‹ L'horticulteur français de (volume 4)Chapitre 29 sur 160 · FAITS D1V£RS · texte numérisé non relu

FAITS D1V£RS

Haricot blanc hâlifde Fitz-James. — Cette nouvelle variété, obtenue il y a trois ans par M. Belaville aîné, est le résultat de l'hybridation du Haricot noir hâtif de Belgique et du nain blanc hâtif de Hollande. La

plante est naine, trapue, très productive ; la forme de ce Uaricet, quiesl blanc, le rapproche plus du noir hâtif de Hollande que du nain éa Hollande. Par sa précocité il doit avoir, dit M. Delaville, la supériorité sur ses congénères pour être employé comme primeur et comme haricot à écosser.

Chou-fleur Lenormand. — C'est ainsi que les horticulteurs lyonnais désignent une variété de chou-fleur que M. Lenormand a obtenue et fait connaître en 4852. Mais son mérite et ses avantages n'ont été bien appréciés que dans ces derniers temps, non par Tobtenteur, qui les ignorait, mais par les maraîchers du département du Rhône^ où il est cultivé en grand et sans presque aucun soin .— « L'une des principales qoaKtés par lesquelles le chou-fleur désigné par les horticultenns lyonnais se» le nom de Chou-fleur Lenormand, se fait remarquer, consiste dans son aptitude h se passer des soins de culture. Lorsque Je me trouvais à Lyon, dit M. Lenormand, dans une note présentée à la Société d'horticulture de Paris, un jardinier de Vaise m'engagea à visiter ses cultures de cette variété. Grande fut ma surprise de voir qu'elles consistaient en an vaste champ de deux hectares, situé en plaine, qui n'était l'objet d'aucune attention particulière. Ces choux avaient été plantés dans un champ de pois, et, depuis leur plantation, ils n'avaient pas eu d'autre eau que celle delà pluie; ils avaient reçu pour tous travaux de simples ratissages. Néanmoins leur végétation était des plus belles, et j'en mesurai' des télés qui avaient jusqu'à i met. 30 centim. de circonférence, d

M. Lenormand ayant voulu soumettre à la même culture les quatre variétés les plus renommées à Paris, les planta dans un terrain aban* donné calcaire et caillouteux. Une seule a réussi, c'est le chou-fleur Lenormand. Il est inutile d'insister sur le mérite de cette variété et sur les avantages qu'elle présente, surtout pour les localités oîi l'eau manque.

Pomme de terre BrieL — M. Pitrais, jardinier de M. tie La Boulet, à Erqueville, ayant reçu en 4855 de la Société impériale et «eutrale d'horticulture de Paris , des tubercules de celte Pomme de terre, a fait des expériences cullurales sur cette nouvelle variété^ qui l'ont amené à conclure : « que : son rendement est égal à celui de la Pomme de terre comice d* Amiens, qu'elle est tout aussi bonne, qu'elle arrive à maturité en même temps qu'elle, et que dès lors elle ne mérite pas d'en être distinguée. >»

Nouveau mode de cullare de la Ponune de terre. — Le jardinier de M. Drouin, de Saint-Maur, a un procédé tout particulier d'obtenir de

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grosses PomHies de terre el ea très grande quantité. D'après tes BuUetins de la Sœiété d*horticiiltiire de Paris, ce jardiDier proeàde aiasi : 11 enlève an à un les yeax de la Pomme de terre^avec une petite portion du tobercole, et les plante à la main dans des sillons de 40 centim. ^ prefeiidettr. Lorsque, an moment de la germination, le même œil produit plosleirs germes, il détruit les plus faibles pour ne laisser que le plus fort. Aussitôt que les tiges ont atteint 8 ou 40 centim, de bauteur, il les butte, à la main, et les rebutte encore, toujours k la main, à mesure qu'elles continuent de s'accroître, en arrondissant la butte pour faciliter la pénétration de la pluie. Il arracbe les mauvaises berbes, encore à la main, et ne bine jamais avec Toutil daos la crainte de blesser la plante* Ce n'est pas une nouvelle à la main que nous vous donnons, lecteurs, c'est un travail à la main. Il offre deux avantages : 4» de donner des prodoits surprenants soit comme grosseur, soit comme quantité ; £<> de faire des éeeuomies d'outils qui» par la suite, n'auront plus de raison d'être .

Onè 9mtion inr la cuUnn et de la déginéreecenee des Pommée de terre»— « Les variétés de Pommes de terre se reproduisent^elles moins bien après un certain nombre d'années de culture, lorsqu'elles sont re- (irodtffes seulement pa^ fragmenis de tubercules? Quelle peut être ladinrimiiioË dads le rendeitient, et quelle influence a4-e11e sur la qualité de la variété? Quelles sont les causes de cette dégénérescence ei quels moyens doit-on employer pour Tempècher ou y remédier?

Telle est la qaestiou qui a été posée au Comité des plantes potagères de la Seeiété d'iiorticulture de Paris. La réponse est cefle*ci :

c Le résultat dèpetid du choix des tubercules et de leur division en morceaux. En les coupant il faut toujours examiner les yeux que perte chaque fragment, pour reconnaître s'ils sont en bon état* Il est surtout important de se souvenir que l'extrémité par laquelle chaque tubercule est attaché à son support ne présente presque pas d'yeux, et, par suite» est beattcoup tnoifis propre h la «lultiplieatlon que les parties les plus éloignées de ce point d'attache. »

Cette réponse nous paraît un peu évasive ; elle ne dit pas si les Pom* mes de terre se reproduisent moins bien après un certain nombre d'années de culture, lorsqu'elles sont reproduites seulement par fragments de tubereofes ; elle devrait exprimer nettement un oui ou un non.

Quant à lu dégénérescence, le Comité n*émet aucune idée sur la cause; il pense seulement que, pour Téviter, il faudrait changer la semence, comme on le fait, en général, pour les Céréales et les autres plantes cultivées. Il serait avantageux, dit-il aussi, d'exposer les Pommes de terre.

après Târrachage^ à un courant d'air, pour accélérer leur maturatiOD, et de les arracher, dans ce cas, aussitôt après la moisson. Il donne en outre le conseil de donner la préférence aux Pommes de terre bâtives sur les tardives.

Nous partageons l'opinion du comité de la Société impériale sur l'époque de Tarrachage. Il est certain que Jes Pommes de terre arrachées seulement vers la fin d'octobre, longtemps après la perte de leurs fanes, se trouvant placées dans un milieu humide par suite des pluies froides des mois de septembre et octobre, doivent contenir une plus grande quantité d'eau que celles arrachées par un temps sec du mois d'août. Naturellement elles ont moins de qualité ; donc il y a dégénérescence, et^ comme cette dégénérescence a pour cause un excès d'eau dans les tissus, (il n'est pas étonnant que les tubercules pourrissent. Il est évident, pour nous, que la maladie de la Pomme de terre n'a pas d'autre cause, et qu'il est très facile de l'éviter : 4oen arrachant les tubercules dès la fanaison des tiges ; 39 en les exposant pendant quelque temps à un courant d'air, pour leur enlever l'excès d'eau de végétation qu'ils pourraient encore contenir ; 3^ en les conservant dans un endroit sec ; 40 en n'employant pour semences que des tubercules parfaitement sains, très féculents, ne contenant que très peu d'eau. Le résultat obtenu par M. Ottman, de Strasbourg, qui fait sécher ses Pommes de terre de semence (1 ), est un exempte à Tappui de notre opinion.

Quant à la préférence des variétés hâtives sur les tardives que conseille le comité de la Société impériale, nous y trouvons plus d'inconvénients que d'avantages. Et d'abord elles ne sont pas aussi exemptes de la maladie qu'on veut bien le dire ; ensuite elles produisent beaucoup moins, et enfin elles ont le grave inconvénient de germer de très bonne heure dans les magasins, et de devenir par là impropres à l'alimentation. Si la culture des Pommes de terre tardives était tout à fait abandonnée, la population se trouverait privée de cet aliment pendant deux mois au moins de printemps, époque précisément la plus difficile à passer pour les populations de la campagne.

Ne né£;ligeons pas les variétés tardives. Cultivons-les toujours; seulement ayons soin de ne prendre pour semences que des tubercules bien secs ; arrachons nos récoltes quelques jours après la dessiccation des tiges, et nous régénérerons la Pomme de terre. F . Hérincq.

0) Voir VHortkuUeur français, 4856, p. 416, et 4867, p. «0.

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