‹ L'horticulteur français de (volume 5)Chapitre 30 sur 152 · ORNEMENTAL · texte numérisé non relu

ORNEMENTAL

Dès 1858, à propos de l'introduction d'une nouvelle espèce de Bambusa, le B. gradlisy rHorticulteur français a appelle l'attention de ses lecteurs sur une série déplantes dont le goût commençait alors, et qui sont devenues aujourd'hui tout h fait à la mode concurrenunent avec celui, le plus souvent très-peu heu* reuz, des panachures. Il y a cinq ans on ne pouvait citer qu'un nombre relativement restreint d'espèces propres à ce nouvel emploi. Depuis, non seulement on s'est servi de ces plantes pour isoler sur des pelouses, au })ord des eaux, contre les rochers, mais encore on les a fait entrer dans ia composition des corbeilles, des plates-^bandes et des massifs. J'avoue ne pas partager entièrement ce goût, du moins quand il s'applique à des plantes telles que les Ferdinanda, FicuSy Musa, etc., qui feront toujours bien mieux isolées, ou en petits groupes peu serrés.

n est curieux aujourd'hui, de faire une sorte de recensement des beaux végétaux nouveaux ou tirés récemment de nos riches écoles de botanique, et qui sont ainsi les élus du jour. Je

vais même essayer, en quelque sorte, de les classer pour faciliter leur emploi ; mais je m'empresse d'ajouter que je ne parlerai que de ceux que je cultive ou que je connais parfaitement. Il reste évident que j'en passe un grand nombre, et peut-être des meilleurs. Mais en revanche je puis citer quelques espèces ra* res et peu connues, telles que le Fatsia et d'autres dédaignées ou oubliées bien ^ tort, comme les Heracleum et les FerxUa.

Plantes vivaces de serre, à mettre en pleine terre pendant Vété.

Ligularia gigantea, Sieb. ; L. Kempferif Si'eb.; L. cristata, Sieb.; (Composées). Ces belles espèces et variétés japonaises,encore peu connues, atteignent en pleine terre, surtout la première, des dimensions incroyables. Leurs feuilles rondes du plus beau vert en font des plantes de premier mérite. Siebold raconte, dans sa Flora japonica, avoir vu des laboureurs à l'abri sous une seule touffe de L. gigantea.

Verbesina alata (Hamulium cass») V. gigarUea. Jacq. V. cro^ cata. V. Less. verbascifolia Hort. (Composées) . Plantes d'une grande vigueur, à feuilles très-découpées et toutes originaireâ de l'Amérique.

Senecio Ghieshrechtii, hort . (Composées). Encore rare et imparfaitement connu, ce Senecio est remarquable par son aspeci blanc et laineux.

Chamœpeuce mutica DG. fruticosa. DC. (Composées). Plantes à feuilles dentées-épineuses d'environ un mètre^ d'un effet bizarre, originaires de Grèce et d'Orient.

Gynura bicolor. DC« (Composées). Feuillage d'un brun intense, relevé par le violet des tiges et pétioles. Fleur jaune orange. Introduit du cap Vert en 1790.

Sanchus ladniatus. Hort.; S. gummifety Link; S. platylepiSy Hort. (Composées). Ces Laitrons sont mis au commerce par M. Lierval, et sont de très-belles plantes; la pranière par soa

{Bmttage kumué^ la leeonde par la couleur rougeàtre de set feaiUes, la troisiènie par son aspect d'un beau blanc d'argent. Le S. gummifer est originaire des lies Canaries.

VhdeabipimuUa. Hort. Composée à grandes feuilles opposé^^ k peine on point pennées, malgré son nom spécifique, d'un port extraordinaire. C'est une des nouveautés les plus vantées^ et anssi digne de l'être que les Polymnia, ^erdinanda^ etc.

Wusschia WalasUmiù Hort« (Gampanulacées). Magnifique plante à isoler complètement, aussi remarquable par ses feuil* les longues de près d'un mètre et très-symétriquement vertîcillées, que par ses abondantes fleurs rouges et jaunes.

Àstelia Banksii. Hort. (Asphodelées). Ce genre peu répandu mérite pourtant de trouver place dans les collections ; je parle non-seulement de l'espèce que nous citons, mais encore des A. pumila, meriziexiana et alpina. Le A. Banksii a des feuilles de un mètre au moins, très*glauqnes en dessus et argentées en dessous. Son port est gracieux et pittoresque. Toutes ces plantes sont originaires de la terre de Van Diemen et des lies Sandwichs.

Nicotianà maœima. Hoffm. N. Wigandiotdes. Hort. iV. glauca. Graham. JV.Ca/t/bmica.Hort. (Solanées). Plantes très-vigoureuses, ayant chacune un aspect bien tranché. La première atteint 3 mètres de hauteur; a des feuilles oblongues-lancéolées acuminées et de jolies fleurs roses disposées en panicules terminales, nie est originaire de Sardaigne. La seconde qui atteint jusqu'à 3 mètres, dans un seul été, a des feuillet d'un vert pAle, sur lesquelles tranche la couleur plus intense des ner^ vures. Le N. glauca a un nom spécifique qui le caractérise assez, ajoutons pourtant que ses fleurs jaunes contribuent à sa beauté ; c'est une vieille espèce rapportée de Buenos- Apes en 48i7 , tandis que le N. califomica ne remonte qu'à 1 858.

^Acanthui latifoliuSy Hort.(Lu8itanicus).i4.f»oKw,Un. A. 5/>ino- 9tis, Lin.A . spinoiissimusy Desf .Ces célèbres plantes résistent à la

rigaeur du froid de nos hivers à bonne exposition et couvertes; mais, pour les avoir belles, il faut les rentrer en orangerie ou sous châssis. Elles forment alors d'admirables touffes d'un vert intense, desquelles s'épanouissent en été, d'assez jolies fleurs blanches ou rosées. Ce sont assurément les deux premières espèces les plus belles. Le A. latifoHw surpasse le A. mollis^ mais celui-ci a un intérêt historique si grand pour l'art de la sculpture^ que nous devons bien lui conserver sa place ; d'ailleurs, il est bien plus commun.

Bryùphyllwn proUferum. (Grassulacées). Très-belle plante, introduite en 1 860, au Jardin de Paris, s'élevant très-droite et atteignant vite un mètre et plus de hauteur, mais ne s'étendant au contraire que très-peu, de manière à simuler une sorte de colonne d'un blanc glauque^ d'un bel effet. Nous ne connaissons pas les fleurs de cette plante, mais on peut prévoir qu'elles seront assez jolies, comme presque toutes celles de la famille des Grassulacées.

Saccharum Madenii. (Graminées.) Canne à sucre cultivée depuis longtemps à Angers, dans l'établissement Louis Leroy, et fort jolie mais délicate. Ses longues feuilles, fines et élégantes^ légèrement glauques, la feront conserver dans les collections.

Afidropogon Iwarancusa. Roxb.A* Schœmanthi^A.sqiÂarrosnSi Kœnig, A.giganteum.Hovt, A.formosum, Lart. LesAndropogon, vulgairement appelés Bambous, sont plus connus aujourd'hui sous le nom de Sorgho. L'espèce cultivée pour le sucre que l'on en extrait ou comme plante fourragère, est. déjà fort belle et ses congénères la surpassent; mais je ne puis cacher que ce sont des plantes embarrassantes. On ne peut les cultiver comme annuelles^ puisque leurs graines ne mûrissent pas sous notre climat ; et mises en serre, elles poussent trop si elles sont en végétation, ou meurent si on veut les garder sans vie apparente. VAndropogon Iwarancusa est l'espèce la plus commode, puisqu'elle passe presque en orangerie. Le ScluBmanthuSy bien

ooDna dans l'Inde^ en Algérie et dans nos colonies, sous le nom de Jonc odorant^ est cultivé dans ces pays comme plante odorante. 11 était autrefois très-employée en médecine, pour sa sa* reuramère et même acre. Il atteint un mètre cinquante environ, a des tiges dressées» garnies de feuilles longues et rudês^ trèsétroites, surmontées de panicules d'un joli efi)^, à cause des houppes de poils qui accompagnent tous las épis. Ceux-ci sont disposés deux par deux. Le A. muricatus, Retz (A. squarrosus^ lin fils) est bien connu par son emploi, car ses racines constituent le Vétivert. C'est une plante qui a assez l'aspect d'un Gynerium. Quant aux A. gi^anteum et formasum, nous n'en connaissons que de petits individus. On les dit très-beaux^ et Ton assure que le dernier n'atteint pas moins de l mètres en un seul été.

Musa. Je n'insiste sur aucun des Bananiers, tout le monde les connaît et sait leur incontestable beauté ; mais ce ne sont des plantes à mettre dehors que dans des situations exceptionnellement abritées, et où le vent ne peut déchirer leurs magnifiques feuilles.

Phormium tenax. Forst. (Asphodelées.) Le Lin de la Nouvelle- Zélande pousse vigoureusement livré en pleine terre, et c'est le moyen employé dès longtemps par les horticulteurs pour multiplier cette plante si conmiune pendant l'hiver dans les salons parisiens. Mais le rempotage est souvent difficile, aussi ne doit-on pas risquer ainsi de fortes toufTes.

Cypenis papyrus^ Parlât. C. SyriaciAs* Parlât.; C. texiiltSy Thunh. (Cyperacées) . J'aime beaucoup ces gracieuses plantes, mais dans l'eau ou sur le bord, et non en corbeilles, comme on a voulu les employer. Ce sont certainement de belles espèces à cultiver au point de vue qui nous occupent. Elles demandent d*aiUeurs très- peu de soin.

. Plantes tuberculeuses.

Canna. Tous les Canna rentrent dans cette catégorie de plantes. Nous ne pouvons faire ici une revue des espèces et variétés. Nous les signalons pour mémoire.

Thalia dealbata, Sower. (Cannacées.) Très-jolie plante pour le bord des eaux^ anciennement connue, il est vrsd, puisqu'elle fut introduite pn 1 791 , de la Caroline méridionale.

Caladium esculentum. (Colocasia esculenta, Schott.) (Aroidées.) Cité pour mémoire , étant suffisamment apprécié. Les belles espèces et variétés à feuillçiges panachés ne rentrent pas dans la série des plantes dont nous voulons parler.

Xanthosotna sagittœfolia y Scholt, (Caladium violaccum). (Aroidées, Hort.) Espèce moins vigoureuse, réclamant plus de' chaleur et d'humidité que le C. esculentum, digne pourtant de tenir sa place dans nos cultures.

{A continuer).

Alph. Lavallée.

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