‹ L'horticulteur français deChapitre 27 sur 132 · PERSISTANTES · texte numérisé non relu

PERSISTANTES

Cette ^ue^tion se trouve posée toutes les fois qu'on a quelquefr-utu de eea arbres à planter. On invoque les Uvres pow la résoudre ; les uns disent au printemps, quelques autres à Tau-» tomue, et loin d'éclairer, ils ne font qu'ajouter à Vobscorilé. Je n'ai paa ici la prétention de faire la lumière sur calte importante question; je n'y ap|)orle seulement qu'une faible étin* çdle , mais qui pourra, en grossissant le foyer lumineux qui ezsste déjà , sûder à faire jaillir la flamme du flambeau de la vérité.

Voici mon étincelle !

lirais {dnsieurs années, ayant quelques grandes plantations à diriger, écm des propriétés aux environs de Paris, je faisais totijoins phuÉker à l'automne , soit que tea arbres fussent à iiunfiês oaidnqnes ou feuilles persistantes, ei même réaineax ; la réussite éteit toujours parfaite.

n y a deux ans j'avais à planter un talus qui est h trois expositions : une extrémité est au midi et reçoit même le soleil

levant ; l'autre regarde le nord-est, et est abrita du nord par une partie boisée qui se trouve distante de 20 mètres ; le centre est àTouest. Les travaux de teiTassements n ayant pas permis de faire toute la plantation à l'automne, je fis planter en novembre cent cinquante Lauriers-Amandes et de Portugal au centre et à Textrémité sud du talus. Ce n'est qu'au printemps suivant que l'extrémité nord-est reçut trente sujets de même force, des mêmes espèces que celles plantées à l'automne, et de même provenance. A la fin de l'été, sur c^es trente, trois malheureux Lauriers de Portugal donnaient encore quelques signes de vie, tous les autres avaient leur bois sec, complètement mort. Sur les cent cinquante plantés à Tautomne , deux Lauriers-Amandes seulement, parmi ceux exposés au midi, ont un peu boudé, mais, rabattus, ils ont percé sur le vieux bois^ et aujourd'hui ils sont très- vigoureux.

Les trente pieds du nord-est étant à remplacer, je fis planter cette fois, vers la fin novembre, trente beaux sujets de près de 2 mèlres de hauteur, le double plus forts que ceux de l'année précédente; pas un n'a manqué.

Des Alaternes, Èvonymus, Bibacier du Japon, Philaria, une collection de Houx, etc., plantés à Taulomne, ont poussé d'une manière surprenante dans le courant de l'été qui a suivie

La conclusion est donc que :

L'époque la plus convenable pour la plantation des arbres A FEUILLES PERSISTANTES EST l' AUTOMNE, et Cela quel que soit le terrain.

Pour obtenir le résultat le plus complet , il est bon d'enlever toutes les feuilles des arbres au moment de la plantation, on au moins la plus grande partie ; les arbres fatiguent moins, et se couvrent, en une année, de nouvelles feuilles d'une végétation qui ne laisse rien à désirer. F. Heringq.

P^s.^Ioip. horticolû de B. IknoMiiO, rao CasseiU, 9.

CHROiNIQUE.

Les chercheurs de plantes,— Le inonde demi-horticole.— La mode esta lliorticttlture. — L'avantr-demier beau Magnolia d'Angers.— La collection d'arbres da ch&teau de Segres. — Un Laurus mmo/Vk».— Les arbres en pyramides.— rne de Port-Gros.— Ce que nous pourrons faire.— L'horticulture dans le midi.

L'année horticole qui commence (1), promet au commerce une abondante recette. CeUe qui vient de finir a été, à ce qu'il parait, propice au développement du goût des végétaux.

Depuis quelques semaines, eneffet, chacun se met en course, à la recherche de plantes rares ou précieuses, et on s'y livre con fnrare ; expression italienne plus élégante que la française : (wec fvreuT ; ce qui explique la préférence que nous lui avons accordée. Le monde horticole, et même le demi-horticole, est dans un état d'effervescence qui pourrait faire naître des craintes aux amis de l'ordre, si les disciples de Flore n'avaient pas donné depuis longtemps des preuves de leur caractère parfaitement inoffensif. Beaucoup d'amateurs, avant de prendre leurs quartiers d'hivers, parcourent les établissements d'horticulture pour enrichir leurs serres ou leurs jardins, celui-ci de plantes nouvelles, celui*là d'arbres rares ou remarquables par leur dimension. C'est à qui arrivera le premier pour avoir le premier choix. Les pépinières de Vitry, de Troycs, d'Angers, de Nantes sont tour à tour parcourues par ces explorateurs d'ordres différents ; car tous ne possèdent pas le feu sacré de l'horticulture : un certain nombre n'a des collections ou de belles plantes, que pour les montrer h ses amis et connaissances, parce que c'est à la mode, et qu'il est bien portée d'avoir des fleurs dans

(4) Oq fait commencer l'année horticole au mois d'août^ parce que c'est à partir de cette époque qu'on fait les premiers semis, qui sont suivis des plantations, labours^ taille, etc.

Y. 6» llY. - 18n9.

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son salon et dans ses serres, et de beaux arbres dans son parc ou seulement dans son jardin.

11 est trop vrai que bien des personnes se forment de magnifiques collections de plantes, sans avoir pour elles la moindre sympathie ; elles ont des fleurs, comme elles ont des crinolines ou des chapeaux en tuyau de poêle, parce que c'est de bon ton d'avoir un vètètnent qui fait ressembler les femmes à des mongolfîères, et un couvre-chef qui donne aux hommes Fapparèhce de calorifères animés. Assurément, ce n'est pas par goût qu'elles se transforment ainsi en caricatures. L'horticulture n'est donc pas victorieuse sur toute là ligne ; car demain, la mode changera et les plantes auxquelles oh fait fête aujourd'hui, seront regardées avec dédain après-demain. En attendant, pépiniéristes et horticulteurs sont en pleine moisson, et si l'engouement continue, ils n'auront bientôt plus à montrer que les débris de leurs belles culturel.

Déjà les beaux sujets de certains genres commencent à être rares ; par exemple, le Magnolia. Augers, la terre classique de* cet arbre, n'a bientôt plus de ces exemplaires majestueux qui ont concouru à établir la réputation des pépinières de M. André Leroi. L'avant-dernier gros individu de cet établissement vient d'être acheté par madame d'Hargeville, au prix de 700 francs, reprise garantie, il est vrai. Mais qu'on se rassure, tout le monde n'a pas 700 francs à mettre pour un seul arbre; les amateurs trouveront encore dans la capitale de l'Anjou, des Magnolia d'assez belle dimension pour être montrés aux amis, comme une chose de grande valeur, et, bien que madame d'Hargeville ait acheté pour 40,000 francs d'arbres et arbustes divers à An* gers, on peut encore trouver dans ses pépinières d'autres arbres aussi précieux , plus peut-être , pour les personnes réellement amateurs.

C'est ce qui est arrivé à un jeune botaniste, M. Alphonse Lavallée, qui daigne parfois nous conununiquer des notes intéres*

santés sur Thorticulture. tl \ient de parcourir cette contrée privîl^g[iéê, et il en rapporte une riche cargaison de beaux ar- Bfes» d^espèces rares , ou des sujets intéressants^ non pas au point aie vue de la mode, mais ae là science horticole. Parmi ces arbres, qui vont ajouter un intérêt nouveau à l'intérêt déjà existaiit de la ifemarquable collection qu'il forme au château de Segrez, et qui» dans quelques années, constituera l'école la plus complète des arbres et arbustes pouvant supporter notre climat, noiis avons pu voir im magniqueZaurtu sassafrca de 8 mètres de hâuleur, le plus beau qm existe certainement en France^ et un Juglans heterophyllaj de cinq mètres^ mais élevé sous une forme trop négligée, la forme pyramidale ; il est garni de brahches depuis la base jusqu'au sonmiet , et toutes parfaitement équilibrées. Le beau port de ce Noyer nous fait regretter que les pépiniéristes n'en élèvent pas ainsi un plus grand nombre»

Nous aurons souvent a citer cette propriété de Segrec, dont les jardÎQS sont mis h notre disposition par M. Alphonse Lavallée, pour âesétudeselexpérieneesque lîos ressources ne nous permettraient pas de faire dans notre écoles Aussi croyons-nous devoir adresser icâ| à ce jeune et savant promoteur de la sdence boov ticole, toute notre reconnaissance pour le généreux appui qu'il prête ainsi à notre publication, et dont les résultats tourneront au profit de nos abonnés et de T horticulture. Nous avons aussi une égale reconnaissance à madame de Morel de Rougemont , qui, depuis plusieurs années, nous a permis de nous Uvrer à des expériences physiologiques dans son beau parc de Guitranoourt et qui, aajourd'boi, nous met à mémed'entreprendre un travail intéressant^ sur la culture des végétaux des pays tempérés, pour le midi de la France, en nous ofErant un coin de sa charmante tte de PortrCvos » une des trois lies d'Hyères , situées dans la Méditerranée, à quelques kilomètres de Toulon. Notre journal pourra donc, à l'avenir^ donner la culture des plantes, non*

seulement pour le climat de Paris et le centre de la France , mais encore pour les régions méridionales. Nous espérons ainsi aider les quelques amateurs du midi à propager, dans leur pays, le goût de Thorticulture, qui, il faut le reconnaître, est resté un peu en arrière du mouvement qui s'opère en ce moment dans le Nord, en sa faveur ^ mais qui pourtant est trop tumultueux pour être de bon aloi.

Car, ainsi que je le disais en commençant cet article, ce mouvement, en faveur des plantes, tient plutôt de la mode que du goût, et là preuve, nous la trouvons dans le changement subit des espèces qui sont recherchées. Jusqu'à l'année dernière, le commerce avait peinO^ fournir arbustes et plantes rustiques à feuilles persistantes et sm out panachées. On ne voyait partout que Bilbergidj Dracena^Asfpidistraj Maranta^ etc. Cetle année, on ne veut que du feuillage léger, et ce sont les Fougères qui se trouvent à l'ordre du jour. C'est un tort, selon nous, car les élégants Àdianthum tenerum et trapéziformey Cenopterts vivipara, Gymnogramma et autres, sont d'une telle délicatesse, qu'ils trouvent, en quelques jours,lamort dans les jardinières des salons. Cette préférence n'est pas heureuse, et il est à craindre que l'insuccès, qui en résultera, ne jette la défaveur sur cet ornement si gracieux des appartements. F. Heiuncq.

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