BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
C«Uto ém awdtader MMIplIcalaw 0)
Panni ces masses de pablications horticoles sorties des cer-* team affectés de la terrible maladie d'écrire , fl en est beaucoup de parfaitement inutiles , et d'autres qui sont plus encore par les erreurs qu^eUes pn^pageht, et souvent par de nouvelles quVUes introduisent dans la science. En parcourant tous ces Uyres, on est amenée malgré soi, à désirer une sorte de censure scientifique^ qui ferait justice de toutes ces productions marquées du cachet de Vincapacité.
La liberté d'écrire appartient, il est vrai, à tout individu qui sait tenir une plume et former plus ou moins bien ses lettres, n peut écrire sur tout , politique , science y littérature , et ses écrits parcourent le monde, répandent ses idées, qu'elles soient bonnes cm mauvaises. Il n'en est pas de même de l'homme qui veut instruire par la parole : on exige de lui des preuves de son savoir. Le simple maître d'école de campagne ne peut apprendre l'alphabet à un enfant de six à dix ans , sans être muni d'un diplôme de capacité ; l'homme qui veut enseigner dans les écoles supérieures , est obligé de passer par-devant MM. de la Sorbonne. Pourquoi ne pas exiger autant de celui qui veut enseigner l'horticulture soitpar la parole, soit parles écrits.
L'enseignement du professeur, de l'homme qui a donné des preuves de son savoir , ne va pas plus loin que la portée de la voix humaine ; il est circonscrit à l'enceinte où le maître professe, et le plus souvent, avant d'en sortir, il est discuté par Les auditeurs les plus instruits, auprès desquels le novice peut s'é-
(4) On peut te le procurer au bureau du Journal. Prit : 3 fr* 60 c. — Pour nos abonnés 3 fir.
clairer et s'exercer à disceraer Terreur de la vérité. Rien de semblable > j>ai* conséquent^ parles livres qui pénètrent dans les plus lointaines chaumières ; personne n'est là pour montrer le faux du vrai.
Mais, dira-t-on, sMl est permis à l'écrivain de répandre son enseignement sans le moindre diplôme , le gouvernement exerce une surveillance active sur tous les écrits. •*-» Oui, pour les écrits politiques et littéraires, ou enseignemwt moral, et personne ne s'en plaint, si ce n^est les écrivains aux idées sul> versives ; mais pour les écrits scientiliques , agricoles et horti«coles^ non t Le pouvoir ne ferait jamais supprimer un livre qui enseignerait que les plantes doive9t être plantées les racines ea Taii* ; et nous en connaissons qui renfermi^nt des absurdités dd cette force.
C^est à cette liberté illimitée dont jouit Técrivain qui traite des sciences, que nous devons attribuer cas mille i^reurs qui se propagent dans la pratique agricole et horticole, et qui causent parfois tant et de si grands ravages dans la culture. Nous croyons qu'il importe, pour l'avenir de l'agriculture que les (Buvres scientiilques soient , comme las œuvres politiques et littéraires» placées sous la même juridiction, afin de supprimer, au besoin, les livres dangerem^ pour le progrès de la science, comme on supprime les livr^ politiques ou littéraires qui attaquent les lois du pays, ou qui blesseat la morale publiquei^ La science n'y perdrait certainement nm i &a contraire , Ter»reur ne pouvant plus se propager aussi faeilmnant, on verrait alors la vérité se répandre dan? le monde avec la rapidité dç la flèche qui est lancée dans l'immensité*
Mais puisque tel n'est pas l'état de choses, érigeons-nous en tribunal; et, avec la conscience et Vimpartialité d'un juge, exar minons et prononçons sur quelques-unes de ces œuvres qui traitent du jardinage»
Le premier livre qui nous tombe sous la main porte pour in-
titillé : Guide pratique du jardinier muUiplicaleur , ou Art de
propog^r iw t^giMMM; jmt jmm, bmhJtres^ f ^^^» ^« U ^^ signé Gamère , chef des pépinières du jardin des Plantes de Paris. C'est d'un bon augure.
L'auteur, en puMiant ce petit tivre^ a simplement vodlu, dit-il, Tenir en aide aux personnes qui s^oocupent de la cvdture des {Jantes et de leur mnltiplicalion. G'eM en effet un excellent guide ; il ensdgne tr^s-elairement et brièTement la manière de &ire les semis, de préparer les graines; indique la profondeur â laquelle la semence doit être mise en terre, etc. Plus krin il traite dii bouturage, du couchage, du greffage, etc., avec une telle clarté, qu'on croit TOtr, en lisant ces chapitres, Tauieor pratiquant l'opération*
Bieii ^26 le liyre de M* Carrière soit un guide essentiellement pratique , le savant chef des pépinières a souvent ajouté l'expUcation théorique de certaines opérations, et avec une telle concision, que la personne la plus étrangère à la botanique, n'éprouve aucime difficidté à la comprendre. On voit que l'écrivain sait ce qu'il a écrit, et qu'il n'a pas copié, comme ceitatns auteurs, ce qu'il né emnprmait pas. M> Carrière est un jardi* nier intelligent, un praticien instruit, d'une érudition peu commune, et qui manie la plume, la bêche et le greffoir, indifféremment, avec la même facilité ; en un mot, c'est un homme hors ligne, qui occupe une place des plus distinguées dans le rang des rares pubhcist^ et auteurs horticoles.
Son livre est un guide parfait aussi indispensable au jardinier qu'à Tamateur. F. Herincq.
AmOVCES EZGLinnVElIEIIT BOBTKNMLBS (1)
LouESSE^ Fontaine et Qe» inarchandsgraini^is, fleuri8|tes, quai de la Mégisserie, 38, à Paris, annoncent cette année deux variétés de fraises qui se recommandent à Tattention des amateurs, par leurs qualités supérieures. Ce sont :
IiOIJBMI (Graindorge), I9 pièce en pot 2 fr. 50 c. VBAISI PAUiTIIB (Berger)i la pièce en pot 3 fr. 9
Un amateur voulant réunir les plantes aquatiques de plein air et de serre, prie les horticulteurs, qui pourraient lui en fournir, d'en donner avis, au bureau du journal.
Un des abonnés de l'Horticulteur, désirant avoir le Dipteracanthîis spedabUis^ prie les personnes qui posséderaient cette espèce de vouloir bien le lui faire savoir. Écrire au bureau du Journal.
On désirerait savoir où il serait possible de se procurer des Lauriers-roses (Nerium oleander) à fleurs blanches doubles. Écrire au bureau.
(l)Pour les annonces et avis, s^adresser à la direction du bureau de THorticulteur Francs. Tout abonné a droit à une annonce qui ne doit pas dépasser quatre lignes.
Parti.— Imp. horticole de E. Dommvd, rue Gaesette» 9.
CHROiNIQUE.