‹ L'horticulteur français de (volume 4)Chapitre 92 sur 160 · DU GUANO DANS L'ARROSAGE DES JARDINS · texte numérisé non relu

DU GUANO DANS L'ARROSAGE DES JARDINS

Nos fumures font plus d'effet sur nos récoltes, cette annéeci, que dans les années ordinaires, parce que le| terres, ayant été desséchées plus amplement, ont donné une dose de fertilité à nos champs qui s'est ajoutée à celle de nos fumures pour les enrichir d'autant; car la règle veut que plus la terrre a de chaleur moins elle a besoin de fumier : témoin le sol des volcans étémts qui est d'une richesse extrême, et même les places où Ton fait cuire le charbon dans les forêts et Fécobuage nouvellement exécuté ; témoin aussi le drainage qui, en desséchant le terrain, le rend plus fertile.

Le guano lui-même n'a toute l'énergie qu'on lui connaît qu'à

(4) Extrait de VAgricuUure.

cause du principe que nous venons de poser ; c'est sa grande sédieresse et par conséquent sa chaleur, longuement acquise et concentrée, qui lui donne le mérite de fournir de belles récoltes avec de minimes quantités de cet engrais. On ne remploie guère chez nous que pour les récoltes des champs, oii on le Toît bien réussir partout, mieux cependant sur les graminées et les céréales que sur les plantes légumineuses. Les jardiniers emploient peu le Guano ; cependant, il nous semble que, sans changer leur fumure actuelle, ils pourraient en faire quelques arrosages et tirer bon parti de Ténergie de cet engrais. Mous dirons ici ce que nous avons vu et ce que nous avons fait sous ee rapport.

A la mi-septembre dernier, nous avions dans le jardin deux aires de Poireaux repiqués depuis deux mois ; ces aires étaient nouvellement binées; les Poireaux avaient alors à peu près la grosseur du doigt. Nous avons arrosé une de ses aires de huit jours en huit jours jusqu'au 7 octobre, ce qui fait trois fois, d'un arrosoir d'eau chaque fois, dans lequel nous avons délayé une cuillerée (cuiUère à manger le potage) de Guano réduit en poudre ; nous avons eu soin d'ôter la pomme de Tarrosoir et de ne répandre notre hquide, que nous avions soin d'agiier de temps en temps, que dans une petite rigole formée entre cha* que ligne de Toireaux. L*ei£et de ces trois arrosages a été de n43us donner pour récolte, à la fin. de novembre, sur cette aire arrosée d'eau guanotée, des Poireaux de la grosseur du poignet» tandis que ceux de l'aire non arrosée étaient à peine de la grosseur de trois doigts réunis.

Un de nos voisins, en agissant comme nous, a obtenu des Choux de plus d'un tiers plus gix)s, avec l'eau guanotéÇf qp» ceux qu'il a gardés sans y pratiquer cet arrosage.

Des Fraisiers, Tan passé, nous avaiwt déjà donné la.preuve de la bonté de ce moyen d'arrosement. Cette année-ci, il nous donne, sur des Fraisiers nouvellement repiqués et plantés ^

mottes à la fin de rhiver^ une pousse luxuriante et, aujourd'hui 16 avril, des boutons prêts à montrer leurs fleurs.

Ayant l'épreuve de Veau guanoiée^ nous avions mis duguaoo en poudre au pied de Choux que nous avons brûlés ; sur des Fraisiers dont nous avons roussi et racorni les feuilles ; sur des Navets nouvellement levés et dont nous avons fait évanouir Fexistence; tous essais qui nous font connaître» maintenant, que l'emploi le plus rationnel du guano pour le jardinage, c'est de le répandre imprégné d'eau. l'entends ici parler du guano du Pérou, de celui qui porte la marque : Moniané.

Un de mes correspondants m'écrivait, il y a un mois : « l'ai eu en automne des produits étonnants du Guano du Pérou appliqué au jardinage, en la minime quantité d'une cuillerée par arrosoir plein d'eau, et on m'a aussi vanté le mélange dn plâtre cru en poudre, à partie égale avec du guano, ce que je me propose d'essayer ce printemps. »

Un autre de mes correspondants m'écrivait decnièrement que, a dans une prairie artificielle, on avait semé, sur l'étendue d'un hectare, une quantité minimie de guano en poudre, et que sur un autre hectare, à côté, on avait distribué la même quan^ tité sous forme d'arrosage ; ce dernier hectare avait rendu en foin le double de celui traité au guano sec. )>

P. GoLOMREL. cuUivaitur â Clarville.

COURRIER HORTICOLE

Triste nouvelle, mon cher maître I — Quoi donc) Qu'est-il arrivé, oh mon Dieu 7 La Société centrale anraitrelle découvert un terrain ou celle d'acclimatation serait-elle incrustée dans le bois de Boulogne? — Ncniï. «^ La Revue a donc trouvé un bon rédacteur 7 — Jamais» -^ Estrce le ruban qui viendrait parer le geaij empruntant titre de noblesse et plantes d'exposition, ou

parer Tfiabit officiel d\m gros secrétaire, TindispensableT — Pas encore. — Voudriez-vous parler du fameux procès-anglaiSi démontrant que le noble duc de Devonshire n^était qu'un bâtard changé au berceau?... — Chut 1 — Serait-ce le démenti donné à M. Duperron par MM. Thuillier d'Amiens et Morel de Lyon» ou la suppression de YHorticukeur français dans la Revue bibliographique des Annales de Paris ? — Vous n*y êtes pas. — Alors les pépiniéristes de Lyon sont donc toujours antipathiques aux fleuristes? Leur journal aurait-il fait tomber la Société impériale? Le titre de Membre honoraire ne serait-il plus couru par M. Lucas, ou par un fonctionnaire de la Société de Pontoise, ou par un président du Nord-Ouest? — Non, cent fois non. Il

s'agit d'une querelle assez vive siu^enue entre deux —

Silence ! — Vous connaissez les statuts des sociétés d'horticulture fondées toutes par Tunion, la concorde, Téniulation. A les entendre, on devrait s'embrasser à chaque séance, et voilà qu'elles ont laissé pénétrer le dieu Mars dans l'empire de Flore. Deux sociétés siégeant dans la même ville, et, vivant jusqu'ici en plus ou moins bonne intelligence, viennent de se déchirer publiquement d'une façon aussi indigne que regrettable. L'une a dit ou à peu près : vous êtes des croûtes et des perruques ; l'autre a riposté : Et vous des galopins et des jaloux. — Nousn'avons pas l'intention de développer ce débat que les honnêtes gens apprécieront ; nous voulions constater cette scissionunique dans l'histoire et qui ne finira probablement que par une fusion présidée par une célébrité étrangère aux deux corps.

La Société centrale de Rouen a le même jour, chatouillé l'amour-propre de sa sœur des Bouches-du-Rhône en déclarant que les délégués au Ck)ngrès botanique n'avaient pas plus rencontré de jardins et de serres à Marseille^ que dans le plus ar^ riéré village du Limousin. Mais aussi, les méridionaux se sont rebiffés : troun dé Vair !

'La Société d*lUe-et-Vilaiiie qui fait moins de bruit et plus de liesogne, recommande celte année» d'après son jardin d'expé^ riences, les quelques légumes suivants : Chou poimu de Wirmingstadlj Chou tête de morU Chou-rave blanc (celui-ci pour Tamateur) ; Fève impériale Tkiek ; Haricot comtesse de Chambord, très fertile, tardif; Haricot borotto. hâtîf^ nain et sans parchemin comme le précédent ; Haricot beurre blanc nain^ ou blanc nain d'Alger, très bon et précoce. La Laitue de Russie paraîtrait identique à celle d'Amérique. La Chicorée de Fiepus , les Navets Snow ball^ noir plat et violet de Petrosawoods ont doimé de fort beaux résultats. Nous en dirons autant des Pommes de terre la Généreuse et la Fermière picarde supérieures en qualité, en rendement à leurs congénères ; la maison Bossin-Louesse, de Paris, les propage avec zèle; on doit Ten remercier. En fait de légumes expérimentés la Société de l'Aube cite avantageusement les Courges nouvelles du BrésiU musquée, mebnnécy verte à turban, de l'Ohio, blanche, de Messine^ marron, de Laussagne et Giraumon-turban , ayant la chair plus moelleuse ^et d'une plus longue garde que Tancien Potiron. Les Sociétés de Bordeaux, de Marseille et de la Sarthe ont publié de très bonnes notes sur les Cucurbitacées. Nous avons vu passer de nombreux groupes de Courges et de Melons, au cours de culture professé par M. Decaisne, au muséum. Le Melon.... végétal a été de toutes les époques; sous Tibère, on en cultivait sur couche ; Louis XIV exigeait un melon sur sa table royale le jour du vendredi-saint ; de nos jours la course au melon, le premier mûr, est renouvelée chaque année avec ardem\ par les primeurisles, les jardiniers de châteaux et les banquiers.

L'Anjou a vu naître comme toujours des Roses inédites, dont le Comice de Maine-et-Loire publie la description. Il décrit aussi le Robinier à une feuille, obtenu par M. Deniau ; la Viola hamata trouvée par M. Millet; les raisins Duc de Malakaff^

GénércU la Mqrmaraj maréchal Bosquet, hfibride é" Isabelle et Willon^ dus à M. Robert^ successeur de Vibert.

Beaone, ville renommée par ses bons vins, disent les statistiques agricoles, et par ses Dahlia nouveaux, ajoutent les statistiques horticoles, possède, pour cette plante, un des plus heureux «emeurs français, M. Félix Poulet. Les amateurs ont vu quelques nouveautés d'élite exposées à Beaune et à Dijon : Duchesse de Bourgogne, gr. fl., lilas nuancé pourpre. RadiatOTy fi. moy. cramoisi marron, pcnnté blanc. Étoile de Beaune ^ fl. gr. blanc rubanné ponceau. M. Miellez, l'habile fleuriste d'Esquermes, s^est empressé de les acquérir, ainsi qu'une Verveine gagnée par le même. Cette Verveine, à large ombelle, présente des fleurs d'une grande dimension, de forme parfaite, à fond rose tendre, relevé au centre par une forte macule carmin vif.

La Société d'agriculture de la Côte-d'Or nVt-elle pas proclamé par l'organe de l'un de ses docteurs r c pour récolter des truifes, semez des chênes, la nature fera le reste. » Un autre docteur Dijonnais a répondu dans son journal : «c Pourquoi ne trouve-t-on pas des truffes dans tous les bois de chênes? v — Les savants s'amusent ; si du moins ils nous amusaient I

Un troisième docteiu*, non diplômé, qui passe plus de temps à son bureau que dans sa serre, écrit gravement, dans un journal belge, une tartine pomolophobique dont nous extrayons ce passage : « Les pomologues belges ont seuls doté l'arboriculture des nombreuses variétés de poires que nous cultivons dans nos jardins, et dont la parfaite réussite assm*e plus que jamais une production annuelle resserrée en raison de nos besoins actuels. »

Et c'est un français qui écrit un pareille balourdise ! Gomme on réfuterait son article à chaque mot, surtout quand il remplace dans les vergers la Cresane et le Saint-Germain par le Doyenné d'hiver et le Beurré d'Aremberg f Qui donc a jamais

planté la Gresane et le Saint-Germain à haut vent? Ignores-

vous, académicien de Gand, que les pomiculteurs (français

et étrangers) recherchent, pour la grande production, des yanétés plus rohustes encore que le Beurré d'Âremherg? Ne causez plus pomologie; racontez plutôt la culture de Toeillet, du rosier^ et l'emballage des plantes.

Autant de l'artide de M. Scheidweiler^ qui propage le Cerisier par boutures (reproduit à Nantes, Marseille, Paris), ou sa théo* rie prouvant ou ne prouvant pas que les arbres fruitiers greffés à haute tige de sauvageon, sont plus vigoureux et moins sujets aux morsures des lapins que lorsquUls sont greffés rezlerre.

On peut placer au même niveau, le nouveau procédé imaginé par une Revue horticole, pour rendre instantanément la fraîcheur aux fleurs fanées : « 11 suffit de couper l'extrémité de la queue et de la tenir quelques instants sur la braise. La chaleur rend plus fluide la sève restant encore dans la tige et la fait re* fluer dans la fleur. » — En avant la musique I . . .

Nous avons cité trois Dahlia de choix ; en voici qui ont reçu la consécration de la culture et qui sont recommandés par M. Bauduin, de Loos : Triomphe de Pecq^ Défi^ Oriflamme, Triomphe de Toumay, M^' Rhoné, baronne de Moxuin, M^ Armet^ Belge faem. Optimus, SansSouci, Hélène Carnet, Amadis, Comte de Momy, Prince impénal (Laloi), Justin Haudas, Mina Jœnicke, Galaîhée^ Vénus de Médicis, Fanny Dodd, Lady Paxlon, Chérubin j M. Paul Labbé, Girandole, Triomphe de MoniesquioUj Roland, Doctor, Gully, Royal-white. Ce ne sont pas des nouveautés de Tannée mais ce sont de bonnes plantes. Le genre Glaïeul voit arriver dans ses rangs , quatre nouveau-nés^ qui éclipsent la plupart des plantes déjà connues, par Tampleur de leur hampe et la richesse de leur coloris ; ce sont Eugénie Verdier, M^ Eugène Verdier, 0. Lesouyer^ Victor VerdieTj obtenus et mis en vente par notre collègue Eugène Yerdier, fils ahié.

La nomenclature des fruits s'est enrichie de quelques variétés étudiées par leurs patients semeurs, et soumises à l'appréciation des Sociétés d'horticulture; telles sont les Poires JSergamotte^ Reinette, Sucrée blanche^ Doyenné du Cercle, Beurré du Cercle^ du Congrès pomologique, Passe Crassane^ belle Rouennaise, sept variétés à fruits moyens ou assez gros, de bonne qualité, dégustées et décrites aux séances du Cercle de Rouen ; l'obtenteur est M. Boisbunèl de Rouen. M. Mérard, de Vaise a vu recommander par le Congrès de Lyon, au milieu de tous ses gains, son N* 7 et son Colmar de Mars. La même autorité pomologique a classé parmi les sortes méritantes, la Poire Prémices d'Écully, gagnée par M. Luizet père, et la Bergamotte Auguste Jurie, fruit précoce dû aux semis de M. C. F. Villermoz, et dédié à un homme dont la modestie égale le dévouement à l'horticulture.

Allons, MM. les semeurs, soumettez vos grains au Congrès ; apportez, M. Barthère, vos pêches et votre Tardive de Toulouse analogue au Bretonneau ; et vous, M. Baumann, votre Berga* motte Hertiich, supérieure^ dites- vous, à l'ancienne Fortunéey et nous vous les achèterons de confiance. Mais n'allez pas les envoyer à la Société Van Mons qui en changerait les noms comme elle a fait pour les prunes suivantes : au lieu de Virginale à fruits blancs. Virginale à fruits rouges, Royale de Lucas, Royale de Siebenfreund, etc., la docte assemblée prononce: Blanche de jeune fille, Pucelle rouge, Empereur de Lucas, Des sept amis du Roi, etc.

Terminons cette longue causerie, en rappelant les noms des trois hommes dévoués à la science horticole et trop tôt moissonnés, hélas ! M. Bernard de Rennes, président de la Société de Versailles ; M André Donkelaer, chef au jardin botanique de Gand ; M. H. Galeotti, directeur de la Société du jardin botanique de Bruxelles. thébat-la&ghé.

Parts. ^ liUir. Uurtiaae de J.-B. Gaod ei Donnaoo, rii« CasMtte» .

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