POMOLOGIE
lEFFE DU NOYER. „.
Le Noyer commun {Juglans regia) est un grand arbre que tout le monde connaît, mais dont la multiplication par. greffe, en pépinière, est des plus difficiles. Cela est d'autant plus à rcigretter, que cet arbre a de nombreuses variétés qui se re*
rareaifiat par la iemenoe^ et qu'il serait, oepeadaot, important decoBserver.
Depuis quelques aimées^ j'ai &it de nomfaveuses expériences sur la greffe du Noyer; mais ce n'est que depuis peu que j'ai téossif ea prenant, pour faire la greffoi du bois dedeux ou trois ans, et en ^rant lorsque le Noyer est en pleine sève, c'est-à« dire quand le bouton commence à se développer. Je m*étais aperçu^ en effet» que le bois de l'année se trouvait trop moelleux pour que sa partie ligneuse présentât assez de surface pour la soudure, tandis que dans la branche plus Agée, la moelle n'occapant plus qu'une trës-petite partie du bois, la greffe s'apfdiquait plus convenablement au sujet.
J'ai encore remarqué que la greffe en pied-de-biche où à l'anglaise, faite vet terre, et même &y la buttant de terre, offrait plus de ohance de réussite.
Il y a bien longtemps déjà qu'on étudie le moyen de greffer convenablement le Noyer* Olivier de Serre, qui écrivait m 1608, dit, dans son Théâtre d'Agriculture^ que lorsqu'on veut changer une mauvaise espèce pour une bonne, il faut greffer en catum sur nouveaux jets de Tannée précédente* Je pense que cette greffe est celle que nous nommons aujourd'hui greffe en bague ou en sifflet.
Après lui^ l'abbé Rosier, dans son Cours complet d*Agricul^ ture de 1787, observe qu'il faut greffer le Noyer tardivement, surtout lorsque l'arbre entre en pleine sève, et qu'on peut le greffiQp en flûte ou sifflet, en fente ou en éousson • Il constate, d'après M. Duvaure, habitant le Dauphiné, qu'on peut écus-» sonner le Noyer dans les pépinières, avec succès, moyennant qu'on cuéll.d les branches portant les écussons pour les mettre à tremper dans de Peau pendant quelques jours, avant de lever lesdils écussons pour les placer sur les sujets de pépinière, et même sur de grands arbres qu'on a dà courser deux ans d'avance pour recevoir ces écussons. L'abbé Rozier, doutant de
ce procédé, écrivit a Grenoble avant de le publier, et la véiiié du fait lui fut certifiée.
A ces deux moyens anciennement connus, j'ai à ajouter celui de la greffe ai pied-de-biche, ou anglaise, dont je viens de parler. C'est donc trois façons de multiplier le Noyer, que nous avons maintenant, et elles étaient presque inconnues dans nos pépinières» car nous n'employons que la greffe en approche, qui ne peut se pratiquer que sur un nombre très*restreint de sujets.
L'importance de la greffe du Noyer est plus grande dans le Nord de la France que chez nous, en ce qu'elle donna le moyen de changer l'espèce ordinaire sujette aux gdées printianières, en celle dite de la Saint-Jean^ dont la végétation ta^ dive n'a pas à craindre les premiers froids.
André Leroy ,
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