C.- ÉCOLES D'HORTICULTURE
A tous égards, le premier rang appartient à l'Ecole nationale d'horticulture de Versailles, exclusivement administrée par l'Etat.
Nous examinerons ensuite les établissements fondés ou entretenus par des administrations départementales, municipales ou particulières.
École nationale d'horticulture de Versailles. — L'École nationale d'horticulture de Versailles, véritable Ecole normale de l'Horticulture, dépend du Ministère de l'Agriculture. Son Directeur actuel est M. Jules Nanot, ingénieur-agronome, publiciste horticole.
Instituée par la loi du 16 décembre 1873, l'Ecole est établie au Potager de Versailles, organisé, de 1679 à i683, par le célèbre Jean de La Quintinye, jardinier de Louis XIV.
Le promoteur de la loi fut Pierre Joigneaux, député de la Gôte-d'Or. Déjà, à sa session de février 1872, le Congrès de la Société des agriculteurs de France avait, sur notre proposition, émis le vœu de la fondation d'une Ecole nationale d'horticulture à l'ancien Potager du roi, à Versailles.
L'Association amicale des anciens élèves de l'Ecole nationale d'horticulture de Versailles a témoigné sa reconnaissance, en conférant le titre de Membre d'honneur de l'Association à MM. Pierre Joigneaux et Charles Baltet.
Lors de sa création, l'Ecole fut placée sous la direction habile du savant Auguste Hardy, jardinier en chef du Potager, qui sut y rassembler tous les éléments nécessaires à la connaissance approfondie de la science qu'elle a pour but de propager.
Le Potager de Versailles a une surface de près de 10 hectares, sur lesquels 1 hectare 36 ares sont occupés par les cultures potagères ;
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i hectare 59 ares par les arbres fruitiers dressés à l'air libre ;
35 ares 28 centiares par l'école de botanique.
Les serres de culture et de forçage, l'orangerie, le jardin d'hiver couvrent une surface de 3o ares ; une petite pépinière modèle a 3i ares. Les végétaux ligneux d'ornement de plein air, l'école d'arbres fruitiers (contre-espaliers doubles), les Rosiers, les plantes vivaces et autres avec leurs nombreuses et riches collections, les châssis, les allées, les terrasses, les bâtiments, les cours, etc., occupent le surplus du terrain.
Une station météorologique est établie dans le jardin pour permettre aux élèves de faire toutes les observations qui intéressent la végétation.
But de l'École. — L'Ecole nationale d'horticulture a pour but de former ;
i° Des jardiniers capables et instruits, possédant toutes les connaissances théoriques et pratiques relatives à l'art horticole ;
20 Des chefs de culture pour l'enseignement horticole dans les écoles pratiques d'agriculture et dans les écoles normales ;
3° Des professeurs d'horticulture et des architectes-paysagistes ;
4e Des agents instruits et capables pour les divers services publics ou privés (services départementaux, municipaux, établissements horticoles, Jardins d'essai aux colonies, etc.) ;
5° Des horticulteurs, des pépiniéristes, des maraîchers, etc.
L'École, depuis 20 ans qu'elle est ouverte, a reçu 684 élèves appartenant à 78 départements et à i3 pays étrangers. Le nombre des élèves présents le Ier janvier 1893 était de 102.
Voici le programme de l'enseignement, tel qu'il a été prévu à la fondation de l'École :
Arboriculture fruitière de plein air ou de primeur ; Pomologie ;
Arboriculture d'ornement et multiplication des végétaux ;
Culture potagère de plein air ou de primeur;
Floriculture de plein air et de serre ;
Botanique ; Pépinière ;
Architecture des jardins et des serres ;
Physique et météorologie ;
Chimie, minéralogie et géologie;
Zoologie et entomologie horticoles ;
Arithmétique ; lever de plans, nivellement ; Géométrie ;
Dessin linéaire de plantes et d'instruments de jardinage ;
Langue française ; langue anglaise ;
Comptabilité.
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Nature de l'enseignement. — L'enseignement est à la fois théorique et pratique.
L'enseignement théorique comprend les cours désignés dans la nomenclature ci-dessus.
Les cours sont complétés par des exercices ou des démonstrations sur le terrain par les professeurs.
L'enseignement pratique est manuel et raisonné. Il s'applique à tous les travaux de jardinage, quelles que soient leur nature et leur durée.
Afin de rendre cet enseignement plus facile et plus profitable aux élèves, il a été spécialisé ; la culture des arbres fruitiers, celle des primeurs, celle des plantes de serre, la floriculture de plein air et l'arboriculture d'ornement, enfin la culture potagère forment autant de sections dans lesquelles les élèves passent successivement, et par roulement, une quinzaine de jours. Ils sont guidés dans leurs travaux journaliers par six jardiniers principaux, chefs de pratique, et un chef des ateliers pour le travail du bois et du fer.
A la fin de chaque quinzaine, les élèves remettent au Directeur une rédaction sur les divers travaux qu'ils ont exécutés.
Indépendamment des excursions, des conférences et des cours réglementaires, des visites aux principaux établissements d'horticulture permettent de mettre sous les yeux des élèves les meilleurs exemples de la pratique horticole et arboricole.
L'enseignement est encore facilité par les ressources de l'École qui comprennent des albums de plantes, des collections de graines, de bois coupés, d'animaux et d'insectes utiles et nuisibles, des outils de jardinage, des fruits moulés, un herbier, etc.
Une bibliothèque, recevant tous les ouvrages importants publiés en France et à l'étranger sur l'horticulture, est à la disposition des jeunes gens de l'École.
Ajoutons que les élèves sont initiés à l'instruction militaire par des sous-officiers du génie.
Laboratoire de recherches horticoles. — Dans ce laboratoire* de récente création, les professeurs de physique, de chimie et d'histoire naturelle font, sous les yeux des élèves, des applications de leurs cours. En outre, ils y poursuivent l'étude de nombreuses questions scientifiques qui se rattachent à l'art horticole> parmi lesquelles il convient de citer :
Les propriétés physiques et chimiques des diverses sortes de terre et des composts utilisés dans les jardins et les Serres ;
La composition chimique des divers organes des plantes ;
La physiologie végétale appliquée à la production du sol ;
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Les maladies des plantes et les divers traitements à appliquer pour les combattre ;
L'utilisation et la conservation des produits du jardin ; L'emploi des engrais en horticulture ; l'essai des graines, etc. Une autre innovation consiste dans l'installation d'un atelier de charpente et d'un atelier destiné à la forge et à l'ajustage.
Les élèves s'y rendent à tour de rôle, sous la conduite d'un chef qui leur apprend à travailler le bois et les métaux, à faire et à raccommoder l'outillage, le matériel, les accessoires de culture, à sulfater les bois et les paillassons, et à étendre sur la toile ou sur les bois les enduits de goudron et de bitume.
Quelques notions de maçonnerie sont également enseignées aux élèves pour la construction des bâches.
Un local spécial est consacré à la fabrication des étiquettes. Durée des études. — La durée des études est de trois ans. Chaque année, les cours théoriques sont suspendus pendant deux mois, du Ier août au Ier octobre. Pendant cette période, des congés temporaires peuvent être accordés aux élèves qui en font la demande. Examens et diplôme. — Le travail et les progrès des élèves sont constatés :
i° Par des examens particuliers et par l'appréciation de tous les travaux et exercices pratiques ;
2° Par des examens généraux qui ont lieu à la fin de chaque année d'études.
Les notes ainsi obtenues servent à établir le classement des élèves à la fin de chaque année scolaire.
Ceux d'entre eux qui sont reconnus trop faibles pour passer à une division supérieure cessent de faire partie de l'Ecole.
Les moyennes de ces trois classements annuels servent à établir le rang de chaque élève dans le classement général de sortie, et à dresser la liste des élèves reconnus aptes à obtenir le Diplôme de l'École nationale d'horticulture, qui est délivré par le Ministre de l'Agriculture.
Stage. — Les élèves sortis parmi les premiers peuvent obtenir, si le degré de leur instruction et leurs aptitudes justifient cette faveur, un stage d'une année dans de grands établissements horticoles de la France ou de l'étranger.
Une allocation de 1,200 francs est affectée à chacun de ces stages, dont le nombre ne peut être supérieur à deux par année.
Toutefois, le stage n'est pas acquis de droit aux élèves classés les premiers ; — il est accordé, dans le cas seulement où les notes des examens de sortie démontrent qu'ils sont capables de tirer un bon
parti de ce complément d'instruction et, — de préférence, — à ceux qui manifestent des dispositions pour l'enseignement et le désir de s'y consacrer.
Les élèves classés après les stagiaires peuvent recevoir, s'ils se sont fait remarquer par leur bonne conduite et leur travail : le premier, une médaille d'or ; le second, une médaille d'argent ; le troisième, une médaille de bronze.
Régime de l'École. — Le régime de l'École est Y externat.
Le Directeur de l'École indique, aux familles qui le désirent, des établissements d'instruction et des maisons particulières où les élèves peuvent prendre pension, tout en restant soumis à une certaine surveillance.
Les élèves entrent à l'École, en été, à cinq heures du matin et, en hiver, à six heures ; ils en sortent à neuf heures du soir. Tout leur temps est consacré aux leçons, aux études et aux travaux pratiques, à l'exception de deux repos d'une heure et demie chacun, pendant lesquels ils vont au dehors prendre leurs repas.
Conditions d'admission. — Les candidats doivent être Français, âgés de seize ans au moins et de vingt-six ans au plus, au Ier octobre de l'année de leur entrée à l'école.
La demande d'admission, rédigée sur papier timbré, est adressée au Ministre de l'Agriculture par l'intermédiaire du préfet du département dans lequel réside la famille du candidat.
Les candidats porteurs du certificat d'instruction d'une école pratique d'agriculture ou d'une ferme - école, ainsi que ceux qui possèdent le certificat d'études primaires ou un diplôme au moins équivalent, sont admis sans examen.
Sur le vu de leurs pièces, qui doivent être légalisées, le Ministre prononce, s'il y a lieu, l'admission, ou l'autorisation de se présenter à l'examen d'entrée.
L'instruction est donnée gratuitement. Toutefois les élèves sont tenus de verser, au moment de leur entrée, une somme fixe de 3o francs pour garantir l'École du payement des objets détériorés, cassés ou perdus par eux.
Les épreuves écrites et orales de l'examen d'entrée ont lieu à l'École devant un Jury nommé par le Ministre.
L'examen d'entrée et l'ouverture des cours sont fixés au premier lundi d'octobre.
Bourses de l'État. — Des bourses, au nombre de six, d'une valeur de 1,000 francs, et pouvant être fractionnées, sont accordées chaque année,
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Tous les candidats aux bourses doivent subir l'examen d'entrée à leur arrivée à l'École. Ils sont âgés de 18 ans au plus, à moins qu'ils n'aient satisfait aux obligations de la loi militaire.
Les bourses sont attribuées par le Ministre de l'Agriculture, en tenant compte à la fois de la situation de fortune, de l'ordre de classement à l'examen d'entrée et de l'âge du postulant.
Bourses des Départements, Villes, etc. — En dehors des élèves s'entretenant à leurs frais et des boursiers de l'Etat, l'Ecole d'horticulture admet également des élèves envoyés par les départements, les villes, les associations agricoles, horticoles ou autres sociétés savantes et subventionnées par ces administrations.
Depuis la création de l'Ecole, beaucoup de départements ont entretenu des élèves à Versailles. Le nombre des bourses de l'État étant limité à six par année, les candidats dont les ressources sont insuffisantes ont tout intérêt à solliciter une subvention de leur département ; ils y sont connus des Conseillers généraux et les compétitions sont nécessairement moins nombreuses que pour les bourses de l'État, celles-ci n'étant données que par voie de concours.
Étrangers. — Les étrangers peuvent, exceptionnellement, être reçus à l'École nationale d'horticulture, aux mêmes conditions que les nationaux ; ils doivent adresser leur demande au Ministre de l'Agriculture et, de plus, présenter un certificat émanant de leur agent diplomatique en France. Ils ne sont admis toutefois qu'autant que l'effectif total de l'École n'est pas atteint par les nationaux. Ils ne peuvent concourir pour l'obtention des bourses.
Association. — Depuis 1882, dans un but de mutuelle et franche camaraderie, les élèves de chaque promotion se sont réunis en Association des Anciens élèves de l'École nationale d'horticulture de Versailles, sous la présidence d'honneur du Directeur de l'Ecole, d'abord M. Hardy, ensuite M. Nanot, qui lui a succédé.
Un bulletin annuel, fort intéressant, rend compte du mouvement de l'École et des observations recueillies par les sociétaires.
Chaque année, au lendemain de la Fête nationale, les membres se réunissent dans une agape fraternelle et traitent de leurs questions d'intérieur.
Le nombre des adhérents dépasse deux cents.
Plusieurs de ces jeunes gens ont déjà gagné les distinctions honorifiques du Mérite agricole et des Palmes académiques.
Conclusion. — En résumé. Versailles est un établissement modèle, organisé sur de solides bases, doté d'un enseignement élevé et formant des jeunes gens instruits. Les futurs professeurs ou
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praticiens qui suivent ses cours pendant trois ans ont un champ admirable d'études et deviennent, facilement, avec un peu de travail, d'habiles horticulteurs, ayant acquis des connaissances scientifiques sérieuses et approfondies : sur la conduite des jardins de toute sorte, sur les cultures potagères, les cultures fruitières et forcées, sur l'arboriculture d'ornement, la floriculture, l'installation et l'entretien des pépinières et des serres, sur le dessin des parcs et jardins. Les services rendus par notre École nationale d'horticulture sont déjà considérables et hautement appréciés.
L'École des pupilles de Villepreux (Seine-et-Oise), créée et subventionnée par le Conseil général du département de la Seine, recueille des enfants assistés qui ont séjourné à la campagne ou qui se trouvent dotés du certificat d'études primaires, et manifestent le désir d'apprendre le jardinage.
Le jardin fruitier, le potager, les serres occupent 4 hectares.
L'enseignement est théorique et pratique.
L'École prend part à certains concours, fait des excursions utiles et n'hésite pas à soumettre son œuvre au verdict des Sociétés d'horticulture.
Le directeur, M. Guillaume, y déploie une grande activité.
École municipale et départementale d'arboriculture de la ville de Paris. — La ville de Paris, ayant reconnu l'urgence de former de bons jardiniers pour les travaux libres ou administratifs, a créé sur les terrains de son «Jardin d'études et vignoble modèle» de l'avenue Daumesnil, à Saint-Mandé, une École municipale et départementale d'arboriculture d'alignement et d'ornement, ayant pour but, dit l'arrêté, « de donner gratuitement l'instruction théorique et pratique nécessaire aux jeunes gens qui désirent devenir jardiniers de plantations urbaines ou départementales, ainsi que des parcs et jardins publics ou particuliers. »
Les candidats doivent être français et habiter Paris ou le département de la Seine ; ils sont âgés de quatorze ans accomplis, et présentent les conditions d'aptitude physique aux travaux horticoles constatés par une visite médicale ; le certificat d'études primaires est obligatoire.
La direction de l'École est confiée à M. Ghargueraud, professeur d'arboriculture de la ville de Paris, déjà placé à la tête des collections arbustives de Saint-Mandé.
Le recrutement de l'Ecole comprend les ouvriers et les garçons jardiniers occupés aux travaux de la Ville de Paris, du Muséum, et même travaillant chez des particuliers,
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Le verger aménagé autrefois par le professeur Alphonse Dubreuil et les collections dendrologiqucs sont de précieux auxiliaires de l'enseignement, confié à un professeur émérite.
Le régime de l'Ecole est l'externat ; les élèves-apprentis reçoivent gratuitement le déjeuner et le goûter.
La durée des cours est fixée à trois ans.
L'enseignement théorique et pratique comprend les matières et les travaux ci-après :
Première année.
Leçons théoriques : Leçons pratiques :
Éléments de botanique et de physio- Premiers travaux de culture.
logie végétale. Labour. Règlement du sol.
Principes élémentaires de culture. Semis. Repiquage.
Géométrie. Écriture. Orthographe. Reconnaissance de végétaux.
Deuxième année.
Leçons théoriques : Leçons pratiques :
Etudes des lois naturelles de la Floriculture.
végétation. Terres, engrais. Décoration de jardins.
Théories des cultures spéciales. Culture potagère.
Dessins de jardins. Nivellement. Pépinières, multiplications diverses.
Arithmétique. Géométrie. Garnitures d'appartement.
Troisième année.
Leçons théoriques: Leçons pratiques :
Lois générales de l'ornementation Arboriculture d'ornement et d'ali-
des jardins. gnement.
Choix des végétaux, dispositions, Arboriculture fruitière.
groupement. Bouquets et ornementations. Serres.
Architecture des parcs et jardins. Lever de plans. Devis.
Un certificat d'études horticoles est délivré, après examen, à la clôture des études; 27 élèves l'ont obtenu aux examens des 3 et 4 juillet 1893, et 28 en juin 1894.
L'Etat subventionne et protège une trentaine d'Orphelinats, de Colonies, d'Asiles, Refuges, etc., où l'enseignement du jardinage prend une des premières places. (Voir page 298.) En ce moment, signalons les maisons qui s'occupent plus spécialement d'horticulture.
L'Orphelinat horticole de Beaune est une école de jardinage, dépendant de l'établissement des Hospices de Beaune, et installé dans une de ses propriétés comprenant bâtiments et jardins.
L'Administration des Hospices qui possède à sa tête, au titre de vice-président, un homme dévoué à l'horticulture, M. Jules Ricaud, affecte à l'Orphelinat les revenus de plusieurs donations, L'État lui accorde en outre une subvention,
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Le personnel se compose d'un jardinier-chef et d'un aide-jardinier. Celui-ci est chargé de la surveillance des élèves ; il les accompagne de la maison-mère, où ils sont logés et nourris, jusqu'au jardin situé en dehors de la Ville.
Le nombre des élèves est généralement de 12 à i5, âgés de quatorze à dix-huit ans ; ce sont de jeunes orphelins indigents, recueillis par l'Administration des Hospices. Ils reçoivent jusqu'à leur sortie une instruction primaire et des notions élémentaires théoriques, mais pratiques avant tout, sur le jardinage.
Outre le logement, la nourriture et l'entretien, tout élève obtient une paye annuelle variant de 40 à 120 francs, qui est placée à la Caisse d'Epargne. De plus, on donne à chacun, selon son mérite, une petite gratification mensuelle dont il dispose librement.
Les plus anciens élèves deviennent chefs de section et instruisent les commençants. A leur sortie, ils sont placés comme garçons jardiniers, soit en maison bourgeoise, soit dans des établissements d'horticulture.
Le jardin est d'une superficie de 2 hectares. Un pulsomètre, mu par la vapeur, élève l'eau dans un réservoir d'où elle est distribuée dans toutes les parties du jardin. Un hectare de terrain est consacré à la culture potagère et aux primeurs. Une petite serre à deux versants et une centaine de châssis servent à l'élevage et à la conservation des plantes.
Une école fruitière importante permet aux élèves d'apprendre à connaître les meilleures variétés de fruits et les formes d'arbres les plus avantageuses. Plus de 800 mètres carrés de murs sont garnis d'espaliers et de treilles, et les contre-espaliers présentent au moins 1.200 mètres de superficie.
L'arbusterie et la floriculture sont disposées en corbeilles, en massifs ou par plates-bandes.
Un jardin botanique, classé selon la méthode De Candolle, contient environ 25o espèces intéressantes au point de vue médical ou industriel.
Quelques petites pépinières permettent aux élèves d'apprendre la multiplication des végétaux ligneux, le greffage de la vigne, etc.
Au centre du jardin se trouve un observatoire météorologique pourvu de tous les instruments usuels.
De temps en temps, le dimanche, on organise des herborisations, des excursions viticoles ou horticoles.
Le jour de la saint Fiacre, les élèves font un petit voyage de 5o kilomètres environ. Les frais sont couverts par une caisse modeste alimentée par les menues gratifications versées par des visiteurs ou des clients ; le surplus est employé à l'achat de livres et d'outils de jardinage qui sont tirés en loterie,
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L'Orphelinat horticole de Chambéry, dirigé par l'abbé Costa de Beauregard, a été fondé en 1868, en faveur des orphelins de la Savoie ; une Société civile en assure l'existence légale.
Les enfants, reçus en bas âge, restent à l'école jusqu'à dix-neuf ans. Sur i5o places d'élèves, 100 sont absolument gratuites.
La section des apprentis jardiniers, âgés de treize à dix-neuf ans, est confiée à des maîtres ecclésiastiques et à des chefs de culture. Un jardin de trois hectares, garni d'espaliers, de serres et de cultures potagères, facilite les démonstrations pratiques.
L'Orphelinat a pris part aux concours de la région.
L'Asile de Saint- Philippe, à Fleury-Meudon, près de Paris, dû aux libéralités de la Duchesse de Galliera, confie à des Frères l'instruction horticole de jeunes orphelins qui lui sont confiés.
Le domaine est spacieux et comprend d'intéressantes collections arbustives et pomologiques.
Les élèves sont destinés à travailler ensuite dans les établissements de produit ou les maisons bourgeoises.
L'École de Jardiniers, à Igny (Seine-et-Oise). Instituée sous le vocable de Saint-Nicolas, l'Ecole des Frères d'Igny choisit parmi ses élèves ceux qui ont des aptitudes au jardinage, et leur donne pendant plusieurs années une instruction horticole, par les soins de Frèresprofesseurs et de moniteurs-chefs de pratique.
Sur 5oo élèves, 76 sont âgés de quatorze à dix-sept ans et se destinent à la profession de jardinier.
Le jardin fruitier et le potager ont une contenance de 10 hectares.
L'Ecole d'Igny prend part aux concours agricoles et horticoles; ses élèves sont promptement placés.
L'Asile Fénelon, à Vaujours (Scine-et-Oise) , d'une étendue un peu plus grande, est une institution parallèle à la précédente, vivant, comme elle, de donations particulières et de la Caisse générale des Frères de la Doctrine chrétienne. Sa fondation remonte à i843.
4o élèves-jardiniers y constituent l'effectif horticole.
Le département de Seine-et-Oise possède encore trois Asiles :
L'Orphelinat de l'Assomption, à Elancourt, . près Trappes, fondé en 1869, recueillant jusqu'à 3oo orphelins et faisant donner à 3o ou 40 d'entre eux, à son Ecole de jardinage de La Roche, une instruction pratique — surtout potagère — dès qu'ils ont atteint l'âge de treize ans. Le jardin a 5 hectares de superficie.
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L'Asile départemental de Saint-Cyr, occupant 5 hectares de jardins, et transformant en apprentis jardiniers une trentaine de gainons de cinq à seize ans, sur ioo élèves qui lui sont confiés,
L'Orphelinat de Louveciennes, fondé et entretenu par Mp et M,ne Jules Béer dans leur domaine de Voisins, créé en faveur d'enfants moralement abandonnés, âgés de douze à dix-sept ans ; ils reçoivent une double instruction primaire et horticole, et retrouvent les bons exemples de la vie de famille.
Un jardinier-professeur est attaché à l'établissement ; une quarantaine d'élèves y ont été promptement recueillis.
École des Jardiniers de Ferrières. Celle-ci a son caractère particulier ; elle est exclusivement réservée aux garçons jardiniers et apprentis du Domaine de Ferrières-en-Brie (Seine-et-Marne), appartenant au baron Alphonse de Rothschild, et dont les jardins, serres, potagers et vergers sont dirigés, depuis de longues années, par l'honorable famille Bergman.
En organisant cette institution utile et unique, ou à peu près, M. Ernest Bergman s'est inspiré, sans doute, des souvenirs de l'École de pépiniéristes de La Rochette, près de Melun, fondée par Moreau, ou de l'Institut royal de Fromont, près Ris, créé par Soulange-Bodin, connus de ses ancêtres. N'a-t-il pas entendu parler des Ecoles plus modernes : d'Écully (Rhône), due à Charles-Fortuné Willermoz ; de Chaltrait (Marne), où le comte Léonce de Lambertye apprenait à ses jardiniers la botanique, la taille des arbres, les semis de fleurs et de légumes, l'art du primeuriste? Toujours est-il que l'Ecole des jardiniers de Ferrières fait l'éloge de son auteur.
Un bâtiment spécial est affecté au logement des garçons et apprentis jardiniers. La nourriture est prise à la maison et leur coûte de 4o à 5o francs par mois.
Un règlement détermine les heures de travail ou de garde, les gratifications, les amendes, le service de la bibliothèque, etc.
Ajoutons que celle-ci, propriété des élèves, est fort bien composée d'ouvrages et de publications horticoles ou botaniques de l'Europe.
Les lectures, les études de dessin, de musique et autres ont lieu le soir ; une bonne confraternité s'établit entre les élèves.
De 1875 à 1894, il y est entré 200 garçons jardiniers ; 45 y sont en ce moment. Quelques-uns ont dix-sept années de séjour.
Les gages mensuels varient de 90 francs à i5o francs.
Les jardins de Ferrières offrent à ces jeunes gens un enseignement à peu près complet de toutes les branches de l'horticulture.
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