coccinées.

3^* — — briques.

4" — — oranges.

5*" — — jaune brique.

6* — — jaune d'or.

7* — — jaune pâle.

8* — — blanc pur.

9' — — blanches striées de rose. Le Portulaca grandiflora a produit en outre des variétés à fleurs doubles. Nous avons vu apparaître en 1851 ou 1852, le premier type de cette race, obtenu par M. Leysz, et mis au commerce par M. Lemoine (de Nancy), sous le nom de Leyszi; il était à fleurs rouges.

L'aimée suivante, M. Lemoine obtenait : Louis Ingelrelstj à fleurs jaunes; roseaplena, grandiflora plena^ cannin passant au violacé, et Mademmselle Valentine Leysz, blanc strié rose.

La dernière nouveauté en ce genre est le Portulacca [caryophyUdides^ donné comme espèce, mais qui n'est qu'une variété du grandiflora. La variété typique est à fleurs blanches striées de rose ; il y a des sous-variétés à fleurs rose pâle, à fleurs rose pur, blanches -panachées de rose, et enfin une à pétales les uns pourpres, les autres blancs et panachés pourpre.

Le Chili a doté la floricuUure du P. Gilliesû, importé en Europe en 1 827 ; il est à fleurs pourpres, comme la variété rutila du grandiflora, dont il est distinct par la villosité des pétales. Mais il est inférieur au point de vue de l'ornementation.

Culture. Les Portulaca sont les plantes qui conviennent essentiellement aux terrains sablonneux, aux expositions jes plus ouvertes et les plus chaudes ; ils ont donc le double mérite d'avoir de délicieuses et charmantes fleurs, et de pouvoir être cultivés là où nulle autre plante ornementale ne peut végéter. Ils peuvent servir à faire des bordures ou des corbeilles qui sont d'un bel effet pendant les heures les plus chaudes de la journée. C'est en effet au moment oïl les autres fleurs perdent leur fraîcheur et se fanent, que celle des Portulaca se parent de leur éclatant coloris. La place que doivent occuper ces plantes dans les jardins, est donc aux environs des habitations, dans les parties ouvertes, où l'œil, abrité derrière les stores des appartements, peut découvrir facilement cet écrin de diamants et de rubis, qui brillent si fastueusement sous l'action brûlante des rayons du soleil, pendant les mois de juin, juillet et août.

Les Portulaca se sèment sur couche à la fin de mars pour être repiqués en pépinière, aussitôt que leplant est assez fort pour supporter l'opération ; on le metensm'te en place à volonté, ou bien on sème en place au commencement de mai, dans les terrains

les plus légers et les mieux exposés. Ce moyen est plus simple, mais les résultats n'en sont pas toujours parfaits ; car les graines ne germant pas régulièrement, on a des corbeilles défectueuses , bien garnies en des endroits, vides en d'autres. . n est vrai qu'on peut très-facilement remplir les vides par le bouturage, procédé peu pratiqué et cependant très-utile, soit pour regarnir les manques, soit pour conserver des variétés que la graine ne saurait reproduire. Ces boutures peuvent être faites à tous les moments de la belle saison. Pour les conserver l'hiver, On les rentre sous châssis froid ou dans une serre froide, ea les traitant comme toutes les plantes grasses, c'est-à-dire en leur donnant peu d'eau. F. Herincq.

FRAMBOISE HGRNET.

Cette nouvelle Framboise a été trouvée par M.'Souchet, cultivateur à Bagnolet, dans un terrain inculte de cette localité ; elle provient donc d'un semis naturel. Elle est très-vigoureuse, irès-productive, et le fruit rond, gros, d'excellente qualité.

On la confond assez souvent avec la Halstoff^ et même certains cultivateurs ne craignent pas de livrer cette dernière pour la Frambme Hornet. Pour la qualité, elles peuvent être mises toutes deux sur le même rang ; mais pour la fertilité la Homet est bien supérieure, elle continue très-longtemps à donner ses fruits, tandis que la Haktoff s'épuise de suite.

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