FÉCONDATION ARTIFICIELLE DU MELON
La culture forcée du Melon, soit sur couche, soit au thermosiphon, s'effectue toujours dans une saison ou la température extérieure est trop peu élevée pour que la fécondation s'opère naturellement. Il en résulte, le plus souvent, que les premières mailles coulent au lieu de nouer, ce qui retarde beaucoup la récolte et fait perdre les fruits les mieux placés.
Frappé de ces inconvénients, j'ai cherché à remédier et j'y suis parvenu au moyen de la fécondation artificielle. Pour cette plante. Topera tien est des plus simples. Voici comment je procède.
Lorsque mes plantes montrent leurs premières fleurs, je surveille attentivement l'approche de leur épanouissement. Dès que leurs corolles commencent à s'ouvrir, je cueille une fleur mile munie de son pédoncule, et je la dépouille totalement de ses enveloppes florales. Les organes reproducteurs se trouvent ainsi à l'extrémité du pédoncule, et le tout me sert comme un petit blaireau chargé de pollen. J'ouvre ensuite la ce-
roUe de la fleur femelle, et j*y dépose légèrement la poussière fécondante, en donnant à la fleur mâle un mouvement de va-et-vient entre mes doigts ; ceci terminé, je ramène la sommité de la branche, qui porte le fruit, sur elle-même, en arceau, et je la fixe en cette position avec une petite brindrille de bois, de telle sorte que le petit Melon semble former le prolongement de la branche. Dans celte position il ne tarde pas à nouer. Puis, lorsqu'il a atteint le volume d'une noix^ je supprime le prolongement de la branche à une feuille au-dessus de lui, après quo^ je continue la culture ordinaire. Grâce à cette fécondation artificielle, je puis compter sur tous les premiers fruits; ma récolte est assurée et me donne de beaux fruits qui grossissent très promptement^ et dont, san^ cette précaution, beaucoup auraient coulé, ou n*auraient donné que dis Melons contrefaits. A une époque plus avancéede l'année, la fécondation artificielle devient inutile, vu que la nature opère elle-même et n'exige absolument plus aucun secours de ce genre.
Delà VILLE, fils aîné.