REVUE DES JOURNAUX ÉTRANGERS
Botanieûl Magaxine.
Spie(£a nobleaka (Rosacées).
Ce Douveau Spirée, obtenu en 1859 par M. GUas. Noble» est intermédiaire ^itre le Sp. Callosa et le Sp. Douglasii ; mais il .est assez difficile de débrouiller son origine. Est-ce un produit d'une hybridation due au hasard? Est-ce une espèce? Ce dernier cas serait bien singulier , car le Sp. Callosa est originaire du Japon, tandisque le Sp. Douglasii a été rapporté de Californie. En tout cas, l'arbuste de M. Noble est fortbeau, et prendra place dans les collections de Spiroea.
Chamgbbatia FOLioLosA Bcuth (Rosacées)
Nous avons déjà d'écrit dans les colonnes de V Horticulteur français cet arbuste singulier, parfaitement rustique que rous cultivons et avons déjà multiplié de boutures qui reprennent aisément. Je n'ajouterai que quelques mots de son histoire.
Le Chamœbatia foliolosçL a été découvert en 1844 par le colonel Fremont tant sur les montagnes de la Sierra Nevada que sur celles du Sacramento. Plus tard MiVl. Hartwey et Sheltaa trouvèrent aussi le curieux arbuste que MM. Weitch reçurent enfin de leur heureux collecteur.
Le genre CAamœôaf ta est voisin des genres Cercocarpus et Purshia. Voir r Horticulteur Français^ année 1859, p. 131 et 202.
Cbntrostebcma MULTiFLoauM . Decaisuo. (Asclépiadées)
Belle plante qui a fleuri chez M. Hugh. Law en juillet 1859. Elle est oi-iginaire de Bornéo.
RiCHARDiA HASTATA, Hooker. (Aroldées)
Cette Aroîdée a été reçue de Natal par diffésentes personnes et entre autres par M. Weitch, comme un Calla fleurissant rouge ou jaune. Mais en réalité la spathe est d*uu vert jaunâtre sans aucune espèce de ton rougeàtre. Cest une espèce très-voisine du Richardia alba maculata. Elle a supporté le plein air âûAû rétablissement de M. Weioh à Exefer.
Cbanothusoreganus. Nutt. (Rhamnées)
Le présent Géanote est, parait-il, depleine terre. D forme une espèce voisine, mais bien distincte, du C. Velutinw. CTest en* core à M. Weitch qui Ta reçu de TOrégon, par l'entremise de leur collecteur M William Lobb, que Ton est redevable de cette introduction. Le C. Oreganus avait, du reste, été souvent trouvé par Douglas dans les forêts de TQrégon, entre les mon* tagnes bleues et la mer. Il avait aussi été signalé par ^uttall, puis par le Dr. Scouler.
C'est un arbuste haut de i'^, 30 à 4 mètres dont les branches sont glabres, un peu colorées en rouge d'un côté, à feuilles al* ternes, fermes, un peu membraneuses, longues de 55 à 70 cen* timètres pétiôlées, elliptiques» obttases, rarement un peu en cœur à la base^ dentelées en scie sur les bords, plus pÂles à la face inférieure, qui est un peu pubeçcen tes au commencement de son développement. Les fleurs sont disposées m panicules axillaires d'un assez joli effet.
AzABA GiLLiEsn. Hook et Am. (Bixinées)
C'est probablement la plus belle espèce à^Azaray ce genre d'arbustes propres au Chili et si remarquables par les feuilles géminées de grandeur très-variable^ et parfirns même stipuli^ formes . Les feuilles de la nouvelle espèce ont la couleur it la texture décolles du Houi^ et comme elles sont persistantes ; les fleurs sont petites, rassemblées en capitules oblongs ou elliptiques ressemblant à des chatons d'or par leurs nombreuses étamines d'un rouge vif. Cet A^ara GiUiesii fut déjà signalé il y a longtemps par le regrettableDr. âUies, qui l'avait décôu-
vert au Chili. Plus tacd, M* Eriges le trouva a V«afarai»> et QuilJMa^ et M^Ph» Gosmaîn dans les coirâiUiéres à St-Yago X'es^ M. Beiges qui envoya les première graines dp jardin royal de Kew ; las plaates ont fleuri l'hiver dernier. Cet arbuste ce de- Qucude qu'une orangarie.^ et peut-être supporterait-U le plein aie h boiu^ ^positkm.
Caluandra hoêmatocephala. Hassk. (l^guouneuse) tnigûf ho^ matoooylon. Hort. Calcult.
. C'est dans nés serres un ravissant arbuste, nmia il ^st jirobabl^, comme le pense Kasskarl^ qu'il fonne un arbre dans la ceiUrée d*Oiii il est origiiiaîre et qui est encore inconnue. Des âdbtantilloAsd'hecbÂer en furent reçudu jardin botanique de Cal^ eoita, sous le nom de IngeL hœ9mtoa>^on qui ne lui convient pas. Aussi Hasskarl qui avait eu de mâme source cet élégant arbuste, le plaça-trildansles CutUetadra. C'est II . Duncan^ qui, en 1 857, le fit parvenir au jardin botaniipie de Kew, oii il fleurit pour la première fois en serre, en février de cette année* Hasskarl le place près des C. macrophylla et dos C« nitida et aussi du C. ^wrinavmms de Bentham dont il diffère^ du reste, pur la pubesoence de ses branches et pétioles^ et par ses folUoles plus pétilles et' plus obtuses.
• C'est une fateureuse acquisition*
. BcfiONU Boi^iuNâiANA. Champ» (Begoniacées). Espèce peu intéressante, voisine des B. laciniata. Elle fut d^ouvarte à Hongkong par le colonel Champion. M. Yilford en envoya des £^nes en 18^1 au jardin <)e Kew.
Pteris QUADRUORiTA Rete. Var. Argyrœu (Fougères). Pterù ù/tgytom^ Th» Moore* PUrit tricolor. linden* Nous avon$ d^, il y a iquelqœs mois» appelé Tatt^tion des lecteurs de ce journal sur cette nouveauté hors ligne (voir page IS).
ScoTELURU iNCARNATA. Veoi. (Labiées)»
Les Scutellariase recommandent par leur beUes fleurs xo^gos^ Il sont probablement tous origiAaires de TAmérique tropicale ^ Cette espèce introduite ^ V^gffi^ la 4té répandue aws le nom
de S. Trianet donné f9ic' »ïotz*h et Uàim, é\t'éM ainsi qn^èâe est citée dAa^ le ctflalogQe de LkideHy HiaiÉ flMiheiireusemem sans atieun c«riM)tèile spécifique à l'appui. 11 est probaille que c'est «te siotple irariôié tiû peu phis ricbeAefit «dosée du Sv incamata de Véstenai. M. BenthafÉ, doM l-opiiiiittl sur une plante de la fa^iille des Labiées U un graiid p€dâ0, n« pense pAs qu'elle ^t biett dîstinote da S. FnAfoTkvtiï. C'est MU jolie plante*
Amorphophallcs nmioSi Murua (Atoîdées).
La plante figurée par le Botaniosil ÊEiagacmë dans son c^er de juin dernier est vraiment um cnneose éo^^xidéé. âoù intrGh teetion est dne à M < Thwaites» Uni m envoya dés tubéfreules de Ceylan« VAmorphophaUus dubius se tapproohe de YAtHm campanulatum (aujourd'hui Amorphopkaltta càfnpanulatus) ; eraiine espèce, la plante décrite id est complétemôiit différente. Die a flenri ani serre chaude^ en j uin 1 856 , répandaïkt une si mau^ vaidè odeur» que sdn voisinage était absolument insupportable. La tige florale sort la première d'un tubercule déprimé et amndii Elto est très-^ecmrtey garnie de bractées miembranettsës à la base^ et terminée par une grande spathe en entonnoir , IcfBgnede 1 Tcetitimètres, etle^gedë 10 à 12 à son onveHUré^ verte, mais d'un pourpre foncé intérieurement. Le Spadic^ est long de 9 centim. (non compris la partie terminale) formant une sorte de gros mamelon subconique, entièrement pourpre foncé. Tradbsga'xtia WARSZEWicziANA. Kuuth. (Gommélinéos.) Ce Tradescantia est une charmante plante digne de figurer dans toutes les serres, surtout quand il est assez âgé pour former une souche vigoureuse subarborescente, dont les feuilles retombent gracieusement, ayant assez le port d'un Aloë^ ou mieux encore d'un Draccena. Ses fleura fort nombreuses, de couleur rose pourpre éclatant , se succèdent constamment et ajoutent ainsi au charme de cette magnifique plante , qui passe pour être originaire de Guatemala. Elle est aisée à multiplier.
Alogasu urallica. Schott. (Âroidées).
Cette liante peut ètee a'vaiitageuaecQeiïi placée parmi celles qui attirest le plus les regards par la beautéjde leur feuillage. Chez cette «Vroidée, les feuilles sont très*graxides, à reflets mé« talliques, d*un beau rouge à la face inférieure* Ceat vraimasut une bomie acquisition^ une belle plante hors ligne, malheureusementencore bien rare ; car, reçue de Bornéo il y a peu de temps par MM. Law, elle n'a encore pu être beaucoup multipliée.
CiOLixENE P0LTPHY1.LA Hook (Smilacées).
Le genre Cailiœene est peu nombreux en espèces. La première en fat découverte par Gommerçon sui* les rivages inhos* pitaliers du détroit de Magellan. Toutes les espèces habitent l'Amérique méridionale» et la présente parait originaire seulement de Teitrémité du Chili.
Cet élégant arbuste s^enlace autour des arbres , les gannssantde ses rameaux couverts de feuilles d'un vert luisant, assez semblables à celles du lierre, mais glauques en. dessous. H se couvre d'une infinité de jolies fleurs blanches rappelant beaucoup celles du muguet, mais plus grandes, et formées, non d'une seule pièce comme la coquette liliacée de nos bois, mais de 6 îpétales qui unissent par diverger. On peut cultiver cette
gracieuse Smilacée en serre froide •
A. D£ Talou .
Paris. -- Imp* horticole de E. Donnavd, rue GiiS8e(t«, 9
UTotts i^rioBB nos aboiui^^B de» déyarteatcnto ««1 n'ont yoo no«nltté lonr atennement ponr 4860 de vonloir bien nons en mérenumr le a&ontnnt, nlln de s'éviter les frais de reconvrement*
lios personnes anxqelles il landra présenter les qnittances à do« Mieile» anront à snpporter les firais d'eneaissenent, «ni sont flxés àl fr.
CHRONIQUE
Les Expositions d'horticulture à Fougèref; Meaux^ Beaune^ Saint-Dizier.'» Les premières gelées et leurs effets; le retour du prinlemps. -*- Ouverture du jardin d*acciîmatatioD. — Ce que sont devenus le Jardin d'hiver^ le Palais des Fleur» Lemichez , le Pjré Galelan; ce que devient le Parc de Monceaux*
Je prends mon vol à la recherche des villes qui cmt eu des expositions des produits de nos jardins.
Voici Fougères qui s^effbrce de marchai dans la voie du progrès, et qui parait éprouver quelques difficultés à enrayer. Elle a fait) en septembre, sa deuxième exposition d'horticulture, qui n'était guère plus brillante que la première , m'a-t-on dit ; mais il faut se hâter d'ajouter que 1 860 est une année désastreuse, qui a peu prêté son concours aux ouvriers du soi. Néanmoins, les médailles n'ont pas fait défaut. Tous les exposants ont dû. être contents et satisfaits.
Le plus beau lot appartenait à M. Martigné; puis venait celui de M. Fezais; ils ont remporté les deux prix d'honneur. Leurs collections se composaient de fruits, légumes et fleurs.
Dans le concours de légumes^ une médaille d'argent a été accordée à M. Gousdieu ; les autres lots étaient les apports de MmeBonnefontaine, MM. Billard, Poirier, Pelletier, Bonteloup et le baron Desbordes de Chalandrey.
Les collections de fruits étaient exposées par MM. Martigné, Fezais et le baron Desbordes de Chalandrey.
La partie florale comprenait les collections de plantes variées de MM. Fezâis, Gousdîeu, Pelletier, Chevalier, et surtout celle de M. Guérin Delisle, dans laquelle figurait une nouvelle variété de Pelargontum inquinans d'une grande beauté et qui a été obtenue par le savant jardinier chef du jardin des plantes de Rennes, M.Lucien Georges.
A Meadx l'exposition a eu lieu du 14 au 47 septenibre, sous une élégante tente qui abritait un jardin anglais parfaitement dessiné par M. Pinet. Une superbe collection de légumes de M. Louis Lesseiu* âi obtenu la médaille d'or du Ministre de Tagriculture. M, Baudinat, jardinier de Madame Dassy, avait un beau lot de plantes de serre tempérée qui lui a valu une médaille de vermeil, et M. Viliot a remporté la médailie d'argent du concours de plantes de serre chaude.
MM. Baltet frères de Troyes avaient exposé une remarquable collection de fruits variés et parfaitemeat étiquetée^ qui a valu à ces deux jeunes pépiniéristes la médaille d'honneur de la Société ; M. Cochet de Sulsnes avait aussi une belle exposition de fruits qui a gagné la médaille de la ville.
Le système d'appareil de chauffage^ deM.Duvbir, dont nous avons déjà parlé et que nous ne cesserons de recommander, a obtenu la récompense qu'il mérite, le prix d'honneur.
Beauté a montré aussi que son territoire produisait autre chose que des vignes, grâce, il est vrai, au secrétaire de la Société, M. Jules Ricaud,qui a stimulé le zèle des amateurs et des horticulteurs. M.Dauvesse,dont les pépinières sont à Orléans ce que celles de M. André Leroy sont à Angers, avait envoyé un beau lot de 65 variétés de Pommes. On y remarquait aussi une belle collection de 26 Prunes envoyée de^Namur par M. Roger; des Pèches de TulUus, de M. Prudhomme de Grenoble ; Iclol de Poires et Pommes de M. Perrault-Cadet de Chàlons-sur Saône et ceux de MM. Colin, Pelot, horticulteurs, et J. Ricaud, amateur à Beaune.
Les légames exposés appartenaient à MM. Broichet et Pothier, de Beaune;Bli|i9de Pomard ; Çommeaux^duPuligny , et Bernard, deSavigny.
M. le Baron de Gravier, président de la Société, avait une brillante collection d'Âchimène, Gloxinia, Bégonia et antres plantes de serre chaude; M. Henry lacotot, de Dijon ^ exposait un très-beau choix des plantes ci-dessus désignées, et des Fougères^ des Galadium^ des Erica, des Chrysanthèmes, etc.
De beaux massifs de Verveines, Lantana, Fuchsia, et Rosiers étaient fournis par M. Léger, dessinateur de jardins.
Une superbe collection de Dahlia duconmierce etde semis, de M. Poulet, vice-président de la Société, attirait surtout les regards des visiteurs; on y reioiarquait : Dandy, Belle de St-Jean, Elise, Fulgens picta^ Mad. Frédéric, Henry Saison, Marquise de Sinety, etc.
A St-Dïzier^ l'exposition s*est prolongée du 5 septembre au i5 octobre. Nous y retrouvons les frères Baltet, dont le lot de fruits était justement admiré, ainsi que celui de MM. Jamin et Duraud, de Bourg-la-Reine, plus nombreux en variétés, mais renfermant trop de fruits inférieurs.
M. Crousse, de Nancy, avait une exposition de plantes de s^re chaude, et notamment de Bégonia, dont la beauté des sujets dépassait tout ce qui a été vu jusqu^à ce jour, même dans nos expositions parisiennes ; on y distinguait les Bégonia : Mad. Thibaut, Bernard Léon, Charles Vagner,Leopoldii, Princesse Charlotte, et d'autres plantes également nouvelles.
Les Bégonia de M. Barba , à Vitry-le-français étaient non moins rares. On y trouvait les dernières nouifcaiîfijs du jour : Bijou de Gand, Charles Enke, Drœgi Margaritifera, Eckaufii, Duchesse de Brabant, Gaerdtii. Imperator Sumbo, Eraherzog Ludwig Josef, et autres dont les noms ne sont pas plus euphoniques que ce dernier. A côté de ces Bégonia, l'œil apercevait encored' autres plantes nouvelles non moins intéressantes : Les Ca -
ladium Belleymei, Barraquinii, Pemeriî, Troubetzkoi, le Pteris tricolor, etc. M. Barba avait encore des collections de Dahlia, Fuchsia, de Pins du Mexique provenant de M. Roeltz, mais qui ont besoin d'être épurés.
Les lots d'amateurs, les plus remarquables, appartenaient à M. Dubar, jardinier de M. Lafranchecourt ; Deffaut, jardinier de M. Haudos, et Henrionnet, jardinier de M. Lespérut.
Les arbres fruitiers avaient des représentants sortis des pépinières de MM. Baltet et Jamin ; des arbres résineux (Conifères) élevés sous le ciel troyen, occupaient une bonne place dans cette exposition des arts et de TindustHe de la ville de St-Dizier.
Lyon, Dijon, Besançon, Dôle, Nantes^ ont eu également leur fêle florale — quelle ville ne Ta pas aujourd'hui î — mais j'éprouve le besoin de me reposer et de parler d'autres choses; du beau temps, par exemple, qui semble nous annoncer que Tété se dispose à passer l'hiver en France. Nous avons bien eu quelques petites gelées, au commencement de ce mois, qui ont fait disparaître les Dahlias de quelques jardins, mais c'est peccadilles ; les Géranium, et autres plantes de serre froide, qui garnissent nos plates-baudes pendant la saison estivale, ont su résister à ces premières attaques, et, quoi qu'en dise un de nos savants confrères, les chrysanthèmes n'ont aucunement souffert ; ils sont dans tous leur éclat en ce moment, et dans certaines localités, les Géranium leur tiennent encore compagnie, ce ourd'huî 5 novembre .
Il y a plus d'un mois que les frimats essayèrent, pour la première fois, d'envahir notre territoire.. Dès le !•' octobre, la neige couvrait la cime des Vosges ; elle tombait le 12 très pa^ cimonieusement sur différents points de la France , à Sens , Troyes, etc.; Paris crut voir aussi, à la même époque, quelques flocons neigeux qui voltigeaient dans l'espace. — A Marseille, le mistral» brisant tout sur son passage, annonçait
aux descendants des Phocéens, que le règne des autans était passé; mais le bienfaisant Auster appela à lui toute sa réserve^ qui, de son souffle brûlant, poursuivit jusqu'au fond de son antre, la terrible légion de Borée , et depuis ce moment nous jouissons.d'un soleil radieux, digne des meilleurs jours de printemps. La population parisienne en profite pour visiter le jardin d'acclimatation du bois de Boulogne, nouvellement ouvert et qui fait une terrible concurrence au jardin des plantes, s'il en faut croire la foule qui s'y porte. Ce jardin, — car je ne parle ici qu'au point de vue horticole — est vraiment d'une très-heureuse conception. Les allées et la rivière sont parfaitement dessinées ; les parcs et les logements des bètes sont très-harmonieusement disposés dans ce vaste jardin à l'anglaise, où le bon goût a banni ces sales treillages qu'on emploie encore dans certains jardins publics, et qui font ressembler ces [»'omenades à des chemins de cimetière. Aussi la mode est-elle au jardin d'acclimatation. Le jour de la Toussaint plus de 16 milles personnes ont déposé, dans la caisse du tourniquet, leurs 25 centimes d'admiration. Combien cet engouement durera-t-il? Hélas! je n'ose regarder en arrière dans la crainte d'y lire l'histoire de toutes ces belles créations, qui tour à tour ont attiré l'attention du public parisien, mais qui n'ont duré que ce que dure la floraison des Rosiers remontants : l'espace compris entre les premiers jours du printemps à la fin de l'automne. Le jardin d*hiver n'est plus ; le grand établissement Lemichez a cessé d'être, et le Pré Catelan^ dont les allées n étaient pas assez spacieuses pour contenir la foule il y a deux ans, ne fait plus répéter, aux échos d'alentour, les sons mélodieux de ses symphonies militaires!
Pourquoi l'expropriation, pour cause d'utilité publique, n'estelle pas venue détruire ces édifices un peu avant leur chute ? Nous pourrions au moins nous faire illusion ! Mais non ; c'est le marteau de la vogue qui lui même a brisé les vitres du jardin
d'hiver, qeia démoli les serres Lenûchez et qui enclone, e& ee moment, les portes da Pré Catelan pour faire passer la fbtile sur les lies du bois de Boulogne et dans le susdit jardin d'ac~ climatation. Espérons que le but d'utilité de ce dernier, le préservera d'une pareille catastrophe ; car malheur à lui, si la Société s'écarte de son programme^
Une autre foule, mue par un tout autre sentiment, se dirige aussi vers le haut du faubourg St-Honoré, pour assister aux funérailles du dernier des plus beaux monuments horticoles des siècles passés.
n y a quelques semaines la hache du bûcheron abattait les arbres séculaires du parc de Bercy, créé par Le Nôtre et que la spéculadon est en train de faire disparaître ; aujourd'hui c'est le beau parc de Monceau qui est envahi par des bandes d'ouvriers, arrachant arbres centenaires, renversant pavillons et cottes mystérieuses, piquant des jalons pour le tracé de nouveaux boulevards, de nouvelles rues et d'un nouveau square.
A la fin du siècle dernier, le parc de Monceau était encore une des merveilles de Paris. Ce délicieux séjour, construit, d'après les dessins <Je Carmontel en 1778, par le duc d'Orléans qui y dépensa de 24 à 25 millions de francs, était rempli de curiosités de toutes sortes, et des arbres les plus rares de cette époque. On y remarquait un beau jardin d'hiver et une vallée dite des tombeaux, où allaient rêver les âmes tendres de cette époque peu rêveuse* Dans une partie de ce domaine était une chaumière d'une simplicité toute florianiste au dehors , mais dont l'intérieur était entièrement revêtu de marbre blanc; c'était la laiterie ; tous les vases étaient, rapporte l'histoire , en porcelaine ; on peut juger par cet échantillon de la richesse du reste. Après 1793, Monceau fut déclaré propriété nationale, et devint jardin public jusqu'en 1801 . Sous l'Empire il fit partie du domaine de la couronne ; c'est le gouvernement de la restauration qui le rendit h la famille d'Oi'léans. En 1848,
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il a été le ûége de radministration des fameux ateliers nationaux.
De toutes les richesses de cette somptueuse folie d'Qrléantf,
il ne restait que quelques débris de vieux temples grecs, et d'une colonnade qui^ jadis^ appartenait à une rotonde sans c.a« lotte, avec statue antique au milieu; aujourd'hui ce n'est plus qu'amas de pierres, troncs d'arbres renversés, tranchées dans tous les sens. Une portion seulement est conservée pour être convertie en square ; c'est celle qui confine à la rue de Courcelles. On assure que ce square ne sera pas le moins beau de la capitale ; on n'aura pas grand' peine à lui donner cette supériorité, à moins qu'on n'abatte les arbres qui existent pour en replanter d'autres, d'après le nouveau système de trans* plantation^ qui a donné de si pauvres résultats à la Bourse^ place de Chàtelet et autres lieux. Je ne cesserai de le répéter : tant que cette opération de transplantation de gros arbres ne sera pas mieux entendue et dirigée, il n'y aura pas de succès possible.
F* HERINOQ.
DELPfflNIUM NOUVEAUX (P1?XI),
Var. Formosissimum flore pleno^ Triumphans plenissimaj
M. Barba.
Le genre Delphînium a été dans ces derniers temps Tobjet d'une attention toute spéciale de la part des horj^iculteurs ; aussi a-t-il produit un grand nombre de variétés d'un mérite incontestable et dont les hendersonni et formosum resteront toujours les types^ à fleurs simples, les plus parfaits.
Aujourd'hui des variétés à fleurs pleines viennent ajouter ime nouvelle importance à ce beau genre.
Les plantes que nous figurons sont des gains obtenus par vu
habile horticulteurdeBar-le-Duc»M. Richalet ; elles témoignent du nouveau progrès fait dans ces dernières années. L'ampleur des panicuies ne nous a pas permis de reproduire toute Tinfloresoence; nous avons dû nous borner à des portions de rameaux latéraux.
Le grappe qui occupe le milieu du bouquet (pi. XI) est le formosissimum flore pleno. Les fleurs sont grandes, d^un beau bleu foncé, nuancé de lilas et de violet que le pinceau ne peut reproduire que très-imparfaitement. G^est une magnifique plante, très-florifère, et dont les fleurs sont généralement plus amples que celles de notre dessin.
Le petit rameau de gauche appartient au triumphans plenissimay charmante variété, à fleurs très- coquettes, élégantes/ doubles, presque régulières, d'un beau bleu clair de ciel.
La grappe inférieure est la variété tf.Bar6a, à fleur pleine, régulière, un peu plus grande que celle delà variété précédente et d'une belle couleur bleu un peu plus foncé.
M. Rendatler, à Nancy, a obtenu « de son côté, un gain re marquable, à fleurs très-doubles, bleu azuré foncé avec les pétales liserés de blanc, et qu'il nomme Mme Bouchy.