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LE GOMBO : HIBISCUS ESCULENTUS

eame$tibk.)

Le Gùmbo est une plante hien connue, et cultivée longtemps déjà, quoique ahandonnée et presque oubliée au* jeurd'hui aux environs de Paris. Dans le midi de la Francoj on peut encore le vinr dans quelques potagers ; mais ce n'est qu'en Algérie, en Italie et surtout dans le sud des Etats-Unis et dans toutes les Colcmies, que sa culture ait un grand développement. Nous l'avons vu sur les marchés de Venise, Milan, Trieste et

VârdM^ n M ttoiis est pcrât pemiiB d'espérar ijp» ^oette irtQe

malvacée prenne jamais une grande importance dans nod cli« mate, car sa coltore réclame la chaleur d'une couche et Tabri d'cm châssis; mais nous voudrions qu'elle fùt plus connue et que ses exceUenls produits enteassent au moins dans ralimeaU* tatkm de luxe t eraame les Aubergines et les Tomates^ par exemple.

La Ketmie comestible est très-oimée dans tous les pays méridionaux* C'est son fruit encore vert, dans un état analogue à celui oijL nous récoltons le comichoû, qui ôst utilisé.

U contient un mucilage abondant, très^nourrissant, d'une saveur agréable et qui lui est particulière* U est éminemment sain ; son emploi est toujours, en Amérique, conseillé par les médecins aux enfants et aux vieillards, comme la meilleure nourriture. On ne doit pourtant pas considérer le Gombo c(mime un ragoût ; son emploi n'a pas de succédimé dans notre cuisine, aussi ne craignons-nous pas, dans un temps oii les nouveaux produits comestibles sont évidemment recherchés, d'insister sur l'emploi de celui*ci, puisqu'il est abondammrat cultivé dans de nombreuses contrées depuis plusieurs siècles.

Le Gombo séché conserve sa saveur pendant plusieurs années, mais il est préférable à l'état vert. Ses produits, même à Paris, sont si abondants, que si cette plante entrait dans notre alimentation, son prix deviendrait très-minime, tandis qu'aujourd'hui encore les marchands de comestibles vendent chaque fruit 1 5 centimes, ce qui met le moindre plat à 5 ou 6 francs.

Il nous est difficile d'indiqber lés manières variées dont la cuisine peut se servir du Gombo. Nous avons su maintes fois l'apprécier, mais nous devons avouer notre complète igno^ rance sous ce dernier point de vue, et ce n'est que grâce à l'obligeance de quelques créoles que nous pouvons fournir les renseignements suivants.

Le premier emploi du Gombo est une sorte de potage, auquel

il a labtté naiiûiii: e'esi wijiii detiandei de TiWtttfda fi^ féfaace, lelevé par quelque ehareuterie, des huîtres ou des crevettes auquel on ajoute le Gombo coupé en tranches mincesr eiplui ou moins depûnait. On verse le toui^ la viande màme, sur dum à l'eau* C'est à la Ans une soupe grasse et un mets d# viande au lu, dont le goût est $ui generi$ par la saveur de notre Ketmie* On fait encore d'autres Gombo avec les feuilles séchées et pulvérisées du Laurus Saêtafnu^ élégant arbuste que je vois avec peine rejeté aujourd'hui de nos cultures. Ces soupes se servent aux Etats-Unis sur toutes les tables, aussi bien sur celle des colons que sur celle des nègres, et elles sont si aimées que Ton passe des bols de Gombo daus les bals, comme en France du bouillon et du chocolat (1 ) «

VHihUcUê eaculentui est employé avec la viande de toutes manière ; enfin seul, il constitue un légume très-succulent* On a proposé ses graines comme succédané au café ; c'est un des meilleurs*

Pour amener sa dessiccation, il suffit de Tétendre^ à Tombré sur des toiles, après l'avoir coupé en tranches minces et de le remuer deux ou trois fois, sans toutefois le secouer pour ne pas détacher les jeunes graines de leur enveloppe charnue. Cette opération faite, on remplit avec le Gembo des flacons de verre que Von ferme hermétiquement. Du reste j'en ai vu plusieurs fois de sec se conserver longtemps dans des assiettes, sans s'altérer et sans perdre sensiblemrat de sa saveur (2).

La culture de YHihisais esciUentus est, il faut l'avouerr asses difficile sous notre climat de Paris, et la récolte de ses pro"

(4) VSibiêeu9 eBCtUentas porte à la Louisiane et aut colonies le nom de Févi, et l'on a]»peU6 G^rnbo FM l'etpàee de potage dont noue veoone de parler^ de même que l'on y nomme Gombo fUé, celui qni est préparé avee les feuilles du Laurus $«• saflras^ réduites en poudre.

(2) U. le docteur Janin nous apprend que les fruits de Ynibiscus escukntuu servent à faire les meilleurs de tous les cataplasmes à la Louisiane.

doits est soumise à bien des chances ; pourtant avec les renseignements que nous allons donner^ on est certain du su6cès, cela sans trop de frais, ni de peines. On sème en janvier ou février en godets placés sur couche chaude, sous châssis, et.dès que le jeune plant a quatre ou cinq feuilles on dépote et on plante à même une nouvelle couche aussi chaude que possible, en tenant toujours dessus des châssis. Notre jardinier chargé des cultutes potagères, homme d'une grande expérience, a renoncé à un troisième repiquage. Il indique comme soins à donner aux jeunes Ketmies des arrosements assez souvent répétés^ mais peu abondants chaque fois ; deux ou trois soufrages et quelques seringages. Le pincement ne réussit pas, ou au moins diminue la récolte. Par conséquent, on peut planter le plant très-serré : on peut en mettre 1 6 par ch&ssis de 1 mètre et chaque pied fournit de 25 à 30 Mits. Il en faut environ 50 ou 60 par plant. Le froid, une surabondance d'eau ou la moindre atteinte à ses racines sont des causes suffisantes pour faire périr un pied de Ketmie. Enfin un AUica^ TAltise des mauves, fait de nombreux ravages sur ces plantes délicates. Le soufre parvient à arrêter leurs ravages ou à en préserver.

C'est des Indes occidentales, en 1 602, qfx^Y Hibiseus esctden^ tus fut importé en Europe. 11 serait difficile de dire à quelle épo* que il parvint en Afrique et en Amérique ; il est aujourd'hui subspontané aux Antilles et dans presque toute TAmérique méridionale ; c est par champ qu'on le cultive dans les pays méridionaux.

C'est une plante annuelle, herbacée, à tige sans aiguillons, de 90 centimètres à 1 mètre, à feuilles à cinq lobes obtus. Les fleurs apparaissent de juin à juillet ; elles sont solitaires 4 l'^^o des feuilles et de couleur jaune soufre clair • Les capsules sont longues et coniques et ont de 5 à 8 centimètres.

A. DE Talou.

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