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V. — Jardins botaniques et d'études

Les jardins botaniques de France, administrativement organisés, sont les suivants :

Amiens. — Le Jardin botanique d'Amiens a été fondé en 1759.

M. le docteur Richer en est le professeur.

M. Lamelle, jardinier en chef.

Angers. — Le Jardin d'Angers, fondé en 1777, a des collections intéressantes, d'utilité ou d'ornement, organisées par M. Houdebine, jardinier en chef.

Le directeur est M. le docteur Lieutaud.

A vr anches. — Le Jardin des plantes, fondé en 1799, et dont le directeur était M. Louis-Bonomi Dubuisson, élève de Le Berriays, a cessé d'exister en 1886. Il a été transformé, à cette époque, en Jardin de plaisance. — Son jardinier est M. Romain Blouet.

Bordeaux. — Le Jardin botanique de la Faculté de médecine et de pharmacie de Bordeaux, fondé en 1890, pour la culture des plantes médicinales, est situé à Talence.

M. le docteur Guillaud en est directeur-professeur, M. le docteur L. Beille, chef de culture, et M. E. Peyronnet, jardinier-chef.

Le Jardin botanique de la ville de Bordeaux, distinct du précédent, créé en 1861, a pour directeur-administrateur, M. F. Gaussens ; pour directeur scientifique M. le professeur E. Rodier, et pour jardinierchef, M. A. Caille.

Caen. — Le Jardin des plantes, l'un des plus anciens de France, a été complètement transformé en 1848.

Directeur, M. Eugène Vieillard. — Chef de culture, M. Augis.

Cherbourg. — Le Jardin de la Marine, à Cherbourg, fondé en 1878, appartenant à l'État, ayant à sa tête M. le docteur Rouvier, directeur du service de santé, et le sous-directeur M. le docteur Michel, est confié aux soins du jardinier-chef, M. Osmont.

Le Jardin d'acclimatation de la ville de Cherbourg, fondé en 1872, par la Société d'horticulture, est dirigé par M. Hervieu, secondé par M. Le Tulliez, jardinier en chef.

Clermont-Ferrand. — Le Jardin botanique, créé en 1745, par le Conseil de Ville, à la demande de la Société de médecine, eut pour chef Jean Bompart, médecin et conseiller du roi.

Depuis, le jardin s'est enrichi de collections de plantes, d'herbiers et de serres, sous la direction de Henri Lecoq.

Actuellement, son directeur est le docteur Paul Girod, professeur à l'École de médecine et de pharmacie, et à la Faculté des sciences de Clermont-Ferrand. Le jardinier-chef est M. Désiré Layé, élève de Versailles, secrétaire général de la Société d'horticulture.

Dijon. — Fondé en 1772, par Legouz de Gerland, le Jardin botanique a pour directeur M. le docteur Laguesse, et pour jardinier-chef M. Jules Lochot, boursier, par concours, de la ville de Dijon, à l'École nationale d'horticulture de Versailles.

Grenoble. — En 1782, l'Intendant de la province du Dauphiné fonde le Jardin botanique de Grenoble. Villars, médecin militaire l'organise, puis le dirige jusqu'en i8o5, époque à laquelle il fut nommé professeur à la Faculté de médecine de Strasbourg. Son aide, Liottard, devint son successeur. — Plusieurs fois déplacé et agrandi, le jardin est définitivement installé en 1842.

A Jean-Baptiste Verlot, succède, comme jardinier -directeur, M. Joseph Allemand, de l'École nationale d'horticulture, secrétaire général de la Société dauphinoise.

Lille. — Un Carré botanique a été installé il y a quelques années, par M. R. Monier, dans la cour de la Faculté de médecine de Lille, à cause de l'éloignement de l'ancien jardin botanique de Saint-Maurice, fondé vers 1864 > m&is il n'est ouvert qu'aux étudiants en médecine.

Le Jardin botanique de la ville de Lille, a pour directeur et jardinier en chef M. Léon Saint-Léger, un des brillants élèves de Versailles, professeur du cours municipal d'arboriculture, directeur des jardins de la ville de Lille.

La municipalité lui accorde un subside de 18,000 francs.

Lyon. — Le Jardin botanique de Lyon, d'abord situé au centre de la ville, dans le Jardin des Plantes, a été transplanté en i858 au Parc de la Tête-d'Or, par M. Seringe, professeur à la Faculté des sciences, avec la collaboration de M. L. Cusin, alors aide-naturaliste.

M. Seringe eut pour successeurs MM. Faivre, Magnin, Dutailly, Guignard et Gérard, professeurs à la Faculté des sciences. Ce dernier est le directeur actuel ; il est de plus chargé des collections botaniques et horticoles de la ville.

M. Gérard est assisté de quatre jardiniers-chefs. L'un d'eux, M. Goujon, est spécialement attaché au Jardin botanique ; les serres sont aux soins de M. Petit-Renaud ; M. Buisson a les cultures de pleine terre (Arboretum et Rosarium); M. Chrétien, les plantes herbacées d'ornement.

Marseille. — Le Jardin botanique, essentiellement municipal, est situé à quatre kilomètres et demi de Marseille, au parc Borély. Depuis 1880, un laboratoire de recherches botaniques y est annexé.

Directeur : M. le docteur-professeur Edouard Heckel, professeur de botanique à la Faculté des sciences.

Sous-directeur : M. le professeur KiefTer.

Chef de culture : M. Davin, jardinier-chef.

Montpellier. — Le 20 mai 1893, à l'inauguration des bustes de Dunal, Martins et Planchon, anciens directeurs du Jardin botanique de Montpellier, M. Granel, professeur à la Faculté de médecine, rappelait que cette année était le 111e centenaire de la fondation du jardin.

En même temps, le savant directeur remontait dans rémunération de ses glorieux prédécesseurs jusqu'à Richer de Belleval, jusqu'à Rondelet, proclamé par Linné, « le maître des plus célèbres botanistes de l'époque ».

C'est, en effet, à l'école de Rondelet que se formèrent les plus distingués naturalistes de cette période, les Lobel, les Charles de l'Ecluse, les Jean Bauhin, les Dalechamp.

Actuellement, M. Jules Daveau est le jardinier-chef.

Nancy. — Fondé vers 1760 par Stanislas, roi de Pologne et duc de Lorraine, le Jardin botanique a pour directeur M. G. Le Monnier, professeur de botanique à la Faculté des sciences ; pour chef des serres, M. V. Brangbourg, et pour chef de l'École botanique, M. Toussenat.

Nantes. — Le Jardin botanique de Nantes a été ébauché en 1840, transformé en i858 et agrandi en 1862.

Le directeur est M. Paul Marmy, et le jardinier-chef M. J. Diard.

Le Jardin possède des Acacias, des Mimosas, des Azalées, des Camellias, des Bambous, des Magnolias, des Chamérops, et diverses espèces qui resteraient délicates sous un climat moins tempéré.

Orléans. — Le Jardin botanique de la ville d'Orléans, fondé en 1640, est administré par une commission de sept membres : M. Auverd pour la botanique ; MM. Transon, Gouchaut et Goujon, pour les pépinières ; MM. Rosssignol, Dufour, Montaillé, pour la floriculture.

Le jardinier en chef était, depuis 1871, M. Edouard Duneau (décédé pendant l'impression de cet ouvrage).

Des subventions importantes ont permis au Jardin botanique de créer, dans la ville, des squares et des promenades qu'il continue à entretenir.

MM. Edouard Delaire et son fils Eugène en ont été les directeurs. Paris. — La capitale possède :

i° Le Jardin botanique de l'École de pharmacie ; 20 Le Jardin botanique de la Faculté de médecine ; 3° Le Jardin du Muséum d'histoire naturelle.

Dans un instant, nous signalerons les principaux services rendus à l'horticulture, par ce dernier établissement. (Voir page 3o,3.)

Poitiers. — Le Jardin botanique, fondé en 1787, a pour directeur M. J. Poirault, professeur, et pour jardinier-chef M. Debré.

Rennes. — Le Jardin botanique occupe l'emplacement de la promenade du Thabor, qui était, avant la Révolution, le Jardin particulier des moines bénédictins de l'abbaye de Saint-Melaine.

En 1800, la Ville de Rennes fit l'acquisition du Thabor et y installa, en 1807, le Jardin botanique que réclamait l'École de médecine. A côté, se trouve le Jardin des plantes.

Le Jardin botanique doit son beau succès aux soins continus de M. Golleu, qui, depuis trente-cinq ans, est à la fois le directeur et le jardinier en chef du jardinet des serres monumentales construites en 1862-1863.

Rouen. — L'origine du Jardin des plantes remonte à 1735. Il fut fondé par Rerthault, chanoine de l'église de Rouen et par les chirurgiens Moyencourt et Dufay, gens fort instruits qui se réunissaient pour cultiver ensemble la botanique et les belles-lettres.

En i832, la Ville de Rouen fait l'acquisition du parc de Trianon, d'une superficie de /J5,5oo mètres, situé à l'extrémité du quartier Saint-Sever.

Ce jardin est remarquable par son étendue, le nombre et la variété de ses richesses.

M. F.-A. Pouchet fut directeur du jardin; M. Dubreuil père, jardinier en chef; M. Glost, aide-naturaliste.

Aujourd'hui, M. le docteur Blanche est professeur de botanique; M. Lucet, professeur d'arboriculture, et M. Leleu devient jardinierchef, succédant à Emile Varenne, décédé au mois de septembre 1894. Toulouse. — Le Jardin botanique de la ville de Toulouse est un des plus importants de France. Il ne compte pas moins de cinq mille espèces de plantes indigènes ou exotiques, toutes cultivées avec soin. La classification naturelle de ce jardin, qui a été adoptée par M. le docteur Clos, directeur, rend l'étude des plantes tout à fait

facile. Un tableau indiquant cette classification, se trouve en tête de l'école, et permet aux gens peu habitués à cette science de trouver la famille des plantes à l'étude de laquelle ils veulent se livrer.

Ce jardin, si savamment classé, ne cesse de prospérer, grâce au zèle éclairé et au dévouement du savant professeur de botanique et directeur du jardin, M. le docteur Clos. Afin de rendre plus claire l'étude de cette science aux élèves de la Faculté de médecine, il a été créé, toujours par les soins du même directeur, une école spéciale qui a pour titre : École de plantes médicinales.

Le jardinier- chef est M. Michel Milhau.

Muséum d'histoire naturelle à Paris.

Hérouard, premier médecin de Louis XIII et Guy de la Brosse, son médecin ordinaire, obtinrent, par Lettres Patentes, l'autorisation d'acheter, au nom du Roi, une maison, plus un terrain de 24 arpents, sis au faubourg Saint- Victor, pour y fonder un « Jardin royal des herbes médicinales ». Les travaux commencèrent en 1626 et furent terminés huit années plus tard.

En 1641, Guy de la Brosse, directeur, succédant à son collègue, publiait le catalogue des i36o espèces de variétés cultivées.

Pendant plus de deux siècles, le Jardin ne cessa de s'agrandir et ses directeurs multiplièrent leurs moyens d'action scientifique et pratique. Les autres branches de l'histoire naturelle vinrent, plus tard, y annexer leurs musées, leurs collections, leurs galeries et, enfin, des chaires d'enseignement y groupèrent autour d'elles un auditoire avide de recevoir une instruction supérieure ou populaire.

Au début de la Révolution, André Thouin, jardinier en chef, avait reçu du ministère Roland les importantes collections fruitières des Chartreux.

Le 26 juin 1793, sur un rapport de Lakanal à la Convention, le titre de « Muséum d'histoire naturelle » était définitivement donné à notre grand établissement scientifique.

Les chaires de Botanique et de Culture ont mis en relief des personnages éminents, tels que Tournefort, De Jussieu, de Lamarck, Desfontaines, Brongniart, Decaisne.

A côté de ces derniers, des chefs de culture, habiles dans leur art, contribuent laborieusement à l'étude comparative des végétaux, et développent leurs modes de culture ou de reproduction. Ce sont : André Thouin, qui devint professeur et membre de l'Institut; Bertemboise, Riche, Camuzet, Neumann, Pépin, Carrière, Verlot...

La serre et l'orangerie n'absorbent pas tout entière l'attention du Directeur actuel des cultures, M. Maxime Cornu (nommé en 1884), et

IOOO —

5oo

de ses actifs collaborateurs, dont la majeure partie émane de l'École de Versailles. Les parterres bien connus du public exhibent les meilleures plantes de corbeilles. On y compte notamment : 800 variétés de Rosiers ;

de Chrysanthèmes ; de Glaïeuls ; de Pélargoniums ;

de Tulipes, Jacinthes, Iris, Crocus et autres plantes bulbeuses, etc.

Aussi les demandes des permis accordés aux étudiants et aux artistes, deviennent-elles de plus en plus nombreuses. Pendant l'année i8g3, il a été distribué 862 cartes à 544 personnes qui désiraient recevoir des échantillons, étudier ou copier des modèles dans les serres ou les carrés de la pleine terre. En i883, il n'avait été demandé que i83 cartes ; en 1864, seulement 89.

Voici, d'ailleurs, un tableau des Graines, des Plantes, Boutures et Greffons, distribués aux établissements de ce genre et aux correspondants du Muséum, de 1884 à 1893 inclus.

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