APPRÉCIATION SLR QUELQUES POIRES
PAR M. CHARLtIS ftALTET.
A la séance du 8 ôclobre dernier de la Société d'horticulture de Paris, notre collaborateur, M. Charles Ballet, a exposé une belle collection de fruits, 100 poires, 70 pommes, une prune et un raisin. Sur Tinvitation qui lui fut faite, par M • le président, il a donné des renseignements relatifs au degré de rusticité et de fertilité des arbres, et sur la qualité de chacun des fruits. C'était mie sorte de conférence, comme nous voudrions en voir organiser, non-seulement à Paris^ mais partout où il y a des sociétés d'horticulture, car elle a été pleine d'aitraits et d'intérêt.
Ainsi, le fruit à la main, M. Charles Baltet s'exprimait ainsi sur les fruits suivants :
La Passe Crasanne est le meilleur gain de Boisbunel; elle est grosse, tient bien à l'arbre, réussit en plein vent, et mûrit en mars.
La Tardive de Toulouse^ moins fondante et moins jiileuse que la précédente, n l'avantage de mûrir d'avril en juin.
Le Général Tottleben, également de première grossem', n'a peut-être pas tenu toutes ses promesses sous tel rapport ; il faut encore l'étudier, car on en a dégiislé de très-bon au Congrès de Rouen.
Héihie Grégoire a une chair des plus fines que je connaisse, relevée d'une saveur d'amande ; son arbre est trapu et productif.
Nouvelle Silvie est un précieux semis de Grégoire. Le port
de Tarbre est un pea pleureur^ mais il est fertile; le fruit est beau, excellent etd'hiver.
madame Verte, nouveauté recomiuaadée, récoltée pour la première fois, non encore dégustée.
Docteur Trousseau et Thompson , délicieuses poires de fin d'automne.
Mme Millet^ chair moins fondante, mais de maturité tardive; Tarbre ne vit pas sur cognassier.
Le Wredon a les mêmes défauts; m^ais en le greffant sur un autre Poirier déjà greffé sur cognassier, on pare à cet inconvénient.
Sorlus, abbé Mongein et Morel sont des poires de médiocre
qualité.
Beurré Luizet et Columbia réclament une certaine somme de chaleur pour développer leurs sucs.
Fondante des bois, Beurré SU'.Van Marum, Graslin, Beurré Clairgeau^ Beurré Bachelier, eu magnifique échantillon .
Docteur Gall, synonyme de Délices de Lovenjoul; de Tougues, très-belle et très-bonne Zéphirin Louis^ qui résistent bien aux vents, Adèle Lancelot^ très-généreuse, manquent de parfum.
Docteur Lenthier, Emile Minol, Belle Rouennaise, Ououdaga^ Howellf Fullon y bons fruits d'automne. — Passe Cobnar François, Arma Audusson, Jlenrietle Bouvier, Napoléon Savinieih Colmar Delahanl, Cobnar de marsj Vauquelin, bons fruits qni ont l'avantage de mûrir tard.
Prenant le Bon Gustave, voici, dit-il> un superbe échantillon de cet excellent fruit propagé par M. Dupuy-Jamain. I/C défaut de l'arbre est peut-èlre de manquer de fertilité, mais on en allonge la taille, on ménage les brindilles, et, sous les formes à haut vent, Tabsence de taille, que le beau port de la variété autorise, provoque la fructification.
F-a Castellinc est encore dans les mômes conditions ; etnous
dironsy comme pour la précédente, la nature do sa chair ferme et fondante mollissant difûcilement, et le temps de la maturation (décembre), doivent les faire sortir de i'oubli.
Le Saint-Gemiain Vauquelin est une poire hors ligne, à on considère la vigueur et le port de Tarbre, la rusticité de son fruits sa qualité et sa maturité tardive. VHarUculleur français^ Va déjà figurée ; mais nous la rencontrons parfois plus grosse e colorée de ponceau.
Le Saint Germain Pums, également de plein air, mais qui a le tort de mûrir en octobre.
VAglaé Grégoire^ en forme de Bergamotte, est produite par un arbre à bois court ; c'est une poire d'hiver.
VOrpheline Colmary d*une vigueur modérée et d'une bonne fécondité aurait, sous la peau, une certaine àpreté désagréable;
Le Tavemter de Boulogne^ très-tartif et à compote.
Le Fùrelhj joH fruit teinté corail^ répandu en Allemagne.
Les Doctewr Nélis et Princière^ qui n'offrent aucune parti* cularité à leur avantage.
Les Henri Caperon^ Beurré du Cercle et Flon^ dont les titres à
être admis par les cultivateurs ne paraissent pas être assez sérieux.
La Calebasse Tougard, à chair saumonée .
La Syhange^ petit fruit musqué, de verger ; quelques petits fruits, tels que Cross^ Ananas^ Rausselet, Wanderweken, Nélis^ Prévost^ Beurré Curtety sont de bons fruits d'automne et d'hiver comme Doyenné d'Alençon^ van Mms, comté de Flandre.
Voici une Poilue délicieuse, le véritable Délices d'Hardenpont^ ccmnue en France, sous le nom d'archiduc Charles, tandis que cette poire ronde, genre de Doyenné que nous cultivons sous le nom de Délices ^Hardenpont est la Fondante du Panisel. (1)
(4) Le congrès do Rouea a exprimé la môme opioiou.
Voyez maintenant, dit Ch. Baltet, le Beurré d'Aprenuml, groB fruit calebassifonne, roux-isabelle, et de première qaalité. Il tient bien à l'arbre, c^est \m avantage; on le cultive eucore, par erreur, sous les noms de Beurre ou Calebasse Base.
Ici une interruption se produit^ un horticulteur de Bourg-la- Reine fait observer qu'il existe une autre Calebasse Base, moins méritante que le Beurré (TApremont.
Non, répond le Pomologiste-horticulteur troyen, il n'y a pas de Calebasse Bosc. Celle que vous appelez ainsi était décrite et figurée sous le nom de Calebasse musquée^ par Knoop, avùit que Bosc fait né. Cependant on cultive, dans les envircms de Paris, un fruit médiocre vert et pyriforme ventreuz, sous le nom de Beurré Bosc f d'origine inconnue, mais ils n'ont rien de commun avec le fieurr^ d'Apremont qui nous vient d' Apremont (Haute- Saône) •
Voilà lès avantages des conférences qui fiaient autant de bien que les expositions solennelles et les séances mensuelles.
C'est dommage que la plupart des honunes qui dirigent la destinée des Sociétés aiment trop les chemins battus.
Les 70 Pommes étaient en majeure partie d'origine allemande et américaine ; dles seront précieuses pour augmenter la collectioin plastique de la Société, car ''?s étaient exposées, en partie du moins^pour la premike foi& en France.
Voici quelques iioms des moind connues : Hawtho$uhn^ Pifpin de Parker j Reinette des Carmes, Grand BoknQfrfely Pearmain Stwmer^ Pearmain Herefordskire, merveille deKew» Wagéfm^ Oeut/: mignonne , Beauhf of the Wosl, etAzirolyAimé.
M« Baltet signale encore la pomme /^i^tie, fraii bizarre ; la Bonne de mai, à floraison tardive, et la Wellington, bon fruit d'hiver qui serait synonyme de Dumelovc Seedling. II a encore parlé de la pomme BarovUoky, que Tou vend sous le nom de
Ihiclwsse d'Oldenboury ; de -la Reinette de Cauw^ sous celui de Reinette grande de Cassel y etc.
Où le voit, il convient d'étudier les nouveautés avant de les multiplier ; mais il n'y a que les études pratiques qui puissmt mettre en garde contre les erreurs vobntaires ou involontaires des producteurs •
Tous ces fruits avairat été récoltés dans les pépinières et écoles fruitières des frères Baltet.
Nous avons entendu dire que, par suite de leur maturité passée, MM. Baltet n avaient pu envoyer quelques variétés hors ligne, telles que :
Pêches WillermoZf de Syrie, se reproduisant de noyau, Poire Beitrré Oudinot^ Bautoc^ Mme Freyné^ Prune des Béjonniires.
Là Prune présentée était la Mirabelle tardive^ fruit d'un grand mérite qui réunit la beauté et la qualité du fruit à la vigueur et à la fertilité de l'arbre.
Enfin le Raisin était le Cobemet ou Cabemetj très^cullivé dans le Médoc pour ces fameux vins de Bordeaux ; il était le produit de sarments rapportés de la Gironde, en 1 859^ par BIM. Baltet.