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LES PERESKIA COMME SUJETS POUR GREFFER

De tout temps, les amateurs de Cactées ont cherché, soit pour leur faire acquérir du volume plus vite, soit pour les rendre plus florifère, des sujets propres à recevoir des greffes de Cactées. Presque toutes ces plantes reprennent les unes sur les autres, mais peu végètent bien, -r Les Epiphylles, qui grossissent très-lentement et sont peu florifères franc^ de-pied, ont été l'objet de bien des expériences.

Les greffes de cette tribu se soudent volontiers sur presque toutes les Cactées : Cierges, Opuntia, etc., niais, comme ces dernii^s cessent de végéter vers r^MXjue (l'automne) ou les Epiphylles tendent à entrer en floraison, la sève leur faisant défaut, à moins d'être tenu en serre chaude humide, ces greffes ne sont d'aucune utilité.

Si je ne me trompe c'est d'Angleterre que nous est venu la

gtéSÉô d'EpiphyUe sur le Pereskia aculeata ; mais qoe oe soit delà ou d'ailleurs, elle s^est, depuis quelques années, répandue chez tous les eacto^^iles du continent, et Ton ne pourra gutee jamais rien trouver de mieux comme sujet pour ces plantes» Le P. Aculeata, au contraire de plusieurs (sinon tous) de ses con génères h feuilles pla^iesj végète toute Tannée et ne perd pas ses feuilles en serre ordinaire ; l'Epiphylle, soit qu'il y végète en épypfaite ou que sagreSe en soit une réellement (je laisse à plus fort botaniste que moi à résoudre la question), s'y plaît à mierveiUe ; telle plante qni^ franc-de-pied, n'aurait en 3 ans acquis un volume que de 25 c. de diamètre et donnerait au plus 1 5 à 20 fleurs, aura, greffé sur cette plante, un mètre et demi et $es fleurs se compteront par millier. J'en ai vu greffer sur un cor* don de P. aculeata et garnir toute l'étendue d'une serre de 1 5 à 20 mètres^ de leurs énormes buissons chargés de milliers de fleurs; leur végétation luxuriante n'a pour ainsi dire pas de bornes ; tant que le Pereskia poussera (et il pousse toujours). Ton peut y appliquer de nouvelles greffes de distance en distance sans crainte d'a&mer le pied.

Ceci nous donnerait à penser que la grefie n'est pas véritable et que FEpiphylle ne vit qu'au dépens de l'humidité de l'air. Et cependant il ne fait pas de même sur les Cactées, ni franc de pied ! ! 1 II faudrait donc que le Pereskia nourrisse la greffe à un certain point, et que l'air et Peau absorbés parles « article? » ou plutôt par les racines aériennes qu'ils émettent, fassent le reste?

La forme sous laquelle on les rencontre le plus souvent chez les marchands de fleurs, est celle d'un petit saule pleureur ; forme qu'affecte TEpiphylle greffée sur le sommet tronqué d'un P. aculeata de 1 ou 2 pieds de haut. Chez ceux qui s'en occupent spécialement (1) on les voit de toutes grandeurs et élevés sons

(4) M. Aimé Tarlure, i Ho&lMuil, près Vtnaillei , en a «ne collection xnagnia<|ue«

toutes les forncHi : boules , évcsifaild, disqiiM, etc. ^ eto. D suffit d'enlever de chaque c6té d'Q]i artide^ d'E^hyUe II superficie de Vépiderme aveciui coutean bien tranchant, del'introduire dans une fente pratiquée, soit au sommet troncpié sait sur le côté, n^importe à quelle hauteur de la tige du Pereskia^ de ligaturer légèrement, et détenir au chaud et à Ycmbrej pour Toir reprendre cette greffe en quelques jours, si elle est foite entre les mois de mai et d'octohre« Elle peut même très bien se faire à toute autre époque en serre chaude. Je me suis toujenrs très bien trouvé de la faire plutôt sur le jeune que sur le vieux bois, et, si elle est placée sur un sujet étèté, de la matre andessous de la demùre feuille, afin que le bourgeon forme appd à la sève. Les Phyllocactes reprennent bien sur ce Peredda, mais leur volume est trop fort, et ils n'y végètent pas convenablement; les Cierges y prennent aussi, mais y végètent mal ; des Mallisonii greffés depuis 5 ans, n'ont encore quedes branches minces comme des ficelleii . Les autres Pereskia h feuilles planes tels que grandiflora, etc. , sont trop délicats et cessent de végéter en hiver (à moins d'être tenu en serré chaude) de sorte que

pour les Epiphylles le Pereskia Aculata semble être le plus convenable.

Parmi les Cerei (surtout les Echino^cerei) il y a des plantes qui fleurissent si difficilement ; certains Echinocactes végètent si lentement , que les amateurs ont naturellement cherché toutes sortes de moyens pour parer à ces inconvénients.

Il leur fallait^ pour les premiers, un sujet qui, tout en acceptant la greffe et la maintenant en végétation, l'affamât le plus possible ; pour les autres une plante vigoureuse qui leur fournit abondamment de la sève ; pour d*autres encore, tels que les Mélocactes , un sujet dont la rusticité protège pour ainsi dire la

délicatesse delà plante greffée.

Tous ces « desiderati » ne sont pas encore trouvés et ne se trouveront qu'à force de tâtonnements et de déboires.

Le Pereskia subulata, un des plus charnus» est la plante qui m'a le mieux réussi, non seulement ppur reprise facile et sou* dure permanente, mais aussi comme nourrissant le mieux sa greffe. De petites greffes d'£chino-cerei ont doublé de volume, pendant que les mêmes plantes, sur divers C^m^ achevaient k ^ leine de souder leurs grefifes.

Ce Pereskia cesse de végéter (en serre orcUnaire) vers la môme époque que la plupart des Cierges, Opnntia, etc.; mais avec tant soit peu de chaleur on peut prolonger ou ranimer sà végétation.— Un tronçon de cette plante, enraciné aux derniers beaux jours d'automme, et qui » au mois de janvier, avait tota« lement cessé de végéter, et se trouvait même tout à fait ridé^ a émis un jet de.15 ceoti^iètres^ après avoir, à cette époque, été. placé 10 jours à proximité d'un tuyau du fourneau. Cette qualité est précieuse, car, quel amateur de cactées ignore que le moindre petit symptôme de végétation lui fera hiverner telle plante (un Melocacte par exemple) qui faute de ceci tombera en marmelade (c^est le t^me voulu) au mois de février oumars, juste au moment ou elle allait être sauvée par la végétation printanière. Comme le P. subulata est une plante très-vigoureuse et groifissant énonnÀoaent ses greffes^ il n'est pas probable qu'il remplisse le but de rendre plus flonfères les cadées qui ne le sont pas franc de pied ; car c*est ordiaaireinent parce qu^eUe» vô* gètent déjà trop natuieilemeni, et s'empitent en bois qu'dl^ fleurissent peu. II leur faudrait plutôt des Cierges, à la fois rastîquess longs à veoir, et n'émettant pas de branches soûter** raines Qu près de terre.

Il est possible qu'on réussisse à kise fleoik sur. ce Pereskia certains £cliino->cet)ei| tds que DeppeS^ L^itaoanthua, Ginsres* eras, etc. , dont on voit rarement les fleurs, parce que leurs tigi^ s'épuisent à leur faire former touffe de branches plus pu moins souterraines ; c'est un essai à faire.

La greffe est des plus facile ; elle se pratique pradani les mois

âevégétatioii^ et consiste à rabattre le sojet, avec xm oouteanlÂei tranchant, le plos horizontalement et nettement possible ; d'en faire de même avec la portion de plante devant servir de greffe ; de mettre les deux surfaces planes en juxtaposition pendant que les plaies sont fraîches et suintantes ; et de les assujettir le mieux possible avec dé la laine ou du coton; à l'étouffé elles se soudent plus vite qu'à Pair libre. Il vaut mieux que la greffe ait nn plus grand diamètre que le sujet ; dans le cas contraire^ et même en tous les cas, on se trouvera bien d'enlever un anneau d'un centimètre de l'épiderme du Pereskia tout autour de la surface tranchée, car l'intérieur charnu se contracte beaucoup plus que l'épiderme, et forme une cavité entre les deux plaies, que la granulation a souvent peine à combler; par cette petite précaution les deux plaies restent toujours en contact exact.

]. P. Palmer.

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