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DE LA CULTURE ET DE LA MULTIPLICATION DES

RHODODENDRUM (2).

Les Rhododendrum sont certainement un des plus beaux c»> nements de nos jardins par l'élégance de leurs fleurs et la beauté de leur feuillage. Beaucoup d'espèces ou variétés abandonnées à elles-mêmes prennent souvent une forme défectueuse; dès leur jeunesse une ou plusieurs brauches s'emportent au détriment des autres, et une plante, qui pourrait être charmante, dôvieiit un buisson informe. La difficulté que plusieurs pe^ sonnes éprouvent à faire fleurir cette plante, pourrait être façilement évité©, avec quelques soins bien entendus, et ne pnve- WX pas les massifs de leur principal agrément. Ces fâcheux ré-

(4) Rusticité des Rhododendrons do Sikkim-Hymalaya Gardner'ChronIde — 4 865.

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8ult4t$, d(mt j*ai trop souvent été témoin, m'ont engagé à vous présenter ces observations, dontrexpérience m'a prouvé la just- (esse.

Pour obvier à Tinconvénient dont je parlais tout à l'heure, dès qu'on s'aperçoit qu'une plante a tendance à pousser plu^ d'un côté que de l'autre, il faut, au printemps, casser le bourgeon qui termine ses branches avant que les nouvelles feuiUe« ^ient développées, c'est-à-dire quand l'œil terminal n'est poussé que de 0°" 03 à 0°^ 05 ; on le casse facilement en le pou^ sant avec le doigt. Il résulte de cette opération, que la sève, se trouvant ainsi refoulée, favorise le développement des bourgeons du côté faible, que Ton arrêtera, à leur lour, quand ils auront atteint la hauteur voulue pour former un buisson bien arrondi.

Depuis bien des années, je traite de cette manière les iZApdodendrum^ et la pratique m'a démontré qu*au moyen de l'ébouiv geonnement, non-seulement on a lavantage d'avoir des plantes bien ramifiées, plus basses, et, par conséquent d'une forme egréable, mais encore il provoque considérablement le développement des boutons à fleurs, même de la plupart des espèces reconnues très-difficiles à fleurir ou ne fleurissant que quand la plante est vieille. En supprimant Toeil terminal, on empêche très-souvent la plante de faire deux pousses successives dans la même année ; la sève se répartit dans les yeux qui sont à sa base, au nombre de trois ou quatre, et même davantage, selon Tespèce ; ils se développent avec plus de facihté et poussent ensemble moins long que n'aurait été le bourgeon terminal ; presque toujours, des boutons à fleurs terminent ces nouveaux bourgeons. Si parmi ces derniers, il y eti avait un ou deux qui aient poussé plus vigoureusement que les autres, ou qu'ils soient mal placés, on pourrait les supprimer (1).

0) SI ron a bMOin de greffes plus tard, on les laissera jusqu'à ce moment, et ftttltt •mplaieri dé préfereooc à tatite antre.

On peut également remettre en équilibre des plantes déjà vieilles qui auraient poussé d'une manière inégale et qui se* raient dégarnies à leur base, en rabattant le côté emporté à la hauteur d'un verticille de branche bien formé et placé le plus bas possible, ou à la hauteur du côté opposé, et en ébourgeonnant ensuite toutes les branches, excepté celles qui seraient trop courtes, selon la place qu'elles doivent occuper.

Je crois devoir parler un peu de la terre qui convient aux Rkododendrum et de l'exposition qu'ils préfèrent. Tous les ho> ticulteurs, amateurs ou marchands, savent qu'ils ne végètent bien qu'en terre de bruyère ; mais la terre de bruyère n'est pas la même dans toutes les contrées, et toutes ne possèdent pas la terre de première qualité pour ce genre de culture. Ici, elle est trop sableuse, trop légère ; là elle est trop tourbeuse, trop compacte, et souvent ces terres différentes sont trop éloignées l'une de l'autre pour que l'on puisse s'en procurer et les mêler ensemble en parties égales, ce qui ferait une terre excel* lente.

Le Rkododendrum, dans la terre tourbeuse, pousse avec vigueur à certaines époques de Tannée, parce qu'il aime un sol frais et un peu humide; mais aussi, quand il fait sec, dans l'été, cette terre devient excessivement dur, et, s'il vient à pleuvoir un peu, ou qu'on l'arrose, l'eau coule dessus et va se perdre dans les fentes que la sécheresse à faites au sol. Pour rendre cette terre plus perméable, il est bon d'y ajouter un sixième de sable de ravin, bien tamisé ; la terre ne doit pas être passée à la claie ; on ne doit en extraire que les plus grosses racines, en la cassant avec la bêche et le râteau. Il est indispensable que Ton mette toutes ces racines au fond du massif ou de la fosse, pardessus des plâtras, des écailles d'huîtres ou autres débris, que Ton aura placés d'abord pour former un dndnage nécessaire. Pour la terre trop légère, trop sableuse, on fera bien de U mélanger de bourre que Ton trouve chez les tanneurs (cet engrais

animal convient assez aux arbustes de terre de bruyère et principalement aux Bhododendrum) ; pour faire ce mélange, on mettra d'abord un lit de terre de 0" 05 à 0"* 06 d'épaisseur, ensuite un lit de bourre de O^'OS environ (1), et Fou continuera ainsi jusqu'à ce que le massif soit formé. Avant de faire ce mélange, on aura eu soin de diviser, autant que possible, les plus grosses pelottes de bourre en les frappant à coups de baguette sur un plancher uni et en les partageant à la main (2).

Un massif de Bhododendrum doit être placé à mi-ombre, abrité par de grands arbres (3) ou par une maison d'habitation, de façon qu'il soit ombragé depuis onze heiu'es du matin jusqu'à trois heures après midi ; cette ombre est suffisante et favorise beaucoup la végétation.

Les Bhododendrum cultivés en pot ou en caisse exigent une terre généralement plus légère ; les rempotages seront faits dans le courant du mois d'août (cette époque est d'autant plus favo* rable que^ fort souvent, une plante qui n'aurait pas de boutons et qui serait susceptible de faire une deuxième pousse tardivement, se trouvant dérangée par l'opération du rempotage ou du rencaissement, donnera des boutons à fleurs, au lieu de boutons à bois) ; puis, quand vient le mois de novembre, époque à laquelle on rentre en orangerie, les racines ont déjà traversé la nouvelle terre et tapissent les parois des vases. Pendant rhiver il faut donner à ces plantes de l'air largement, tant qu'il ne gèle pas, et modérer les arrosements. Au commencement de

(4) IJ sera boD do mouiller la bourre à chaque lit, principalement si la terre est sèche.

()) Le peu de chaux qui se trouve dans cetle bourre n'est pas nuisible aux plantes.

(3) Pourvu que ces arbres soient assez éloignés pour que leurs racines ne viennent pas jusqu'au massif de terre de bruyère, ou bien on serait obligé, tous les deux ans, d'ouvrir une tranchée entre les arbres et le massif à 0*70 de ce dernier pour couper les racines et les empêcher d'aller plus loin.

macs» beaucoup entrent en végétation, et, dans le oooraat de 06 mois, on peut déjà pratiquer l'ébourgeonnement ci^dessos mentionné. Il ne faut laisser aucune plante manquer d'eau> c'est presque toujours pour cette cause que les feuilles se tadient et se dessèchent à l'extrémité ou au pourtour (1). Dès que les nouvelles feuilles commencent à paraître^ le point essentiel pour obtenir une belle végétation est de bassiner avec une petite pompe à main ou une seringue à cet usage, tous les soirs ou le matin, si les nuits sont trop froides.

On aura soin aussi, avant de bassiner, de mouiller le pied des plantes qui auraient besoin d'eau. Il faudra aussi, quand le soleil aura att^nt une certaine force, ombœr avec des claies faites au moyeu de petits latteaux ou de baguettes espacées de deux centimèti^ tout au plus ; on ne les laissera sur la sen*e que fiendant le plus foct du soleil ; cet ombrage est bien sapé* rieur au baiiiouiilage des carreaux qui laisse cominuellemmt les plantes dans l'ombre, ce qui le^fait étioler, et Ton a aussi plus de difficulté à les acclimater quand vient le moment de les sortir à l'air libre. L'époque de la sortie varie du l""* au 15 mai, selon que la pousse est plus ou moins bien formée ; il faut qu'elle ait déjà de la consistance ; on devra les tenir à l'ombre pendant quelques jours, pour les acclimater, avant de les mettre définitivement en place. Si Ton voyait, le matin, de la gelée blanche sur les feuilles, on ferait bien de les bassiner légèr^nmt pour la faire disparaître, mais seulement un peu avant que le soleil vienne dessus. En les mettant définitivement en place, on pourra pratiquer sur les plantes jeunes et vigoiu:euses un deuxième ébourgeonnement ou pincement; on peut l'appeler

(4) L*eau sortaDt du puits, de la source ou de la citerne est préférable, en été, à celle qui aurait séjourné dans des eaves ou Imissids exposés a« grand soleil* L*«au la plus mauvaise est celle ^i a passé à réballftioo, telle que celle qui sort des pompes à feu ; employée peu do temps après sa sortie, elle est pemi*' creuse. Tous les arbustes à feuilles persistanles et de terre de bruyère, en général, aouffrent de son emplo.

ainsi parce qu'on est obligé de se servir de la pointe d^'un greffoir pour supprimer Fœil terminal, puisqu'il n'est pas en* core développé.

On peut obtenir des boutons à fleurs aussi bien après la deuxième pousse qu'après la première. Si Ton ne pince qu'une fois, on doit modérer les arrosements lorsque la pousse etit faite, mais on ne doit pas craindre de bassiner souvent^ le soir, quand il fait chaud dans le jour.

PaosPEE Petel*

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