‹ L'horticulteur français de (volume 4)Chapitre 65 sur 160 · SS · texte numérisé non relu

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COURRIER HORTICOLE

Tandis que Paris, la capitale des horticulteurs, se reposait sur ses lauriers conquis à sa troisième Exposition universelle et qu*il forgeait ses armes pour les luttes du printemps et de Tautomne 1858, la province se levait en masse et partout dressait ses autels i Flore et à Pomone. Lyon, H&con, Beaune, Dijon, Saint-Germain, Bordeaux, Nantes^ Troyes, Mulhouse, Strasbourg, Nancy, Metz, Moulins, Maqtes, etc.» ont fait honneur à la fécondité de la présente ann^e en oi^anisant de belles expositions.

Besançon aus$i avait annoncé ses concours pour la fin d'août; mais la grande sécheresse, a-t on dit, aurait paralysé la croissance des produits en même temps que la bonne volonté des exposants, et l^t fftte t été remise à trois mois : partie remise, partie manquée. La Société d*horticuUurc du Doubs, à peine née d'hier, a déjà pris rang parmi les principales associations de ce genre. Elle doit ce rang à ses publications, très instructives par les notices qu'elles renferment ; et ajoutons que les articles les plus intéressants sont signés par le fondateur de la Société, M. François-Xavier Chauvelot, professeur d'horticulture à Besancon. En organisant une Société, en professant la science horticole, en créant an établissement commercial, M. Chauvelot aura acquis une place parmi les hommes de progrès. Nous le comptons encore parmi les écrivains sérieux, dont la facilité et Télégance de la plume plaisent aux amateurs comme aux jardiniers, tout en démasquant bravement les batteries de nos voisins, confrères et amis, habitant, par-delà la douane, la Gascogne de r Europe.

Dans un récent article, il prouvait à M. Dubreuil que le pincement réitéré appliqué au Pêcher ne saurait être inventé par H. Picot-Amette, puisqu'il était décrit, sous Louis XIV, par La Quintynie. La même citation a été encore imprimée quelque part par deux compatriotes de M. Dubreuil. On s'étonne que ce dernier se soit jeté à corps perdu dans ce nouveau système, sans restriction aucune; car il bannit de ses cours la taille de MM. Butret, Dalbret, Lepère et Hardy, comme il bannit b forme pyramidale-conique de tout arbre fruitier. Nous l'avons entendu, cet hiver, combattre ces deux vieux systèmes dans ses cours professés su Conservatoire des arts et métiers.

Si la Société du Doubs a été vaincue par la sécheresse, celle de l'Allier Ta, au contraire, combattue victorieufleoient. M. Marie, jeone hortical-

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teir riche de zèle et de talent, airait exposé des Hoax, d69 Bruyères, des Tenreines, des Fuchsia, des Pffunta, dos Glaïeuls noa^eaax, des Aeiilmèiies, dès Conifères d'élite et des Dahlia de toute beauté, qai hri om valu «ne médaille eoLceptionMlle. L'hoBorabie M. Doomet, qui sait eampreodre l'exenple que daii donner un président, avait détaché de sa prepriéié de beaux arbrisseanx comme Nfftisa aquatieef^ Latma tana^ fraSj Fagu$, Magnolia, GingkOy puis une collection de Querem et 100 Tariéiés de Dahlia. M. QbardonneiM , jardinier de H. Doumet, CMWturait afvee GS sortes de légumes, dont plusieurs peu connus, comme la Fomme de lenre Fermière généreose et Rose Martin , et a obtenn le ^ prix sur MM. PeiTin, Laurent, Ribaud et Regimbot. Nous citerons encore le lot «trié de plantes cultivées par M. Camille, les arbostes, les fleurs coupées de quelques amateurs, les fruits et lés arbres qui atteademu ceux-ci une éducation mieux raisonnée, cettx4à «m classement plus sév^.

A Mantes, les produits maraîchers brillaient par leur absence, comme on dit souvent ; mais les fleurs étaient belles, en nombre suflisaot rela*livement à Timportance de la ville. U est vrai que dans les expositions de SeiDO-etrOise ai Seine-et-Hame, les jardiniers de cb&teaux sont comptés parmi kspins ardents. La médaille d'or des Dames patroonesses est écboe à M. Jean, directeur des jardins de H. Barocbe, à Juziers } et la médaille d'or dne à !a générosité de M. le sous^préfet est allée couroi^ ner les belles collections de M. Rosciaud, jardinier-chef au cliAteaii 4e Toul..pn a signalé, parmi ses plantes, un semis de Galoéolaires ligneux le distinguant par leur port nain et leurs rameaux fastigiés et multiflores. Cette taille raccourcie, due au pincement ou à la nature du semis, nous a plu beaucoup.

SaintrGermain^-en-Laye est un faobourg de la capitale qni attire à ses expositions, ouïr» tes jardiniers de maisons bourgeoises, les horticuU tMirs de Paris et de Versailles.

La Société de Saint-Germain, loin d'être étranglée par les autres floeiétés plus ou moins célèbres de la Seine, de Seine-et-'Oise et de Seinor et-HarAe, aurait, au cootraire , démontré qu'elle était complètement libne, très bien posée et supérieure à beaucoup d'autres par l'importance de ses expositions et de ses bulletins. Nous nous plaisons à rappeler qi^ la ravissante collection de Dahlia de H. Méxard jeune, de Puteaux, a enlevé la médaille d'or du Chemin de fer. Les Dahlia de semis, trop nombreux chaque tiuiée, ont été sévèrement éftaobés; le iirj a eou*

une : M. Jaeçyes, M. Evrard de Saint-Jean^ M\» lUfiore^ M. DeseineeiMarguiied^Àulan.Lti^^ prix, M. Jacques^ S^fnépsLT M, Pigny, est une flear irès graode» d'un beau jaaoe, comme la Marqitiee dP Autan. SeroDl-iU supérieurs au Soteit altemandj prôné par M. SieckmanB comme la merveille des Dahlia jaunes ? Si IL Siedunann n*élait pas robienlrur de bonnes plantes, nous crierions au cluurlatan^ d'tprès Tanoonce de son Dahlia, bien entendo.

L'habite fleuriste de Puteaax s*est encore signalé par on groope de Pétunia doubles inédits, gagnés par M. Margantin et M. Caaclioîs d'Elinamrt. Les variétés Eugène Mézard^ Triomphe d'Elineourl, Jf«« Méxard, Eugène Yerdier, M^ Fisher, Jf-e Pflt%er, Jf Verdier^ M^ Thibault, Auguste Cauchois, Jf«< de Grièges, lf»« Margantinj Mtle Saiter, récompensées à Saint-Germain et à Paris, devront être dans tons les jardins au printemps prochain.

Le Pétunia double, une des gloires de Thorticulture lyonnaise, i peine trouvé, est déjà dans tous les jardins ; et, aussitôt répandu, il devient le pire d*une nouvelle série de Péiunies, les doubles. Cette transition nous conduit à TExposition de Mulhouse, où M. Rendatler, l'habile multlptlcateur nancéien, avait desPétunies doubles liias, rouge, veiné, nuancé de belle dimension, avec des Verveines, des Delphi* nium,des6eranium, ie^Gtadiolus, des Phlox y àos Fuchsia, des plantes nouvelles de serre chaude comme Dieffenbachia picta. Bégonia Beiehenheimit et picta^ Maranta pardini, Stalice Bonduelii. A côté, M. N. Bâumann, de Bolwlller, avait un lot remarquable en Fougères, en Palmiers/ en Pandanées, en Cycadées, en Conilères, en arbustes à feuilles persistantes* MM. Hans, Gay et Schiumberger se distinguaient par des plantes et arbustes de bonne culture. Les Dahlia et les Roses avaient été cueillis dans les établissements Weick de Strasbourg, Rendatler et Jacquemin de Nancy, Gay et Baumann de Boiwiller.. LesfrniU et les légumes, sans être nombreux, attiraient les regards du public par leur teinte vermeille et pourprée, on leur développement peu ordinaire. Mentionnons M*« Jourdain, MM. Hartmann, Tschopp, Lederman, pour les fruits, et MM.Méyer, Pierron, Schellenberger, pour les légumes.

La Société d'horticulture de l'Aube, qui attendait un jury d'élite, avait déployé ses ressources flnancières et intellectuelles pour organiser une Exposition sous une halle, dans un jardin anglais improvisé. Ici encore les Dahlia de M. Mézard trônent par leur fraîcheur et leur coloris; ici encore les Petmia doubles obtienoent les suffrages du jury. C'est à

M. Ctotron que le comnerce devra ces gains. Les Pettmia de eolleolioD apportés par MM. Collin et Léger laissent peu de chose à désirer, coauDe leurs VenreineSi leurs Pêlargoiiiium sanale et leurs plantes fleories. M. Léger avait un lot petit, mais magniflqued*Œillets remontants, rehaussé de plusieurs nouveautés. Le talent du vrai fleuriste se devinait auprès de ses belles plantes de serre chaude, de ses Dracœna, Bananierset2)a/tira,en exemplaires dignes des jardins d'hiver princiers, et auprès de ses plantes nouvelles, telles que: Symplocos faponica, itgonia ricinifolia^ Hemiandra pungem, Ci'harexylon cyanocarjNMi» Gardénia jattanica. M. Carré a prouvé, par ses lots remarquables de plantes et tl*arbres, qu'il se livrait avec succès à la culture des Conifères, des arbres fruitiers et des plantes de serre; ses Fuchsia étaient de bon thoix. Les jolies plantes variées de M. Collin, les Delphiniutn, Dahlia et Phlox de H. Baltet-Petit, les Glaïeuls de M. Laffrique, les plantes fleuries de pleine terre de MM. Beroaut et Gibej, les Roses de H. Pasquier ont été justement admirés parla foule. Le Jury a récompensé les Campanules pyramidales hautes de i^, à M. Carré, amateur, et le Gynerium argenteum^ aux longs épis soyeux de M. Baltet-Petit. — L'arboriculture et la pomologie, qui jouissent d'une grande faveur dans FAube, avaient de dignes représentants à cette Exposition. Les fruits de MM. Baltet frères étaient de toute beauté ; les anciens et les soaveaux, parfaitement étiquetés, ont é(é la convoitise de plus d*un membre du Jury. Les arbres fruitiers de la même maison, vigoureux et bien dressés, avaient recules principesde taille qui constituent un sijyet parfait ; les Conifères, les arbustes à feuilles persistantes, les Roses, les Dahlia de MM. Baltet frères, ont, dans chaque concours, enlevé les premiers prix sur toute la ligne. Les Poires de M. Blondet, dessinateur da jardin de TExposition, ont obtenu une récompense pour leur volume, leur nombre- et le bon choix des variétés. Nous devons adresser les mêmes éloges aux fruits de MM. Schollaben, Dupont, Chaudot de Corre et Cartier, amateurs. Les légumes exposé par M. Rozier auraient pu rivaliser avec ceux de nos maraîchers parisiens; plusieurs espèces d'agrément ne pourraient être cultivées par les jardiniers marchands, mais la culture était bonne. Tout près de là, M. Feisard étalait les produits de Vertumne en échantillons remarquables de santé; M. Boulât réunissait une collection nombreuse de Courges, Potirons, Tuibans classés avec soin, et M. Baliet-Petit étonnait les curieux par des fiuits, hauts comme un Patagon, du Leucantha longissima, Cucurbitacée que b maison Vilmorin introduisait Tan dernier à Paris.

L'ExposUioai de Troyes fennait k peine ses portesi que la Sodélè^dif Strasbourg ouvrait les siennes, et laissait voir une ckarmaDte féietM>rtH colede province. Al. MuUer, Thabile démonstrateur des secrets de rarborricollure^ exlûbait une série de Poires, P£ches, Pommes^ Rfrisins,! em même temps qu'un lot d'arbres fruitiers formés, apppriés avec leur&rar cioeSv leurs feuilles et leurs fruits ; nous, nous sommes longtemps arcélé auprès de ces siijeis vigoureux, Thonneur de Tarboriculture alsacieaoe» Les Pécbes, les Pommes» les Poires de M. Bientz, jardinier chei M. Hartmann à Miîofiter, suivaient ae près celles de son rival. iM Pommes de M. Pfersdorf de BouxwiUer,Ies fruits varié3 de Mil. Robiae^. Hutfler, Lemaistre-Chabert, et les superbes Raisins méridionaux de H. Jacquet, de Sainl-Péray (Ardècbe),. formaient ensuite^la partie la phis saillante de 1^ catégorie des fruits. Les arbres et les fruitsde M. Th. Weick de Wissembourg sont en bonne voie, mais sont encore k)in de la perfection. La saison automnale est assez favorable aux légumes mon»> trueux; témoins ceux cultivés par MM. Stumpf, jardinier chez M. Loisea» de Weils, Faulbaber, jardinier chez M. Cbabert de la Meinau ; mais ceux de M. Kessmann avaient une grosseur qui touchait au prodigieux. Gitonft aussi les inséparables Sorgho, Dioscorea^ Cerfeuil bulbeux, Cbervis^det superbe dimension, récoltés à TAsile de Siépbansfeld, dont les jardina sont entretenus par M. Joseph Hutfler..La collection de Pommasrde terre apportée par M. Bailly, n'est pas des plus nombreuse, mais elle est bien composée et réclame encore quelques suppressions. — Les fleurs, qu'elles étaient belles et bien choisies ! Merci à MM. Weick ei Rendatier. Mous n'avons pas l'intention d'énumôrer les richesses disséminées dans les lots nombreux de ces messieurs du Bas-Rhin et de la Meurthe ; sachez donc que les soins les plus minutieux de culture ne manquaient pas plus que les meilleures espèces nouvelles. Parmi les autres exposants, nous rappellerons les Roses, les Balsamines et les Giroflées nouvelles de MM. Jacquemin père et fils de Nancy, les Roses de MM. Zocher, les Palmiers, Cycadées, M aranla pardina de M. Millier, le Delphiniwn bleu à odeur de musc de M, Kurssuer à Coimar. Citons Tes Dahlia, lesPhlox^ les Pétunia de M. Rendatier à Nancy. Les Lantana^ les Fuchsia^ les Reines-Marguerites, les Bégonia et le Gynerium argenleum de M. Ad. Weick à Strasbourg. — Uo prix d'honneur a été accordé à quelques tranches de miel et de cire ; et une mention spéciale à une très importante collection d'Algues recueillies dans la mer Noire et la mer d*Azoff par l'infatigable M. Krug, chirurgien aide-major.

L'Exposition de MAcon se ressentait un peu des mMveiiieiitadeliiBsi» et de baisse qui ootaffligé la Société borlicole de Sa6ne*et*Loire ; ttfm^ dant il y avait de bons lots, quelques-uns surtout, que nous avons n^ trouvés huit jours après à l'Exposition de Beaune. Les deux médailieS' d'bonneur ont été octroyées, l'une aux lots de fleurs à M. Plumet, fleuriste à Mftcon, l'autre à M.Perraull^Cadet, de aiâ>an-sur-Sa6na. U nom a montré une Pomme de terre qu'il aurait obtenue d'uft semis de t'œll violet ; elle est grosse, saine et de bonne qualité. Au banquet— qui ter* mine invariablement cbaque fête florale — nous avons applaudi im toast en vers heureusement écrit par un savant qui aspire à la célébrité de Florian ; mais ses fables, comme son idée sur les bouquets de bal» Uh diquant, par leur couleur, que la dépositaire désire valser, polkerî eCe., sont au-dessous de Vardinaire. Un de ses collègues, nommé vice-prési-» dent par occasion, doit clore son interminable élucubration arboiieolê mal étayée d'axiomes, de proverbes et de fables» par la fable du iing$ fui montre la lanterne magique^

Tout près de Saône-et-Loire, dans la C6to-d'Or, une Seciété d'borticalture, dont le^iége est à Dijon, a aussi ses mauvais jours ; maisgrtoe à la formation d'un nouveau bureau, Texistence de la nouvelle parait de^ voir être moins éphémère que celle de l'ancienne; son Exposition du i octobre a dignement inauguré la présidence de MM. Onvrard et Liégeard. Réunies dans plusieurs salles du^Palaisnles-Eiats, les eollec^ lions superbes de légumes» de fruits, d'arbustes^ ont fait hooneuraux hommes qui les ont créées. Pour couronner les lauréats des lauréats, trois médailles d'or ont été décernées :

A M. Barrot, jardinier à Dyon,pour sa grande et belle collection de légumes :

A MU. Ballet frères, pépiniéristes à Troyes, pour leur magniflque eollectiOQ de fruits choisis parmi Télite des variétés les plus recommandables ;

Et à M. Malnoury, propriétaire à Dijon, qui a su intéresser le ptibllc et les viticulteurs, par une riche et intéressante expo Uoa de raisins, comr posée de 700 variétés tirées des quatre parties du monde. Des collections comme celles de ces mcssieui's peuvent se présenter partout ; partout elles auront les premières palmes.

La Société d'horticulture de Nantes ménage ses ressonrces ; au lieo de les enfouir dans Fimpression de Bulletins insigniflants, comme malheureusement on en rencontre» elle se borne à publier un Almanach

aonuel pétri avec des articles puisés à diverses sources, —et nous la remercions d'avoir réservé la pari la plus large à V Horticulteur français;--puis elle ouvre des exposiiions deux fois par an. Simple observation : ne vaudrait-il pas mieux en organiser une seule qui soit telle que le désirent les amis du progrès horticole dans la Loire-Inférieure? Autre observation : pourquoi donc H. de Liron d'Airoles n'a-t-il pas mis au concours aes collections de Poires dont II a tant parlé dans le Z>raJneur ^ seraitce parce qu'elles devaient traverser la Manche ?

De toutes ces expositions sur lesquelles notre courrier vient de passer à vol rapide, et de toutes les autres dont nous aurons peut-être occasion de parler prochainement, la plus splendide, la plus nombreuse; la plus intéressante, a été, sans contredit, celle de la Société impériale d*hortîculture de Lyon. Nous avons crié bravo à toutes ces richesses végétales dassées dans la eour du Palars-St-Pierre. Qu'elles ont éié admirées les plantes de serre chaude, de serre tempérée, de pleine terre ; qu'ils étaient vermeils et sévèrement étiquetés, tous ces fruits, ces Poires, ces Pommes, ces Raisins, toutes ces corbeilles de fruits qui semblaient s*iD^

cliner devant leur reine, la collection de TEcole départementale d'Ëcully, établissement dont les services ont été hautemeut appréciés dans une visite de M. le Sénateur et des membres du conseil général, qui n'ont été là queTécho de la population du Rh6ne. La grande médaille d'honneur accordée à son infatigable directeur doit être aussi la récompense de longs et honorables services, de zèle et d'abnégation ; ces hommeslà sont rares.

TuiBAT-LARGHÉ.

BIMl«sr«plito.

Les Instructions agricoles de H. Joigneaux, publiées dans la Feuille du cuUivalevr de la Belgique, ont obtenu le plus grand succès. Elles ont éiè it'produites par plusieurs journaux de 1* rance, ft parliculièitMDeflt par le Moniteur de l agriculture. Ces riproductions sont les plus précieu>es marques d'encuurugement qu'on puisse doniKT à un autjur. En coiiibhini. celle lacune, signalée par toutes les sociétés d'agriculturei l'auteur a rendu un gtand service aux cultivateurs. Aussi croyons- nous devoir annoncer q..e M. Joijçneaux vient de rassembler ses Imlruclions agricoles, ^u un petit volume à i fr.»nc. Le déi)ôlgenti al est a Bruxelles, chez iM. Emile Tarlier, 51, rue de la Montaigne. Oa les trouve à Parii» à la librairie Masson, 1, place de TËcole-de-Médecine.

Paris.— Imp. Uorlicole de J.-B. Gbos et Donnaud, rue Gasiette, 9.

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LES WIGANDJA.

WIGANDIA VRENS. H. B. K. (Pl. XX.)

La plante qui fait Tobjet de cette note, et dont nous donnons ci-contre la flgnre, appartient à ane petite famille, les Hydroléacées, qui ne renferme que cinq genres, savoir : Hydrolea^ Nama, Wiganâia, Roman- %offia et Codon; deux de ces genres sont seuls connus dans la culture, ee sont les Hydrolea et les Wigandia.

Les Wigandia renferment six espèces, généralement originaires du Mexique et du Pérou ; ce sont toutes des grandes et fort belles plantes, ï feuilles gigantesques, à longs épis de fleurs scorpioides, et tout à fait dignes d'occuper les premières places dans la culture ornementale.

On eonnatt aujourd'hui le Wigandia urens^ le W, Kunthii, W. cara* eassana, W, crispa^ W.herbacea.ei W. scorpioldeif ; les trois premières espèces appartiennent, depuis quelques années déjà, au domaine bortiC'Ole, mais souvent confondues ensemble. Nous allons tâcher ici de donner les caractères les plus disiinctifs de ces trois espèces, pour éviter autant que possible les confusions, prévenir les fraudes et les incertitudes de noms.

Wigmdia urens. H. B. K. — Feuilles ovales-cordées, doublement dentées en scie, couvertes de poils très aigus; fleurs en épis unilatéraux scorpioides; sépales linéaires-lauceoiés très aigus et cotonneux hispides des deux côtés ; capsule bispide ou presque glabre.

Wigandia Kunthii. Gboisy. — Feuilles ovales-cordées, doublement crénelées, bérissées de poils; fleurs en panicuie terminale

rameuse; sépales linéaires-lancéolés aigus blancs cotonneux ; capsule épaisse hérissée de poils blanchâtres.

Wigandia Caracassana. H. B. K. — Feuilies eliipliques-cordées, doublement crénelées, à dents aiguës, cotonneuses des deux cdtés, visqueuses, ferrugineuses; fleurs en épis terminaux>e divisant au sommet; sépales linéaires- lancéolés aigus cotonneux ; capsule à peine pubesceute. , Le Wigandia urens, dont il est ici question, est caractérisé par une tige presque anguleuse, couverte, ainsi que toute la plante, de poils simples étalés, rigides, blancs^ diaphanes; feuilles d'un vert clair, réticu-

Vlt. ^V Ut. * Déetmbrt 1887.

lées, coriaces, longaesde SO à 40 cent., larges de U à 29, ovales-cordées doublement deiitées»aigués ; pétioles cylindriques^épais^ roides, obliques, longs de 3 à 6 cent. ; fleurs rapprochées, sessiles^ dfsposées sur deux rangs en épi scorpioîde; rachis hispide, long de 7 centim. après le développement ; sépales verts, longs de 8 à 13 millim., linéaires, très aigus; corolle dépassant le calice, glabre, à liwbt largement étalé et à 5 lobes obtus, elliptiques entiers égaux, d'un beau lilas. Etamines saillantes, insérées à la base du tube de la corolle; deux styles divergents plus longs que la fleur; stigmate en forme de clou. Capsule oblongue, conique, obtuse.

Celle plante, originaire du Pérou, où elle crott sur les rocbers, a été introduite vers 1827. Elese multiplie très Tacilement par graines, par boutures, réclame la serre chaude en hiver, et la pleine terre en été, ob elle ne tarde pas à acquérir des dimensions considérables. Cette belle plante, que nous recommandons beaucoup, a de plus le grand privilège de se couvrir d'une infinité de fleurs pendant une grande partie de

l'année.

Louis Ingelrelst.

PETUNIA A FLEURS DOUBLES DE M. MARGANTIN.

Var. Eugàèt Yerdier. (Pl.xxi).

Dans le numéro de novembre dernier, notre collègue H. Thébat-Larché a signalé, à Tatteution des amateurs, les belles variétés nouvelles de Pétunia à fleurs doubles, obtenues par M. Hargantin, amateur à Elincourt et récompensées aux expositions de Saint-Germain en Laye et de Paris, où elles ont été présentées par H. Mézard, qui en est devenu l'acquéreur. Pour donner une idée de ces belles productions, nous figurons, dans ce numéro^ le Pétunia Eugène Yerdier, pris, au hasard, dans la collection des douze^ qui sera livrée au commerce, le i^^ mars, par M. Mézard jeune, horticulteur, rue Je Paris, 10, à Puteaux.

Le Pétunia Eugène Verdier a les fleurs très doubles et très larges, mesurant quelquefois jusqu'à 42 centim. de diamètre; elles ressemblent à des roses; le fond est blanc pur avec des nervures violettes au centre. Cette variété est très méritante.

Les autres gains sont :

Auguste Cauchois^ fleurs blanc rosé, glacé de violet avec oenratiofl violette, très doubles, mesurant de 6 à 8 cenC.

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Si^inw Mixard, fleure très doubles de S cent. enrlroB de dijmttre^ éctriate vif strié de blanc.

Jf^« Fischer y blanc pur avec des nervures vertes au centre ; eette variété se rapproche de VlmpmàHt^ mais elle lui est supérieure.

Jf^« Joséphine de Griéges^ fleurs de S cent., doubles comme un Ca^ mdlia. rose violacé nuancé de blanc, coloris admirable de fraîcheur.

t^ Mézard, fleurs très grandes, odorantes, atteignant jusqu'à 4 S cent, de diamètre, doable comme une rose ceut-renilies, blanc mat, lé^ gèrement glacé de rose, veiné de violet an centre et sur le bord des pétales. Cest une variété tout à fait hors ligne.

if^« Pfitxer, fleurs de 5 cent, de diamètre, très doubles, rose gris&tre, avec le centre violacé.

Jf^« Thibault y fleure ISirges de 6 cent, environ, très doubles, blanc grisâtre, nuancé rose violacé.

Jf"^ Eugène Yerdier, fleure très doubles de 6 cent, de diamètre, blanc eftmë légèrement rosé.

M^ Année Salter, fleure mesurant jusqu'à 8 cent, de diamètre, doubles, lilas rosé, nuancé, strié et pieté de blanc pur.

M. MargantiHj fleure très doubles de 8 centim. de diamètre, violet légèrement lilacè.

Ptiûïïiphe d*Elineourt, fleure très pleines, fond blanc pur avec le centre rose lilacé. Par la grosseur et la grandeur, cette fleur ressemble à une Pivoine; on en a mesuré qui avait jusqu'à 14 cent, de diamètre.

Cette belle collection est appelée à jouer un grand réle dans Tborticulture, surtout pour la culture en pots. Cette colleciîon est cotée au catalogue de M. Mézard, 30 fr. — Chaque variété prise séparément 4 fr.

Eugène Verdier, fils atné.

REVUE DES JOURNAUX ÉTRANGERS

PLAirrES NOUVELLES.

Vroskinnera spectabilis (Bot. Mac.). — Genre nouveau assez rapproché des Gesneria, formé par M. Lindiey d'après cette plante rapportée du Mexique par M. Ure Skinner. Tige herbacée, robuste, dressée, duveteuse; feuilles ovales-lancéolées, très dentelées, à pétiole court et eanaliculé. Ses fleurs grandes, nombreuses, lilacées^ formant un gros épi terminal assez compacte, sont infkindibuliformes, dilatées au Innbe

qol est ample, étalé et fendu en deux lèvres inégales; étamines disposées comme chez les Penistemon; serre chaude.

Agapetes buzifolia (Id.). — Bel arbrisseau dont la tige principale sort d'un large et épais rhizome tuberculeux, à branches brunâtres, veines; feuilles persistantes, obovées, légèrement dentées et pétiolées. Fleurs grandes, belles, rouge minium; de serre tempérée.

Plérome élégant (Flore.). — Découverte sur les montagnes des Orgues, près Rio-Janeiro. Melastomée sous-frutescente; feuillage élégant» corolles grandes, planes, d'un beau bleu lilacé; serre chaude.

Lysimaque penchée (Id.).— Plante vivace, de serre froide, produisaol des tiges d'un mètre de haut, qui se terminent par de grandes et belles grappes de fleurs d'un pourpre vif et velouté. Le commerce l'a déjà possédée sous le nom de Lubinia atropurpurece; mais il suffit que Ton en possède de charmants exemplaires à vendre pour lui faire subir le coup de grosse caisse.

Bogiera urophylla (Gard. Chron.). — Végétal d'assez pauvre apparence qui se distingue de ses compagnes par ses feuilles glabres pointues et un épi de fleurs blanc jaunâtre, odorante; serre tempérée.

Cheilanihes /nofida(Id.). — Fougère ornementale à rhizome rampant; le pétiole long de 30 cent, supporte des feuilles de 20 à 35 cent., tri ou quatripennées, glabres à la face supérieure seulement; les pinnoles secondaires de ces feuilles sont arrondies, brièvement stipitées, tandis que l'exirême est obovale et plus grande.

Torreya grandis (Id.). — H est assez difficile de donner une idée au lecleur d*un Conifère qui n'a rien de bien saillant; son feuillage le rap« proche du Cephalolaxus drupacea. Il atteint, en Chine, i5 mètres de hauteur; pleine terre.

Rhododendrum Bylsianum (Illust. Hort.). — Superbe hybride de plein air, ayant quelque analogie avec quelques bonnes variétés mises dans le commerce par M. Bertin, il y a 40 ans. Très mulliflore, bouquets compactes, Heurs grandes à fond blanc pur, bordé rose carminé vif.

Grenadier itf^e Legrelle (Id.) . — Cette variété aussi vigoureuse et florifère que le type, n*cn diffère que par la nuance de ses fleurs doubles, qui sont rouges à la base des pétales, panachant un fond jaunâtre.

Iris Kœmpferii (Id.). — Originaire du Japon, d'où elle a été introduite par M. S.eboUI, celte charmante Iridacée est d'une belle couleur lilas finement ligné rouge carmin.

Lycaste brevispatha (Gart. Fl.). — Orchidée du Guatemala assez

naine; la hampe basilaire haute de 40 cent., supporte une fleur large de 5 cent., dont les 3 folioles externes sont vertes, tandis que les 3 internes sont blanches fortement parsemées de points roses et rouges. Elle vient en pot, dans du sphagnum mêlé de morceaux de bois.

Steptocarpus Bhexii bi/lora (Id.).— Celte Gesneriacée se rapproohe beaucoup du St.Rhexii dont elle est issue; ses fleurs ont une dimension double et se succèdent avec abondance.

Forsythia suspensa (Bot. Mac.). — Arbrisseau vigoureux, fleurissant comme le F. viridissimaj au commencement du printemps. Ses fleurs sont solitaires, grandes, jaunes à gorge rayée de rouge.

JDoronicum Bourgeaui (Id.). — Celte belle Composée, deserre froide^ a été découverte aux Canaries par M. Bourgeair. Tiges garnies de feuilles iyrées pennatifldes, découpées en cœur à la base; corymbes terminaux amples et ramifiés; capitules nombreux à fleurs du rayon lilas vif, et à fleurs du disque pourpre sombre.

Burionia scabra (Id.). — Nouvellement réintroduit (il était perdu depuis 4800), ce petit arbuste de serre froide, au port de TËrica, est buissonneux, ù petites branches effilées, rigides, garnies de très petites feuilles dressées, imbriquées, alternes, formées de 3 folioles linéairessubulées^ terminées en crochet; fleurs axillairesd'un beau rose, à carène coccinée.

Thébat-Larché.

DERNIÈRES NOUVEAUTÉS

Celte année nous continuerons, comme par le passé, à rendre compte des nouveautés obtenus par no^ habiles horticulteurs de la capitale et de la province, et qui vont être mises en vente avant le mois de mai

H. Bernieau, à Orléans, a soumis à la sanction de la Société horticole du Loiret, les Lantana suivants :

Camille Briolet, blanc passant au rose lilacé, à cœur jaune ; très florifère.

JH^ Léon BemieaUf vermillon clair, nuancé vermillon vif.

Pascaline Eénaalt^ ombelle très forte, janne paille passant au violet clair.

Triomphe des mauifif feuiltoge très large» fleur rouge veraûlloo teiulre; très florifère*

TMoiule Bernieau^ oain, buissonneux, fleur jaune soufre^ à C(eur jaune foncé, nuance nouvelle ; très florifère.

La coDomission orléanaise recommande ces cinq Lantanas et surtout les deux derniers, celui-là par ses qualités bors ligne, celui-ci par sou coloris exceptionnel. Elle signale encore chez le même producteur le Géranium zooalô Albert Gombault^ très florifère, à ombelle compacte^ de fleurs rose vif ombré de feu, légèrement bleuâtre.

H. Bernieau annonce en outre les gains ci-après :

Pelargonium à grandes fleurs.

Alexandrs Jullien^ à cinq macules; pétales supérieurs blanc lilacé, maculés violet velouté; les inférieurs maculés lie de vin claire ; très florifère.

M°^*^ Reiidatler^péitkles supérieurs maculés noir, nuancé rouge cerise, bordés rose ciair ; pétales inférieurs saumon ; gros bouquets.

if** Hougier, pétales supérieurs ondulés maculés pourpre ombré feu, veiné lilas; pétales inférieurs rose foncé, centre blanc.

if me i^Qfi /?^rnt>at(, pétales supérieurs plissés, cerise pourpre, bordés rose, maculés marron foncé; pétales inférieurs rose strié rouge ; coloris riche.

Ambroise Verschaffelt, pétales supérieurs rose, maculés pourpre à reflet argenté; pétales inférieurs rose centre blanc ; magniflque de floraison.

P. sonale: Théodule Bernieau^ nain, rouge vermillon veiné rouge vif, très florifère.

Id. Lamie Heulin^ fleur énorme, minium vif, cenlreblanc Id. Roi desmassififf rouge carmin foncé à centre blanc; vigoureux et superbe .

Fuchsia :

Président /. Baumatm, fleur grande, tube rose chair; sépales caroés à pointe orange; corolle campanulée,ponceau vermillon brillant.

Adolphe Charrié, tube et sépales rose brillant; corolle rouge feu nuanci violet.

Artiste Salesses^ tube et sépales rouge cerise foncé ; corolle violet flammé rouge.

JBfenri J)etMy, calice gros, blanc pur ; corolle campanulée rose vermillon.

StricUa elegantUstma, calice craoïoisi brillaot; coroUt bien foneé panaché et flammé rouge cnimoisi vif.

Siriata flore pleno, rouge cramoisi ; corolle donble, bien foacé, strié et panacbé.

Ces deux deroiëres rentrent dans la section. Tune des panachées, Pautre des,dottbles.

HibncusTimeas ipeciosissimus^ fleurs de 45 cent, de large, rose vif à ongtet pourpre noir.

H. Charlet, à la Guillotière (Lyon), annonce les 45 verveines ciaprès qu'jl a obtenues : (ses succès sont déjà connus dans la culture de ce genre de plantes).

Archimède, rouge, intérieur poncean, centre bleu^ grande fleur.

Beauté suprimCy rouge pourpre, centre blanc, remarquable.

CicilienMj lilas clair, centre louge écarlate, très grande.

Clara^ rouge, centre violacé, œil blanc.

Don Diego f rouge carmin, centre pourpre, bords blancs, forte ombeUe.

Gerirude^ rouge corail, grand centre jaune.

La Rosière^ rose foncé, large centre jaune, extra.

Lucienne f beau bleu.

jlfme Damaiziny rose foncé veiné blauc, centre ponceau^ grande.

Mlle Charleij lilas foncé, très grande, extra.

Osiris, beau rouge, cercle ponceau, centre blanc.

OdeUe^ lilas foncé, centre marron amaranthé.

Pellonia, beau rose, cenire pourpre, très velouté, grande.

Souvenir du 23 août^ pourpre, centre noir, œil blanc, extra.

Ulysse, carmin, centre pourpre, œil jaune^ moyen.

M. BoucHAALAT atué, à Lyon, met en vente une série de Pétunia doubles quia remporté le prix d'honneur à la dernière exposition de la Société du Rhône. Cette collection a été admirée constamment et se recoaimande tant sous le rapport de la nouveauté que sous celui de la beauté. M. Boucharlat les a acquis de M. Bailloud.

Hendersonm, rouge carminé, passant au violet clair.

Léopold I<^', rose vif nuancé blanc et lilas cendré.

L ImpératricSy blanc cendré nuancé lilas bleuâtre.

Lindlejft rouge carminé, calice allongé.

Jinfi Miellex, blanc crème, nuancé rouge et violet.

Napotéim ///, violet pourpré, nuancé blanc, lilas et ardoise.

Beine Blanche^ blanc pur, plus large que le type. Beine Victoria^ lilas cendré, lavé de violet et de blanc. Beveilliiy blanc lavé rose vif.

Van Houilei^ blanc cendré passant au bleu lilacé clair.' Verscha/feiti, rose lilas passant au lin bleuâtre. William Bollison^ rose franc passant au bleu d'outre-mer^

Thébat-Larchf

COURRIER HORTICOLE

Mon cber Herincq,

Dans la correspondance que vous m^ivez fait parvenir, quelques-uns de vos abonnés me demandent des renseignements sur le système Ordi' naire relatif aux bouquets de bal, et sur le nouveau mode de taille des arbres fruitiers mis en avant par M. Dubreuil. En deux alinéas, je vais les satisfaire.

Le médecin maçonnais qui espère voir le Camellia emprunter Todeur du Dahlia, s'écrie chaleureusement : a Toute danseuse aurait trois boo- « quets réunis en un seul, mais pouvant se subdiviser. L'orchestre ins* a crit : contredanse^ chaque danseuse prend alors à la main l'un des <c trois bouquets ; le bouquet de Roses, par exemple, comme fleurs aussi « anciennes que les contredanses. L'orchestre inscrit : polka^ mazourka, « toute polkeuse se pare d'un bouquet de Camellias, fleurs plus nouvelles. m La ra/^^, aurait pour indice un bouquet AeWoWMes^ et les lanciers, € une Grenade. De cette manière, tout danseur saurait à qui s'adresser « pour danser, polker ou valser. » — Fameux, fameux! vous voulcx épargner aux cavaliers, le refus:;> ne danse pas^ motivé souvent à cause du sujet; et vous mettez en évidence les dames qui font tapisserie, malgré leur désir de tourbillonner. Avez-vous réfléchi docteur, à la saison des fleurs que vous proposez ? Si vos articles étaient payés à tant la page, comme dans telle Berne où les hommes de talent ne veulent plus écrire, je comprendrais cela.

Le nouveau système du professeur Dubreuil peut se résumer ainsi : Un jardin fruitier sera divisé par plates-bandes de ^ de large, séparées par une allée de i^. Au milieu de ces plates-bandes, seront enfoncés de 50 cent, des poteaux cylindriques, sulfatisès, de 3^,50 de long sur

< 4 cent, de large ; la distance entre deux sera de 6* environ. Des fils de fer galvanisés n* 4 4, passent sur le sommet de diaque poteau en triter* sant un piton vissé et vont se rattacher au mur de clAture ; deux lignes de fils de fer perpendiculaires Tune à l'antre seront donc tendues au sommet des poteaux pour les maintenir. Sur chacune des deux faces de la ligne de poteaux, quatre (ils de fer semblables seront placés à Taide d'un roidjsseur, à distances égales, et transversalement, pour former treillage. Les Poiriers seront plantés sur deux lignes à 30 cent, l'un de l'autre, en les alternant do chaque c6té, ce qui fera 40 sujets sur deux rangs, plantés entre deux poteaux. Une baguette verticale aittcbée sur les fils de fer à la place de Tarbre, sert à le diriger dans la forme coT' don vertical qu'on obtient par un pincement rigoureux. On établit en outre un cordon horizontal de Pommiers paradis à 35 cent, des bords de la plate-bande. D'après Vauteur, cette nouvelle méthode serait beauooup plus avantageuse que celles des pyramides et quenouilles, attendu que le nombre des branches de charpente dans un espace de terrain donné, est de moitié plus considérable, ce qui est à considérer dans la production des fruits. Il ne dit pas comment s'arrangeront les racines de ces arbres plantés à 30 cent, les uns des autres; c'est cependant bon à savoir.

Un système analogue, quant au treillage, vient d*étre appliqué à la culture de la vigne, dans le département de l'Aube. Les ceps sont écartés de 4% la taille laisse un long sarment; au printemps suivant on le rabat k moitié et on allonge do nouveau sur les 8 ou 3 plus beaux brins. La branche n'est jamais ployée ; un pied de vigne forme par son ensemble une queue de paon. On ne laisse pas de bois plus flgè de 3 ou 4 ans, on le rabat sur une jeune branche, ou on le rase au pied pour continuera le tailler iQog et à le rajeunir. Le pincement des pampres se fait avec des cisailles; la culture avec un sarcloir-charrue; les treilles sont distantes de 4i>^,30 ; et les pieds de vigne sont plantés sans subir de recoucouchage dans un terrain amendé, non fumé. Cette culture est pratiquée depuis 40 ans par M. Gentil, à Villeneuve. D*après la comparaison faite par une commission s| éciale, les frais d'entretien se réduisent à peu de chose, et la production atteint un chiffre énorme.

A la dernière exposition de laSociélè d'horticulture du Rhône, H. Vil^ lermoz a fait voir un blé nouveau, qu'il propage avec une louable persévérance! Cette variété, obtenue par M. Galland, de Ruflec, qui lui a donné son nom, est supérieure sur toutes les autres par sa robusticité, et son rendement en poids et en volume. La Société agricole de la Cha-

renie a eoii»tat6 que sur uo espace de 33 ares, M. Gallaod a récolté 44 hectolitres 42 litres pour S5 litres de semence, soit 44, 48 pour un; chaque hectolitre pesait 76 kilog. Une autre parcelle ensemencée avec 5 kilog. de blé Galland a produit 4 hect. 50 litres, du poids de 75 kilog. soît 67 1 /â pour un ; c'est un gros blé blanc à barbes.

L'honorable Secrétaire de la Société du Rhône avait encore de superbes Pèches de Syrie, que la Société d acclimatation répand sous le nom de P. de Tullins. Le Truit est très beau et très bon, Tarbre est généreux et se reproduit par le semis; en plein air où il réussit, le fruit acquiert plus de saveur qu*en espalier; sa grande production pourrait Taflaiblir, alors on taille chaque année les jeunes rameaux pour les raviver. L^ Pêche de Svrie, dontia maturité arrive en septembre, est jusqu'ici la plos recommandable des variétés de plein vent.

Dans notre dernier courrier ; nous avons omis de jeter un mot de regret sur la perte de trois hommes dévoués à la science horticole, en attendant que les Sociétés, dont ils étaient une des lumières, publient sur leur vie laborieuse une notice nécrologique. Delaire, chef du Jardin botanique d'Orléans, s'est éteint à Fâge oii Texpérience éclaire nos travaux; son flls jeune encore, mais intelligent, lui succède malgré les cabales, Hamon, chef au Jardin des Plantes de Lyon, s'est éteint presque subitement au mQment où le déplacement des collections du jardin» transportées au*parc de la Téte-d'Or, allait réclamer ses soins et sa direction; un jeune horticulteur-botaniste distingué, U. Denis, est sou Successeur. Enfin, l'honorable M. Rousselon, ancien directeur des Annales de Flore, et rédacteur de la Société horticole de Paris, est mort au champ du devoir, la plume à la main; son remplaçant est un nom complètement inconnu dans Thorticulture.

L'Angleterre vient de perdre aussi un nom célèbre; le duc de Devonshire, propriétaire du beau domaine de Chatsworth, est mort à 68 ans. On connaît les dimensions colossales de ses serres et jardins d'hiver où l'on peut s'y promener en voiture, ainsi que le sacriflcc annuel qu^il faisait d'une somme prodigieuse, pour maintenir ses richesses végétales au premier rang. Ce Mécène de rhoriiculture avait un imitateur en France, dont on ne peut prononcer le nom sans raccompagner d'un douloureux regret, c'était M. Pescatore, de la Celle-Saiot- Cloud. Qui ne se souvient de ses uniques collections d'Orchidées tant admirées aux expositions de Paris et de Versailles ! Le ducDevonsbire a eu longtemps pour jardinier en chef, le savant Joseph Paxton, devenu

depuis, architecte du Palais de Cr»ta), membre de la ctaambre des communes et décoré de plusieurs ordres.

L'Angleterre qui semblait avoir le privilège des sociétés de lègumistes a trouvé des partisans en France, qui se seraient réunis le jour de la Saint«Ftacre en congrès, ou plutôt en banquet, cbez Tun des princîpattx maraîcher des environs de Paris, — s*il faut en croire un jouroal qui ooos raconte souvent, sous une forme badine, les choses les plus sérieuses. Inutile de pénétrer dans le menu du dîner composé exclusivement de produits maraîchers arrangés par le Chevet de Id Sociët<^. En face de la place d'honneur était placardé le calendrier hygiénique ckdlasenMûAe pythagoricienne ainsi conçu :

1^ dimanche, jour du Soleil — des Pois chiches ;

Le lundi, jour de la lune — des Lentilles ;

Le mardi, jour de Mars •*- des Epinards ;

Le mercredi, jour de Mercure — des SalsiGs ;

Le jeudi, jour de Jupiter, dit le dieu du tonnerre -- des Haricots!

Le vendredi, jour de Vénus ^ des Gboux^fleurs ;

Le samedi, jour de Saturne — de la Chicorée.

Nous livrons ces lignes au journal belge illustré j qui nous promet de oevs immiscer dans le langage supposé des fleurs, pont* qu'il veuille bien nous expliquer la langue des légumes.

Plusieurs expositions sont déjà annoncées pour t858. Versailles ec AlcDçon projettent la leur pour le 17 mai, en même temps que le concours régional. Nancy ouvrira la sienne h 28 avril; son comité d'horticulture propose un concours d'arbres fruitiei's de pépinière qui seront visités au moment de la floraison^ elle en a, dit-elle, d senti la nécessité.-» Nantes, projette son exhibition de Camellia et de Bruyères, du 6 au 8 mars (4), et propose des primes de 30 à 80 fr. pour les horticulteurs pratieieus de la Loire-Inférieure, tandis que les étrangers et les ama-leurs recevront des médailles. Cette idée aura<*t-eile du succès? Nous verrons bien.

On recommande la composition suivante pour remplacer le guano du Pérou toujours d'une cherté excessive :

PouHOO parties;

50 cendres de bois ; 33 sang de bœuf;

(r, La Société naotaise vient d'annoncer la remise de cette exposition aux 20, U et 22 du même mois.

10 ebaux vive en poodre ; 5 fumier de moaton ou de colombe ; S nitre brut pulvérisé;

Mélangez dans une cuve, exposez à l'air pendant l'hiver; au printemps, ajoutez des quantités convenables aux arrosements des arbres fruitiers.

Les Anglais, toujours en quête d'inventions, viennent de trouver le moyen de chauffer les appartements et les serres au moyen d*un appareil dont la Terme ressemble à un fnmivore de salon ; un large tube à ^intérieur contient de l'air chauffé par une colonne d'enu maintenue entre leis parois du tube et celles de l'appareil ; cette eau acquiert son ca** lorique par 2 petits tubes serpentant autour de la chambre à air chaud, à la base desquels tubes spirales 12 becs de gaz sont amenés de l'extérieur ; un appareil contenant 24 litres d'eau coûte 130 fr.; se méfier des fuites de gaz et des explosions.

L'Italie a découvert le moyen de procurer une odeur voulue aux fleurs, en faisant subir préalablement à la grainci une infusion dans l'essence du parfum désiré. On ne dit pas si les facultés germinatives ne sont pas détruites après cette opération .

Les Belges ombrent leurs serres en étalant sur les vitres, avec une lai^e brosse à poils doux, une bouillie très clair préparée avec du lait et de la farine de froment. Cette couche résiste à la pluie et laisse filtrer la lumière à la façon du verre dépoli.

Une maison horticole de Luxembourg annonce le pendant du chou colossal : le Bijou des Fraises. Il s'agit d'un Fraisier arbuste atteignant 50 cent, de haut, et dont les longs rameaux se couvrent de fruits magnifiques et très bons, dit-on, jusqu'aux gelées. L'étiquette est trop séduisante pour ne pas tomber dessus. C'est du même fourneau que sont sorties les Roses Futur Empereur des Français^ et Souvenir du baptême de l'Enfant de France^ dont la vigueur est inconnue. Le journal Rose- Polyglotte que vous m'avez prié de laisser dans l'ombre n'en parle pas. Il est vrai qu'il considère Etendard de Marengo, prince de la Moskowa, etc., comme moins vigoureux que Louise Peyronni, baron Heckeren.... •

Je termine cette macédoine, mon cher Hérincq, en souhaitant à vos abonnés des jouissances toujours nouvelles, au milieu de leur jardin, el à l'Horticulteur Français^ la continuation du succès qui ne l'a jamais abandonné.

TniBAT-LAECOJi.

TAIU m lATItRES

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