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CYCLAMEN \ FLEURS GLOBULEUSES

(Pl. VI,)

Plusieurs fois déjà, dans le courant de la publication de ee journal, nous avons appelé Taltention de nos lecteurs sur le genre Cyclamen, et les beaux succès remportés, sur cette charmante plante, par un horticulteur aussi modeste qu'habile, par M. Foumier (1) Nous y revenons encore aujourd'hui pour faire connaître un nouveau type obtenu par le même obtenteur, et remarquable par la forme dès fleurs qui pourrait faire croire à nne hybridation du Cyclamen persicum par le Coum. 11 n'en est cependant rien. Les variétés à fleurs presque globuleuses, comme celles du CouMy que nous figurons dans ce numéro, proviennent des semis du C. persicum non hybride . On ne peut même pas invoquer Thybridation accidentelle, M. Fournier ne possédant pas un seul pied du C. Coum dans sa riche et nom* breuse collection.

Sans nier l'influence du croisement d'espèces dan» le règne végétal, nous persistons, — d'après le nouvel exemple que nous ofirent les Cyclamen, — à regarder comme simples formes, ou variations d'un seul type, ce que les partisans outrés de l'hybridatiou considèrent comme résultats de l'accouplement de deux espèces ou variétés.

On s'appuie généralement, pour confirmer l'hybridation, des caractères des deux parents qui se trouvent réunis sur le nouveau-né. Il n'y a là rien de sérieux . Par ce procédé aussi simple qu'ingénieux, on arriverait à n'admettre, dans la nature, que deux espèces : le Prolococcus et le Chêne ; les autres ne seraient que des hybrides.

Il est au moins ceAain que, dans nn genre o^ les espèces ont toutes un air de famille, et dont les différences sont souvent

(1) Horticulteur, rue de Lourcine, n"* 448, Paris.

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même quelquefois difficiles à saisir, on pourrait rapporter à deux types les plus opposés toutes les espèces intermédiaires. Ainsi, par exemple, rien ne serait plus rationnel^ au point de vue des partisans de Vbybridation, que d'admettre le Reseda Phyteuma indigène à notre cKmat, comme hybride du Reseda ItUcola^ fécondé par le A. odorata. U tiendrait de la mère par ses fleurs inodoresj et du père par le port et par les feuilles. Et pourtant lien n'est plus impossible. Le Reseda lutcola est indigène à la France et le R. odorata est originaire de l'Egypte: il n'y a donc pas hybridation; cependant nous trouvons réunis dans Ftm certains caractères des deux autres. En extravaguant un peu plus encore, on arriverait a faire des Ephredra autant d'hybrides de Pin Sylvestre et d*Equisetumy tenant au premier par les fruits et au second par les feuilles. Eh bien! il en est de même pour certaines prétendues hybrides chez lesquelles on constate les caractères de deux espèces ou plutôt variétés voisines ; elles ne sont que de simples variations d'une seule, et rien autre chose.

Mais Ihybridation, en horticulture, est le certificat de bonne conduite, dont on affuble certaines anomalies ou variétés inconstantes pour faire croire à leur fixité : voilà pourquoi on tient au mot. Il ne coûte qu'un mensonge à Tobtenteur ; par conséquent il peut remployer souvent. Il double le prix de la plante ; le marchand y trouve son bénéfice. — L'amateur paye sa crédulité.

Pour en revenir aux Cyclamen, M. Fournier, lui, ne les donne pas comme hybrides ; il déclare que ce sont de simples variétés, et nous, nous affirmons que rien n'est plus joli. Les pétales raccourcis, en prenant plus de largeur, ne perdent pas de leur ampleur, et la fleur est admirable de coquetterie. On retrouve, dans cette nouvelle race, toutes les nuances qu'offre la race à grandes fleurs. F. Herincq.

EXACUM ZEYLANICUM.

. •. , (Pl. V.)

Ettmologie : De Eœacon^ nom appliqué par Pline à une Centaurée purgative.

Famille : Gentianées de Jussieu; Pentandrie tnanogynie de

Linné.

CAKAGTÈRESf GÉNÉRiouBs. — Toutes les pIantesaajûUTd1iuiréumes8(ni8 la dénomination générique de Exacum, sont des herbes de TAisie tropicale^ à feuilles opposées, marquées de 3 nervures principales. Les fleurs sont azillaires et terminales , constituées par un calice à 1 di* visions planes ; une corolle monopétale à 4 lobes ; i étamines insérées sur le tube calicinal, à anthères s'ouvrant par 2 pores au sommet; Tovaire est à 2 loges, surmonté d'un style infléchi, et d'un stigmate simple ; le fruit est une capsule à 2 loges, à placenta quelquefois libre et qui porte un grand nombre de graines trè^-fines.

Description spécifique. Cette espèce, originaire de Ceylan, est le Chironia trinervis de Linné et Ylsianthus zeylanicus de Sprengel. Elle est annuelle; sa tige dressée, à quatre angles, est presque simple ; elle ne se divise qu'au sommet en une sorte de corymbe, dont chaque ramification est terminée par des fleurs. Les feuilles sont sessiles, oblongueSy elliptiques ou lancéolées, acuminées, entières, lisses, d*un beau vert gai en dessus, pâle en dessous, à trois nervures principales (c*esl par erreur que notre dessin en indique plus). Les fleurs, d'un très-beau bleu pourpré, sont disposées par trois au sommet de chaque ramuscule de rinflorescence ; le calice h cinq ailes membraneuses est à cinq divisions subulées ; la corolle est en roue^ grande, à tube court, à 5 lobes obovales obtus; les étamines sont dressées, à anthères d'une belle couleur orange.

Historique et culture. VExacum zeylanicum est une charmante plante, qui montre ses belles et larges fleurs bleues au mois de septembre • Connue déjà du temps de Linné, elle n'a

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été cependant introduite en Europe qu'en 4848 par M. Moore, qui en envoya des graines au jardin botanique de Dublin. Mais elle est peu répandue encore dans les collections. Nous Favona vue, l'automne dernier, dans la serre chaude de M. Rongîer* CSiauvière, rue de la Roquette, et nous en avons pu apprécier le mérite.

On doit semer au printemps, en terrine, couvrir peu les graines et placer en serre ou sous châssis; repiquer en petit godet le jeune plant lorsqu*il a quatre ou cinq feuilles » et rempoter aussitôt que les racines apparaîtront en dehors de la motte ; arrosements modérés; mi-ombre pendant Tété. Floraison en septembre et octolve. Nous croyons qu'on pourrait la conserver par le bouturage. 0. Lesguyir.

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