LES RHODODENDRONS
DE SKKIM-HYMAUYA (PL VII).
Fig. 4, R. Thomsoni; 2, R. lanatum; 3, R. Hodgsonij 4, R. Maddeni.
Dans ces dernières années ce genre de plante s'est considérablement augmenté en espèces très-belles et très-ornementales, qui se sont présentées par différents caractères soitdansrAo^^t/^, soit dans la couleur et la forme des fleurs et des feuilles, en un mot tout à fait distinctes des espèces depuis longtemps introduites dans nos jardins. Ces nouvelles espèces dues en grande partie aux laborieuses explorations faites dans la chaîne Hymalayenne par le docteur Hooker, ont été introduites soit en graines soit à Tétat vivant en Angleterre et y ont fleuri successivement.
Le docteur Hooker a publié depuis son retour un ouvrage orné de magnifiques gravures, avec les descriptions de ces très-intéressantes et très^nouvelles espèces (1), ouvrage de luxe et excessivement coûteux, dans lequel nous allons puiser les renseignements pour faire connaître ces espèces. Comme ces plantes sont annoncées comme étant très-belles, et non sans quelque raison, sur beaucoup de catalogues anglais et belges, et que nous en recommandons aussi vivement quelques-unes d'entre elles, nous avons cru intéresser nos lecteurs en faisant connaître ces magnifiques espèces, par une simple et juste description, qui, nous l'espérons, suffira pour juger ces plantes de façon à éviter des déceptions quelquefois très-pénibles.
Rhododendron œruginosum. Plante à feuillage vigoureux , feuilles ferrugineuses à la sm'face inférieure; fleurs grandes de couleur rose lilacé.
(4) The Rhododendrons of Sikkim*nymalay« By Dr. F. !>• Hooker. VII. 4« lif. — Atril 4868. 4
R. argenteum. Plante à grand feuillage, beaux bouquets de fleurs d'un blanc pur.
R. Aucklandi. Plante à grand feuillage, à fleurs blanches peu abondantes, maculées de couleur lilas (est synonyme avec le R. Griffilhi).
R. camelliœflorum . Plante à feuilles presque rondes, tachetées de brun; fleurs blanches imitant assez un camelta blanc à fleurs simples.
R. campbeliœ. Belle plante, à petites feuilles ferrugineuses en dessous, beaux bouquets serrés de fleurs d*un beau rouge vif.
R. Campylocarpum. Le docteur Hooker regarde cette plante comme la plus belle espèce introduite ; les feuilles sont courtes et larges, les fleurs d'un beau jaune soufre uni* poussent en grosses ombelles.
R. candelabrum. Plante formant un joli buisson à fleurs jaune soufre, bordées de rose ; est regardée comme une variété diiB. Thomsoni.
R. ciliatum. Plante à feuillage brun à fleurs pourpres.
B. cinnabarinum. Petite plante à fleurs rouges*
R. Dalhousiœ. La plus belle espèce introduite ; feuilles de médiocre grandeur, à grandes fleurs blanches odorantes de la forme d'un lis blanc.
R. Edgetvorthii. Belle plante à grand feuillage cotonneux en dessous à grandes fleurs blanches (1).
R. Falconeri. Plante à grandes et larges feuilles ; fleurs blanches petites et serrées en bouquet.
R. fulgens. Belle plante à feuilles larges, cotonneuses, purpurines en dessous; fleurs bien faites, rondes mais peu serrées de couleur rouge sang.
R. glaucum. Petite plante à petit feuillage vert dair; bouquets de fleurs roses lilacées.
(4) Figoréedans VHorlicuUeur francaU, annéô 1851, pi. XXItt.
B. Bùdgêoni (pi. vii, fig, 3). Plante à feuillage argenté eft
dessous ; bouquets serrés de fleurs roses. R, lùnùtum (jd. vu, fig. 2). Plante dont les branches et les feuilles sont couvertes de poils soyeux ; les fleurs sont jaunes tacheiées de rouge.
R. lancifolium. Fleurs roses bien serrées en bouquets ; est considérée comme une variété du R. barbatum. R. Maddeni (pi. vu, fig. 4). Feuilles d'un vert foncé en dessus, de couleur fauve en dessous ; fleurs blanches grandes et allongées.
R. nivale. Plante à petit feuillage^ à fleurs roses très-odo*
rantes.
R. pendulum. Petite plante à petites fleurs blanches. R. ptmiilum. La plus petite espèce duSikkim; plante très-ornementale ; fleurs roses lilacées.
R. Bogbi. Variété du R. cinn£d?arinum, plante à petit feuillage; feuilles couleur fauve en dessous ; petites fleurs roses maculées de taches jaune cuivre.
R. salignum. Plante à petites feuilles étroites et à fleurs jaune
soufre.
R. setosum. Plante à petit feuillage; flem*s brillantes roses purpurines.
R. Ihomsoni (pL vu. fig. 1). Très-belle plante à beau feuillage large presque rond, à très-belles fleurs en forme de cloches d'un beau cramoisi vif.
R. iriflorum. Variété du R. virgaltim; petite plante à petit feuilr
lage, à fleurs jaunes verdàtres.
R. virgatum. Petite plante à petites fleurs rouges purpurines. R. WallichU. Plante à grand feuillage, à fleurs roses lilacées. Le docteur Hooker la considère comme une variété duiR. campoiiulaium^ espèce introduite vers 1824. R, Wighlii. Grande plante à grand feuillage à bouquets de fleuts d'uB jaune pèle.
Les espèces les plus recommandables sont les R. Juckïandu, R. campylocarpunij R. Dalhousiœ, R. EdgewortUy R. Hodgsonij R. fulgensj R. lanatum, R. Maddefà^ R. Thomsoni, et R . Wigthii.
Nous donnons ci-contre la figure de quelques-unes d'entre elles. Nos lecteurs en jugeront par ce dessin exact.
La beauté de quelques-unes de ces plantes est si bien connue aujourd'hui, surtout en Angleterre et en Belgique, qu'on ne trouve pas de jardin d'amateur ou d'horticulteur qui n'en possède au moins quelques exemplaires. Cette irruption s'est faite avec beaucoup plus de lenteur en France, pour qu'on y devine une certaine hésitation à accepter ces plantes ; toutes ces espèces ne sont pas très-recommandables, c'est vrai, mais l'intérêt que ces plantes entraînent après elles^ est assez grand pour qu'on s'y attache ; n'a-t-on pas en perspective des gains admirab les qu i pourraient naître par des fécondations artificielles avec les beaux hybrides de nos jardins?
Nous engageons donc nos amateurs et nos horticulteurs, de ne pas négliger plus longtemps quelques-unes de ces précieuses plantes, et nous allons faire connaître ici les procédés aussi simples que bons, pour l'éducation de ces plantes par graines, procédés mis en pratique avec beaucoup de succès, parles bo^ ticulteurs anglais ; ils ont donc la sanction de l'expérience et de la réussite pour eux.
On sème les graines de Rhododendroriy au commencement de juin dans des terrines remplies de terre de bruyère finement tamisée et mélangée de sable pur : on porte ces terrines en serre froide dans un endroit bien éclairé, le plus près possible des vitres, en évitant toutefois que les rayons du soleil viennent les frapper trop directement. La surface de la terre est maintenue dans une humidité constante très-uniforme, l'excès d'eau est pernicieux. Voici la précaution qu'on prend pour le mouillage des terrines ensemencées , car les arrosements à la
pomme même très-^^fine^ dérangent toujours des graines tr&sténues et qui ne sont semées qu'à la surface de la terre. On prend les terrines et on les plonge graduellement dans une cuve d'eau, jusqu'à ce que Teau, en s'introduisant par les trous du fond de la terrine, vienne humecter la surface de la terre ; de cette façon rien ne se dérange et la terre conserve longtemps son humidité.
Aussitôt que les graines sont levées et que les jeunes plantes ont montré 2 feuilles, on les repique dans un mélange de 1 partie de terre de bruyère, 1 partie de terre de bois pourri et de 1 partie de terre de feuilles, dont on remplit des caisses en bois ou bien des terrines.
Après le repiquage on les laisse six à huit jours dans im endroit, une bâche par exemple, bien fermée et ombragée jusqu à ce que les jeunes plantes soient relevées. Après on les reporte, dans la serre froide leur première destination, près des vitres qu'on recouvre d'un papier huilé pour empêcher l'action du soleil; on les laisse en cet état jusqu'au mois de septembre, époque à laquelle la plupart des plantes auront quatre feuilles. Vers cette époque on recouvre le pied des jeunes plantes d'une couche de mousse {sphagnum) bien serrée et on les porte en plein air, en les préservant toutefois du soleil de midi, des pluies trop fortes et des vents trop violents.
Quand les premières gelées sont à craindre, on les reporte en serre froide pour y passer l'hyver ; la température peut descendre de préférence à 0 degré, qu'elle ne monte à dix dgrés ; on donne de l'air lorsque la température extérieure le permet, et on les piéserve d'une trop grande humidité.
Arrivé au mois de février, on ôte les jeunes plantes des ter^ rines, on les empote dans des pots convenables ; les grandes dans un pot isolé ; les plus petites deux ou trois dans un même vase, et dans le mélange deten*e indiqué ci-dessus; on les porte dans^ua endroit chaud et fermé jusqu'à leur r^rise complète.
après, on leur donue de l'air et on les habitue inseBsiblement à la température extérieure ; le beau temps arrivé, on les met es plein air en les abritant des pluies torrentielles, et dans Tardeor de Tété on enterre les pots dans du sable ou dans la poussière de cook.
Pour ce qui est des plantes adultes, il est inutile que nous nous engagions dans des renseiguements trop connus qui se résument dans ce peu de mots : Culture en serre froide en hiver 1* ou 2" au-dessous de zéro ne leur est pas nuisible (1); mélange déterre composé de tourbe légère, terreau de feuilles et de sable pur; pots bien drainés. En été une place à Fombre en plein air; arrosements très-réguliers et très-uniformes ; température humide et seringages fréquents au moment et jusqu'à la pousse
complète des feuilles.
Loms Ingelrelst.