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chaudêSy quelques-unes de ces branches^ prises sur le devant du membre, sont palissées sur lui pour mieux atteindre le biit. On agit de même pour garantir la mère branche, en prenant sur le devant quelques petits bourgeons encoi*e tendres^ que Ton pourrait appeler protecteurs, que Ton attache, soit en les fais&nt suivre, soit en les renversant sur eux-mêmes; s'ils menacent d^ devenir trop forts, on les tient pinces de manière à n^aroir que les feuilles dont on a besoin pour briser les rayons solaires.
Lors de la taille, les bourgeons protecteurs qui paraissent pousser trop vivement sont coupés, en conservant seulement un œil de remplacement à leur base. On prend quelquefois du fruit sur ceux de force moyenne. Il est naturel que les arbres soient pourvus de moyens nécessaires à leur conservation ; on n^a qu*à les utiliser.
Comme on le voit par ce qui précède, il n^est pas dii&cile de faire avec le Pêcher des arbres réguliers ou agréables à Tœil, et produisant beaucoup de fruits : pour peu que le sol leur convienne, qu'il soit légèrement fumé pour bien alimenter la végétation, il n'y a plus qu'à diriger la sève suivant la manière de végéter, ce qui consiste à en concentrer la plus grande partie sur les membres, en empêchant, par des pincements^ les branches fruitières de redevenir jamais plus grosses que le tuyau d'une plume à écrire.
Après nous être occupé de la taille du Pêcher, présentons quelques considérations générales sur cet arbre, ou plutôt posons quelques questions que nous recommandons à l'atten* tion de nos collègues plus expérimentés que nous; leurs lumières pourraient amener des solutions qui ne seraient pas sans utilité pour le progrès de la pomologie.
Le genre pêcher a-t-il commencé par une seule espèce?... S'ilen est ainsi, il s'est bien modifié. L'espèce, dit-on, ne change pas, elle demeure espèce ; et en effet, lorsque Ton sème der
noyaux de pêche, on a des pêchers, tout comme en semant des pépins de pomme, on obtient des pommiers.
Cependant on remarque qu'en semant des noyaux de Pavie on obtient des Pavies; les Pêches lisses reproduisent des Pèches lisses; la Mignonne, des Mignonnes ; la belle Hausse, des belles Hausses; la belle de Vitry, des belles de Vitry, etc.; les Pêches à chair jaune produisent des Pêches à chair jaune, comme les sanguines produisent des Pêches à chair rouge. Des Pêches dont la chair est si différente, et qui semblent se reproduire par le semis, ne constitueraient-elles pas elles mêmes des races particulières ? Il ne serait peut-être pas inutile de le rechercher. Par le mot reproduction, on n'entend certainement pas dise que le fruit se reproduit identiquement; on entend dire seule, ment que la nouvelle génération aura plus d'analogie avec la race dont elle est issue qu'avec aucune autre race, bien qu'il ne soit pas impossible qu'une race en reproduise une autre, par une transformation capricieuse causée par la fécondation, mais ce ne serait là qu'un accident et non un principe.
Ainsi les semis d'une même race donneront des sujets différents entre eux ; il pourra s'en trouver de vigoureux et de robustes, de plus faibles, de plus^délicats, de plus grands et de plus petits, de très-fertiles et de moins fertiles ; les uns donnant leurs fruits un an plus tôt, d'autres les donnant deux ans plus tard ; leur fruit sera plus gros ou plus petit, supérieur ou inférieur en qualité, plus arrondi de forme ou plus déprimé, plus on moins coloré, et accomplissant leur maturation quinze jours plus tôt ou quinze jours plus tard, et bien d'autres différences moins saillantes , mais qui n'échapperaient pas aux observations d'un œil expérimenté et sagace.