Lescuyer
DES HAIES ET DES ABRIS (Suite).
Berberis vulgaris. tipîne*vinette. C'est l'espèce par excellence, selon M. Hérincq et moi. En effet TEpine-vinettc croit dans tous les terrains^ même les plus mauvais. Abandonnée à elle-même» elle ne se dégarnît pas. Elle pousse droit» se prête admirablement à la taille et est» enfin» bien plus défensive que tout autre» à cause du nombre infini de ses épines. Sa multiplication est aisée par semis» boutures et marcottes. Les haies d'Epine-vinette sont infiniment jolies ; car les pousses sont si parfaitement égales» qu'on serait tenté de croire que le tondeur vient d'y passer ; puis elles sont vertes très-longtemps,
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presque toujours mème^ et les quelques fruits qui ne sont pas enlevés par les ciseaux leur donnent une beauté de plus. Enfin les eolimaçons et les limaoes ne les hantent guère. Les haies, en Epinf -vinette» nous ont paru les meilleures de toutes, et nous les avons adoptées à Segrez après des essais de plus de 6 ans. Jamais nous n'y avons vu un passage se former, et nous vîmes un lièvre, vivement pourchassé, ne pouvoir trouver un seul endroit pour s'échapper. Bref, nous conseiUong^ avec une conviction très-^grande, Temploi de TEpine^vinette pour les haies dâfensives.
On plante à 10 centimètres ; le planf vaut : 10 et 15 fr. le mille.
Robiniapseudo- acacia. Acacia commun. Cet arbuste ne nous a jamais donné aucun bon résultat ; je me souviens, pourtant,, d'en avoir vu une assez belle haie dans le département de la Sarthe. Les Américains l'emploient fréquemment à cet usage; mais ilh croisent les pousses en sens contraire, de manière à les forcer à se greffer par approche. 5 fr. et 10 fr, sont les prix du mille,
Gleditschia-triacanthQS. Févier. Nous avions d'abord fixé notre attention sur les haies de Gledilschia, et nous en fîmes de grandes étendues ; mais h ce moment nous ne connaissions pas Texcellence de TEpine-vinette. M. Hérincq^ dès lors, n'admit plus guère le Gledifshia, dont les haies sont pourtant excellentes, très«défensives et bien garnies . Leur aspect est même plus effirayant que <3elui d'aucune autre espèce. Mais elles ne conviennent guère que dans les terrains calcaires ou siliceux, et croissent mal dans les situations ombragées. L'aspect de ces haies est très^légant . On ne doit pas oublier que les épines de Gleditschia produisent des fâqùres dangereuses (1), dont
dite
(4) J*ai eu un oavrier dans l'impossibilité de travailler pendant une quinzaine de jours, pour 8*ôtre piqué, à la main, en fagotant des Gleditschûi. Le danger de ces piqûres est bien connu aux Ëtat^'-Unis.
Feffet est, du reste, facilement annihilé par l'emploi de Tammoniaqae •
Les autres espèces de Gleditshia forment aussi d'assez bonnes baies, surtout le G. Sinensis^ mais il est plus gelablè. Le G. fe^ fox sedégainit davantage. Prix : le mille 15 fr. {dants d'un an, et 25 fr. de deux ans.
A. LaV ALLÉE.
EXPOSITION D'HORTICULTURE
MeaucOf Amiens^ Saint'Germaiti'en-Laye et Troyes.
VHorticulteur français est un peu en retard avec les expositions d'hoHiculture des départements. Mais il est toujours temps de signaler à l'attention publique les hommes qui, par leurs travaux, concourent à {uropager les saines doctrines de la science horticole. Et puisque cette mission m'est réservée, je vais commencer par l'exposition de Meaux sur laquelle notre collègue, M. Burel^ qui faisait partie du Jury, nous a remis les renseignements suivants :
a Si les plantes y étaient peu nombreuses, dit-il, elles étaient, en revanche, d'un bon choix, et la disposition de l'ensemble ravissante.
L'honorable et zélé président, M. le baron d'Avesnes, avait envoyé plusieurs lots de plantes de serre chaude, B^onia, Ca* ladium, etc., d'une très-bonne culture, qui fait honneur à son jardinier, auquel il a été accordé une médaille de vermeil.
Un autre lot de Caladium, de M. Laniel du château d'Orly, at obtenu un premier prix, pour le choix de ses plantes et leur belle culture.
M. Sellier, jardinier de M"* Emest André, à Rentilly, avait exposé plusieurs lois, dont un de plantes de serre chaude qui
lui a valu utie xnédaille de vermeil; il avait en outre deux ma* gnifiques touffes de Pkarmium tenaœ, une collection dePelatgomuin, à grandes fleursi trop peu fleurie peut-être, niais dont le mérite a été apprécié.
Des Cdlcéolâires» représentées par de bonnes variétés et d'une excellente culture, ont valu une médaille de vermeil à M. Lacroix.
Des récompenses ont été accordées à M. Musnia^ pour un lot de Pelargoniura, et à M . Mézard, de Puteaux, pour un Zonale nouveau.
Un lot d'Azalées américaineSj de M"« veuve Morel, a obtenu une médaille de vermeil; les sujets étaient forts, bien variés, seulement on avait eu le tort de les loger dans des vases démesurément grands.
Un jeune horticulteur, AL Meunier, avait exposé une bonne collection de Conifères ; les individus étaimt sans doute petits, mais ils étaient bien portants.
Le héros a été M. Baudinat, jardinier de Af^ Dassy. Selon sa louable habitude, il avait exhibé quelques-uns de ses beaux Rhododendrum de plein air, et Azalées de Dnde. Ce lot était admirablement organisé; les Azalées, élevées en forme pyramidale, encadraient les Rhododendrum parfaitement fleuris, ce qui formait le plus ravissant bouquet, que la médaille d'or de S. E. le ministre de TAgriculture a couronné.
Trois lots de légumes, bien variés, formaient le complément de cette exposition, qui, en somme, était à la hauteur du progrès horticole. »
Maintenant, pour les expositions d"Amiens, de Saint-Ger« main et Troyes, je vais butiner dans notre correspondance ; je serai papillon et non abeille, car il n'y a nulle part besoin d'ai« guillonner.
Pour Amiens, dont la Société d'Horticulture compte douze années d'existence, je voudrais pouvoir reproduire Téloquent
discours de l'honorable préffldent de la Société, M . Eugène Mennechet, juge au tribunal, dont le mérite horticole, et le déyouement à la science sont au-dessus de tout éloge ; mais l'espace qui m'est réservé m*oblige, à regi^t, de le passa? sous silence.
Jamais peut-être exposition de légumes ne fut aussi remarquable que celle d'Amiens, autant par la variété que par la beauté des produits. C'est qu'aussi, il faut le dire, Amiens est le centre de cette belle et intéressante culture mmlchëre picarde, si habilement pratiquée, par ces hommes laborieux, nommés hortillons, qui ont su transformer en marais fertiles des tourbières improductives. Le lot le plus beau et le plus varié appartenait cependant à MM. Fontaine et Duflot, marchands grainiers, quai de la Mégisserie, à Paris, qui ont gbtenu la médaille d'or de l'Empereur; les trois plus beaux lots, ensuite, étaient exposés par MM. Désiré Darras et Mille, hortillons à La Neuville, et Delettre, jardinier an Sacré-Cœur.
Quelques fruits conservés ont valu une médaille de 1 "* classe à M. Cordelle de Remcourt, amateur à Dreuil.
La population d'Amiens n'avait jamais tant vu de Roses ; les collections étaient nombreuses, et les variétés bien choisies. Les lauréats sont MM. Derreulx, de Roye, Mille, HalleC, d'Amiens, horticulteurs, et M. d'Hangert, amateur à Amiens, qui, en outre, avait exposé une belle collection de Fuchsia.
M. Tnds, jardinier de M. le comte d'Emonville, à Abbevitle, avait exposé une collection de Margonium, dont la beauté dénotait qu'elle avait été soignée par un homme passé mattre es science horticole.
Mais deux collections qui méritent les plus grands éloges, en outre de la médaille d'or de S. E. le ministre, et d'une médaille de 1" classe, qu'elles ont obtenues du Jury, sont les collections de Conifîîves et de Houx, de M. Rivière, pépiniériste à Amiens ; la belle culture et le bon étiquetage de ces. arbres
dénotent, chez M. Rivière, un pépiniériste aussi instruit dans la nomenclature qu'habile cultivateur.
Une récompense (médaille dVgent de l'* classe), qui me parait un peu au-dessous des services rendus, a été accordée à M. Duflot, conservateur du jardin des Plantes, pour la bonne direction, et la plantation intelligente des massifs des squares ; niais la médaille d'or, remportée par son fils, doit être pour lui un dédommagement.
EUG. DE MaRTRAGNY.
(A coniirwer*)