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IV. — Conférences horticoles, Cours publics

En traitant des Sociétés et des Ecoles d'horticulture, nous avons parlé de conférences privées et de cours publics qui ont lieu sous leurs auspices. Il en est d'autres qui n'ont pas moins contribué à la vulgarisation des bonnes méthodes de culture, à la connaissance des espèces végétales et à l'extension du cercle des amateurs.

On n'a pas oublié l'influence des leçons pratiques d'arboriculture données pendant longtemps : à Montreuil par Félix Malot et Alexis Lepère ; à Ecully , par Gabriel Luizet ; à Bourg, par Mas et Puvis ; à Lyon, par Willermoz et Verrier; à Bordeaux, par Georges; à Toulouse, par Laujoulet; à Vesoul, par Lahérard ; à Chartres, par Courtois ; à Grenoble, par Verlot ; à Dijon, par Weber ; à Autun par Dolivot; à Montpellier, par Hortolès ; dans l'Ouest, par Boncenne et Bouscasse; dans le Sud-Est, par Brémont; à Mulhouse, par Menet; autour de Paris, par Forest, Gaudry, Poiteau, Trouillet, Forney, Carrelet, et tant d'autres... Leur exemple a été suivi dans la majeure partie de nos départements.

Le Muséum s'est arrêté dans cette voie inaugurée par André Thouin, Dalbret, Gappe ; espérons qu'il y reviendra. La popularité du cours professé par M. Maxime Cornu, directeur des cultures, doit encourager l'Administration du Muséum à donner la parole à ses chefs de service.

Le Luxembourg continue la tradition des Hervy, des Hardy, des Rivière, des Jolibois. Le jardinier-chef, M. Opoix, réunit trois fois par semaine un auditoire distingué.

La Ville de Paris a confié, après concours, la succession de Dubreuil à M. Ghargueraud. Le jardin fruitier de Saint-Mandé est fréquenté par un public d'amateurs et de praticiens ; c'est le centre de l'Ecole municipale et départementale de la ville de Paris, dont il a été question ; nous y reviendrons. (Voir page 387.)

L'Association philotechnique admet l'horticulture et la botanique au programme de ses cours publics. Pendant longtemps, M. Eugène Forney a tenu la chaire de l'arboriculture. MM. Gustave Chevalier, Grosdemange et Duval sont inscrits parmi le personnel enseignant.

En dehors des cours réguliers, des conférences et des causeriespromenades sont faites par des hommes spéciaux, de bonne volonté. Nous pourrions rappeler de nombreuses séances et expositions où nous avons eu le plaisir d'écouter la parole de personnages bien connus de l'horticulture moderne.

Les échos de la Sorbonne, du Trocadéro, de l'hôtel des Sociétés savantes, des Sociétés nationales d'agriculture, d'horticulture, d'acclimatation, etc., ont recueilli des discours éloquents et des dissertations oratoires d'un haut intérêt.

Quelques conférences ont été secondées par l'objectif d'un appareil à projections ; presque toutes sont publiées et imprimées.

Le département de la Seine est en bonne voie, avec les études sur les engrais appliqués aux cultures fruitières ou potagères par M. Paul Vincey, professeur départemental, et la station de recherches installée au Parc-aux-Princes, sous la direction de M. Grandeau.

Un enseignement professionnel horticole, d'arboriculture, de botanique, de maraîcherie, de dessin et d'arpentage est organisé sous les auspices de la Chambre syndicale des ouvriers jardiniers de la Seine. Les leçons publiques données par MM. Vauvel, Paul Hariot, Duvillard, Boniface, se tiennent à la Mairie du IVe arrondissement de Paris, à la Mairie de Boulogne, à la Mairie de Vitry, au jardin maraîcher Duvillard, situé à Arcueil, etc.

Parmi les groupements de jeunes gens et de professeurs, dans un but mutuel d'instruction, nous signalons à Paris l'Union française de la Jeunesse. La section, dite du Jardin des Plantes, a vu s'ouvrir

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un cours public et gratuit d'horticulture et de botanique, par

M. Gérôme, ancien élève de Versailles, chef de botanique au Muséum.

Voici le sommaire de ce cours :

Sol et sous-sol ; amendements et engrais ; agents de la végétation autres que le sol ; travaux du sol ; travaux de culture et d'entretien ; multiplication naturelle et élevage des plantes ; semis, plantations, arrosages ; multiplication artificielle des plantes ; bouturage, marcottage, greffage ; notions de physiologie végétale ; théorie de la taille des arbres ; météorologie horticole ; géométrie pratique ; maladies des plantes ; récolte et conservation des produits.

Nous ajouterons, à l'honneur du professeur et de ses élèves, que son auditoire compte un certain nombre d'employés et d'ouvriers du Muséum, avides d'entendre une parole autorisée, complétant leur éducation pratique.

Des ouvrages ont été décernés aux élèves les plus assidus, ayant le mieux profité des leçons.

Pour les jeunes jardiniers auditeurs, le complément obligé des conférences est l'obtention d'un diplôme de capacité ou certificat d'aptitudes. Nous citerons deux points importants, Paris, Lyon, qui en ont réalisé l'application.

La Ville de Paris a organisé un Cours public et gratuit d'arboriculture d'alignement et d'ornement, sous la direction de son professeur Ghargueraud. Pendant la saison d'hiver, 1892-1893, le cours a consisté en dix leçons théoriques, le soir, à l'amphithéâtre de la Société nationale d'horticulture de France, et en trente leçons pratiques, dans la journée, sur divers emplacements municipaux. J$

En voici le programme :

Leçons théoriques. — Éléments de physiologie végétale, de géologie, de physique et de chimie, appliqués à l'arboriculture. — Principes généraux de culture. — Amendements. — Fumiers et engrais. — Arrosements. — Pépinières.

— Serres et Orangerie. — Multiplication, élevage et conservation des plantes. — Traitement des maladies. — Destruction des insectes. — Plantations d'alignement. — Etude des meilleures essences. — Plantations d'ornement des parcs, squares et jardins. — Choix et groupement de végétaux.

Leçons pratiques. — Sur l'exécution et l'entretien des plantations. — Les soins de culture, la pratique de la taille et de l'élagage. — Étude des plantations sur les boulevards, avenues, parcs et squares, — sur les routes départementales,

— au bois de Boulogne, à la Muette, — au bois de Vincennes, à l'École d'arboriculture, à Saint-Mandé et dans les pépinières de la ville.

A l'issue du cours, un jury d'examen propose au Préfet de la Seine de délivrer des certificats d'aptitude aux élèves qui auront réuni les conditions indiquées par le programme d'examen. 28 certificats ont été délivrés à la session de 1894.

A Lyon, dans le courant de l'année 1889, la Chambre syndicale des horticulteurs de la région lyonnaise fit appel aux praticiens, pour étudier les moyens « du développement rapide de l'horticulture. »

La création du diplôme de jardinier fut décidée et le voeu transmis à l'Association horticole lyonnaise qui le réalisa,

Depuis 1890, un nouveau règlement décide que les diplômes seront au nombre de quatre et se diviseront ainsi :

i° Le diplôme de culture maraîchère ;

20 Le diplôme d'arboriculture ;

3° Le diplôme de culture florale ;

4° Le diplôme supérieur.

Les titulaires, qui auront obtenu le plus grand nombre de points, recevront, en plus du diplôme, des primes en argent de 5o francs, de 25 francs, de i5 francs, ou une médaille de valeur équivalente.

Des primes de 100 francs, de ?5 francs, de 5o francs, sont ajoutées au brevet supérieur, qui résume les trois sections d'enseignement complétées par des notions théoriques sur l'art des jardins.

Le Jury est désigné, par le sort, dans une liste composée par le Conseil d'administration de la Société et comprenant dix maraîchers, dix arboriculteurs, dix fleuristes. Un botaniste complète le Jury.

Les examens sont publics.

Les notes, pour les épreuves pratiques, sont multipliées par le coefficient 3.

La distribution des diplômes de 1892 s'est faite à l'École normale de la Croix-Rousse.

Les départements ont des professeurs subventionnés par les Conseils généraux ou municipaux et par les Sociétés d'horticulture, d'autant mieux que les conférenciers sont des hommes de valeur, sous le double rapport de la pratique et du raisonnement.

Il est même des professeurs départementaux d'agriculture rétribués par l'État, qui ajoutent à leur programme la pépinière, le verger, l'arbre à cidre, le vignoble, les reboisements, les engrais.

On ne saurait trop reconnaître les bienfaits de ces institutions, les services rendus aux praticiens, aux amateurs, à toute la population rurale qui trouve là des éléments de bonheur et de richesse.

Faut-il citer, à nouveau, quelques-uns de ces apôtres de l'horticulture : Bazin, Courtois, Delaville, Lozet, de l'Oise ; Lambin, de l'Aisne ; Lucet, Varenne, Vilaire, de la Seine-Inférieure ; Piéton, de l'Eure ; Dubarle, de la Marne; Fauquet, Latouche, Rivière, de Seineet-Oise ; Raquet, de la Somme ; Chauvelot, du Doubs ; Picoré, Foussat, de Meurthe-et-Moselle ; Faudrin, des Bouches-du-Rhône ; Jadoul, Saint-Léger, Bongard, du Nord; Levesque, de la Manche ; Robinet, de la Haute-Garonne ; Paille, d'Eure-et-Loir ; Gitton, du Loiret ; Fouquereau, Lemoine, de Maine-et-Loire ; Grosdemange, Nodot, de Seine-et-Marne ; Rousseau, Cognée, de l'Aube ; Allemand, de l'Isère ; Lochot, de la Côte-d'Or ; Layé, du Puy-de-Dôme ; Nardy, du Var et toute une légion, aux environs de Paris?

FRANCE 38g

Le Gouvernement récolte les fruits qu'il a semés, en patronnant les cours nomades d'Alphonse Dubreuil. Celui-ci, secondé par les administrations ou les sociétés locales, professait son cours d'arboriculture pendant une vingtaine de jours, dans la même ville.

Des disciples se sont formés, répétant la parole du maître; les amis des bons fruits ont suivi ses conseils, et l'administration des routes est entrée dans une voie également rationnelle.

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