CHAPITRE I
ma IFFBTS DE LA FÉGONDATICMI CROISil.
§ I. D* la féeoméiiiilvH estre laéilf Idva »pp»rtéB«Bt à 4e«x
* l^eares différente.
Bien que plusieurs grands botanistes aient dit avoir obtenu, et qn^ili aient décrit ou signalé des plantes issues de fondations opérées entro des genres souvent très-éloignés les uns des antres, on nous permettra de tenir ces faits en suspicion. SI» sans remonter à Camerarius, à Linnéy à J. Gœrtner, à Knight, et à d'autres encore qui n'ont pas craint d'annoncer ces faits comme certains, nous nous reportons seulement à quelques années de nou8> nous verrons que les personnes qui semblent encore admettre Topinion des botanistes que nous venons de dter, n'appuient lear thèse que sur des faits qui ne sont nullement con* eluants, et que les expériences entreprises au Muséum par M. Naudin démontrent, de la manière la plus formelle, Timpossibilité absolue d'obtenir un produit quelconque, par le croisement opéré entre individus de genres distincts*
Ainsi, il est généralement admis par les jardiniers et même par quelques botanistes que les Courges peuvent être fécondées par les Melons. Pour soutenir cette opinion, ils se fondent sur les mauvaises qua« lités qu'acquièrent parfois leurs Melons. L'erreur que renferme l'énoaciition de ce fait a déjà été démontrée par Sageret (4), et les nombreusea expériences de M. Naudin ont constaté l'impossibilité absolue du croisement des Melons par les Courges, et m% vena^
Une question qui a vivement préoccupé les savants, dans ces der* Biers temps et qui est bien loin d'être résolue , semblerait indiquer que le croisement entre individus de deux genres pourrait cependant avoir lieu. Nous faisons allusion à la question des jEgilaps. Mais les expérien* ces faites sur ce sujet sont loin d'être concluantes ; car, si la fécondation peut être ici parfaitement démontrée, ne pourrait-il pas se faire que les genres jEgilop» et Triticum, si voisins déjà par plusieurs caractères, dussent, comme quelques botanistes l'ont déjà pensé (2), être réunis pour ne former qu'un seul et même genre ?
On répète presque journellement, dans le jardinage, qu'on a obtena des produits parles croisements de différentes espèces d'Azalées, notamment en croisant les Azalea poniiea et rinemiê avec diilérents Bhoduh-
* ■ II. ■ I . .. Il I I ,.l IN ...l ■ , • 11^
(4; Asmaks de la Soc. d'Bori. de Farts, V, p. 46i. (S) Gren. et Godr., FU de France, vol. III.
iménm; nudson sait que ces doux genres ont taUament d'afflnité entre eu que plusieurs botanistes les ont depuis longtemps réunis.
Nous ne ferons querappeler les tentatives infructueuses faites^ en 1 854» par M. Naudin» pour féconder le Pétunia molaceaigM des genres appert^ nant^comme loi^ à la famille desSolanées. Ce fut sansaucun résultatqu'il tenta de féconder un nombre considérable de fleurs par le pollen desiVtVo- ^lOJva aurtctf/a/a, anguitifolia^ ruêtica^ Langsdorfii, persiea; Daiura Stramonium,fasiu<»a;Hyai€gamusniger: Salpigloêsû 8inuata;Nterem' iergia filieauli$. Si quelques graines fertiles furent obtenues, elles ne le durent qu*à l'intervention du pollen des Pétunia violacea et nyctagi^ niflara cultivés dans le voisinage, et les plantes qui en sortirent ne rappelèrent d'aucune ia{on les espèces précitées.
La même année, M . Naudin tenta encore de féconder huit fleurs de Datura Siramonium par le pollen du Nicandrapky$€Uodeseti^V£fjfO$^ effomus niger. Les fleurs tombèrent sans que la fécondation eût pu s'opérer.
Le Datura Tatula se comporta de même après avoir reçu du pollen des Nicotiana Tabacvm et nociifiora.
C'est vainement aussi que, de mon cAté, j'essayai, eD]4 863, de féconder les fleurs de VUmbilicui chrysanthus par le pollen d'un Sempervivum de la section Jovis baeba, le S. hirtum, et cependant ces plantes ont des analogies très-grandes, quoique appartenant à deux genres difilirents.
Lorsque, il y a quelques années, un individu femelle de Cycas revoluta flenrit dans les ^rres du Muséum, on ne possédait pas de pollen de cette espèce. M. Houllet essaya, néanmoias, de féconder les fleurs avec du pollen conservé d'une plante appartenant à un genre voisin, le Ceratoxamia mexieana. Les ovules, au lieu de sécher promptement, comme cela arrive lorsqu'ils ne sont pas fécondés, grossirent un peu sous l'action de cette opération ; quelques-uns prirent même un développement aussi grand que dans la nature ; mais lorsqu'on les examinai on reconnut qu'ils étaient entièrement stériles.
n y a quelques faits qui, s'ils étaient bien démontrés, prouveraient que la fécondation peut être opérée entre espèces de genres distincts, Telestlesuivant, qui, dans cet ordre d'idées, nous semble présenter un certain intérêt et que nous allons emprunter à une lettre adressée, en novembre dernier, à M. Louis Neumann par M. Hac-Nab, jardinier en chef du jardin botanique d'Edimbourg. Après avoir émis cette opinion, qu'un hybride vrai devait être le produit d'une fécondation entre deux genres difllérents, le cé^bre et profond horticulteur anglais continuait ainsi : « Telle est cette plante si curieuse obtenue, il y a quel« ques années, par feu M. Cunningfaam, de l'établissement d'horticulture de Comelybaok, entre le Memiena cœrulea et le Rhododendron
éAima(ft9tHt^^ k teqvêlte aOif. (SniMsm eàVêstm «knmàBHkl teooo^ jk» Bryanthut èf^etftuêr n&m MHS lequel elle est enco» eutttfée^ ^le m !k^ ?i^t ^dttfMtif potal j^lerce noau J'ajoi^ que eetta plante m |vo« dttif |ataiai« de bonnes gradues^ el qu'elle fui «oseï obtenue pai M. Iseet. AMeihsotir e^itl'e les iftèmes plantes, »
Noo» afdtfGms que ce fait ne laisea f9» d'éveiUer notre, attantioo. U jBfftmthta et^iié est eolti^é an Mnséumv et noos .dévoue dire .^ne fctfigMe qu^m lui aKtribiie ki none eemblft biea ^Iraierdinaire;. Neoa ftnïesf defn^ndef à M. Isaae Aiidemo» etaelqaee fenœigneaiœte sur «e ÊryarfihttSy et Clé' Célèbre bor Géniteur répondit :> ^ «Qtfamfean Bryanthm erM^yjent {nris en revendiquer laprodiietioa;ilfatobtenapar M. Ja» mes Cunningham^ horticulteur de nos enTifoo» (ËdKBiboarg), qui en tttif la parenté cachée, parce qn^il avait souffert que le professeur Qra&am, à qtii ït datait sonmis, le publiât oomaie le type d'aa genre^ cbose qu*il regretta pins tard. En même temps qu'il me fit cet avm^ M. Cunningbam me montra la plante en me demandant ce que j'en pen* sars ; comme j'avais dé]i hit des essais entre des plantes que je eonsidé* rais comme très-voisines (sinon les mêmes) de celles qui avaient d&< s^« vir à ce croisement, je hasardai de lui tépomisn que celte plante provenait (fa croisement entre le Rhoéhikammu ckammdsiHA (A) tX\% Pàffl'^ loioce ccÊTatea (2). Si M. Cnnningham ne nia paa que je devinais j«te, il ne voulut rien affirmer, étant déterminé à ne rien dire tant qm\% 4m^ tenr Graham vivrait.
«... Je dois vone dire qne longtemps avant de eennatUe l^Brpi^ (ku8 erectns, avant même qu'il en f&t question, j'ave^s opéré le erois»' ment qni lui donna naissanoe^ sans arriver cependant à ancim bm résultat; mais^en voyant la plante de M. Gunningham, j'acquis la son* vietion qne fêtais dans la bonne voie> et qoemes doates soi son coi^ gine étaient bien fondés. Je recemioQençai encore une fnsmeB'-expérieQ*^ ees; mais^ an lien de faire comme précédemment, de féconder le AAerfo* thamnus par le pollen dd #%y//eefeei*y j'intervertis le» ràlesy et ee fat k Phyllodoee qui reçut le pollen du Rhodoihamuuê,.* îe réussis alors^. et les graines que j'obtins de ce croisement furent semées au mais de juin 48SO; le 40 septembre suivant, je possédais quatre plantes dans un état parfait de végétation et qui avaient tous les caractèrea du Bayam^ thu8 ereetus; malheureusement, à ma grande douleur, elles devinrent la proie d'une Limace en maraude. Depuis je ne fis aucune tentative posr la reproduire. Mais j'étais persuadé d'avoir découvert IS' mystère de M. Ounningham. U n'est donc pas douteu}^que le i^r^lAm sracfitf n'est
(4) Rhododendron chaimœcisius.
(5) Henziesia oonvÎM.
pas une pUnte importée; il est complètement stérile, et j'ai essayé vainement de le croiser a^ec d'autres plantes. > ,
(Test encore dans ce même ordre de faits que nous placerons le suivant que nous extrayons également de la lettre de M. Mac^Nab
t n y a fuelqnefl années» Ht ce sayant horticnltenr^ je réussis à obtenir des graines fertiles d'on eroisemeat entre hJMwtiatûHfolta 6| le Rhododendron Catawhknu ; les plantes issues de ces graines avaient une apparence chiffonnée ; aucune d'elles ne vécut plus de 6 ans ; ches plosieurs la moitié des feuilles semblait tenir du Kalmia et Tautre moitié du JIAoMb«dlroii C9â9imèkme* n
Ainsi, n Ton ne pe«t ni^ d'une naanière absolue que' la fécondatioii entre deux genres difféients, légitime^, ne puisse avoir lien, on doit re« eonnûtre qn^elle ne peut se produire que très-exceptionnellement, puisque, àrexeei^tioÉ peot^ètre de eertte plante curieuse, hJfryofUkus erectus, dont Torigine est tettaauttt extiMcdiniire que^ quoiqu'elle soîl sane^ tionnée par des hommes habiles et dignes de foi, elle doit encore de* meurer comme incertaine jusqu'à ce que des expériences plusieurs fois répétées l'aient démontrée d'une manière irréfragable ; à Texception eneere de eetle autre expérienee leniée'par H. Mae-Rab entre les Katmia ktifelia et le Hkoieikndrm Caimwbiense^ k rexœpliOQ de ces dans tû^ disons-nous, noiis n'en connaissons pas qui puisse appuyer ce que les anciens auteurs que nous avons cités plus haut ont dit à ce sujet.
Dan laças oè Terigine du BrjfMêhuê ereetta serah exacte, <piel9iiie eheea frapperait tout d'ahard, c'est la stérilité absolue de cet être considéré à tort comme espèce ; et dans Texpérience des Kalmia latifolia et Rhododendron Catawhieme, une autre chose est également frappante, e'estPimpossibililénumiieete qu'ont éprouvée les individus issus de ce rwiieBieal à poorveir vivre plu» de qnelquas années .
cewuMoii.
Nous pouvons donc eonclnre que si k fécondation entre individus appartenant à des plante diflBftrentes, comme nous le verrons plus loin, en nous occupant des causes qui peuvent déterminer les variations che2 les végétaux, doit avoir une large part dans ces causes, la fécondation entre deux genres bien tranchés n'a pu et ne peut, par son impossi* bffité mémo, servira la preduetion ou à ht forn^ation des variétés dus Isa plantes d'ornement.
(A eontitm&r).
HJSMANTHUS CINNABARINUS. Dm. (Pl. XIII).
Le nom de Hœmanthus est un composé grec, qui veut dire fleur couleur de sang. Il a été appliqué à un genre de plante, de la famille des am'aryllidées^ à cause de la couleur rouge des fleurs, des espèces qui le composent.
VHœmanthus cinnabarinus, que nous figurons planche XIII, est une espèce du Gabon,, introduite au jardin des Plantes de Paris en 1855, nommée et décrite par M. Decaisne, professeur de culture de cet établissement. D'un bulbe souterrain, naissent plusieurs feuilles (8 ou 10) alternes, distiques, longues de 20 à 30 centimètres, oblongues-spatulées, brièvement acuminées, obtuses au sommet, rétrécies à la base en un pétiole un peu engainant, parcourues par plusieurs nervures longitudinales dont la nervure médiane est beaucoup plus large, aplatie en dessus, et saillante convexe en dessous. La hampe, haute de 20 à 50 centimètres, d'un vert marbré de rouge, est terminée par une ombelle globuleuse composée dé nombreuses fleurs, et dont la bractée involucrale est déchirée en plusieurs lanières scarieuses.
Les fleurs, de couleur rouge cinabre^ sont portées chacune par un pédicelle rouge de 1 o à 20 millimètres de longueur^ d'abord dressé, puis réfléchi; Tovaire est infère, et tranche, par sa couleur verte, sur le rouge du pédicelle et du tube du périanthe dont la longueur égale à peu près celle du pédicelle ; ce tube est triangulaire, long de un centimètre environ, et couronné par six lanières oblongues lancéolées, d'abord étalées, puis réfléchies, plus longues que le tube. Les étamines, au nombre de six, sont égales entre elles et plus longues que les lanières du périanthe à la base desquelles elles sont insérées; les filets sont rouges, et les anthères d^un violet brun. Le style est de même couleur, et aussi long que les filets des étamines ; il est
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erminé par un stigmate papilleux. — A l'exceptiondes anthères et de Tovaire, tout est un d'un magnifique rouge cinabre dans ces fleurs, réunies en une élégante ombelle, qui s'épanouissent successivement pendant les mois de mai, juin souvent juillet* VHœmanthus cinnabarinus est une excélleute aequisition pour Fomement des serres chaudes. On doit le cultiver en terre franche mêlée de sable, et en pots bien drainé. Pendant la végétation, il ne faut pas craindre de le placer en plein soleil, et de lui donner de*bons arrosements; mais aussitôt que la fleuraison est terminée, il faut cesser les arrosements et laisser reposer le plus longtemps possible. Vers la fin de Thiver, on dépote pour enlever les petits caïeux qui nuiraient à la végétation de la plante et pourraient nuire à sa fleuraison. La multiplication est facile par caïeux ou parles graines. '
F. Heringq.
fflBISCUS COOPERH (Pl. XIV).
V Hibiscus Coopéra est la plante chérie du jour ; c'est^ disent les amateurs, le nec plus ultra de la beauté ! Le tiec plus ultra de la drôlerie, c'est possible ; mais de la beauté ! je demande à réfléchir encore avant de me prononcer.
On dit cet arbrisseau originaire de la Nouvelle-Calédonie; ne pouvant y aller voir^ il faut le croire ; néanmoins je me permettrai de conserver un léger doute, à Tendroit de son origine néo-calédonienne. La nouvelle Galédonie est un pays neuf, qui fait du bruit depuis quelque temps ; il ne serait donc pas impossible que la spéculation horticole cherchât à en &ire une sorte de succédanée du Japon, qui commence à perdre de son prestige; car il en a tant fourni deces feuillages panachés et non panachés^ que le Japonica a un peu perdu de sa valeur.
Quoi qu'il soit, néo*calédonien ou japonais, V Hibiscus Cooperii
JuiUet 4S64. U
doit être assee proche parent de V Hibiscus liiflcrus. Les feuilles^ accompagnée de ti-ès-^fines stipules hHiges^ sont longuement pétiolées^ l^ncéolôes^ entières, ou obscurément dentelées sur les bords, pànaôhées de vert fonôé, de yërt p&le mat, de rouge dair ou foncé, de blanô ou de jaune, suivant leur âge. Les feuilles adultes sont presque complètement vertes ; on ne voit ^ue quelques petites marbrures rouges. Les jeunes, au contraire, sont du vert le plus tendre, et panachées seulement de jaune ou de blanc ; ce n'est qu'à Tâge de puberté que le rouge apparaît, et se mêlant aux autres couleurs, en change plus ou moins la nuance. Ne voulant en rien exercer d'influence sur nos lecteurs, nous les renvoyons au dessin de la planche XIV ; ils jugeront et décideront, eux-mêmes, du mérite et de la beauté de VHibiscus Coaperii^ qui parait mieux s^ accommoder de la serre tempérée que de la serre chaude.