MANIÈRE DE RÉCOLTER LA POMME DE TERRE HARJOLIN
La Pomme de terre qui est reconnue, par les cultivateurs, pour être la plus précoce de toutes les variétés cultivées jusqu'è ce jour, est jaune; sa chair est très farineuse , sa forme oblongue, un peu aplatie, lisse , et ses yeux peu saillants : c'est la Marjolin.
Lorsqu'on récolte les Pommes de terre, on a pour habitude d'arracher la touffe ; on perd, par ce procédé, un grand nombre de petits tubercules» qui sont laissés sur le sol. Depuis plusieurs années, les cultivateur des environs de Paris emploient^ avec beaucoup d'intelligence, un moyen très avantageux, pratiqué en grand aujourd'hui. Voici comment se pratique ce nouveau procédé de récolte.
Lorsqu'on suppose que les tubercules sont arrivés à leur maturité, au lieu d*enlever ta touffe avec la houe ou le crochet, on la déchausse d*un cAléavec les doigts, ou, si la terre est durcie , on emploie une spatule en bois assez étroite par le bout, et Ton retire, du pied de la touffe, un, deux, et quelquefois trois des plus gros tubercules. On rap* porte ensuite la terre autour des tiges en forme de petit cône. Alors les jeunes bourgeons ou rhizomes qui se sont développés sur les liges près*que à la surface du sol, continuent de s'accroître, ainsi que les tubercules déjà formés, mais qui n'ont, au plus, que la grosseur d'une noisette.
Parce procédé, on peut récolter des tubercules, sur chaque pied, tous les quinze jours ou trois semaines, jusqu'au 4 5 ou 20 août. La Pomme de terre Haijolin donne ordinairement de cinq à sept tubercules par touffe ; mais, traitée de cette manière , elle en produit de seize à vingt.
Ce procédé a été d'abord pratiqué dans nos jardins; il s'est répandu ensuite dans ce que nous appelons la petite culture ; s'il pouvait être ap-
pii<|iiâ en grand, il doublerail presque la récolle ; ear en arrachant une touffe entière, les jeunes rhizomes qui se développent pendant le buttage^ à la base de cette plante, sont autant de tubercules perdus ; si au con* traire^ ils avaient été couchés, en juin ou juillet, dans une petite fosse de 4 5 i 1 6 centim., creusée à cet effet, et recouverte ensuite avec la terre qui en est sortie, on obtiendrait, au bout de peu de temps, des sortes de tiges souterraines ou rhizomes charnus qui se dirigent toujours horizontalement dans le sol, où ils prennent un accroissement très remarquable et produisant des tubercules souvent plus nombreux et plus gros que ceux provenant de la plantation faite deux mois avant cette opération. Les tiges, ainsi couchées, ressemblent à un provignage , et , dans cette circonstance, elles reprennent leur position verticale.
Ce nouveau moyen de récolter les tubercules est, comme on le voit , très facile à pratiquer, et le produit qu'on en retire récompense grandement du temps que Ton y emploie. G*est ainsi que la plupart des cultivateurs des environs de la capitale récoltent les Pommes de terre hâtives pour les envoyer sur les marchés , où ils trouvent un placement sûr et avantageux.
(Bulletin du Comice ds Saint-Quentin.)
CHRONIQUE HORTICOLE
Eoseigoement arboricole; les'Gi branchettessortantd'unseol œil, de M. Millol* Qnilé ! -* Tablettes de l'horticaltura yereaillaise ; ^« Les truffes d'Ëtampes ; -^ Encore les Dioscorea de la Chine et de la NouveUe-Zôlande ; — Le Cerfeuil bulbeux de Sibérie; — Expositions d'horticulture.
D'après le voeu du gouvernement et l'opinion des conseils généraux, l'horticulture pourra entrer dans le domaine de Tinstruction publique. Les professeurs d*arboriculture surgissent de tous c6tés : MM. Hardy, au Luxembourg; Lepère> à Montreuil;. Dn Breuil, à Paris; Croux, à Villejuif; Forest, au village Levallois ; Cossonet, à Longpont ; Willermoz, à Lyon ; Georges, à Bordeaux ; Huiler, à Strasbourg ; Thomas, à Met»; Lahérard, à Vesoul; Verrier, à la Saulsaie; Marie, à Toulouse, etc., etc., sont les propagateurs. de Tart.
Hais, dit le Cosmos, tous ces noms célèbres vont être éclipsés par celui de H. Millot-Brulé, de Réthel. — M. Millot, en éborgnaut rœi! d'un arbre quelconque avec un canif, en Yastiquant au papier de verre, et en transperçant le mérithalle supérieur avec une aiguille galvanisée.
di eel œil de S à 04 brandieues ; pois, à Taide d^une combiniaoD nouvelle do pincement, il obtient des dessins dont roriginalité B'ot^lée qae par ridée elle-même. Cette innovation, dont l'origine et tirée, selon H. Bloigno, de la Genèse elle-même, aura une grande portée : 4<» sur les arbres de pépinières, qui vaudront nonante sols au ao lien de 4 fr.; 2o sor les fourches caudines, non, sur les fourches à fourrée, qui se vendront vingt fois moins cher; 3<» sur les bois courbes ou (Téqoene employés dans les attelles de charrue, les genoux de la mariae, etc.; 4* sur les arbres des promenades publiques, qui, c soumis au même régime, se dresseront en plafonds, s'arrondiront en voûtes ogivaltt, se joindront en galeries d'un effet entièrement nouveau et imprévu. » —Il nous tarde de voir M. Millot-Brulé à Tœuvre au Palais- Bojal, aux Toileries, à Versailles, au bois de Boulogne, et nous en vou* hms quelque peu aux botanistes de l'Académie des sciences en général, et de la Société centrale en particulier, de n'avoir pas compris immédiat iCBeot rinunense portée d*une découverte qui rendra célèbre le nom de soD autenr. — CTest ce qui s'appelle voir plus loin que le bout de sonnez.
La Société d*liorticuUure de Versailles va se remonter sous la direction de H. Bernard de Rennes. Son journal sera les c Toàleltes de l'hor^ iioiliwe versaillaise.» — Puissent-elles être DAoins éphémères que le Portefeuille des horlicullewrSf qui n'a jamais porté ses fruits.
Le vent tonrne à la truffe. De tous côtés s'exhalent des émanations tniffières. A la Société impériale et centrale de Paris, M. Bourgeois a la, avec la plus vive émotion, une communication des pins importantes. U annonçait que Ton venait de trouver à Étampes et dans ses environs nne assez grande qnantité de truffes; il regrettait de ne pouvoir en offrir ^ la Société, n'en n*ayant pas trouvé lui-même; mais il demandait qu'une eonmission fût nommée pour faire les recherches et pour appliquer la Hiéthode de multiplication par la mouche trufTigène, qui a été si savamment élucidée par M. Jacques Valserres dans la Presse. Un membre a affirmé qu'il s'était vend», l'an passé »plus de 3,000 kilogr. de truffes provenant d'Étampes et des environs!~Que de dindons vont se faire truffer malDienant pour se donner une plus grande valeur. — Nous souhaitons bonne chance à la commission tmfBère; mais nous l'engageons à méaager les excellents navets d'Étampes ; ce serait grand dommage de les détruire, car leur réputation est bien solidement établie, tandis que celle des truffes est encore k la merci des mouches de H. Ravel, qui ne vou-'
dront peut-être pas piquer à Étampes les extrémités capillaires des racines du chêne truffier, comme elles les piquent à Hontignac ; et puis, que deviendraient les canards sans navets ! Certain grand journal pourrait nous le dire ; mais comme ses machines à signer les articles tout faits ne daigneraient pas nous répondre, nous ne lui poserons pas la question.
Après la truffe vient le Dioseorea balatas ou Igname de la Chine. Dans la séance du 22 janvier dernier, de la Société impériale et centrale d'horticulture de Paris, le docteur Aube présentait de magnifiques racines de cette plante, provenant de tronçons de 3 centimètres de longueur, plantés en avril et récollés en octobre. Le bureau de la Société a trouvé le fait si beau qu'il a alloué une prime de première classe au jardinier du docteur Aube. A cette séance, H. Pépin a montré aussi des racines de cette même plante, cultivée dans un terrain qui n'a que 46 à 30 centim. de profondeur, et dont le sous-sol est imperméable. Ces racines, ne pouvant vaincre Tobstacle qui leur était opposé, se sont agglomérées, et chacune d'elles n'avait pas plus de 30 cent, de longueur; elles provenaient de tronçons de racines longs de 4 cent, qui avaient été plantés en juin et récoltés en octobre ; leur poids était de 200 et 500 grammes.
Aujourd'hui que la valeur de ce nouveau légume est constatée, chacun veut avoir le mérite de son introduction et de sa propagation. Si nos souvenirs nous servent bien, nous croyons que Thonneur de la première introduction revient à un homme des plus modestes, — qui ne le réclame pas,— à M. l'amiral Cécile, qui en lemit plusieurs racines, vers 4844, au Jardin-des-Plantes de Paris, où elles furent cultivées par H. Neumann,jardinier en chef des serres, et dégustées plus tard par M.de Hirbel, alors professeur de culture. Malheureusement la propagation n'eut pas lieu,et ce n'est réellement qu'après la seconde introduction, faite par M. deMontigny en4854, queM. Decaisnefit connaître l'importance de cette nouvelle racine alimentaire, en même temps que M. Paillet, reconnaissant aussi son mérite,se livrait à sa multiplication.Le fait le pluscertain, que c'est Y Igname de la Chineesi actuellement un nouveau légume acquis aujardin potager ,mais qui offrira toujours quelques difficultés d'arrachage. Espérons qu'à l'aide des graines importées dernièrement et de celles que pourront produire les individus femelles qui se trouvent dans le dernier envoi de M. de Montigny, on obtiendra des variétés à racines moins pénétrantes et d'une eitraction plus facile. Nous avons, il est vrai, V Igname de la Nouvelle-Zélande, en voie de multiplication par les soins de la Société zoologiqne d'acclimatation, et qui, par la forme
globuleuse de sa racine» n'a pas inconvénient de celle de la Chine ; mais siipportera-t-elle les rigueurs de notre climat? Que M. Paillet, qui est chargé de sa propagation, se bâte donc de la multiplier ; car nul doute qu^elle sera préférée au Dioscorea batatas^ si elle est aussi rustique.
Le Cerfeuil bulbeux j si longtemps négligé, et qui tout à coup s'est vu entouré de mille soius de la part des sociétés d'horticulture, va avoir, loi aussi, à partager les honneurs dus à son rang avec un nouvel arrivant de la Sibérie, que de Candolle a décrit dans son Prodramus sous le nom de Chœrophyllum Prescotlii. Cette (ois, c'est la Russie qui réclame l'honneur de son introduction. — ^Tout le monde veut avoir inventé un nouveau tubercule. — Cultivé au jardin botanique de Pétersbourg, le Cerfeuil bulbeux de Sibérie fut méconnu des botanistes de cet établissement; ce n^est qu*en 1859 que M. Daniel Mueller, jardinier au jardin botanique d'Upsal, distingua cette plante obtenue de graines envoyées de Russie. Il eut l'idée^ en voyant ses grosses racines, d'en faire cuire, de les goûter, et de les trouver de son goût. Il en distribua aussilût des graines, et M. Juehike, en ayant reçu, se livra à des essais de culture qui lui donnèrent d'excellents résultats qu'il vient de publier dans Berliner Allegemeine Gartenzeitung.
Le Cerfeuil bulbeux de Sibérie^ d'après l'auteur allemand, a toute l'apparence du nôtre; seulement sa tige ne s'élève pas autant; sa racine est fusiforme» de couleur jaune d'or à l'extérieur, mais à chair blanche et délicate ; elle grossit encore longtemps après la fleuraison, tandis que celle do Cerfeuil bulbeux ordinaire a atteint tout son volume avant l'entière maturité des fruits. Aussi H. Juehike recommande-t-il de ne point arracher le Cerfeuil de Sibérie d'aussi bonne heure ; il coupe la tige, au mois d'août, i 10 centim. au-dessus du sol, et recouvre s-i plantation de vieux fumier court à moitié consommé ; par ce procédé, il se développe au collet des plantes, des petits bourgeons qu'on peut employer pour la multiplication.
Comme pour le Cerfeuil bulbeux, les semis de l'espèce sibérienne doivent être faits i l'automne. L'arrachage des racines ne doit se faire qu'à la fin d'août, après le complet dessèchement des tiges ; on labse les petites en terre, et l'année suivante on en obtient des tubercules d'un volume considérable. Si ces petites racines étaient arrachées au moment de la récolte, il ne faudrait les replanter que vers la fin de l'automne.
Les racines du Cerfeuil de Sibérie^ qui, atteignent souvent dès la se-
-seconde auhée, 30 tnillim. et même plus de diamètre, doivent toujours être conservées bors de terre et dans un endroit sec.
La culture de cette espèce est celle qu'on applique au Cerfeuil bulbeux ordinaire ; seulement, comme il acquiert un plus fort développement, il est bon de semer plus clair que pour le bulbeux ^ si Ton sème à la volée ou en lignes espacées de 30 centim. ; les pieds dans chaque ligne doivent être éloignés de 45 à 20 cent. Fun de l'autre. Pour obtenir un bon résultat, il convient de recouvrir les graines de 3 cent, de vieux fumier consommé, et d'arroser au printemps avec de l'eau de guano.
La racine du Cerfeuil de Sibérie produit, d'après l'analyse chimique du professeur Trommer, 94 p. 400 de matière solide, dont 47 environ de fécule ; il parait qu'il y a absence complète de sucre et de gomme.
Espérons que le Cerfeuil bulbeux de Sibérie ne voudra pas laisser passer l'année 4857 sans se montrer à une de nos expositions d'horticulture, oii le Cerfeuil bulbeux ordinaire ne manquera pas de paraître. Lés occasions vont commencer à se présenter.
Expositions. — La Société centrale d'horticulture de la Seine-Inférieure annonce son exposition de printemps, du jeudi 4 4 mai prochain au dimanche 47 du même mois, à Rouen, dans la Bourse couverte. — La Société admet à cette exposition tout ce qui concerne Thorticulture, et en général tout ce qui se rattache à la science du jardinage et tout ce qui peut en inspirer le goût et en démontrer l'utilité ou l'agrément. — Lesdiplôn^es de capacité de jardinier de première et de seconde classe, obtenus suivant les arrêtés de M. le préfet, seront délivrés par lui dans celte séance solennelle. — Avis aux amateurs qui ont besoin de jardiniers.
A Yaleneiennes, la Société Impériale d'agriculture, sciences et arts, a décidé qu'une exposition d'horticulture aurait lieu celte année à l'Hôtelde-VilIeles43,43et44avril.
A Bordeaux c'est pour les 4 «r, â et 3 mai.
Yalognes aura la sienne les 5,6 et 7 juin.
Caen les 47, 49, SO et 24 juin.
Paris. — C'est une autre affaire. La Société paraît avoir oublié son exposition ; nous nous permettons de lui rappeler humblement que le temps passe, ei que les exposants attendent, en se demandant : Anne, ma sœur Anne... Voir la suite dans Barbe-Bleue.
F. Herincq.
Paris.— Imp. horticole de J.-B. Gros et Donnaud, rue des Noyers, 74.
SOLANUM CAPSÏCASTRDM (Link).
(Pl. Vin,)
(Testan des plus rares et des plus précieux privilèges pour une plantai de Dons donner en permanence des fruits qui conservent si bien les teintes vives et brillantes et qui disparaissent souvent trop tôt des corolles. Le Solanum capsicastrum (Link) est une de ces plantes privilégiées, qui, pour nos serres l'roides, est appelée à devenir pour toujours rornement recherché, comme les Dracama^ les Maranta^ etc., le sont pour DOS serres chaudes humides.
\jtSolamm capsieaitrum^ Link, qui porte aussi le nom de S» dtforum Yell, appartient à la famille des Solanées et à la section des pteudocapsicum. C'est une plante suffrutiqueuse et très ram eusedès sa base; dans leur jeunesse, les rameaux sont dressés, cylindriques et couverts d'une pubescence extrêmement courte et de couleur cendrée ; plus tard, quand les fruits sont formés, ils prennent peu à peu une direction horizontale qui contribue à embellir la plante. Les feuilles sont obloDgues-lancéolées, sinuées], courtement péiiolées, pub^^rules. Les fleurs, qui naissent toujours par deux et à Taisselle des feuilles, sont blanches et petites à anthères jaunes; une des fleurs avorte toujours, l'autre donne une baie du volume d'une cerise, globuleuse^ d*un beau vermillon orange. Ce joli arbuste diflère du S. pseudo-capsicum par sa taille beaucoup moins élevée, pas ses feuilles plus petites et tomenteuses et Par ses fruits qui sont beaucoup plus gros et plus vifs en couleur ; celte plante dépasse rarement en hauteur 0 m. 50 centim., forme buisson à la manière du Deulxia gracilis, et, quand elle est chargée d'une cinquantaine de baies imitant assez la cerise, produit un coup d'oeil ravissant: on croirait voir une charmante miniature d'un oranger chargé de fruits.
Cette plante, originaire du Brésil, de la province des Minas Géraès, a été introduite en 4837; depuis il n'y a que M. Dunal qui en ait fait mention. D'après le savant doyen de la faculté des sciences de Montpellier, cette plante aurait été cultivée au Jardin des Plantes de Montpellier depuis 4841.
Le dessin du Solanum capsi$astrtÊm que nous donnons ci-contre a été fait d'après un exemplaire que H. Lemoine* horticulteur à Manc7# possède dans son bel établissement.
Louis IMCBI.RBST.
trn. 4*Uv.«-*lUI1l97.