TROISIÈME LETTRE SUR L'HORTICULTURE
Les Rosic^t's à forcer.
Plus de six mille variétés de Rosiers, nous dit M. Przedpelskiy ont paru dans le commerce.' Efi bien ! il se Tend à Pa* ris pour cent cinquante mille francs de roses coupées forcées. Savez-vous, lecteurs, sur combien de variétés porte ce chiffre respectable? Vous ne me croirez pas, et cependant rien n'est plus vrai : ces cent cinquante mille francs sont le produit de la culture de vingt-cinq variétés seulement. Pourquoi un aussi [)etit nombre? C'est parce que les Roses à forcer, pour couper, sont celles qui doivent réunir le plus de qualités. En effet, un Rosier à forcer, pour fleurs coupées, doit être vigoureux, avoir un beau feuillage^ un bouton allongé, une fleur grosse, se développant bien, conservant les divisions calicinales dressées, à la manière des Roses moussues, et dont la couleur vive et pure de la nuance ne se ternisse pas lorsque la Rose vient d'être coupée; enfin il y a beaucoup d'autres qualités secondaires que le cultivateur apprend toujours à ses dépens.
Mais si le nombre des variétés de Roses à couper est restreint, le nombre des horticulteurs spécialisant ce travail Test encore bien plus. Croirait- on qu'il n'y a qu'un seul établissement qui se livre, spécialement, à l'étude des nouveautés de choix, bonnes à subir la culture forcée? C'est cependant la vérité, et nous en avisons les jeunes horticulteurs à la recherche d'une spécialité; celle-ci en vaut bien une autre : elle rapporte honneur et profit.
Les variétés que l'on force avec succès sont, parnni les perpétuelles et les hybrides : les Rosiers du Roi, Général Jae-
queminotj DtAchesse de Cambacérès, Auguste Mie^ Baronne Pré* vosty Louise Péronée, Triomphe de r Exposition y Célina Diibos, Madame Boll, la Reine, et quelques autres variétés moins méritantes .
Dans les autres seclious de Rosiers, on force encore les QiiatreSaisons, Noisette, Lamarqiie, Gloire de Dijon, Souvenir de la Malmaison, Thé Safrano, et une autre variété à fleurs blanches dont le nom m*échappe. On force aussi, mais plus tard en saison^ les roses moussues crisiata et Madame Hardy.
Enfin il est desRoses, qui sont tellement florifères, que leur fleuraison se prolonge jusqu'en hiver, lorsqu'on a seulement le soin de les protéger contre les premiers froids, au moyen de coffre et vitrages, sans chaleur artificielle; telles sont les Roses Cramoisi supérieur^ Bengales, Souvenir de la Malmaison^ Safrano, Mistress Bosanquety etc.
• Non-seulement toutes ces variétés sont les plus lucratives pour la culture forcée, mais elles sont en outre les plus belles et les préférées pendant Tété. La Rose la Reine surtout, malgré son défaut de tourner à là couleur violet bleuâtre par les temps d'cH^age, et sa terrible rivale, la Reim d'Angleterre^ moins grosse, mais qui conserve mieux sa couleur^ sont toujours les bien-ai« mées du public.
Chaque année le jardinier primeuriste cherche, f)aru)i les nombreuses variétés nouvelles, que les semeurs lancent dans le commerce, celles qui réunissent It^s conditions convenables pour remplacer les anciennes Roses forcées ou pour en augmenter le nombre ; mais il me semble qu'il en est encore, parmi les bonnes vieilles, que l'on pourrait conduire également bien en contre-saison ; c'est une simple étude préalable à entreprendre pour connaître leurs qualités et leurs défauts, et surtout Tépo* que eiacte où chacune d'elles peut être mise en végétation,
époque qui varie selon les loc^tés.
Lajëi'?»nesse.