CULTURE DE L\ POMME DE TERRE MARJOUN
Le iaurnal de la Société impériale et centrale d'Horticulture pour le mois de jmn dernier, renferme une conversation intéressante sur cette particularité que^ cette année , beaucoup de Pommes de terre Marjolin n'ont pas poussé, et que quelquesunes, ayant été arrachées, ont été trouvées en com^ de produo
(4) Ëitr. BuUei. 8oc. imp. ctceot. d'hort.
tien nouvelle de tubercules, saus végétatiom aérienne. Ces deux faits ont ét$ constatés et non expliqués.
Je vais faire part à la Société de ropinion que je me suis faite sur ces deux accidents :
3e partem tout d'abord rapidement de la Pomme de terre Marjotin dont il a été, je cr(»s» bien peu question dans ce Journal»
Si la Pomme de terre originaire d'Amérique, importée en Espagne en 1530, est restée plus de deux siècles sans qu'on ait reconliu ses précieuses qualités, qui nous donnent aujourd'hui une récolte de plus de 250,000,000, la Pomme de terre Marjo* lin, la plus précieuse des yariétés horticoles, introduite en i 8i 5 sous le nom de Pomme de terre Kidney, n'a pris faveur que vers 1 840, époque à laquelle, tombée dans Toubli sous le nom de Kidney^ die a été remise en relief sous celui de Marjolin. C'est ce damier nom qui a été généralement adopté. On la nomme encore dans quelques localités Kidney, quarantaine ^ . hétérociite.
Depuis cette époque, aucune introduction nouvelle n'a pu la remplacer avantageusement dans la culture des primeurs.
En dehors de la culture sous châssis , qui se fait en janvier, on peut la semer en février pour récolter en mai, — puis en juin pour récolter en août. On a ainsi deux récoltes la même année, et on sait que cette variété est abond^mte en produits, excellente de goût, riche en principes farineux et d'tm arrachage facile. C'est donc^ à tous égards» une des m^eures plantes potagères, une des cultures les plus lucratives à faire 8QX environs des grandes villes. Mais^, pour en tirer tout le parti pofi^le, il faut une série de soins que nous allons indiquer et que n'exigent pas les autres variétés plus roturières.
Les caractères communs des tubercules d'espèce bien franche sont : tubercule allongé, souvent aminci par un bout , à peau, lisse, d'un jaune^blond rosé, les yeux très-peu nombreux (4 où
5 au plus), plMéi prar Uplupart mir la partie «^poiée àFattih che de la Pomme de terre. Chaque (ml ougenae^ tràs»pea te» méfié ou rentré ; feuillage petit, luîsaiit, d'un vert^bleu foncé ; plante naine très-régulière en hauteur. Quoique choisis dans na plant trèa^pur ,. les tubefoules plantés dans dea terres ttèsfortes pourraient pourtant donner «les tubercules diiormes» t»^ méfiés; or si, dans ce casj on a du volume» on a moins dt qualité.
Gomme on le Toitpar la description ci-dessus, les yeux des* tinés à former les bourgeons sont moins nombreux que duis \m autres Ppmmes de. terre; jdacés à la surlaee) ils n'ont pas» oomme dans beaucoup d'autres^ TaTaotage d'une o^ivité pio* tectrice*
Les pousses peuvent d<mc être décdlées très-facilement sans laisser aucune de leurs parties adhérente au tubercule ; d'où je conclus que, dans les particularités de végétation que cette va^ riçté a présentées cette annéç^ il u'y a pas d'anomalie, Biais la suite d'accidents qui ont détruit les bourgeons •
Ces. accidents privent provenir de l'opération iointdligeate de l'égermage, de la fermentation m tas, de la moisissure des gennes; enfiniCQmmeilamveasseasouTWtdans cette variété, d'un avortement de tou4 les germes.
Au lieu d'arracher les ^iges, quand^ aysAt mis oes Pommei de terre en tas» pèle-mèle, on ne peut pas dernier toutes ces longues pousses enlacéeç^ on devrait les couper à qudques eentimèlffes aurdessus duiuhercule.
Qudques cultivateurs^ pour éviter cette grande confusion des tiges, arrachent les pousses au mois de janvier ; mais alors ils n'ont plus, au moment de la plantation» que les germes sm** vants, et ils perdent, ceci est prouvé par l'expérieooe, un tiers du produit, les premières pousses ayant une torœ beaucoup plus grande de végétation que les suivantes.
Je vais essayer d'expUqoer ce ^l'il faut kite pour la cense^ vation des Pommes de terre de semence.
n twBà ehoakf atitaat qo» poBsSbibi im eodratt qtMimuqœ) eliaii^re^ ca^e « eeUiér, tih Ym pmsme réunir ie pins posstUe lesL conditkmfl misantes : sécheresse, «r^ toupâr^tt^e conseil vée le plus bas poflsiMe an^-dessus de jeAvo.
jOn peut Hiettie toutes les Pomiass de terrée destinées à la vente on à lacomonimatifin» en un tas qu'<m M&mra le i^ns souyeAt possible.
Celles qui sont destinées à serrirde semenoe s^mit rangées eâte à côte, debout, sur un seul rang, la partie q«û ét«it attai* ebée à la plante posant sur des tablettes ou pkncbes.
La partie opposée à oel}e«ci étant œUe sur laqudle on trouTe le ptes de bourgeons et les mei^ews, ces boUrgeoniS pousseront tous verticalement sans s^entreméler et pcmrront ainsi être con* serves dans la plantation. Pour les tranq[)orttt sut le terrain ott se sert de puieis plats dans lesq^^ on pose débcateœnt ces IjibeECules en végétation*
Qu'on n'td>jeote paa cjoe cite soins sont difficiles et trjfes-dis* pend&euz ; cette eulture est suivie àsipm plusieurs année», à ma conniùisance, pi»r un cultivatemr très*^>bservateur| très^ soigneux^ et qui sait compter» . ^
fl trouve la récompense de ses soins par un supplément sen« sible de bénéfice*
. Pour éviter qu'une plantation ne manque à la pousse» un ouUivatettr soigneux etexpérimeaié examine obaque tubercule; il rejette tous ceux dont les yeux sont noirâtres , tous ceux sur lesquels une petite moisissure se montre par des taches Man^ ohitres^ tous ceux qui, quoique ayant poiissé, sont restés h l'état dur* Les meilleurs tubercules sont ceux qui, ayant émis leurs bourgeons, sont mous et ridés. Il faut rejeter ceux sur lesquels un grossissement de Tceil n'indique pas sui&sunment la tendance à la pousse, et éviter aussi de plautei* les tuberoules dont les yeux pourraient être avortés •
Quand on plante de très-bonne beure au printemps, il arrive
qaekpiefois que des gdées taidives déia^uiseat I« germes d'uR très-^prand nomface de tubeDcnles, surtout lorsqu'ils sont encore au-dessous de la surface du soi. La Pomme de terre Harjolin formant tous ses tubo^mles au pied de la pknte et près de la surface du sol» il est essentiel de la butter; cette opération doit être faite au moment de la formation des tubercules .
On a remarqué cette aimée dans plusieurs endroits» au prin« temps, graad nombre de Pucerons ^erts qui ont dft dessécher beaucoup d'yeux.
Maintenant que je crois avoir établi que cette Pomme de terre n^a qu'un petit nombre de bourgeons qui, brisés, ne se remplacent pins, je vais essayer d'expliquer poiïrquoi il arrive si souv^t que cette espèce donne, sans production de feuilles, des produits en petits tubercules.
Dans ce tubercule, qui est r^aldé comme une rénnion de bourgeons empâtés dans une masse charnue qui se trouve» par une quelconque des causes signalées plus haut, privé de son mode naturel de végétation, maia plein de vie, dans ce foyer de végétation le travail de la nature se reporte quelqu^ois sur les racines qui toutes, on peut le remarquer par les échantillons que je dépose sur le bureau, partent des points qui environnent les yeux avortés. ï)ans ces échantillons que je présente à la Société et qui sont pris dans une cave où ils étaient restés depuis Thiv^ dernier jusqu'à présent, les jeuioiès tubercules se sont développés les uns sur rancienne racine et sans pousse, les autres à chaque nœud de branches qui se trouvaient ainsi placées par Thumldité et l'obscurité dans des conditions semblables au couchage.
Il est assez commun de trouver dans les caves des Pommes de terre produisant de petits tubercules. Cette production n'est du reste pas rare dans les plantes tuberculeuses et bulbeuses; on l'observe souvent dans les Jacinthes, les Couronnes impériales, etc.
Il y à loD{[l00ips qu'<m avftit remarqoé cette facuHé qa*a là Pomme de terre ttarjolm de produire des tubercules sans feuillage et on Ta autrefois fortement préconisée pour la culture soutesraine en hiver. On plantait al^^^n place, mais à 25 ceû^ timètres de pofondeur.
On a pu avoir ainsi quelques prodtdts dont l'insignifiance a» je crois» fait abandonner tout à fait cette-culture. Cette végéta* tioxt sdnsfetiilles ne peut être productive. NVt*on pas reconnu que c^était nuire à la récolte des Pommes de terre que d'en couper 1^ fanes pour les bestiaux?
Je termiaerai en consedllànt aux horticulteurs de faire leurs provisions non au moment de la plantation mais en automftè* |ls pourront alors, jusqu'au moment de la plantation, donner à leurs semences les soins que j^ai indiqués plus haut/ soins que ne permet pas toujours l'étaidue des magasins des vendeurs. Il est bon de se pénétra aussi de ce fait ; que les Pommes de terre achetées tard à la halle ont dû être débarrassées de leurs pousses pour la {dus gramde facilité de h vente et que dans la Mar-<jolin, par exemple, on pourrait en planter un cent ainsi dépouillées et en voir pousser seulement 1 0 ou même aucune,
Hector Jacquin.