NOUVEAUTÉS HORTICOLES
Dans toate chronique» Ventrée en matière est ordinairement de rigueur, représentée qu'elle est dans une douzaine de lignes bavardes ; cette fois-d nous pouvons hardiment sauter à pieds jomts païKlessus toute espèce de préambule superflu, parce que les faits sont là que nous constatons et que nous ne discutons pas. Donc, nous allons entrer en sujet et passer en revue les dernieis faits et nouveautés horticoles.
Les importations, les bonnes et nouvelles découvertes horti* coles ont été nombreuses dans ces derniers temps, et naturdlement toutes n'ont pas été vulgarisées; cela s'explique. En revanche les piètres nouveautés ont trouvé pas mal d'adulateurs dans beaucoup de journaux; en voici une preuve dans cette première découverte excessivement savante qui tranche bien des questions et dont je vais vous faire part.
Extrait de plusieurs jotarnaux :
« Un horticulteur italien vient de faire une intéressante découverte. D'après lui, toute plante inodore peut acquérir le par* fom que Ton veut« La graine ou la racine de la plante est mise en infusUm dans une essence tirée de la fleur dont il s'agit de lui transmettre le parfum ; on les fait sécher puis on met en terre. »
Cette découverte nous a valu plusieurs lettres qui nous ont été adressées pour avoir des renseignements. Les publier toutes serait oiseux; nous ne ferons l'honneur de la publicité qu*à la suivante :
Monsieur,
)'ai lu l'autre jour dans le journal qa'on pouvait donner
aux fleurs des jdantesleparfum qu'on voulait, en laissant infuser la graine ou la racine dans l'essence de la fleur dont on veut innsDiatire le parfum.
Seriez- vous assez bon, Monsieur, de me dire si cette infusion doit se faire à chaud ou à froid.
Agréez, 7L X,
Quand des choses pareilles se trouvent dans ua siècle aussi iumineux que celui où nous vivons, et qu'on les annonce avec le sérietix d'un homme en habit noir et en cravate blanche, il ne faut désespérer de rien. Le sol italien surtout, est toujours le même ; aussi fécond en imagination et découvertes iiUéres* santés en horticulture. Beau privilège, <]u'il possède senl^ da charmer dans un art qui déshonorerait une autre nation.
Autre découverte. — Un arboriculteur vient d'annoncer, que te Poirier est attaqué par plus de 1 50 espèces d'insectes qui vivent à son détriment. Il apprend en même t^mps qu'il dénoncera et qu'il fera connaître prochainement les noms de ces 1 50 espèces déjà connues et les recettes propres à la destruction de chacune de ces races vouées à l'exécration humaine. Ainsi, arboriculteurs, tenez-vous prêts pour juger et exécuter ; car en faisant un simple calcul on voit que les 1 50 espèces d'insectes représentées seulement par 20 individus de leur maudite clique, font 3000 bêtes féroces s'achamant après votre Poirier qui n'aura peut-être que un ou deux mètres de hauteur.
On se demande ce qui restera du Poirier quand ces 3000 bouches se seront ouvertes une seule fois I
Mais aux grands maux les grands remèdes ; il parait qu W cette occasion on fera usage d'un procédé, très poli d'ailleurs, oonnu depuis 1857 seulement, pour la destruction *des fourmis, et qui consiste à leur offrir une prise de tabac. Voici comment i>n s'y prend: «Quand on voit dans son jardin les traces des Courxnis, on sème, sur leur passage, du tabac à priser exoessivement fin ; les fourmis n'ayant pas rhabitode de renifler ce nar^ 00 tique, fon^ des efforts inouis pour ètenmet^ se brisent ou se rompent le crâne, et la mort est certaine. »
E serait beaucoup plus simple, je orois, de Cure usage^ du procédé Poulet; une bastonnade bien appliquée à son. Poirier, tuerait infailliblement les 3^000 insectes qui pourraient s'y trouver. Avantage que M. Poulet n'avait pas prévu \ aussi quand M. Poulet prendra un brevet d'invention, pour son savant procédé, nous en réclamons la moitié.
Au moment ou nous écrivons ces lignes, on nous demande si ce Poulet ne serait pas un Canard ?
Continuons^ mais passons au sérieux de notre revue.
Dans un des derniers numéros de 1857 de YHariiculteur prançais^ nous avons donné' un choix de planies les plus re* wmmandables dans presque tous les genres de culture* Biais comme du jour au lendemain on a des nouveautés à signaler et à recommander, et c'est ce qui est arrivé, nous ajoutons aujourd'hui à notre premier choix, un second et nous signalerons chaque fois les bonnes et nouvelles plantes qui se présenteront à notre jugement. Généralement les belles plantes de serre sont beaucoup plus nombreuses que celles de pleine terré, maiir parmi les premières il en existe passablement qui livrées en pleine terre en été acquièrent des dimensions beaucoup plus considérables que dans les serres, et se mettent parfois à floraison ; nous ferons connaître particulièrement ces plantes qui peuvent faire irruption, avec tant de bonheur, en pleine terre en été, espérant par là rendre service à Thorticulture ornementale.
C'est ainsi que nous rappelons à l'attention des amateurs et des horticulteurs, le beau genre BegùniUy dont presque toutes les espèces sont recherchées pour leurs fleurs et la beauté de leurs feuilles; peu sont connues qtd ne produisent, en pleine terre en été, des massils de toute beauté, surtout quand on a soin de les garantir un peu contre les vents desséchante de l'JSst , et des rayons d'un soleil trop ardent.
Dkans un prochain numéro nous iteviendrons sur la cultu^
de ces plantes et des meiUeures espèces^ tuiétés et hybrides qpi existent aujourd'hui, propres à la décoratioD des parterres.
Le Cyperus papyrus brille de toute sa majesté en pleine terre en été près des eaux, de même que les superbes graminées
Panicum sulcatum, Penicillarîa typhoïdea.
Nous recommandons ces deux plantes qui sont d'un bel effet dans les jardins.
Le nombre des bonnes plantes à beaux feuillages a beaucoup augmenté ; parmi les plus dignes, il faut citer les
Jacaranda velutina ; Coccoloba cordifoUa.
Généralement tous les Rhopala, genre connu à peine depuis quelques années; toutes les espèces sont belles. Les plus remarquables senties
Rhopala princeps, — Silalfolia.
Les Oreopanax gracile et O. lanigerum sont de fort belles plantes.
Le Putzeysia rosea, nouveauté mise au commerce par liuden^ est une hippocastanée et non une Araliacée comme cette plante a été annoncée. A moins cependant qu'il y ait encore cette fois-ci deux genres de plantes portant le même nom et appartenant à deux familles bien différentes et très éloignées, comme il est arrivé pour le
Halodendron (Dupet. Th.)^ qui est une Vexbenacée» . Halodendron (D. G»), qui est une PapiUonacée.
La même contradictien s^est produite pour le genre Purshia (D. G.), qui est une Rosacée, Purshia(Raf.)> qui est une Haloragée, Purshia (Spr.), qui est une Gaprifoliacée.
On peut certes espérer plus de clarté et moins de tâtonne* ments dans la nomenclature botanique. On pourrait de mêmedésirer des noms moins barbares» pour les nouwaux genres
^ m qui n'impmnent pas de grimaces à une job %!■«.&. le £olpift0»n, noorafiaB gEmt de la lunUle des Labiéei.
Parmi les Musacée&i nous citerons comme très belles les Calathea marantina, Heliconia metallica, — sanguinolenta.
Parmi les Aroldées brillent au premier rang les Catooggia^ Caladiumj jlnthurinm SliqueUmum et Selkmm»
Le Hùtnalomena ceerulescensy est une superbe plante, et le Colacasia encklora^ est sans contredit la plus belle espèce du genre.
Dans les Gesnériacées^ Achimenes, Gesnera^ etc., etc., et autres genres naturels ou bâtards, nous mentionnerons encore deux plantes, les
Cyrtodiera triansa (Tapina splendens), Achimenes punctata (Diastemma caracassana) .
Le nombre des plantes à feuilles panachées, maculées, striées^ est encore augmenté ; nous citerons particulièrement les Âcalypha colorata, Campylobotris argyroneura,.
Guzmannia erythrolepis, Nidularium fulgens.
Les Palmiers deviennent d^annéo en année plus recherchés. Les plus beaux et les plus nouveaux sont : Bactris spinosissimus, Latania rubra.
Les Orchidées rares et belles , sont nombreuses ; nous y choisirons les
Ada aurantiaca, Arophyllum cardinale, Batemania fimbriata, PescatoRa arina, Spiranthes Eldorado.
Pour terminer nous meationaerons partioulièrement le Collectia Bictoniensisy plante fleurissant très abondamment, ei toujours très belle, et le Slatice brassicœfolia.
Louis Ingelrelst.
CUPRESSUS LAWSONIANA.
Chaque année quelques conifères apparaissent sur la scènehorticole 9 et, parmi eux, un petit nombre seulement fixent Tattention par leur beauté ou par les qualités qu ils présentent ; les autres restent confinés dans les collections des jardins botaniques. Nous avons vu dans ces dernières années se répandre les araucaria imbricata, Ctn/ptomeria Japonica, Pinus excelsa^ les Cephalotaxus Fortunei , les Abies Kutrow et Pinsapo, les Cedrus Atlantica et Deodara , les Wellingtonia giganteaj et bien d'autres plus ou moins recherchés. Cette année Thorticulture s'est enrichie du Cupressm ÙMsoniana, bel arbre originaire de la riche Califomie. M. Peter Lawson d'Edimbourg en reçut le premier quelques graines de M. Murray, de» 1855, et il laissa hardiment ses jeunes plants sans aucun abri pendant les deux derniers hivers. Nous ne pouvons donc pas redouter les froids de notre climat pour ce beau cyprès.
Le Cupresivs Lawsoniana attdnt plus de 30 mètres de hauteur et près d'un mètre en diamètre. U a un joli f eutUagie; fort gracieux, et ses branches étalées se redressent à leurs extrémités (1 ). Sa tête ressemble un peu à celle du Cedrus Deodara; son bois, de couleur claire, peut recevoir d'utiles a{iplîcatiens
dans l'industrie.
A. DE Talod.
(\) J'ai pu me procurer cette espèce daos rétablissement Vilmoriu AndrieuK •I Ci«, marchand graioier, quai de laMégisiierie,4>P;»ris.
MALADIE DES PJxNS.
Le journal le NeuchâteUns signale la présence pernicieuse d'un scarabée dévastateur dans les forêts résineuses de plusieurs cantons de la Suisse. Ce scarabée, est le Botrichns typographus dont les dimensions atteignent à peine en longueur de 4 à 5 millimètres. Lorsqu'il se développe en masse , il ruine des forêts entières ; le Pin est l'essence qu'il attaque préférablement. C'est du 1" au 15 mai qu'il essaime. Les deux sexes se creusent dans récorce du Pin, une retraite oîi la femelle dépose de 60 à 130 œufs, qui éclosent au bout de quelques semaines. La présence de ces insectes est trahie par de nombreux petits trous, eomme ceux que cause la grenaille, et que l'on remarque dans Fécorce des Pins et Sapins, par la poussière qui se trouve sur l'écorce et au pied de l'arbre ; la superficie du ironc parait toute rongée; les feuîHes jaunissent et l'arbre tout entier ne tarde pas à périr.
Pour remédier au mal, un inspecteur cantonal des forêts, M. KeeU donne les conseils suivants : 1® Ne plus détruire les oiseaux, tels que pies, grîmpereaux, mésanges et autres insectivores ; 2® Abattre et écorcer les arbres atteints, brûler les écorces avec les insectes qu'elles renferment ; 3* Faire des éclaircies dans les parties des forêts qui sont attaquées ; i^ Éloigner tout bois façonné et tout bois abattu par le vent ou par la neige ; $• Extirper les souches des arbres abattus ; 6<* Terminer les ^upes de bois avant que la sève monte ; 1^ Là ou le mal a déjà pris un grand développement, abattre quelques arf)rcs pendant l'époque où les insectes essaiment afin de les détourner des bois sur pied.
En se conformant à ces recommandations, on pourra du fiioins, dit M. Keel, empêcher que ces insectes ne se multiplient d'une façon inquiétante. — Espérons que nos forêts et
nos parcs n'auront pas la visite de ces hôtes dévastateurs. Nous signalons leur présence dans les pays voisins , afin de mettre nos lecteurs en mesure de les combattre dès leur apparition, si jamais ils viennent à passer la frontière.