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MORTIER POUR LES PIÈCES D'EAU

On nous demande d'indiquer un mastic pour la construction des bassins, aquarium, mares artificielles, etc.

Nous ne pouvons mieux faire que de recommander une matière qui réunit solidité et économie, et qui a été proposée par M. Morel fils, pomiculteur à Lyon.

Les matières employées sont :

1/3 chaux hydraulique,

2;3 résidus de cendre de houille mêlés à la poussière de mâchefer (scories concassés et tamisés à la grille) . Du tout on fait on mortier, en observant que la chaux hydraulique se durcissant, il faut avoir soin de l'employer à mesure qu'on la broie, afin de profiter de toute son action ; si on la préparait à l'avance, la force de cohésion diminuerait.

On garnit toute la surface du bassin d'une couche de 1 2 à 1 5 centimètres d'épaisseur de ce ciment. Le travail promptement achevé, il faut aussitôt remplir d'eau la capacité de la pèce, pour empêcher le contact à l'air et les effets du soleil sur cet enduit ; ime dessiccation trop prompte le ferait gercer et préparerait ainsi des fuites souvent imperceptibles et par cela même difficiles à réparer.

La couche de 12 à 15 centimètres est sufQsante pour des pièces d'eau profondes de 1 mètre à 1 mètre 50 si elles sont creusées en évasement ; mais si elles étaient creusées perpendi-

culairaiienl, il faudrait rendre cette couche plus épaisse. Ainsi, plus on creusera et moins on donnera de talus, plus la couche sera épaisse. Dans le cas où Ton serait obligé de faire un mur en pierres pour le soutènement des terres, on établirait la couche dudit mortier contre le mur.

Cette préparation, qui résiste au froid et à la sécheresse, remplacera le ciment pour rétablissement des conduits d'eau, soit dans la terre^ soit à sa surface.

Tu£bat*Larghé.

LES POUDRES INSECTK

D^uis plusieurs années, les insectes sont l'objet d'une atten«tion toute particulière, mais pas bienveillante, de la part de certains industriels, inventeurs de poudres, d'eaux, etc., etc., qui donnent instantanément la mort à ces malheureux petits êtres qui n'ont aucun moyen de défense, et qui, très-certaine* ment, ont un rôle important à jouer, comme les gros, dans ce g;rand tourbillon de phénomènes, qu'on est convenu d'appeler l'harmonie de l'univers. Car, en efiet, si Dieu les créa, c'est qu'ils sont utiles à Thomme, tout ayant été créé en vue de son bonheur et de sa prospérité en ce monde. Je ne chercherai pas cependant à prouver l'utilité de la puce, encore moins de sa camarade de Ut, ni de cet autre qui se trouve chez les gens dont le nom de propreté est un nom inconnu ; je puis m'en dispenser pour traiter la question des poudres, et je m'en dispense.

Toutes les personnes qui aiment les plantes, se plaignent des ravages que causent, dans leurs cultures, ces milliers d'insectes dont personne n'a encore constaté l'utilité. Elles en veulent la destruction ; je veux bien les aider de mes conseils . Mais là gU la difficulté* J'ai essayé, et bien d'autres avec moi, de toutes les poudres, eaux, proposées jusqu'à ce jour pour l'extinction de

eettegent liliputienne et ravageuse, et pour chacune d'elles, j^ai toujours eu à constater un égal insuccès. Poudre mismaque , dissolution d'aloès, voir même la ^udre de Pyrèthre du Caucase qui a été médaillée, le résultat est constamment le même : le puceron n'est pas comme la vieille garde de Cambronne : il se rend lui, mais il ne meurt pas. Les preuves abondent.

J'ai déjà fait connaître, dans ce Journal, la parfaite innocence de l'aloès proposé par M. Raspail ; je n'y reviendrai pas. La poudre mismaque a été jugée et condamnée sans appel ; nous n'avons pas à nous en occuper. Reste donc la Poudre de Pyrèthre du Caucase qui a voulu sortir de Talcove pour s'introniser dans les jardins.

Cette poudre PyréfAre s' obtient par la pulvérisation des fleurs d'une espèce de Chrysanthème qui croit au Caucase. La plante, dit le prospectus, est admise au Muséum d^htstoire naturelle de Paris. Ceci est une phrase à effet, mais elle ne prouve rien; car on cultive au Jardin des plantes les végétaux utiles, nuisibles et parfaitement inutiles. Exemple : L'ortie et le chiendent.

« La Société impériale et centrale d'horticulture de France et la Société d'acclimatation lui ont décerné une médaille d'honneur^ ajoute le prospectus. C'est très-possible, mais ce n'est pas une bien grande garantie, et la preuve nous la trou» vous dans les bulletins même de cette Société qui l'aurait, diton, médaillée. On lit, en effet à la page 376, année 1859, dans le compte rendu des séances : « M. Willemot se plaint de ce que, par suite d'un oubli, sans doute, le Pyrèthre qu'il a introduit du Caucase et avec les fleurs duquel il prépare sa poudre insecticide, n'a pas été considéré comme se rapportant au concours ouvert pour les végétaux utiles, etc., et ne lui a valu aucufie récompense. »

A cette plainte voici la réponse : même page.

« M. le président et M. le secrétaire général font observer que ce n'est point par suite d'un oublia que M. Willemot n*a

rêçu ameuneréeùmpensê.i^ (C'est écrit en toutes lettres, ligne 24.) -« < Le jary, composé d*hommes très-éclairés et très-compétenta, n'a pas cru que rintrodoction de cette plante eût un asseï grand intérêt pour qu'une médaille dût Atre accordée à oelui qui en a été Tauteur. »

a M. le président rapporte avoir constaté qu'elle ne tue pas infailliblement les pucerons; elle les fait tomber lorsqu'elle a été projetée convenablement ; mais le résultat est de courte durée ; le lendemain les pucerons reparaissent sur les plantes. »

tf M. Foresl assure qu il suffit de projeter une poudre quelccmquesur une plante infestée de pucerons pour en faire tomber beaucoup ; c'est là une action purement mécanique, et si les insectes tombés à terre y restent 8 ou 1 0 heures sans pouvoir remonter sur la plante, ils meurent de faim. »

Et page 452, à la suite de nouvelles réclamations de M. Willemot, *— car il est tenace M. Willemot ; aussi tenace que le puceron, — c M. le président rappelle avoir dit qu'en effet, la poudre de Pyrèthre ne fait pas périr les pucerons, et qu'on a dit, à la Société, avoir vu de ces insectes rester vivants dans une boite de cette poudre. »

Ainsi parlent les membres influents d'une Société qui aurait décerné une médaille d'honneur à la poudre de Pyrèthre. Je minterdis toutes réflexions à cet égard» je me borne à apporter mon témoignage sur l'innocence de cette poudre.

Au beau domaine de Segrez, des Gombo (hibiscus esculentus), envahis par le puceron , furent traités par la poudre de Pyrèthre. Le sol fut couvert aussitôt de pucerons ; le lendemain les Gombo avaient à nourrir une aussi forte légion d'insectes qu'avant ^*opération. La poudre administrée une seconde fois produisit le même effet; résultat semblable aux 3% 4* et 5* projections. On abandonna alors les Gombo à la voracité des pucerons, et aujourd'hui, sans aucun traitement, ils ont une végétation des plus luxueuses, et produisent abondamment leurs fruits.

Des rosiers et diverses plantes infestés de puca*ons ont été traités, dans la même propriété, par la poudre de Pyrèthre» et, chez tous, nous avons constaté qu'elle est d'une aussi complète innocuité pour les pucerons de nos jardiQS que pour l'hommOi et que, conséquemment, les services qu'elle peut rendre à Thorticulture sont loin d'être justifiés par l'expérience, comme le dit le prospectus. Je dis à l'horticulture, car pour l'économie domestique^ son efficacité parait plus certaine. Un de nos amis est parvenu, m'a-t-ildit, à se débarrasser, par l'emploi de cette poudre, de cet odieux insecte lenticulaire, dont le nom même répugne à prononcer, et qui exhale une odeur sut generis des plus désagréables» quand on se livre à son égard, à une exécution capi* taie à l'aide d'un instrument contondant. Je demande donc le renvoi de la poudre Willemot, à l'alcôve qu'elle n'aurait jamais dû quitter, et où «lie peut rendre d*importants services, mais sans cependant lui accorder la garantie de la rédactionde l'Horticulteur français . F • Heringq.

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