‹ L'horticulteur français de (volume 5)Chapitre 84 sur 152 · M P CCC LXIV · texte numérisé non relu

M P CCC LXIV

LWÏÏGULTEUR FRANÇAIS

Dl IIL lOIT CMT GlHtICAMTI IT UR

soom Hs AftiiGus oamni m» a MOÈBê.

f. Hiiuco : Ckr*al^««. ^ Alph. LavauJb i N*t» lar to Vi (M. I). -UNniuvi: I^MChMMialtlft «»Im««m. (PI. II). ^Aftdré Uaaar:ltolm «refliD da soytr. — DoMription dei Ttriétéi d'ArttelMivU enltiTéi ea Aqjon. — Ch. Nadmi: ««Me pntiqta da ptyugirta. — Bag. m HAtriAMT : eMft#t*«Mié« d« l'exposition dt SiinUGcrmalo. — A. M Talou : mevae d«i jooratox étrangtn ; masIMl ■mnwUm. — )L .... : Cttl»to««M dliortieiatare pour 18W-1864. <- TraTt» da mois. - PLAUTES riOUKÉSi : I. ftfftf/Iffw cwrvlM, «- U. JUicftMmMIift #piM4liM.—

CHRONIQUE

Les éiectioiit de 1« Société d*Horticaltare de Paris;' lean réfultaU et la eonaéqnence; régénération ; la Pùmehan britamnam de Lowson, tiré à 400 excm* plairea ; an lecret à tendre pour Ciire da raiein panaché ; caltare de rEugenia ngni en Angleterre^ et son abondante fmctifieation ; Arbousier en pleine terre qui a donné des fruits; aventures de quatre royageurs pour le Japon; un Pétunia fixé.

La Société impériale et centrale d'Horticulture de France parait poursuivre son œuvre de régénération , entreprise l'année dernière. Aux élections pour i803, elle avait commencé cette œuvre» en appelant au fauteuil de la première vice-^^présidence l'honorable et savant professeur de botanique du Muséum, M. Brongniart. Dans son assemblée générale, tenue le 24 dé** eembre dernier, elle a proposé encore des hommes nouveaux pour les seconde et troisième vice-^présidences, et pour les vice-»

Janvier 4S64. 4

secrétaires, ce qui prouve évidemment sa ferme volonté de se régénérer, et nous Ten félicitons.

Mais ce u*est pas sans pêne qa^dle atteindra an but déské. Aux dernières élections, illui a fallu combattre les anciens préjugés, et la lutte a été assez vive. S. E. M. le duc de Momy a été réélu président sans la moindre opposition. Pour la première vice-présidence, M. Payen, ancien vice-président, bravant son échec de Tmnée dernière, s'est représenté, pour bien faire constater sa déchéance définitive ; M. Brongniart a ob- « tenu em effet i 5i voix^ et M* Payen 91 .

Comme deuxième vice-président, M. Lucy, candidat nouveau» anciea président de la Société de Marseille, a été élu par 178 suffrage contre 46 donnés à M. Pépin, vice -président sortant. Trois candidats se sont trouvés en présence du troisième fauteuil : MM. Pépin, Boisduval , anciens vice-présidents, et M. Alphonse Lavallée, candidat nouveau. Cest ici que la lutte s'engage, et que la résistance s'organise. Trois tours de scrutin sont sans résultat, et c'est l'âge> cetciste privilège, qui tranche la question. Au premier tour de scrutin la majorité était de 114 voix; M. Alphonse Lavallée en a obtenu 103^ M. Pépin 73, et M. Boisduval une trentaine ; au second tour M. Pépin a en 85 voix, M. Lavallée 80. Il n^ avait pas encore cette fois de majorité, on alla au scrutin de ballottage, et les deux candidats obtinrent alors chacun 80 suffrages. M« Pépin étant plus âgé, a été, aux termes du règlement, nonmié troisième vice-président*

Même lutte pour le quatrième fauteuil entre M. Boisduval et M. Lavallée. Au premier tour de scrutin, la majorité était de 64 voix; M. Lavallée en obtint 65, M. Boisduval 59; le deuxième tour donna 51 suf&ages aux deux candidats , et le ballottage 48 à M. Boisduval, et 46 h M. Lavallée.

Ces deux élections ont diversement impressionné les membres présents : ti*ois fois il n'a manqué qu^une voix au candidat

nouveau* Mais une chose des plus nsgoliëres et qui a été re^ marquée, c'est que, malgré toute la régularité de ces deux électioDi^^ pour lesquelles on ne peut élever la moindre contestatkm, il se trouve que les deux candidats élus sont pvéoisémeni les candidats qui ont obtenu le moins de voix* Les trois tours de scrutin donnent en effet, d'une part, à M. Lavallée, 265 voix et seulement 238 à M. Pépm, et ,d*aulro part. M* Uivallée a obtenu 160 voix, Ué Boisduval 158; c'est un beau succès doQl notre collègue a droit d'être fier ; car^ sans provocation, il a reçu ainsi les marques de sympathie de la majorité •

Les autres membres du bureau sont :

M. Andry, secrétaire général nommé àrnnanimifé; MM. Bou^ chard-Huzard, Yavin, VerkH et André ont obtenu la majorité comme secrétaires. Ces trois derniers remplacent MM* Roaillard, Pissot et Bouchot. •*- A une très^forte majorité M. Corhay a été confirmé dans ses fonctions de trésorier, et M. Leprieur nommé trésorier a^o tut .

Tel est le résultat des élections de la Société impériale d'Horticulture» résultat qui préoccupe beaucoup le monde horticole parisien, et qui fait espérer que Tannée prochaine la régénéra* tion sera complète.

Je fais maintenant des vœux pour que chacun de nos abonnés» amateurs de résineux, soit souscripteur à ce magnifique ouvrage sur les conifères, dont leur a parlé, un de mes collègues ; à ce fameux Pinettjm britarmicmn de Lowson, tiré à 100 exemplaires seulement. Je viens d'en parcourir les quatre premières livraisons, et vraiment c'est merveilleux. Le format est un grand in-folio, — grandeur des livres de lutrin, -*^ Chaque livraison contient deux planches coloriées : l'une, un port de Tarbro) l'autre une portion de branches avec fruits de grandeur naturelle, et, dans le texie^ des petits dessins sur bois représentant les analyses des chatons mâle et femelle. Les espèces publiés jusqu'à ce jour sont ; Picea nobilii (i** livraison) ; A6tef Pin-

mpo (2* livraison) ; Pinus Lambertiana (3" livraisou) ; Abies hookeriana et Abies Pattoniana (4* livraison). Inutile de dire que le tout est exécuté somptueusement. La Reine Victoria a permis que ce beau livre soit dédié à la mémoire du Prince Albert. Kt les noms des souscripteui^s sont imprimés sur chaque ' cahier. Si vous n'avez pas souscrit, amis lecteurs^ ne vous donnez pas la peine d'écrire pour prendre une souscription : les 1 00 exemplaires ont leurs maîtres ; pour consulter Touvrage il vous faudra faire comme moi : recourir à la bibliothèque d'un ami plus heureux.

Mais si vous tenez à souscrire à quelque chose^ voici une découverte qui réclame des fonds. L'inventeur s'est adressé à M. Dupuy-Jamain, auquel nous devons communication de la lettre suivante que nous reproduisons in extenso :

V J'ai sous les yeux. Monsieur, le catalogue spécial des arbres ffuitiers que vous cultivez et qui tous, sauf une spécialité, ont certainement beaucoup de mérite pour les progrès que vous ne cessez de leur faire acquérir. Cette spécialité c'est la vigne. En effet la vigne, est restée à son état d'enfance, et jusqu'à ce jour aucun pépiniériste n'a cherché à l'en faire sortir, quoiqu'il y ait moyen de la faire progresser comme tout arbre fruitier, et de lui faire produire un fruit nouveau^ c'est-à-dire un raisin de table panaché blanc et noir. Celui qui introduira ce fruit dans la consommation est sûr de faire une affaire excollente^ parce qu'il sera le seul en France qui le produira et qu'il n'aura à craindre aucun concurrent. Étant l'inventeur de ce fruits je vous offre de vous faire connaître la manière de l'obtenir, moyennant de nous entendre à ce sujet; car vous comprendrez que je ne puis me dessaisir de mon secret sans que de votre côté vous ne m'accordiez une certaine rémunération. . . »

Ce qui est très-juste. On peut souscrire chez l'auteur de la découverte, et s'entendre avec lui ; il demeure^ rue du Théâtre, à Grenelle. «^ Que les amateurs de raisin panaché, sorti

de scm état d'enfance^ se le disent; M. Dupoy«JaiBain n'y tient pas.

Les Anglais nons annoncent, eux, quelque chose de mieux ; ils sont parvenus, par la culture en serre froide, a obtenir d'abon* dants fruits de VEugenia ugni, et nos lecteurs savent que ces fruits sont délicieux ; il y a encore une ou deux autres espèces de ce genre qui fournissent aussi des fruits comestibles ; mais pour le moment les noms m'échappent. Il est plus que proba* ble que, dans le midi de la France» ces petits arbustes viendraient très-bien en plein air, ils constitueraient pour le pays une nouvelle essence fruitière.

Dans le paie de S^ez, nous avons vu aussi, cet automne, des Arbousiers en pleine terre tout couverts de fruits parfaite* ment mûrs ; c'est un fait assez rare sous le climat de Paris: ces Arbousiers sont encore aujourd'hui chargés de fleurs.

On raconte en ce moment une anecdote curieuse : Quatre voyageurs explorateurs partirent un jour de différents points de l'Europe, pour se rendre dans un pays qu'ils se gardèrent tous défaire connaître, afind'^e seul chacun à en rapporter des plantes ravissantes et inconnues. Or, tous les quatre se rencontrèrentun beau matin, fraîchement débarqués, dans une des viHës du Japon^ et fort déconcertés. Chacun de scm côté, voyant son entreprise manquée, prit la résolution de revenir en Europe. L'Angleterre en possède actuellement deux, la Hollande un, et la Prusse le quatrième. Mais le plus original, c'est qu'en apprenant qu'ils étaient tous revenus, ils ont reformé, chacun, le projet de retourner au Japon, pours'y trouver seul, cette fois, et faire ample récolte. Les malheureux seront encore déconfits, quand ils vont se retrouver face à face sous Iç ciel japonais.

Un de nos abonnés, dont la signature illisible ne nous permet pas de connaître le nom pour lui adresser notre réponse, nous demande si les belles variétés de Pétunia se reproduisent par les semis. Nous lui répondons que non. Jusqu'à présent

aucune Tariété de Pétunia n'a pu être fixée ; peut-être ne fautil pas s'en plaindre, puisque cette inconstance est la source de toutes ces variétés cfui ont enrichi nos collections. Cependant^ parmi les plantes cultivées à Segree pour former les massifs, nous avons remarqué, depuis plusieurs années, un charmant Pétunia rose à oeil blanc qui se reproduit fidèlement par le se*mis; il y en a peu d'aussi jolis, d'aussi florifères et en même temps d'aussi vigoureux ; c*eBt uneplantepréaieuse, et il serait à désirer quednq ou six autres Pétunia pussent être ainsi fixés. Ce serait, eaeiet,|comm6 ledit notre correspondant, une grande ressource pour la formation des ^rbeiUes ; car il ne serait pas besoin de ikire ces quantités de boutures, comme cela est nécessaire aujourd'hui.

F. Hérincq.

FLOWCULTURE

; NOTE SUR LE PASSIFLOBA CŒRVLEA. L. (Pl. I.)

En appelantl'attention des lecteurs de ce recueil, sur la Flwr de la Pasêion, nous n'avons pas la prétention de leur faire connaître une plante qu'ils puissent ignorer ; car elle est oulti*vée en Europe depuis plus d*un siècle et demi, et la sorte de lé*^ gende qui y est attachée ne la laisse pas tomber dans Toubli* Mais cette jolie espèce, à l'exception d'une variété stérile, est malheureusement peu répandue ; en sorte que le luxe d'une fructification, que nous voyons attirer tous les yeux^ est presque inconnu. Enfin les variétés cultivées» hybrides pour la plupart, sont loin d'être aussi rustiques que l'espèce, et bien des jardins les ont perdues. Bref le Paasiflora cœrulea a.la réputation d'être une plante délicate, qur réclame des soins particuliers et tout au moins dee abris protecteurs ; nous voulons donc le

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relever de cette acousalloii et le Iftife admirer mas tin jour noaveao, eomme plante omanentale, soitout par FabondafMe et le vif éclat de ses fraita* ïki&je ajoiiter que la pulpe conte* Boe dans ces baie$ est mangeable et plaît à quelques pef* sonnes?

Le Poêsiflora cœrulea est originaire du Brésil et du Pérou « H fat introduit vers 1700, suivant la plupart des auteurs qui se sont occupés de ce genre de recherches. H était du reste cultivé dansle jardin de Leyde en 1 720^ comme nous le montre Boeh^ raavedans sa seconde liste des végétaux qui s^y trouvaient réu« nisà cette époque (1). Duhamel, le premier de nos auteurs français qui décrit eette espèce comme plante cultivée (175S), avait déjà reconnu qu'ellesupportaitleciimat de Paris; il cite, comme exemple, un pied planté dans la cour de M . Jussieu, et qui résista bien à l'hiver de 1753, mais souffrit un peu de celui de 1754 sans toutefois en périr. On sait que ces deux hivers sont con«nus parmi les plus froids qui aient eu lien. Du reste^ je trouve dans un catalogue anonyme, attribué à Bernard de Jussieu (2), et qui étaitcelui des arbres et arbustes cultivés dans une pro** I^iété du Tremblay près Paris^ je trouve, dis-je, notre Passiflore citée parmi les espèces de pleine terre.

En Angleterre la date de son introduction remonte à \ ((99 ; Elle était alors une des plantes rarei cultivées par la duchesse de Beaufort (3).

Nous ne pouvons assigner, avec certitude, une date plus ancienne à la culture du P. ecerulea en Europe. Il est probable que cinquante ans auparavant, vers 1650, elle comptait parmi le petit noml»^ de plantes exotiques qu'un goût nouveau tendait

(4) Boehraaye : Index àUerpkmêarum qum in hcrh academko LugduncHBûiavo ahiniur, 47S0.

(5) Catcdogue des arbres et arbrisseaux qui se peuvent élever en pleine tertfe aux environs de Paris. Paris^ 4735.

(3) Phillips: Siha llmfera, t. II, p. 404.

déjà à réunir. Ainsi, Pison^ médecin d'Amsterdam^ en 1648 (1)^ en donne une description d'autant plus certaine, que dans im autre ouvrage du même auteur, publié en 1 658 (2) se trouve une figure qui ne peut laisser subsister aucun douté sur l'identité de Tespèce. Dans ce second volume de Pison, nous voyons que la plante, à cette époque,était cultivée dans Vïnàe(quarufn duœmajores non in campestribus^ sed tantum in hortis invmiuntur ; page 249). Enfin Parkinson, auteur très^ancien qui fit paraître dès 1640(3) un ouvrage sur la culture des plantes, cite le Maracoc appelé aussi Fleur de la Passion , ou Grenadilto^ et la description parait se rapporter au Passiflara cœrulea.

Sachant que cette plante était dès 1658 cultivée dans Vlnde, nous pouvons admettre que ce fut par l'Asie, et non directement du Brésil, qu'elle fut introduite en Europe; dans cette hypothèse, ce serait en Hollande et probablement à Amsterdam, dont les b^timents^ à cette époque, sillonnaient les mers asiatiques, que la plante fut d'abord cultivée. D'aifieurs nous savons que de nos jours ce Passiflora a été signalé au Japon, où il y est cultivé^ au dire de M. Blume, et à Madras, suivantRobert M. Brown • Commerson l'a même signalé à l'Ile de France , et d'autres auteurs le citent au cap de Bonne-Espérance.

Malgré son ancienneté probable, comme nous l'avons vu, cette espèce n'est pas la plus ancienne du genre; et c'est h tort que l'on croit, généralement, que ce sont ses fleurs qui ont sem à établir la sorte de légende qui fit regarder cette plante comme merveilleuse. Le P. incarnata fut connu auparavant, au moins en ItaUeet en France. En effet, dès 1601 Jean Robin

(I) Piso : De fnedicùia BroiHiensi* Lugduni BaUvonim apud Francetcum Hackiam et Amsielodami apud Blieviros. 464S.

/S) Piso. De Indûsutriusqtiierenainraîietmedica. Amslelodami, Elsevin». 465S.

(3) ParkÎDBOD John : Theatrum botanicum of planis, London^ 4640.

le signale comme cultivé à Paris (1 ); Rasciotti à Venise en donne une figure, en 1609, et, dix ans plus tard, Donato d*Eremita, à Naples, en fait une description à l^uelle est jdinte une planche. Le même auteur revient encore sur cette plante en 1622. Il est probablementle premier qui ait décrit les merveilles qu'on Y voyait avec Fimagination de la foi. Mais il faut recourir à Ferrari (2) pour trouver, tout au long^ les renseignements précis sur les organes de la Fleur de la Passion comparés avec les ins* truments qui avaient servi au supplice du Christ. L'ouvrage dédié à un prince de l'Eglise, est un sûr garant de TexpUcation exacte, donnée par rauteur, des merveilles de cette fleur, telles qu'on les voyait alors. Pourtant» quelques années avant, Tob*> biasAldinus, médecin du cardinal Famèse, qui a laissé^ tant sous son nom que sous celui de son pseudonyme Castelli, plusieurs ouvrages remarquables de botanique, se récriait contre cette croyance. En effet, dans son bel ouvrage sur les plantes rares cultivées dans les jardins Famèse (3), ouvrage publié en i625, il donne une description très-complète de la plante, accompagnée de trois magnifiques planches, et discute longuement la ressemblance qui peut exister entre les divers organes de la fleur de Passiflore et les instruments du supplice de la croix, concluant que cette ressemblance n'existe pas (4) , qu'il n'y

(\ ) Catalogus stirpium tam tndigenarum quam exoticarum quœ Luteiiœ co* luntvr, Parisiîs, 4604.

(S) Fht'a seu de florum e^/JturOj 4633. Ferrari omineatissimo prindpi Francisco eardinali BarbcriooS. R. E. vice cancellario, p. 490 et 354 •

(3) 'Exactissima deseriptio rariorum qaarumdam plantarum quœ continentur Romœ inhortoFamesiano, Tobbias Aldinus CaeseDateasis, card. Odoardi Far- De^ii medicna. 46S6.

(4) Undeciun dica&t aliqui omniâ mysteria Passionis D. N. lesu Ghristi îo boe flore apparere^ et ideo Tocari Flor délia Passùmis^ mibi non satisfit. Non in bac planta tota cnix non apparet, quod primum et principalissimum passtoni Salyaioris est signum, daviformî styli quinque spectantur, lanceam non TÎdeo, aliaqne attnli per vîm contorti^ et idem in infinitis plantis facere pos*

ï, etita, per eonsaqoons, infinit» esseot plaatœ passionit.

— io —

voit ni la orabc, m la ianœ» et qa'il pourrait aussi inm trouver les mêmes choses dans toute espèce de fleur.

Quoi qu'il en soit, cette ci^yanoe s'est perpétuée» surtout de* puis que le nom de Passifiora a été consacré par linoé qui cherobait toujours à rendre la science facile en purlant à l'ima* gination» au lieu de Murûcuia o.u Maracœ^ noms anciens et qui provenaient des indigènes du Nouveau-Monde, ou celui de Grenadillo donné parles Espagnols, en souvenir d'un des fruits de leur patrie.

Voici, en général, comment était expliquée cette fleur de la Passion : le cercle de filaments représentait la couronne d'épines; les trois styles étaientle» clous et la colonne formée par Tovaire, la lance. Enfin les vrilles étaient Timage du fouet. D'autres auteurs voulurent voir dans les bractées, l'habit dont les Juifs revôtireni Jésus . Enfin quelques*uns pensaient que l'ovaire, au lieu d'être une lance, représentait là colonne à laquelle il fut lié chezPilate, et le que sommet fi^^uraitr éponge Alors les feuilles simulaient la lance» Je n'insiste pas snr ces images quidiffèrentessentiellement, suivant les divers écrivains, tant du dix-septième que du dix-huitième sikle.

Le Passifiora ccerulea est, ainsi que nous Tavons fait voir» parfaitement rustique. Je le cultive depuis cinq ans en pleine terre sans aucun abri, palissé il est vrai, le long d'un mur exposé au midi. Mais il serait faux d'en conclure que cette situation doit être considérée comme exceptionnelle ; car, à rétat spontané, cette plante recherche les endroits découverts et chauds • Je ne fais donc que la replacer dans des conditions identiques à celles où elle se trouve dans sa patrie. La culture de toute ^pèce de végétaux peut se déduire^ en effet, avec une certitude absolue, de leur propre habitat, et ce serait aux voyageurs collecteurs que nous devrions la demander, au lieu de s'en rapporter aux tâtonnements longs des praticiens, tant bienfaits qu'ils soient. D'ailleurs^ mes observations m'ont

{Mmivé qu'Mcune gelée piintamèpe ne lai cause de doiqroa^ ges, et m'ont montré, qne, à Tautomne, 4 degrés de froid n'arrêtent pas la végétation. Aussi le 16 novembre de oette année, M . Verlot a-t-il pu cueillir des fruits parfaitement intacts, et le S décembre, les pieds étaient encore garnis de fleurs etde fruits. La végétation de cette liane est si vigoureuse, que deux pieds, plantés au printemps 1859, et n'ayant alors que BO à 60 cent. 4e longueur, garnissent aujourd'hui chacun un mur de 7 mètres de haut sur 6 de large. Nous l'avons dit, pour obtenir ce dé* velôppcment rapide, il fieiut choisir l'exposition du midi, nae bonne terre sableuse un peu humide, mais meuble et, par conséquent, s'échau&nt facilement.

Le PoAsiflora ccerulea a de grandes fleurs de 6 à T cent . de diamètre, d'un blanc verdàtreà l'extérieur, plus pur intérieurement. Les filaments de la couronne, disposés en deux cercles moins longs que les divimons du calice, sont bleus an sommet, Uanos an nûlieu, et pourpres à la base. Les styles sont d'un pourpre foncé. Le firuit a la forme et la grosseur d'un petit œuf; vert«clair d'abord il devient jaune orangé. La pulpe qui entoure les graines, cohérmte en une masse indépendante de Tenveloppe ext&îenre, offre la couleur et Vaspeot de Iji grenade^d'oii le nona de GrenadiUe également donné non*seulement à cette eqpèoe^ mais encore au genre tout entier, surtout dans rAmé* rique du sud et la Louisiane (1) oii les fruits de plusieurs, et notamment du P. edulis y sont recherchés. Cette pulpe peu sapide> mais pourtant douce et fraîche, est assez agréable à manger, du moins quelques personnes la trouvent telle. Les

(4) Il existe aux Etate-Unis, dans les Etats de FArkansas, da Missouri, de la Louisiane^ et probablement dans tout le sad de ce vaste pays, une espèce de Passiflora cultivée pour ses fruits et qui n'est point le P. êékUis, ni même une espèce voisine; elle se rapproche beaucoup du P. eœrulea^ar son faeies et ses feuilles, quoi qu'elles soient plus petites, irrégulièrement dentées et souvent glanduleuses ; mais ses fruits sont plus gros et restent verts à la matarité. Leur pulpe est jaunâtre et très-sapide; ce (hiit est aimé de tous les créoles, le ne

feui^lefi du P« cœrulea sont glabres, palmées, à 5 âivisiMs oblongueSy arrondies et trës-entières. Le pétiole porte 4 glandes; Il est» ainsi que les rameaux, d'un rouge foncé, nn peu lie de vin.

Notre espèce n'est pas la seule de pleine terre; les P. incar* nata et P. lutea^ originaires du Sud des États-Unis, ont résisté longtemps aux rigueurs de nos hivers ; mais ces plantes ne sont malheureusement pins cultivées ; j'ai pu retrouver seulement la première. Enfin, il existe dans les cultures une espèce annuelle, le P. gracilis Link, plante d'une végétation rapide et d'une grande élégance. Le P. fœtida^ [hirsuta Lodd) annuel aussi ne se trouve même plus en Angleterre, où on l'avait cultivé également à l'air libre •

Le Passiftara ccerulea offre, comme nous le disions, quelques variétés : l"" angmtifolia^ à feuilles étroites, et à fleurs tardives, c'est probablement un hybride ; 2* glaucophylla, à feuilles très* glauques à la faceinférieure ; 5<> Colvilii, dont les fleurs ont des couleurs plus vives dans toutes leurs parties, et qui est probablement un hybride ; 4"" alba, à fleurs fins blanches ; 5^ variegata^ cité par Duhamel, je crois cette variété perdue. Enfin encore quelques autres variétés, en général hybrides, toutes, le plus souvent, confondues avec l'espèce et beaucoup moins rustiques, ce qui a dû donner à celle*ci cette réputation d'être délicate. Je le répète, l'espèce elle-même ou au moins l'espèce féconde est peu cultivée. Du reste, Miller dit dans son Dictionnaire des jardiniers : « Les plantes de marcottes ou de bour » tures ne produisent point de fruits aussi abondamnoent que

crois pas cette espèce connue scientifiquement. Cen*est ni le P. pàlmata, dont les tiges sont anguleuses^ ni I« P. incamatat qui les a herbacées. Elle m'a été envoyée, il y a quatre ans, du Natihctoches et semée par erreur en pleine terre, où sa jeune tige a beaucoup souffert le premier hiver; puis s'est ensuite développée vigoureusement et a supporté deux autres hivers, 4864 -6S et 61-63. J'attends sa floraison et sa fructification*

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> celles qa'on élève de semences; et j'ai remarqué qu'après i les avoir multipliées ainsr deux ou trois fois de suite, elles » deviemient presque toujours stériles. » Si la remarque de l'auteur aoghiis est fondée, nous aurions l'explication de Tabsence de fruits sur presque tous les pieds. Pourtant, je suis porté à croire que, dans cette hypothèse, ce seraient non les froits, mais les graines qui ne se développeraient pas, absolument comme pour la plupart des Bananiers, chez lesquels la longue multiplication par rejetons a rendu impossible la reproduction par semis, à cause derabsence de graines autrement qa'à Tétat rudimentaire. Du reste il est aisé de vérifier Tassertion de Miller, notre plante donnant en abondance des graines parfaitement bonnes. Je me suis étendu sur la Passiflore bleue à cause de l'ancienneté de culture de cette plante, considérée un peu conmie une merveille, et parce que je la crois abandonnée ,Uout à fait à tort ; car elle est éminemment ornementale par la{MX)fusion de ses fleurs et de ses fruits, qui se succèdent pendant près de 6 mois .

Alphonse LavauIe.

LESGHËNAULTIA SPLENDENS, Bot. Mag. (pl. ii).

Petit arbuste a rameaux dressés, s' élevant à la hauteur de 0", 50* à 0, 40*, ressemblant à une Bruyère; ses feuilles sont nombreuses, fiUrormes, subflexueuses, légèrement canaliculées en dessus^ mucronées au sommet. Son inflorescence forme de petits corymbes terminaux, composés de 2 à 5 fleurs; le calice sans bractée est à cinq segments linéaires, presqu'aussi longs que le tube delà corolle. Celle ci est d'un rouge cerise en dedans, d'un jaune orangé en dehors; les segments du limbe, presque égaux et aussi longs que la moitié du tube, sont largement cunéiformes^ bifides et portent un petit mucron dans le sinus, en*

ire les deux lobes; le tube est ooiuxii de poils déposés en anneau* Filaments des étamines glabres» plus conrfs queleslaoinies du càliœ. Style robuste, beaucoup plus long que les étamines. Stigmate bilabié, courbé^ muni de courtes pajHllèSt

Cette jolieplante dont le nom rappelle celui de Lesebenault de Latour^ botaniste voyageur français, qid iaiéait partie de la célèbre expédition aux terres austriles, fut découva^te sur les bords de la rivière de Sait HSll, colonie de la rivière des Cygnes, par M. James Drummond, qui en envoya des semences en An* gleterre; ce voyageur dit que la couleur de ses fleurs peut va* rier énormément, et qu'elles revêtent toutes les nuances inter* médiaires entre le pourpre et l'écarlate. Nous lui connaissons déjà une variété qui porte le nom de itricta dont le coloris est plus foncé, et il est probable qu'au lieu de la bouturer, si on la semait, on obtiendrait un grand nombre de variétés • C'est une belle acquisition pour nos serres &oiâes ou elle fleurit du mois d'octobre jusque en décembre* Cv^mme les bruyères, elle aime les lieux frais et éclairés, 'et une terre de bruyère siliceuse • On peut la multiplier par boutures faites au printemps sur couche presque £roide. Dans une Exhibition anglaise, à Exeter, il y a quelques années, on en présenta un pied qui portait près de

300 fleurs épanouies.

Louis Neumann,

Chef 4m lerfes ai terdlit éw riastei de Ptrit.

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