‹ L'horticulture dans les cinq parties du monde;Chapitre 151 sur 331 · I. — Action du Gouvernement · texte numérisé non relu

I. — Action du Gouvernement

Depuis longtemps, le Gouvernement français encourage l'Horticulture.

Jamais il ne l'a autant favorisée qu'en ce moment ; nous espérons que cette bienveillance s'accentuera davantage encore.

La création du Ministère de l'Agriculture, en 1881, ne doit-elle pas avoir pour conséquence l'organisation d'un bureau ministériel de Y Horticulture, seule ou associée à la Viticulture ?

En attendant, plusieurs ministères ont une partie de l'Horticulture française dans leurs attributions.

Le Ministère de l'Intérieur reconnaît d'utilité publique les Sociétés horticoles qui présentent toute garantie morale et financière.

Le Ministère de l'Agriculture subventionne les Sociétés qui, déjà, reçoivent une allocation du Conseil général de leur département, et leur accorde des subsides en argent avec des médailles lors des concours et des expositions. Il leur donne également des livres pour la bibliothèque sociale ou pour les lauréats.

Souvent, le Ministre préside les distributions de prix ou s'y fait représenter. Sur sa proposition, le Gouvernement fait inscrire les horticulteurs au grand livre de la Légion d'honneur et leur confère la décoration du Mérite agricole, instituée en i883. Les ouvriers de culture ont des titres à la médaille d'honneur agricole, après trente années de services.

Le Ministère admet la culture des pépinières, des potagers, des vergers, des parterres au bénéfice des concours régionaux, et décerne des objets d'art et des médailles aux établissements producteurs de « l'horticulture » ou de « l'arboriculture », qui ont été visités et jugés dignes par un Jury spécial,

Les légumes, les fruits, les fleurs, les arbres et arbustes ont leur entrée au Concours général agricole de Paris et aux Concours régionaux.

Les champs d'études et d'expériences sont mis à la portée des cultivateurs de toute espèce de végétaux.

Les Stations agronomiques rendent des services aux jardiniers et au commerce des graines, par l'analyse des terres, la vérification des engrais, l'essai des semences.

L'Administration des Forêts s'approvisionne assez souvent auprès des pépiniéristes pour le boisement des friches et le peuplement des bois et des forêts.

Le personnel du Ministère, les Inspecteurs généraux et les Professeurs d'agriculture entretiennent de bons rapports avec les horticulteurs.

Le Ministère de l'Instruction publique contribue pour une large part à l'enseignement horticole, en subventionnant les Chaires départementales d'Agriculture et en demandant aux Écoles normales, aux Écoles primaires supérieures ou communales l'annexion d'un jardin quelconque, qui s'impose définitivement aux créations nouvelles.

Le musée scolaire s'enrichit de collections d'histoire naturelle fort utiles à l'enseignement.

Nos professeurs d'agriculture et d'horticulture deviennent des organes influents du progrès, par leur enseignement dans les établissements d'instruction à tous les degrés, à l'un ou à l'autre sexe.

De même que l'Administration de l'Agriculture, l'Instruction publique souscrit aux ouvrages horticoles en faveur de nos Associations; celles-ci en enrichissent leur bibliothèque ou les décernent à titre de prix aux instituteurs et aux institutrices.

Le Ministre de l'Instruction publique et des Beaux- Arts comprend le monde horticole dans la répartition des palmes académiques.

Le Muséum d'histoire naturelle et les Jardins botaniques appartiennent à son Département.

Le Ministère du Commerce et de l'Industrie place l'Horticulture sur un rang d'égalité avec l'Agriculture, les Beaux-Arts et les grandes branches de l'Industrie, au programme des Expositions universelles.

La Direction des Postes et Télégraphes grossit son budget avec le mouvement d'affaires causé par les catalogues d'horticulture, la correspondance, les envois postaux, etc.

L'Administration des Colonies a sous ses ordres des jardiniers et explorateurs qui contribuent à faire valoir nos richesses coloniales.

Le Ministère des Travaux publics traite les questions de transport des végétaux et de plantations routières. Sur ces deux points, il est parfois l'objet de réclamations de la part des intéressés.

Enfin, le Ministère des Finances encaisse, avec une gravité tout officielle, les impôts qui grèvent l'exploitation du sol et les transactions forcées de ses produits.

Page 1