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Tout le monde a constaté ce changement dans la qualité des tmiis; mais le soletTair sont toutà feit étrangers à ce phénomène ; la cause en est des plus simples. Autrefois, avant rétablissement des chemins de fer, Paris n^était alimenté de fruits qoe par les départements voisins ; les fruits étaient alors récol* tés en maturité, mis avec soin dans des paniers et transportés sur des charrettes. Actuellement, avec les voies ferrées, Paris est devenu Tentrepôl de toute la France; il reçoit des fruits des départements les plus éloignés, et les réexpédie souvent à l'étranger, en Anglet^re et en Russie. Au début de cette spécula-
tion^ les propriétaires cueillaient leurs fruits en parfkit état de maturité ; mais il arrivait qu'après un trajet de cent et des Heues^ pendant lequel les colis étaient quelque peu secoués, les destinataires parisiens entraient en possession de compotes de Prunes ou de marmelades d^Abricots ou de jus de Fraises. J*ai été témoin un jour^ à la gare d'Oriéans^ de la désolation de ph»9ieurs cultivateurs de Pèches, qui, à Touverture de leurs oatises parteitement confectionnées, n'avaient plus trouvé que des noyaux nageant dans l'eau ; la chair était fondue ! Pour obvier à ces inconvénients, on récolte actuellement cet fruits bien avant leur maturité ; aussi n*a4-on que des Prunes aigres, des Fraises aetdes, de« Abricots pâteux ; les Pèches jaunes du Midi seules conservent un peu leur eau, mais qui est loin de )K)saéder cet arème et ce sucré qu'elle a quand le fruit a mûri fur Tarbre.
Dimanohe dénier, sur le marché de Mantes, les Abricots ne se veiidaient que 50 centimes le panier. Le peu de valeur de ce fruit provenait de la maturité complète qui ne permettait pas le transport. Aussi les habitants de Mantes se sont ils empressés de profiter de cette rare occasion pour faire de la compote é Si la cueillette prématurée est préjudiciable à la qualité des iruits à noyau, elle ne porte aucune atteinte à la qualité des fruits à pépins. Aussi Je coiiuneroe des Paires et des Pommes
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a-t-il pris une extension considérable en France, depuis que nôtre pays est sillonné d'un réseau de chemins de fer, qui met Paris en communication, non-seulement avec tous les départements français qui lui expédient leurs produits, mais avec tous les pays de l'Europe, qui consomment une partie de ces produits. Si les administrations des chemins de fer publiaient une statistique des fruits et plantes qui circulent sur leurs lignes, les gens qui traitent Thortiçulture de science futile seraient obligés de reconnaître que cette futilité est la source d'un assez beau revenu pour la France, et qu'elle mérite d'être ' encouragée.
J'ai sous les yeux la statistique des arbres, fruits et légumes expédiés par la seule gare d* Angers pendant une saison, et c'est un document des plus intéressants, au point de vue de l'importance du commerce horticole. Ce travail, dû à M. Bap« tiste Desportes, de rétablissement d'horticulture André Leroy, à Angers, ofire toutes, les garanties d'authenticité désirables ; caries chiffres ont été relevés des registres du chemin de fer. Les arbres et plantes remis à la gare d'Angers, pendant la campagne de 1 86 1 -1 862, ont été, en chiffre rond, de 1 ,500,000 kilogr. ; et on peut estimer, dit M. Desportes, à près du tiers de ce chiffre, soit 500^000 kilogr., le poids chargé par les ba* teaux, les messagers^ les charrettes qui vont directement à An^ gers chercher des arbres. C'est donc environ 2,000,000 kilogr. d'arbres, que les pépinières d'Angers expédient chaque année. Pendant l'hiver 1863-64, la gare de cette ville en a expédié 1,550,000 kilogr. sur lesquels rétablissement André Leroy a fourni, à elle senlCf près de 890,000 kilogr.
Si des arbres vivants nous passons aux fruits, nous trouvons qu'il a été expédié d'Angers sur Paris : Par la grande vitesse 145,119 kilogr. de Poires de luxe; Par la petite vitesse 550,052 -*- de poires ordinaires ,
Soit ensemble 695 , 1 51 kilogr.
Cm expéditions se répartissent ainsi pour 1861-6S.
En Juillet, i 5,200 k. Poires de luxe, 10,487 k. Poires ord.
Août. 65,030 — — 248,218 — —
Sept. 30,688 — — 160,827 — —
Oct. 19,698 — — 115,000 — —
Nov. 3,643 — — 15,800 — —
Dec. 2,633 — — »
Janv. 150 — — •
Pendant le mois d'août, c'est la Poire William^ la meilleure des meilleures, qui est seule expédiée par la grande vi-
tesse ; en septembre et octobre^ ce sont les Bonnes Louise d'Avranches, Duchesse d'Augoulème, Beurré royal^ Beurré d'Arenberg, Doyenné d*hiver, qui forment le fond de Texporw tation pour la graude vitesse. La plus grande partie de ces Poires est dirigée sur le Havre, et embarquée pour l'Angleterre et la Russie. En estimant ces 695,1 SI kilogr. de Poires au prix moyen de 30 centimes le kilogr. , on oblient dne somme de 208,545 francs, pour les Poires des jardins d'Angers seulement ; on peut, sans exagération, ajouter une l^omme égale pour cellejs chargées dans les autres gares du département de Maine-et-Loire, ce qui f ait^ pour ce seul département de la France, un revenu de 417,000 francs, produit par les Poires. La pratique de l'horticulture n^est pas si à dédaigner, il me semble.
La culture du Pommier ne produit pas de moins beaux résultats : les Pommes expédiées d'Angers , pendant ce même hiver 1861-62, de novembre à avril, ont été de 1,755,394 kilogr. Les expéditions se font par la petite vitesse, et ne com-* mencent qu'en octobre. Eu novembre 1861 , l'exportation d'Angers a été de 513,172 kilogr. ; dans une seule journée, elle a été jusqu'à 40,000 kilogr. Il faut des chiffres officiels, — fait observer M. Desportes, -«- comme ceux relevés des régis-
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très du clieimn de fer« pour o^ÎFe à un tel résultait; et ce n'est pas tout. On estime à près de 2,000,000 de kilogr. les Pommes chargées en bateau ; et des employés compétents du chemin de fer n'évaluent pas à moins de 1,500,000 kil. celles qui ont été remises aux différentes gares des départements, principalement de Chalonnes à Saumur. C'est donc plus de 5,000,000 de kilogr. de Pommes que ce département a expédiés sur Paris, Le résultat en argent se chiffre par 480,768 fr. 75 c, — qui, ajouté à celui des Poires^ produit 900,000 fr.;— c'est nu foi im assee beau denier.
Les Fraises d'Angers prenuent aussi le chemin pour la capt* tàle« EUes sont expédiées dans de longs paniers étroits et peu pt)fonds contenant, chacun en moyenne^ 5 kil. de ce fruit délicat, qui a guéri Liuné de la goutte. Ëlle8 se vendent de 75 cent, à 1 fr. 75 c, suivant la saison et la qualité ; mats on compte que la moyenne est de 41 c. le kilogr. Pendant Tannée 4891, il en a été expédié d'Angers , 65,400 kil., qui ont produit aux c«dtivatettf827,O00£r.,et au chemin de fer, environ 6^540 fr. Les Cerises figurmt pour 79,000 kil.; qui ont été payés au prix moyen de 30 c. le kiL, ce qui fait 23,970 fr. pour les cultivateurs ; le chemin de fer a perçu 7^990 fr, de transport* Voici mainteaaat la culture maraiehère : L'expéditionde Ghoux^Fleurs, en 1861, a été de 78!^,Stt kil. ; en'l862^, ce chiffre a été presque doublé ; il y a eu deK expéditions de 100,000 kil. par jour. Les expéditions de 1861 ont produit, en chiffre rond, 200,000 fr. pour les cultivateurs ; elles ont rapporté en deux mois, --^ mars et avrils «-^ auch^ninde fer près de 75,000 fr., oesChoux payent de trans* port pour Paris, environ 10 fr. par 400 kil., en grande vitaSfis^ et presque toutes les expéditions se font par cette célérités C'est en raison de ces frais énormes de transport, joints è ûeux d'emballage,' de courtage, et bénéfices dés nombreux intermé^ diaires qu*un Chou-Fleur qui ne rapporte au euHivftteur qM
15 c. , est payé par les eonflommateun pariBiens da SO à 75 o*
lUat parti d'Angers^ 120^000 kiU àà Petits Poia, qui oM drané 2i,000 fr. aax cultivateurs^ et i 2^000 &• au cheoûa de fer ; 12^000 &» ! moitié de la valeur du produit I Etounes-vou^ dooci d'aprè$ cela, que les Petits Pûi3 soient hors de prix I Je commence à comprendre la [pétition des horticulteur^i dont il sera parlé plus loin.
Les Haricots verts iif urent pour 2S,000 kil. qui rapportent 8»790 fr. aux cultivateurs^ et 2,500 fr. au chemin de ^r*
Les Parisiens, paralt-il, goûtent pen les Artichautii d'Aih* g&^ ; aussi ne leur en 6nvoie4^>n pas»
En revanche, on leur expédie da i'AnjoUj plus de S00,000 kilogr» d'une plante bien vulgaire, qui vient partout «ans oul«» ture, et qui rapporte annuellement, à de pauvres familles des environs d'Angers, 48,000 fr. ; cette plante, c'est le roturier Pissenlit, qui vient à Paris par la grande vitesse, payant 9 tt» environ par 100 kil •> et rapportant ainsi au chemin de fer| environ 30,000fr. en troia mois. — 300,000kiU dePissenlit l Je n^ croyais pas le Parisien aussi friand. Il est vrai qu'on lui tait ^ manger les verts sous le nom d'Spinards, et que les hlanca apparaissent sur sa table, affublés du nom de Barbe de capu* cin. Pauvre Pansien ! Pourquoi aussi n'dpprend«il pas la botanique ; il saurait au moins reconnaître }e Pissenlit de la Chi^ Corée et de TEpinard ! Après tout, le nom ne fait rien k k chose ; l'important, c'est que la chose soit bonne, et une salade de tendres Pissenlits est une délicieuse salade»
D'après ce résumé statistique» on voit que* si les chemins de fer ont aidé au dévebppement du commerce des produite dea jardins, les administrations de ces voies ferrées y trouvent auMî im asses beau bénéfice. On est donc en droit de s'étonner qa'tiles m favorisent pas davantage ce commerce, qui élève chaque jour contre êUes des plaintes qui paraissent assez fonidées.
Dans une pétition préparée par MM. Baltet frères, pépinié-