DE L'IMPORTANCE DU CHOIX DES RAMEAUX POUR LES GREFFES
DES GRANDS ARBRES (n.
La greffe, soit en fente soit en écusson, étant naturellement le prolongement de la partie de l'arbre sur laquelle elle a été. prise, la forme et la beauté des jeunes sujets qui en proviennent en dépendent toujours. Si le rameau est pris à la partie supérieure de l'arbre, s'il est droit, cylindrique et d'une forme parfaite, comme sont tous les bourgeons verticaux, alors le jeune sujet sera en tout semblable au rameau dont il émane. Si, au contraire, la greffe sort dun rameau latéral, le produit en sera toujours plus ou moins défectueux.
Cette observation n'a rien de nouveau pour les horticulteurs. Tous connaissent Timportance qu'il y a dans le choix des rameaux servant à la greffe, pour obtenir des arbres d'une belle venue et d'une forme parfaite, surtout dans la culture des grands arbres à fruits ou d'ornement.
(4) Extrait dc8 Annales du Ctrcle horticole de Maine-eULoire. .
Dans les Ck>iiifëres, le choix des greffes a tout autant d^importance. Lorsqu'on peut prendre pourgreffe dejeunesbranchesverticales qui souvent forment des bifurcations de tète, alorson obtient un jeune arbre aussi beau et aussi bien fait que sMl était de semis ; mais celles prises dans les branches latérales, ainsi qu'il a déjà été observé, ne prennent que difficilement ime belle forme, et encore dans certaines espèces d'Abios cela devient presque impossible.
Ck)mme exemple, je vous présente deux Cedrus deodora greffés dans les deux conditions énoncées ci-dessus. L'un d'eux, provenant d'une greffe prise en tète, ne diffère pas de la jolie forme d'un semis ; l'autre, au contraire, prise dans une branche latérale et secondaire, présente un sujet grêle et difforme. Tous les Conifères sont à peu près dans les mêmes conditions, excepté les genres Thuya^ Biotha et Libocedrus. Pour ceuxci, avec le temps, les greffes reprennent leur forme régulière ; néanmoins il est prudent de ne pas en négliger le choix dans les arbres ré* sineux. J'ai remarqué que quelques-uns ont une végétation plus belle lorsqu'ils sont greffés que lorsqu'ils sont de semis ; tels senties Libocedrus sur Thuya^ le Pinus Gerardiana sur le Pintu syhesiTriSy une partie des Juniperus sur le Cèdre de Virginie [Jnniperus rubra) ; même les Cupressus nouveaux sont plus vigoureux greffés sur ce Juniperusque snr le Cyprès commun ; les Damaras viennent très-bien greffés sur Y Araucaria ifnbricaia.
n est bon de consigner ici la différence des conditions de gref*fage pour les Conifères par rapport aux autres arbres. H faut autant que possible que la greffe à apposer soit d'assez grande di* mension par rapport au sujet, c'est-à-dire qu'elle ait de 10 à 20 centimètres de longueur, souvent aussi longue que le sujet loi même. Cette dimension a son importance, attendu que les feuilles de la greffe placée sous châssis ou sous cloche, absorbant une grande partie de l'humidité, apportent par leur fonction une certaine quantité de sève descendante ou combinée qui
$ert conjcKÎntemexit avec eelle du suj^ià ia soudure de la greffe. Ce sujet ayant 1 5 à 30 centimètres de hauteup avec toutes les feuiUeSy si ron suppmoait une partie de sa téie, on détruirait une portion de iséve descendante, et par conséquent la reprise serait moin^ assurée. Cependant cette mauvaise opération se fait encore aujourd'hui dans beaucoup d*établisseme&ts d'horticulr tare#
Pour continuer nos observations sur le cIkâx des grefiea^ j'ai à vous citer quelques phénomènes assez bizarres. Vous savez que presque tous les arbustes sarmeuteux ou grimpants, quand iis sont parvenus au faite de leur support, donnent bon nombre de rameaux verticaux. Ces mêmes rameaux grefEés rez terre reproduisent des sujets en bmsson à rameaux droits ou partagés, identiquement semblables aux branches qu'on a prises. C'est ainsi qu'on a obtenu desBignonia grandiflora arbrisseaux, des lierre» en touffes droites et régulières, sans aucune lige gl?impanie.
Cette expérience m'a donné la pensée de créer des races à rameaux droits de nos arbres et arbustes à %e contournée et difforme, tel&que l'Acacia rose, le Poirier du Japon et quelques autres. Aujourd'hui je possède dans mes pépinières des Acacia roses dont la tige est droite ei pj^ramidale comme celle de 1 A'caeia glutineux. Gon^me V4^iuSi voyez, nous avons encore beaucoup d faire sur cette question qui n'a pas été étudiée avec assez^d'at* tention*
M me reste à vous entretenir des greffea hétérogènes. Rien ne semble ^v» étonnant que de voir deux végétaux vivre l'un sur l'autre, ne pi'ésentani à la vue aucune similitude qui puisae le faire pressentir. Tels sontles gseffies des Genêts sur le Cytise lar burnnm,. dea Cratoegus glabre sur le Né&er cb Japon, et le Buis« soa ardent sur cognassier, le Laurier-cerise sur le prunier, les Getooeastef à feuilles persMjrtantesi sur l'aid)é{)ftnev siam que le CliantiËipfttmceus sur le baguenajiMUer» et biw d'auirçs qui r«sH
tentincôiuuis* Le dodear Bretonoetn, de Tours ^ àqvi je faisais renurqBer eei momaltes , me dit qn*il avait olMerv é qiie certaras végétaux avaient leur sao propre identiquement semblable» quoique différent d'aspect et de forme ; «'ils étaient toujours de la même jEeunille naturelle, alors ils pouvaient être greffés ensemble lorsque le snc séveux se trouvait de métne nattire.C'est aÎDsi qu'on peut expliquer ce phénomène qni semble étcmnant et bizarre à tout le monde.
A nous de continuer ces belles expériences, afin d*enrichir la science horticole défaits intéressants et utiles aux cultivateurs .
André Leroy.
AQDBLLE ÉPOQUE FAUT-IL PLANTER LES AUBRES A FEllLLBS