L'ÉGLANTIER
Il est question, depuis quelques années, d'une espèce nouvelle de Rosier pour remplacer l'Eglantier, comme sujet dans l'opération de la greffe de toutes ses nombreuses et quelquefois admirables variétés de Roses, qui constituent ime branche si importante du commerce horticole français. Comme toute nouveauté, il eut, dès son apparition, ses partisans et ses détracteurs. Les premiers exaltaient son mérite jusqu'à demander l'abandon complet de F Eglantier et recommandait son emploi exclusif pour la propagation des Rosiers par la greffe ; les seconds, au contraire, exaltant ses défauts, le repoussaient complètement de la pratique horticole, et le considéraient comme nul et non avenu.
En Angleterre, où il était cultivé bien avant son introduction en France, le Rosier Manetti fut également l'objet de bien * des controverses. M. Donald Reaton, àsns Cottage Gardener' s et M. E. P. Francis rosiste distingué, deHertford, se sont montrés de ses plus chaleureux admirateurs ; mais M. William Paul, habile et grand cultivateur de Roses, s'est trouvé, au contraire, un adversaire acharné, qui l'a dénoncé comme ayant tué, par sa trop grande vigueur, toutes les greffes qu'il lui avait confiées.
En présence d'une telle divergence d'opinion nous avons cru
devoir nous abstenir, et attendre du temps et de Texpérienoe la solution de la question. *
Le temps et Texpérience ont parlé : et la vérité se trouTS, comme toujours, entre les deux extrêmes.
Le Rosier Manetti est une espèœ très-vigourense, qui convient également bien aux terrain» humides, meubles, et aux terres les plus mauvaises ; dans les jardins deM. Francis, d'Hertford, où le sol est composé de gravier et pierres assez grosses, il pousse admirablement et donne les plus heureux résultats (The florist, 1860, p. 16); il développe, en une sève, des scions de 1 mètre 50 à 2 mètres d'élévation. Mais malgré cette vigueur, il ne peut servir pour former des Rosiers à haute tige : le sujet étant trop mince pour soutenir la cime, sans le concours d'un tuteur. Ce n'est donc que pour les Rosiers basse tige que le Rosier Manetti peut être efficacement et avantageusement employé, ou bien encore pour les variétés qu'on veut avoir franc de pied. Dans ce dernier cas, on fait la greffe en pied de biche, sur le collet de la racine, en laissant un œil an talon; la greffe ensuite enterrée s'affranchit très-rapidement.
Quant à la question de développement et de durée des greffes, elle est aussi parfaitement tranchée. Ce nouveau sujet ne peut convenir que pour les variétés de Roses très- vigoureuses; Jules Margottin, Comtesse de Chabrillant, Comte Odart^ Gloire de Dijon, Paul et Virginie, Appoline, etc., sont les variétés qui ont donné les plus beaux résultats.
Le Manetti ne présente donc pas, comme pn le voit, les immenses avantages qu'on avait fait miroiter à nos yeux, lovs de son introduction : il ne peut pas remplacer lés sujets d^Églantier pour haute tige de 1 mètre à 2 mètres dé hauteur, qui deviennent de plus en plus rares, et dont la reprise n'est pas toujours assurée ; son mérite se réduit, par conséquent, à donner des sujets pour basse tige qu'on se procure encore très-facilement,
éSM Ttôs bbis. On àvàûiagè Cependant qn^iï a stœ l'tglantier,
dans cette circonstance, c'est sa grande fkcilité de propagsitioti ps» boutnffe} Ift re^pîise eist aussi rapide que celle des Satdest et les pousses d'une annéft sont aptes à recevoir la greffe .
F. Hértnoq.
Lk POIRfi ÙOCTEVà GAU. ET LES ÙÉUGJSS DE
WWEmoUL
n y a qnelquèô années, notre honoraWe collègue, M. Conrtani Lesneur, de Rouen, fit admettre par le Congrès poifiolôgîtjue, In Poire hoctisur €aU.
Ayant déjîi nn arbre sous ce nom, mais différant du sigûalètnent donné, nous avons tenu à posséder Tautre.
Depuis que nous le culUvons, nous le trouvons semblable aux b^ic^sde Lotoenjouî, également tecommandé par le Congrès.
Les caractères du port de l'arbre, du bois, du feuillage, de la fleur, se ressemblent parfaitement. A ^automne, nous aurons jtigè le fruit comparativement, et pourrons conclure en pldne connaissance de cause.
î)ans ses tableaux, le Congrès dît :
« î)ë'lkes de ÏMbenjoul ou Jules Bivort (obtenu par Bivorf), fruit assez gros, très-bou; chair fine, Tondante ; maturilé oclobfre, noTembreVatbro très-Terlile, pour toutes formes, peu vigoureux sur coi'gnaSsier, préférable sur franc, bon partout.
« tkfCteuT Oaîî (VanMoœ), fruit ïnoycn, très-bon ; chair fine^ îcttîdanteï malmité octobre î uAre très-fertile, pour toutes formes, Micat "sur mgnassier.
S'il n'y a pias idifn'fité, on Toît qtfil ne s'^en faut guère .
fin onvrant la^omologie àeUmien, piMêe sous la firection
d6 &u'Pr4T0st^ poœologa^ 4rudîl, je tiouf* k flsur« ft la desoriptioQ do Doeteiir Gall qui s'adapltraient p«rftit6iMiit à notre Déticesée Lmoenjoul :
« Arbre peu Yîgoareux^ très-fertile^ affectant la forme pyramidale. On devra le greftr de préfërenee sur frane , excepté dans les terrains profonds et snbatantiilf. lUmeaia gros elerarts, liaset, ayant ont ligne saillante sont obaqae gemme , qni w disparaît qu'tanpràl da deuûèma en descendant : ceux*ci sont coorts, coniques et aiguë, hruns nnancés de blanc et de marron.
c Ëpiderme blond ou brun pâle , marbré et ponctué] de gris cen« dré.
c Boutons à fraits, moyens, coniques et de même nuance que ceux ibois
c Feuilles moyennes, ovales-lancéolées» alipiilées, aiguis» quelques» onee seulement sont arquées et peu profondément serretées» celles qui environnent les boutons à fruits sont lancéolées; pétioles de moyenne grosseur^ d'une longueur de 2 à 3 cent. ; plus ils sont près de Textrémité des rameaux^ plus ils sont longs.
a Fruit moyen ou gros, pyramidale, obtus, arrondie sa base ; haut de 9 à 40 cent .^ sur un diamètre de 6 i T.
« Pédoncule de moyenne grosseur, long de 4 5 à M millimèties, plaeé tràB-obliquemeut dens le fruit« el surmonté de la partie supérietixe de celui-ci,
c Œil petit, régulier> souvent sans sépales» ou^ quand il en existe, ils sont pen apparents, placés dans une cavité large et peu profonde.
c Epiderrae jaune clair, pointillé et marbré de Jaune roux, surtout aux extrémités, plus particulièrement près du pédoncule, où il se trouve aussi des taches et points bruns ou noirs à centre fauve ; ces mêmes points se remarquent dans toute retendue, maïs plus distancés ; la partie frappée par le soleil est un peu rosée.
« Chair fine, très-fondante, eau abondante, sucrée , acidulée ^ parfamée ; loges séminales longues et étroites; pépins noirs foncés, longs de $ i 8 millimètres , courbés à leur partie supérieure.
« Ce beau et excellent fruit m'a été donné par M. de Mareife, cemme éUnt un semis de Yan Uonst et le meilleur de la fin de septembre et octobre.
c Noos l'avons dégusté «a eommission, et celle-ci a été onanime pour reconnaître que la déclaEation de M. deMaraise^ sous le rapport de la qualité et de la beauté de ce fruits était on ne peut plus exacte. »
Constant Lesueua.
En lisant devant le Poirier Délices deLowenjoul cette description du Poirier Docteur Gall, on la trouverait exacte.
Nous trouvons bien, dans cet ouvrage remarquable, quelques inexactitudes de dénomination auprès d'autres fruits; mais la décision du Congrès pomologlque a le droit d'être plus éclairée ; et nous la trouvons obscure.
Maintenant y a-t-il deux fruits distincts , ou ne serait-ce pas un double emploi ? alors quel serait le nom primitif? J'appelle la discussion sur ce point.
Voilà^de ces questions qui devraient se traiter avant l'accep* tation d'une variété ; et tant que le congrès recommandera sans contrôle un fruit connu d'une seule personne, ou dans une seule localité, et discutant en l'absence de tout docunaent, de toute preuve, il s'exposera à de graves erreurs ; son infaillibilité deviendra illusoire.
AinsiàRouen, on désignel'Ëpargnesouslenom de Cueillette; le Beurré Duval sous celui de Belle Henriette. Peut-être y appellet*on Docteur Gally le Délices de Lowenjoul ?
Ou ne serait-ce pas plutôt le Congrès qui appellerait Délices
de Lowenjoul le Docteur Gall ?
Charles Baltet,
horticulteur k Troyes.