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LES QUARANTE FRAISES DE M. DE LAMBERTYE

Dans son excellent livre, Le Fraisier, M. le comte de Lamhertye donne la liste des 40 variétés de Fraises qu'il considère les plus méritantes, comme M. P. de Martellet, à l'égard des 40 Poires. Nous reproduisons ce travail de M. de Lambertye :

1* Variétés descendant d'espèces européennes.

A. Issue ùu PaAisiBa des bois. (Fragaria vesca).

Quatee-Saisons... (obCenteur inconnu). Excellente, extrêmement fertile, petite, forme régulière, vigoureuse ; des plus hâtives et la plus tardive de toutes.

B. Issue ne Fbaisibr Capeon {Fragaria elaiior, Bheb.).

Belle Bordelaise (Lartey). Bonne, fertile, grosseur moyenne, réga« lière, très-vigoureuse, demi-hâtive.

2f> Variétés d'espèces américaines.

Issues, ou directement ou par le croisement, du fraisier du Chili [Fr. Chilaensis) de sa variété botanique, Ananas (Fr. Chilœnsit, var. ananassa) et du fraisier de Virginie [Fr. Yirginiana).

ADMIRAI DuNDAs (Myatt.). Asset bonne, assez fertile, énorme, forme variable ; vîgonrense.

AifBaosiA (Nicholeon). Bonne, fertile, grosse, régulière ; vigoureuse, demi-bàtive.

Babhbs Labob WmTB (Barnes). Trèa-bonne, fertile, grosse, régulière; vigoureuse, tardive.

Belle de Pabis (Bossin-Louesse). Bonne, très*fértile) trës-grosse, forme variable; très -vigoureuse, tardive.

Bonté pe Saint-Jousn (Carré), Bonne, très-fertile, grosse, régulière, vigoureuse, très-tardive*

BarnsH Queen (Myatt). Excellente, peu fertile, grosse, forme yarible; vigoureuse, très-tardive.

CAROLniA 6D?EEBA (Rîtley). Excellente, fertile, grosse, régulière; justique plutôt que vigoureuse, tardive.

Chalonnaise (la) (D' Nicaise). Excellente, fertile ou assez fertile, trèsgrosse, forme variable; très-vigoureuse, tardive.

Ck)NSTAiiTE (la) (De Jonghe). Excellente, très-fertile, grosse, régulière; vigoureuse, demi-hàtive*

CaÉMONT (Crémont). Bonne, fertile, 'grosse, régulière ; plus rustique que vigoureuse, hÀtive.

Duc DE Malakoff (Gloëde). Bonne, fertilité moyenne, très-grosse irrégulière; très-vigoureuse, assez tardive.

Éléauob (Myatt.). Bonne, très-fertile, très-grosse; très- vigoureuse, tardive.

Elton (Knigfat). Bonne, très-acide, très-fertile, grosse, habituellement forme irrégulière ; très-vigoureuse^ tardive.

Eltza (fUvers). Bonne, fertile, grosse, régulière ; plus rustique que vigoureuse, demi-hàtive. j

Emprbss EuGiNU {Knevett). Bonne, très-fertile, forme très-grosse, variable ; très-vigoureuse, assez tardive.

Exgellintb (Lorio). Bonne, très-fertile, très-grosse, assez régulière; vigoureuse, demi-hfttive.

FiLL Babkbt (Nicholson). Bonne, très-fertile, grosse, régulière ; plus rustique que vigoureuse, assez tardive.

GoLUTH (Kitley). Bonne, très-fertile, grosse, régulière ; très-vigoureuse, demi-bfttive.

Gbossb suGRiB (De Jonghe). Excellente, fertile, grosse,' régulière; rustique, assez tardive.

HnmftiBfl snsDLim (De Jonghe). BtfielleDtei Ms-fiertiiA, grossa^fégii-

lière; très-vigoureuse^ assez tardive.

JiniuiiDÂ. (Salter). Asses médiocve^ très-ferôle, tiàs-gKoasey sopérieue; très-vigoureuse, demi-hâlive.

Kjiens* seedung (Keen). KxceUeate^ peu fertUa^ gto^se el petite; vigoureuse, très-hàtive. . •

LuoAS (De Joughe). KKceUeata^ fertUe, grosse, végulière ; trèa-vigonreuse, demi-hàtive.

Lmsii (Brâeelot). Benne, tiès-fertîle, très-grosse^ £onn» icrégnlièie; très-vigoureuse, tardive.

MiiQ0iaiTi(Lebreton).BoiiBe, très-^fertile, groese^ ibnue téguliève; vigoureuse, très-hâtive.

Mauquisb bb Latour MAUBoma (Jamin et Durand) . Excellente, trèsfertile, grosse, belle forme; vigoureuse, très-hàtive.

Mat Qober (Nicholson). Bonne, tcëa-f^ile, grosseur moyenne et petite; plus rustique que vigoureuse, demi«hâtive.

Muscadin (Lorio). Bonne, trèa-fertilOy grosse, focme régulière; trèsvigoureuse, hâtive.

NAPOiioN III (F. Gloëde). Bonne, très-fertile, grosse très-grosse, forme et régulière; très-vigoureuse, très-tardive. .

Mbc plus ultra (De Jonghe). Bonne, trèa^fertHe, srosse, forme iiiégulière ; très-vigoureuse, très-hâtive.

Oscar (Bradley). Excellente, fertile, grosseur ordinaire^ belle f<vme; plus rustique que vigoureuse, demi-hâtive.

Pejucesb Fbede&igk Wouaic (Niver}. Assez médiocre, fertile, assec grosse, belle, forme ordinaire; rustique, très*hâtive.

Princb or Walbs (Stewart et Meilson)« Asscl bomia» fertile, asses grosse, belle forme; peu vigoureuse, très-hâtive.

Sot CiiAaLB& NABisa (R« Smitb). Bcmoe, trèMartîle, asaea gNSset belle, forme ordinaire; rustique, tiàfr-vigouieuse, tardive»

SttL HAa&T (R. Underhill). Exeelleate, trè»*fertilet groise et Irè^ grosse, belle forme; vigoureuse, demi-hâtive.

SuLTAiOE (D' Nicaise). ExceUente, fertile, tEè»»gios8e, oïdioaifement belle forme ; vigoureuse, assez tardif e.

YiGTORU (J. TroUope). Bonne^ trèe»furtUe, groase» belleionM; nymreuse, demi-hâtive.

WoNJwaFUi. (Jeyes) . Très-bcmne, trèft-fertile, groaw, loraie fécnliin; rès-vigoureuse, très^tardive.

Les quarante Fraises distribuées par catégories, se groujicni ainsi :

!• Variité$ rémistant tùu$ le$ méritée : bonté, fertilité, beauté, rusticité.

Ambrosia. — Barnes Large White. — Belle de Paris. — Bonté de •Saint - Jalien. *^ CaroMna superba. — Châlonnaise (la). — Constante (la). — Crément. — » Eléonor. «• Elyia (H.). ~ Emj^ress Ëogenia. -- Excellente. -— FUI Basket. ~ Goliath. -^ Grosse suork. -^ Hendries' seedling. «^ Lncas. ~ Lucie, ^ Margoerile. — Marquise de Latonr^-Maubourg. — > liuseadin. — Napoléon IIL *-Née plus ultra.

— Oscar. — Sir Barry.

S* Variétés peu fertiles habituellement, mais dont les Fraises sont belles

et excellentes.

British Queen. — Keens' seedling.

3* Variétés dont les fraises sont exceptionnellement belles.

Admirai Dundas, assee bonne. — Duc de Malakoff, bonne, ^ Jucunda, assez médiocre.

4*» Variétés gui se recommandent à des titres divers,

QuATas-sAisoNs^ réunit tous les mérites au suprême degré, sauf la grosseur.

Bbub Bordelaise^ goût spécial et laineux des caprons.

Elton, tardive, tous les mérites, si la Fraise n'était pas aussi acide.

Mat Qubbh, la plus bâtive, de toutes les yariétés connues.

PamcB OF Wales (S*). Très^hâtive.

Sia (iHAVJSS NAPm. Tardive, tous les mérites si la Fraise était plus grosse.

Pruigbss FreDbkick Williak. La plus hâtive après May Queen, la première Fraise^ assez grosse.

Les quarante Fraises sont comprises dans ces quatre catégories : on peut encore les grouper d'après les mérites suivants .

Variétés qui donnent les Fraises les plus exquises :

Quatre-Saisons. — British Queen. — Carolina superba. — Cbàlonnaise (la). — Constante (la). — Grosse sucrée (la). — Hendries* seedliug.

— Keens* seedling. — Lucas. — Marquise de Latour-Maubourg. — Oscar, ^ Sir Harry. — Sultane (la). ^ WonderfuL

Variités qui produisent les plus grosses Fraises :

Admirai Dandas. — Belle de Paris. — Châlonnaise (la). — Doc de M abkoff. — Eleanor. — Empress Ëugenia. -- Excellente. — Jucunda.

— Lucie. — Marguerite. — SirHarrj. — Sultane (la).

Variités qui se forcent très-bien : •

Quatre-Saisons. •— Ambrosia. — British Queen* — Constante (la).

— Grémont. — Eleanor. — Elyza (A). —Empress Eugenia. — Grosse sucrée (la). Keens' seedUug. — Marguerite. ^ May Queen. — Oscar.

— Princess Frederick William. — Sir Charles Napier. — Sir Harry. — Victoria (Troll). Comte de Lambsrttb.

Nous avons étudié toutes ces variétés de Fraises chez nous

et DOS amis ; les quelques points qui ne s'accordent pas avec

les notes du savant auteur du livre, le Fraisier ^ ne méritent

pas d'être signalées ; car le Fraisier est assez capricieux pour

ne pas donner partout les mêmes résultats ; et chaque année

de nouvelles variétés de Fraises viennent supplanter les an*

ciennes, qui tendent à dégénérer, surtout par le fait d'une

mauvaise culture.

Th. Larché.

MÉLANGES ET FAITS DIVERS

SOCIÉTÉ IMPÉRIALE D'HORTICULTURE

Séance du 9 juin 1864.

La Société s'est réunie en assemblée générale pour la distribution des récompenses à décerner à Toccasion de sa deuxième exposition partielle, tenue du 14 au 19 mai dernier; en outre la Société s'est livrée à ses travaux habituels •

Cette séance a été remarquable par le nombre des apports. Nous citerons celui de M.Duschon Pierre, de Saint-Mandé (Seine)

qui était composé de 2 gros fruits da Melon Prescott, h fond gris. M- Gautlîier (R, R.) présentait 5 variétéR de Fraisiers bien connues et généralement cultivées, mais dont les fruits avaient acquis un volume presque anormal. Pour ne citer que ceux appartenant aux Fraisiers Marguerite et Duc de Malakoff, nous dirons que le poids de chacun d'eux variait, pour la première variété entre 30 et 40 grammes, et pour la seconde de 25 à 35 grammes.

M. Gloëde, horticulteur aux Sablons, dont le nom est depuis longtemps attaché au commerce du Fraisier, avait envoyé des Fraises appartenant à 20 variétés dont 7 entièrement nouvelles ; voici leurs noms : British Sovering, Haquin, Souvenir de Kieff, la Fertile, Loreyz Booth, The premier, et Fairy Queen. Nous nous abstenons de donner les caractères de chacune d'elles, par la raison toute simple que nous ne le pourrions pas. Sans vouloir en aucune façon attaquer le talent de M. Gloëde, il nous semble qu'il doit, dès à présent, lui être difficile de s*y recon* naitre devant une production de variétés qui va s'accroissant journellement et dans des proportions aussi considérables.

Enfin, en fait de Fraises, nous devons signaler la variété qui porte le nom de F. D^ Nicaise, dont plusieurs fruits avaient été envoyés par M. RifTaut, jardinier de Tobtenteur, M. Nicaise. Cette variété, non encore dans le commerce, est certainement celle qui produit les fruits les plus volumineux. Le poids de chacun de ceux présentés variait entre 28 et 53 grammes.

Pour terminer Ténumération des apports qui devaient être jugés par le Comité des fruits, nous dirons que M. Jamin, de Bourg-la-Reine, envoyait des Cerises appartenant aux variétés Impératrice Eugénie et Belle d'Orléans. A l'égard de ces fruits, le présentateur rappelle que la Cerise Impératrice Eugénie a été trouvée, il y a peu d'années, parmi des rejetons par un cultivateur de Ménilmontant. M. Jamin rappelle en outre que, par le feuillage, cette variété se rapproche de la Cerise de Mont-

flMMT^cyi tandis que par son fruit elle a de Tanalogie avec la Cerise anglaise, mais cette dernière est beaucoijp plus tardive. La Cerise d'Orléans^ dit encore M. Jamîn^ mériterait d'être plus répandue pour la précocité et la bonne qualité de son fruit. Ce dernier pourrait être confondu avec le Bigarreau, car il en a la couleur et la forme, mais il en diffère par la saveur et surtout par sa chair trè$-f(Huiante. Cette Tariété vient bien en plein yent, faculté qui, on le conçoit, peut augmenter de beaucoup sa fertilité.

M. Verdier (Eugène), horticulteur, rue Danois, 3^ exposait une nombreuse série de Roses, appartenant soit à des variétés remarquables déjà existant dans le commerce, soit à dea variétés nouvelles obtenues de semis par le présentateur.

M. Verdier (Charles) présentait aussi 4 variétés de Roses obtenues par lui de semis.

Les autres présentations floriculturales sont : par M . le doeteur Andr;, une série de 8 variétés de PkyllocacUis obtdMSs par lui de semis et issues de croisements opérés entre le P. JpeciosissiinuAi meoDicanw et Aokermanm. On ne pouvait se lasser d'admirer ces fleurs qui étaient remarquables non» seulement par leurs coloris satinés et miroitanls,. mais ausai par leur dimension vraim^ttt extraordinaire* Au milîeu d'une démonstration générale des plus sympathiques, IML le Président a remis à U* Andry une prime de première classe ^ilui a été aocfvdée pour son admirable a^ort ;

Par }L Loise une série assez nombreuse de Ghdioh» c^rdinalù^ plantes à peu près complètement abandonnées d^aos jours, curieuses cependant par les coloris bizarres qpt'offreat leurs fleura.

Par M. Tabar, de Sarcelles, une nombreuse série de fleurs de Pétunia obtenues par lui de semis.

Enfin M. Daudin, amateur à Mém,. près Poully (Seine-et- Oise) déposait une partie de Tinfloresoence d'un Draeœna Draeo var. Boerliaaviiy qui est en ce moment fleuri dans ses serres.

Apfèd todépouilIemml^delaicorrespoRdaiM H. le fecvéUire géoéval communique il la Société les nomit des Jurés pour la y exposition partielle qui Sera ouverte du 9 au A4 juillet proobaini et qui sera consacrée principalement aux Roses.

A la suite de la lecture de quelques travaux et de la dépositûm de plusieurs Mémoires^ nous avmis dosmé lecUire de notre compte*reiidu de la dernière exposition partielle de la Société. Nous avons surtout appelé Tattention sur les avantages que peuvent produire les expositions (lartielles, et avons de mtaie coMiaté avoir tegteH du peu d'empressement par lequel certaîns horticulteurs répondent àepvÎB quelques aimées aux

ap|felsdela Société.

Bd. YnpiLOT-

EXPOSITION D^HORTICULTURE A MULHOUSE

La Société d'horticulture de Mulhouse est récemmeni fmdée, et déjà elle est grande^ elle est riche, et son influence s'est fait sentir sur la culture des jardiss, sur la qualité des produits hvrés à la conflommati(m#

Dans ce pays intdligeut qui crée^ par sa profnre initiative, des cités ouvrières, des écoles^ des hospices, des auberges, des b&hothèques, des églises^ des squares, etc., toutes institutions populaires qui moralisent le travailleur en améliorant son tûenôtre ; dans cette ville philanthropique oh jamais le ralentisse*ment des afiEaires n'a suscité au patron cette malheureuse idée de mettre l'ouvrier sur le pavé, et de quêter ches autrui de quoi subvenir à ses besoins ; à Mulhouse, disons^nous, une Société d'horticulture ne pouvaU décemment faire du jardinnage en chambre, ni des expositions dans un corridor ou un palais. Son premier acte, fut l'achat d'un jardin.

Ce terrain, situé hors la porte de Bâle, vaut 60^0(M) fr. ; qu'importe ! une souscription couvrira la somme ; le lendemain^

la Société possédait un jardin, et ses ânances étaient intactes.

Les sociétaires et leur familTe vieiinent se promener autour des massifs, des bassins, sur la pelouse ou sons les ombrages qui leur appartiennent ; et chaque dimanche, un excellent arboriculteur, M. André Menet, démontre la taille des arbres dans le clos réservé aux arbres fruitiers (i).

La Société donne annuellement 4,000 fr* à son jardinier ; mais elle retrouve ses fonds par l'abonnement des propriétaires qui confient leurs arbres à M. Menet, et les leçons qu'il donne à l'école normale de Golmar.

Aussi, l'arboriculture est en pleine voie de prospérité dans le Haut-Rhin. Prochainement la culture maraîchère recevra la même impulsion, par suite d'une combinaison ingénieuse de la Société de Mulhouse •

On voit que cette utile association ne marche pas dans la voie des faiseurs, qui ne soutiennent leur œuvre qu'à l^aide de trucs, décors, coups de grosse caisse et claqueurs. On a dit quelque part : « Les Sociétés de province sont filles de la Société de Paris, 1» Plus d'un provindal comme moi sourira à ce paradoxe, conmiis sans doute par un Parisien ; car, si les Sociétés départementales sont nées du mouvement qui fit jaillir la Société de Paris, — donc elles sont sœurs 1 — Il y en a plus d'une, — f&t-elle de Carpentras ou de Landemeau, — qui pourrait prêter son règlement à l'impériale et centrale, laquelle, reconnaissonsle, cherche tous les moyens de se maintenir au rang qui lui est dû.

L'Exposition de Mulhouse était d'autant plus intâ^sante, qu'elle se composait exclusivement des productions du pays. Nous prisons fort ce parfum de localité ; l'esprit se repose des grandes luttes provoquées dans l'arène des concours universels.

(4) Depuis plosienra années, nous remarquons, daas ce jardin, des Péchera en cordon oblique sondés entre eux par leurs flèches ; par suite d'accidimt, trois nigets titués &eôté l'un de Tautie ont été coupés à 50 c. au-dessus du sol et leur tronc jeté au feu. Ces trois tiges, privées de leurs propres racines, mais greffées en approche au sommet de leur voisines, continuent à vivre, et à fructifier.

La firalcheur et la vie ne manquaient pas aux fleurs, aux arbustes, aux légumes et aux primeurs ; on les avait groupés avec art sous les pavillons et kiosques rustiques du jardin de la Société ; assez d'air pour ne pas étouffer ; pas trop de soleil ni de pluie qui les auraient ternis.

Si nous en jugeons d'après les objets exposés, M. Hans est le principal. fleuriste de la ville. Ses apports consistaient en Rhododendron de bonne facture, jeunes Azalées qui promettent ; plantes fleuries, parmi lesquelles Bragmansia ftorUfunda, Himanthophyllum cyrthaniiflorum^ Clematis Umuginosa candida^ Pro$thantera cuneata, Echium grandtflorum. Au milieu de ses plantes de décor, signalons de forts exemplaires en Lilium gû garUeumy Areca rubray Cordyline indivisa vera^ Bégonia mocrophylla. Ficus letlccmeura. Jetons un regard de compassion aux Cyperus altemifolitis albo variegatus^ Codiœum Umgifo^ lium^ Sedum Sieboldi medio variegatum^ Géranium zonaU Miss Polhck, panachés à discrétion •

M. Strub, qui le suit de près, avait de plus fortes Azalées ; (nous trouvons sur notre carnet : Azalées Alexandre et Prince Adolphe de Nassau, à fleur grande, étoffée) ; des Géranium zonale où l'heureux choix des variétés le disputait à la bonne cultive ; des Pélargonium aussi beaux que la saison le permettait, et des Verveines italiennes qui gagneraient à être épurées des types unicolores. En somme, M. Strub est un horticulteur de mérite.

Pareille mention sera accordée à Biehler, de Guebwiller, lors* que ses Rosiers tige auront un étiquetage correct, et ses arbres verts seront en échantillons plus trapus. Que M. Biehler ne s*y trompe pas , nous lui avons adressé l'éloge avant la critique. On ne pouvait mieux amener des Rosiers à jour fixe, — Princesse Mathilde, Sénateur Vaïsse, Victor Verdier, Pauline Lanseseur sont de fort belles Roses, — et sa nomenclature de Cornières est de bon augure.

Citons encore les Rosiers de M. Dominique Barthel et les

PéifliiigmiNBii de M, Jacques Bartel ; les Fensées de M. Ifeny, à Fellefing^n, quoique provinciales, aursiait fait baisser pa^ villoii aux Pensées parisiennes.

Noos aimons la façon d'exposer les Pensées par M. Meyer Georges, jardinier chez M. H. ScUiimberger. Les flran, talées sur un tapis de mousse, dans une caisse pkte et titrée, consenrait leur position ; les corolles ondulées 7 gagnent la rondeur qui leur manque, c'est vrai^ mais le public, de la fin en jouit comme ^lui de T ouverture.

n faut raidre jusrtice aux amateurs horticoles de teite région industrielle ; ils se font une gloire de montrer les enfants de leurs serres et de leurs jardins, obtenus avec la coUaboraticm de jardiniers intelligents ; n'est-ce pas un signe de prospérité dans une compagnie formée d'amateurs et de praticiens ?

En «niivant f ordre du programme, nous rencontrons les nuip gmfiques Azalées et Rhododendrons de M. H« Schlumberger^ dont plusieurs gains méritants ;

Les (Snéraires parfaitement cultivés etretardés, de M. André Kœchlin, et des Caleéolaires aux nuances trop uniformes ;

De jolis Géranium tonale à M. Jean DolUus ;

De superbes Azalées et Pélargonium à M. Jules Dollfns ;

Des Giroflées, des Bégonias, des Pélargonium à M. Louis Huguenin;

Les plantes grasses de M. Marent ;

L'Araucaria excelsa (bel exemplaire à vendre) de H« Charles Mieg.

Le Beschomeria yuccoides en fleurs, à M. André Kœchlin; enfin les collections hors ligne de plantes de tout gem^ : serre chaude, serre tempérée, orangerie et pleine terre, appartenant à l'honorable Président de la Société, M. Weiss-Schlumberger. Nous sommes heureux de lui payer notre tribut de félicitations. Il a prêché par l'exemple, en apportant de nombreux végétaux bien choisis, bien cultivés, bien variés, à TExposition publique d'une Société qu'il ptéside avec autant de savoir que

de bon goût et de modestie. Nos paroles n'ont pas Féloquence ni la solennité des toasts ; elles n'en sont pas moins sincères. ' Continuons, voici les légumes et les fruits.

Contrairement à nos provisions, la culture potagère n'est pas ' en retard sur cotte terre alsacienne que TAllemagne nous envie.

Tous ces groupes de Laitues, de Carottes, de Choux-fleurs, de Radis, de Pois, de Melons et Concombres étaient appétissants, ma foi. Le Pois nain à bordure, le Cantaloup fond blanc, le hâtif blanc long, man of Kent, Pick's défiance, ne nous sem<blent point à dédaigner.

Récompensons donc ces braves maraîchers qui, eela se comprend, se font toujours tirer Toreille pour venir prendre part aux concours : MM. Baumann et Barthel fils, jardiniers mar«chands, MM. Séraphin ilLejety Pierre Rehn, Joseph Thiriet, jardiniers à gage.

Pour dore dignement ce c(»npte rendu tin pea eonfus, savon* f ons du ïegard les séduisants Muscats roses, les grosses Fraises Victoria, les Raisins blancs, fruits forcés de M. Kestner, manu-

facturier à Thann ; et saluons d'enthousiasme crtte splendidt corbdilie où se pressent. Melons, Pèches, Brugnons, Dattes, Abricots, Prunes^ Cerises, Fraises, Raisins frankenthal et chas^ selas doré, mais dorés, vermeils ou veloutés comme TExposition des Beaux- Arts des Champs-Elysées n'en avait pas.

Le producteur, M. Jourdain, manufacturier, et son gdndre M. Ostarmeyer, avocat, font partie de cette cohorte d'amateurs distingués qui consacrent leur fortune et leurs loisirs à perfectionner leurs jardins^ à en faire sortir des chefs-d'œuvre, et qui, en fin de compte^ poussent vigoureusement au char de THorticulture dans la voie du progrès.

Le Jury a vivement regretté que cette corbeille de primeurs

soit çlacée hors concours. Il Ta proclamée le lot le plus impor-

tant) le bouquet de l'Exposition de Mulhouse.

Charles Baltet^

Hortieoltoiir *a Troyti,

Travaux du mois de Juillet*

Jardin Potager. On continue» pour les couches, les opérations du mois pré* eédent; on veille sur les Melons^ les Patates et les Aubergines qui tes couvrent.

En pleine terre, on sème Poireaux, Ciboule, Chicorée de Meaux, Scarole et Choux-fleur; on met en place ceux qu^on a semés le mois dernier. On peut encore semer des Navets, Raiponces, en mêlant des Radis, des Carottes demi-longues pour rhiver, et^ à la fin du mois, de la Chicorée blanche, de TOignon blanc pour dtré jrepiqoé en octobre, et de la Scorzonère pour passer Thiver ; on met en place le Céleri turc, et on en butte tous les quinze jours pour en avoir toujours de bon à être consommé; c*estle meilleur temps pour Tarrachage des Ëchalottes etl^Âil.

Jardin fruitier • Il faut visiter fréquemment les espaliers; palisser, ébonrgeonner, découvrir, sans trop les dégarnir, les firuits dont on veut avancer la maturation; veiller avec attention & maintenir l'équilibre des arbres, arqner ou pincer les branches vigoureuses; dépalisser et dresser les faibles. Regarnir les vides des espaliers ou des quenouilles, par le procédé de la greffe par approche des rameaux herbacés. Dans les journées très-chaudes arroser les pieds des arbres nouvellement plantés, surtout les Pêchers, et seringuer les feuilles.

Vers la fin du mois on greffe en écusson, à œil dormant, les Cerisier*, Pôchers, Abricotiers, Poiriers, etc., dont la sève s'arrête de bonne heure; et à œil poussant tous les arbres dont la végétation se prolonge jusqu'aux gelées.

Jardin d^agrément. Arroser, palisser, élaguer, mettre en place les plantes d'automne, ébourgeonner les Dahlias, relever et mettre sur les tablettes, dans on endroit sain et aéré, les bulbes ou griffes de Jonquilles, Narcisses, Jacinthes, Tulipes, Renoncules, Anémones, etc., aussitôt que les feuilles ou hampes seront desséchées; marcotter les Œillets, semer les Cinéraires et les Lupins.

Serres. Lesplarites restées en serre ne demandent plus que des airosementa, de Tair et un peu d'ombre quand le soleil est trop ardent.

MMMa».>a«ai

I>irt6. <* Imprimerie hortieolè de B. DoNRAtaD, rae GâHelte, 9«

sMiuitt Ms AiTtcu» ùKram pahs ci mnotio.

r. UÉtnico, €?br*«H|vè ; ^ 0. tncirm, la Geaetyltta ffa«kfll*lé^ (m. XV) ; « F. HÉBiNCft, le Tiieem Tre«ale«aa (M. XVI)} — UisotiiiBSiKt Bipotilioarilortienlrart de Paris; >- BoaiL, RBM**ito>> ^^ FoateQaj-iai-lloM« ) — Mokbl, U bealare •• !• cretfiD» iofloMied da nfet tor U gr^lEp; -* B. Vialot, ii<ai«tr« «ar U prodnetlOA des vtriétéi :V artieU : de le ttcoodetioa opérée eatre deaz eipeees dUtinetee i B. Vialot» de U Boeiété iopéritle^ etc.; — TrtTaax du mou d'toflu

CHRONIQUE

La Glycine remontaaie^ et les Rosien remoaUnts; Pourquoi les fraiU à noyM n'oQt*ili plot aaiaot de qualités qu*auirefois ? Influence dei cbemiiis de fer sur le dévetoppemeal du eûcnmerce horticole ; Statistique des arbres, fruits et légtimest expédiés par la gare d'Aogers ; Poufq*ioi un chou-fleur qui ne rapporte que 15 centimes au producteur est-il payi 75 centimes par le consom* nateur T Pétition des horticuitenrs au sujet des transports par le chemin de fermeté.

n ya quelque trente-deux ans, alo^s que mes frêles mains teoaieat les mancherons de la brouette^ et que je roulais, avec l'insouciance de mes douze printemps, les débris de Técole de botanique du Jardin des Plantes, j'arrêtais souvent mon phaé* ton à une roue devant un magniQque pied de Wisteria sinensù^ qui couvrait la petite cour des serres, oùTexcelIent jardinier en cbef, M. Richer, faisait si gravement Tappel de messieurs les élèves ; et je restais là, le plus de minutes possible, à contempler la splendide floraison de ce bel arbrisseau grimpant de la Chine, qui, alors, s'appelait Glycine sinensis. A cette époque, s'il m'en souvient bien, — et je ne crois pas que la mémoire me fasse défaut en cette circonstance, — la Glycine de Chine fleurissait une seule fois Pan, au printemps ; actuellement, et de puis plusieurs années, je vois, non-seulement ma belle Glycine du Jardin des Plantes, mais toutes les Glycines en général, refleurir tme seconde fois, vers juillet et août. Cette espèce seraitelle donc devenue remontante à la manière de certains Rosiers t

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Mais commêttt et pooMfuoîT J*avôtie fpie te singulier phénomène est pour moi, et pour bien d'autres » un mystère que je ne chercherai pas h eiplicper ) je constate, voilà tout. Seulement je crois qu'il peut jeter quelque lumière Sur l'origine des Rosiers dits hybrides remoHlanU, qui sont^ dîtrODy le pio* duit d'une fécondation croisée, entre un Rosier non remontant etun Rosier à floraison perpétuelle, soit Thé, soit Bourbon, soit même du Bengale. Malgré l'assertion des hommes compétents en la matière, j'ai toujours eu dee doutes sur cette prétendue origine des Rosiers remontants ; et la seconde floraison de la Glycine de Chine, que je viens de signaler^ ne me mmble pas devoir les lever de sitôt. En effets ou la seconde floraison des Rosiers hybrides est le résultat d'un phénomène physiologique analogue à celui qui détennine la ëeconde floraison de la Glycine, et alors ils ne sont pas le produit d'une fécondation croisée ; ou la Glycine de la Chine est, comme la race des Rosiers remontants, un hybride, dont le père est perpétuellement en fleurs. Mais, comme le Glycine sinensis n'a pas toujours été remontant, et que, de plus, jecherclie en vain, depuis long* temps^ le père qui fleurit perpétuellement — récompense honiiète à qui le trouvera, — ^ je crois avoir le droit de maintenir mes doutes, et de considérer la race de Rosiers remontants -^ qui, entre parenthèses, ne remontent pas toujours,*^ comme un accident fixé et qui peut se perpétuer par la graine, car tous les individus provenant d^un même semis ne sont pas remontants* tJn autre phénomène de végétation m'a été signalé par un de nos abonnés ; « N'avez-vous pas remarqué, comme moi, m'écrit-on, que lès fruits qu'on vend aujourd'hui sur les marchés de Paris, notamment les Prunes, les Abricots» les Pêches et les Fraises ne sont plus aussi bons qu'autrefois; que les uns sont acides et les autres pâteux? Et pourtant ce sont toujours les mêmes variétés. Faut-il attribuer ce changement au sol qui serait épuisé ou à Tair qui se trouverait modifié t »

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