VII. — Culture fruitière
Nulle part, dans l'Ancien Monde, la culture fruitière n'est aussi importante qu'en France.
La variété des sols, la diversité des climats, la différence des situations ont permis de produire et de faire croître la grande majorité des arbres fruitiers, en dehors, bien entendu, de la Pomone intertropicale qui trouvera sa place au chapitre suivant, consacré aux Colonies Françaises.
Si les Sociétés horticoles, les expositions, les congrès, les conférences, la presse et les ouvrages spéciaux ont aidé à vulgariser les bonnes espèces de fruits, on peut dire que les grands marchés, créés en vue de la consommation ou des transactions, alimentés par les voies de transport faciles et rapides, ont suscité la création de vergers et de stations fruitières, pourvoyeuses de ces centres d'affaires, et l'installation d'établissements industriels, transformant ou conservant les fruits frais, au moyen de pressoirs, d'alambics, de séchoirs, d'étuves ou de bassines.
A de rares exceptions, confirmées par les plantes originaires de la zone méridionale, tels que le Pêcher et la Vigne qui réclament l'abri du mur ou de la serre vitrée, dans les climats contraires, presque tous les genres fruitiers réussissent dans tous nos départements.
Nous les passerons en revue et signalerons les principaux lieux de production, leur importance culturale ou commerciale.
L'indication des variétés plus profitables pourrait servir de guide au planteur.
Abricotier. — L'Abricotier, préférant les situations chaudes ou abritées, qui favorisent la lignification de ses tissus et la maturation de son fruit, a établi ses quartiers généraux : d'abord sur toute la zone méridionale, de Nice à Bordeaux, stationnant assez souvent dans les départements des Bouches-du-Rhône, de Vaucluse, du Gard, de Tarn-et-Garonne, des Pyrénées-Orientales ; de là, ses premiers fruits deviennent une primeur pour le nord de la France ;
Puis, dans la région lyonnaise, destiné à fournir Lyon, St-Etienne, et autres grandes villes — même Paris;
A Glermont-Ferrand, doté d'usines qui réduisent son fruit en pâte d'Abricots ;
Dans l'Anjou et le Saumurois, d'où son produit vient alimenter Paris, la Bretagne et la Normandie. Le département de Maine-et- Loire a des récoltes de 3oo,ooo kilogr. d'Abricots ; le prix de vente atteint 80 fr. et 100 francs les 100 kilogr.
Enfin, à Triel et à Bennecourt, de Seine-et-Oise, où les Abricots Commun, Royal, Pêche, dominant les champs d'Asperges, de Pois et de Haricots, procurent aux cultivateurs de chaque commune un revenu qui dépasse 100,000 francs.
Variétés d'Abricots recommandées sous un climat tempéré : Abricot Commun. Abricot Hâtif du Clos.
— de Boulbon. — Luizet.
— de Saint- Jean. — Pêche.
— Desfarges. — Précoce de Montplaisir.
— du Chancelier. — Royal.
La Provence a ses variétés précoces et locales : Fin rosé, Rouge hâtif, Musqué, Pointu de Roquevaire, et le Bordelais adopte l'Abricot de Hollande, à amande douce, pour la confiture.
Paris reçoit 1,200,000 kilogr. d'Abricots dans une année moyenne.
Amandier. — La région de l'Amandier comprend les départements du Var, des Alpes-Maritimes, de Vaucluse, du Gard, de l'Aude, des Bouches-du-Rhône,des Basses-Alpes, des Hautes- Alpes, de la Drôme, de l'Isère ; ce qui n'empêche pas l'Amande d'être abondamment récoltée sur les coteaux calcaires bien exposés du Languedoc, du Lyonnais, de la Vendée, du Saumurois, du Quercy, du Roussillon.
Le Sud-Est a des amanderaies de 5o hectares, rapportant une moyenne annuelle de 20,000 francs.
Le commerce d'Amandes se centralise à Aix, et représente une valeur de trois millions de francs.
La Corse exporte trente millions de kilogrammes d'Amandes.
Les variétés à coque dure sont d'un revenu plus certain.
En général, l'Amandier à coque dure produit 1,000 kilogr. à l'hectare, et l'Amandier à coque tendre, 3oo kilogr. Amande à coque dure. Amande à coque tendre.
— à Flots. — à la Dame.
— Grosse verte. — Grosse tendre.
— Matheronne (demi-dure). — Princesse.
— Molière (demi-dure). — Ronde fine.
La majeure partie des Amandes à coque tendre, du commerce, sont des coques dures ou demi-dures décortiquées à la vapeur.
Cerisier. — Franc de pied, ou greffé sur Merisier ou sur Mahaleb, le Cerisier prospère partout en France.
Les cerisaies de grande culture existent aussi bien en Picardie et en Provence, dans le Languedoc ou l'Orléanais.
La Bourgogne et le Lyonnais en sont bondés ; des finages de 100,000 francs] de produits n'y sont pas raresT Là, c'est la Cerise
Anglaise; ici, c'est le Bigarreau Jaboulay qui domine. Les communes de Saint-Bris et Quennes (Yonne), de Couzon (Rhône), atteignent et dépassent ce chiffre.
Les Ardennes et la Marne chargent des trains entiers avec la Cerise Belle de Sauvigny, genre de Montmorency à courte queue, et encaissent jusqu'à i5o,ooo francs par village producteur.
La Provence a des vergers à demi-tige, échappant aux vents de mer ; elle expédie à Paris, Bruxelles, Londres, Saint-Pétersbourg ses variétés précoces et locales.
Dans ces conditions, l'emballage abandonne le panier rectangulaire pour la caissette en bois blanc, garnie de papier dentelle et livrée, ainsi agrémentée, à raison de i5 francs le cent aux expéditeurs. La gare de Solliès-Pont charge ainsi plus de 60,000 kilogr. de Cerises en caissettes, de la variété locale dite Guigne de Baie.
Les coteaux ou la plaine des environs de Paris ont des lignes séparatives ou intercalaires de Cerisiers en buisson ou élevés sur tige qui, ne réclamant aucun soin de culture, viennent accroître le revenu du champ de petits fruits rouges ou de légumes.
Le Guignier fournit les Cerises de première saison. Le Griottier, termine la série de maturité; son arbre résiste aux grands hivers.
Variétés recommandables :
Cerise Anglaise hâtive. Bigarreau à Gros fruit blanc.
— Belle de Châtenay. — — rose.
— — de Choisy. — — rouge.
— Grosse Transparente. — — noir.
— Montmorency. — Jaboulay, noir.
— — courte queue. — Marjolet, rouge.
— Reine Hortense. — Napoléon, rose.
— Nouvelle Royale. Guigne d'Annonay.
— Impératrice. — Beauté de l'Ohio.
Griotte du Nord. — Pourpre hâtive.
— Noire. — Précoce noire.
On rencontre de bonnes Cerises localisées, telles que d'Olivet, de Belleu, qui se propagent par le greffage ou le drageonnage.
L'entrée annuelle des Cerises à Paris est fixée à 1, 5 00, 000 kilogr.
Cerises à Kirsch. — Le Guignier et le Merisier, par leurs variétés Rouge des Vosges, Noire des Vosges,Marsotte,Bichat,etc , ainsi que les cerisaies à Kirsch, constituent une branche fructueuse de l'agronomie française dans les départements des Vosges, du Doubs, de la Haute- Saône, du Jura, de la Meuse et de la Haute-Savoie.
L'altitude des plantations, faites par massifs ou en lignes, varie de 4oo à 700 mètres dans les vallées ou sur le flanc des collines.
Un arbre, âgé de vingt à trente ans, peut produire de 3o à Gokilogr. de fruits estimés de 20 à 40 francs les 100 kilogr., suivant la rareté ou l'abondance.
A Bains, un verger de 27 ares, âgé de quarante ans, complanté de vingt-quatre Cerisiers, a produit, en 1891, pour 800 francs de Kirsch.
Quand le cultivateur ne distille pas, il vend le fruit « égrené » ou a à la queue » aux usines.
A elle seule, la Franche- Comté produit 12,000 hectolitres de Kirsch. Or, il faut dix-sept livres et demie, suivant la formule, pour obtenir un litre de Kirsch,
Châtaignier. — Le Châtaignier est l'arbre du centre montagneux de la France. Il couronne les plateaux ou boise les hautes vallées et les flancs granitiques de l'Auvergne, du Limousin, du Dauphiné, du Forez, du Vivarais, du Quercy, du Roussillon, de la Savoie, de la Corse, sur les montagnes des Maures de la Basse-Provence et sur les collines du Bas-Bugey, du Languedoc, de la Guyenne, du Périgord, du Berry, du Poitou, de la Bretagne, de la Vendée, du Morvan.
La Corrèze et la Dordogne sont les départements où les châtaigneraies occupent les plus grandes surfaces. La Dordogne exporte 570,000 quintaux de Châtaignes.
Pour les plus fortes récoltes de 1892, on enregistre :
i° La Dordogne une production de 2, 465, 000 quintaux, représentant une valeur de 22,8oi,25o francs, le quintal estimé à 9 fr. 25.
20 La Haute-Vienne, 339,000 quintaux à 7 fr. 38 le quintal.
3° La Corse, 3i5,ooo quintaux à 8 fr. 19 le quintal.
4° L'Ardèche, 3io,4i2 quintaux à 14 francs le quintal.
Ici, ce sont les Marrons dits de Lyon et ceux de Vesseaux, destinés à l'industrie du Marron glacé, — comme la Groussaude, de la Corrèze, — qui augmentent la valeur marchande de la denrée.
Le marché de Saint-Fortunat, de l'Ardèche, vend pour 100,000 fr. de Châtaignes.
Nous n'avons pas besoin de dire que l'arbre ne réclame ni taille, ni culture, ni engrais ; les espèces ou variétés, assez difficiles à déterminer, sont reproduites par le greffage du plant, en fente, en couronne ou en flûte.
Les principales sortes adoptées en France sont : Châtaigne Commune. Marron d'Agen.
— Grosse rouge. — d'Aubray.
— Nouzillarde. — de Luc.
— Verte du Limousin. — de Lyon.
— Printanière. -r de Lusignan.
Parmi les variétés « de pays », on recommande Bourrue, Exalade, de la Dordogne; Hâtive de mai, de la Gorrèze ; Verdalo, Soboiyo, du Cantal ; Boucharde, Glafarde, du Rhône ; Tejo, de la Corse.
Cognassier. — Le Cognassier, petit arbre de deuxième ou troisième ordre, a cependant ses exploitants dans l'Ouest, le Centre et le Sud de la France.
Le Cognassier de Portugal, greffé, a les sympathies du planteur ; son fruit y atteint le chiffre de 20 à 3ofr., même 40 francs les 5okilog.
Le Cognassier d'Angers et le type Commun, qui se propagent par le bouturage, rapportent, dans l'Orléanais, jusqu'à 4^0 litres de Coings par sujet.
Les préparations ménagères, l'industrie des confitures ou des sirops et la pharmacie absorbent toute la production.
Variétés recommandées ; Coing Commun. Coing d'Angers.
— Champion. -— de Portugal,
Cornouiller. — Arbre de la région de l'Est, planté à proximité de l'habitation, approvisionnant le ménage de petits fruits acidulés et rafraîchissants, vers la fin de l'été ; son habitat est restreint.
Les variétés sont à fruit rouge ou jaune, plus ou moins gros, plus ou moins hâtif ou tardif.
Figuier. — Le climat de Paris a cependant procuré au Figuier une station féconde à Argenteuil et à la Frette. Une cinquantaine d'hectares y produisent environ 400,000 fruits des variétés Blanquette, Dauphine et Violette apportés, avec soin, aux Halles de Paris.
Et les courants chauds sous-marins lui entretiennent une verte vieillesse sur les plages bretonnes ou normandes.
Mais son véritable lieu d'adoption, c'est la Provence, et toute la zone qui s'étend depuis les Alpes-Maritimes jusqu'à la Gironde. Le fruit frais constitue une nourriture agréable et un objet de commerce. Toutefois, le trafic s'exerce plutôt avec la Figue sèche. A 25 ans, l'hectare peut produire 800 francs nets, frais et déchets déduits, de Figues séchées et préparées pour la vente.
Au cap Corse, la Figue fait la base de la nourriture des habitants.
La nomenclature des Figues est difficile à pénétrer. En général, on peut recommander les variétés suivantes : Figue à Fruit blanc. Figue Buissonne (bifère).
— à Fruit violet. — Célestine —
— Blanquette. — Dauphine —
— Bellone. — d'Or — *— Bourjassotte, — de Versailles —
Framboisier. -*- Arbuste drageonnant, préférant Pair libre ou le demi-ombrage, le Framboisier pullule autour de Paris, côtoyant les carreaux de légumes ou de Fraisiers, et les lignes de Groseilliers.
La capitale absorbe cinq millions de kilogrammes de Framboises; or, par sa nature, ce fruit ne saurait faire de longs trajets.
En Lorraine et en Bourgogne, la Framboise seconde le Cassis dans la préparation des liqueurs de table, et donne, à la pressée, un jus rouge recherché à New- York et à Bordeaux, par certains négociants.
Le territoire de Dijon et des communes voisines : Daix, Fontaine, Plombières-les-Dijon, Talant, est inscrit pour 5oo,ooo francs au tableau de production de la Framboise.
Le chiure de 4o francs par are n'est pas exagéré.
Près de Lille, à Lomme, Lambersaert, Lompret, le cours de la Framboise rouge s'est tenu, en 1892, à 70 et ^5 francs les 100 kilogr.
Le Framboisier remontant bifère ou des Quatre-Saisons est une ressource pour les desserts d'automne.
Voici quelques bonnes sortes :
i° Framboises ordinaires :
Framboise à Gros fruit, rouge. Framboise à Gros fruit, jaune.
— d'Angleterre, rouge. — César, jaune.
— Fastolf, rouge. — de Hollande, jaune.
— Hornet, rouge. — Orange, jaune.
20 Framboises remontantes :
Des Quatre-Saisons, rouge. Sucrée de Metz, jaune.
Belle de Fontenay, rouge. Surpasse merveille, jaune.
Perpétuelle de Billard, rouge. Surprise d'automne, jaune.
Groseilliers. — Le climat tempéré, plutôt froid ou humide que chaud ou sec, plaît au Groseillier.
Il est peu de jardins qui n'en possèdent quelques touffes, et la culture spéculatrice s'en est emparée.
La Groseille à grappes, fruit rouge, est préférée par les fabricants de jus, sirops, confitures, gelées.
Le fruit blanc est plutôt affecté aux desserts de table.
Le Cassis, ou fruit noir, est destiné à confectionner la liqueur qui porte son nom.
La Groseille à maquereau, condiment des sauces, est encore un fruit de consommation ou d'exportation.
Autour de Paris, la Groseille rouge est préférée dans la région de Saint-Denis, Sannois, Montmorency, tandis que la grappe blanche, produisant moins, est adoptée dans la vallée de Sceaux.
La riche contrée de Lomme, près de Lille, a des propriétaires qui
possèdent jusqu'à dix hectares de Groseilliers. Les sujets, espacés de im5o, vivent plus de trente années et rapportent jusqu'à 6,000 kilogr. de fruits à l'hectare, non compris la récolte de Cerises et de Prunes sur les plants disséminés dans le champ.
Les Andelys et Nancy sont réputés pour leurs Groseilles.
Les confiseries de Bar-le-Duc préparent plus de 200,000 pots de confitures de Groseilles « épépinées » et récoltées : le fruit rouge, à Rosières, Lavallée, Ancerville ; la blanche, à Bar et à Behonne.
Le Cassis renommé provient de Dijon. Depuis Malain jusqu'à Chagny, de Nolay à Montbard, et sur les coteaux ou dispersé dans le vignoble de Vougeot, Vosne, Chambolle, Marsannay, l'alambic extrait la « fleur » ou la « crème de Cassis » chère aux gourmets.
Calculée sur le pied de 6,000 plants à l'hectare, cette contrée possède i,5oo,ooo sujets produisant 10,000 hectolitres de liqueur.
A l'est de Paris, d'immenses champs de Cassis organisés par des distillateurs rapportent 8,000 kilogr. de fruits à l'hectare, soit un bénéfice net de 1,000 francs.
Quant à la Groseille à maquereau, nous la trouvons non loin de Dunkerque, par exemple à Rosendael et à Teteghem, formant des lignes séparatives entre les héritages ou bordant le carré de légumes. Le fruit est oblong ou arrondi, à peau lisse ou poilue.
Résumons quelques bonnes sortes de Groseilles :
Groseille a grappe rouge : Groseille a fruit rlanc :
— à Gros fruit. — à Gros fruit.
— la Fertile. — de Hollande.
— la Versaillaise. — Hâtive de Bertin. Groseille a fruit noir : Groseille a maquereau :
— Cassis ordinaire. — à fruit vert ou jaune.
— — à Gros fruit. — — rose ou rouge. Chaque localité propage des types qui lui sont avantageux, sans
se préoccuper de leur nomenclature.
Néflier. — Arbre de second ou de troisième ordre qui, cependant, en plantation intercalaire, rapporte un aliment appréciable sur les marchés, et comestible lorsqu'il est blet.
Dans la Puisaye, les paysans greffent le Néflier sur Aubépine, dans les « bouchures » séparatives de leurs propriétés, et en jettent le fruit sous la presse à cidre.
Les meilleures variétés sont la Nèfle Commune et la Nèfle de Hollande ; celle-là plus fertile, celle-ci à fruit plus gros.
Certains propriétaires de plantations complémentaires ont vendu pour 5oo francs de Nèfles, à la récolte.
478 flïtAtfcË
Noisetiers. — Robuste au sol et au climat, le Noisetier fructifie en massif ou en ligne, sous bois ou en bordure de rivière.
L'Ouest et le Centre font un commerce de Noisettes, bien facile et assez lucratif.
La culture à profit s'exerce avec les variétés à gros fruits, tenues en buisson ou en demi-tige, c'est ainsi qu'ils sont dressés en Provence et au Roussillon ; leur ombrage n'entrave pas la culture dérobée de légumes ou de fleurs.
Le Var a des noisetières rapportant 1,000 francs par hectare comprenant cent sujets, sans compter les Fraises et les Violettes.
Les noisetières du Roussillon à Géret, Taillet, Arles-sur-Tech,
Amélie-les-Bains, Montalba, Galmettes, Oras arrivent à une
production de 1,000 à i,5oo kilogr. de Noisettes à l'hectare. Elles peuvent expédier 25o,ooo kilogr. à Paris, Marseille et Bordeaux. Il s'agit de la grosse Noisette de Provence.
Les variétés qui ont le plus de vogue sont : Noisette Franche. Noisette de Provence.
— Aveline. — d'Espagne.
Chaque groupe se subdivise en fruits ronds ou oblongs, avec pellicule rouge ou blanche.
Les huileries font concurrence à la consommation directe des Noisettes ; elles en absorbent de grandes quantités.
Noyer. — Comme le Châtaignier, le Noyer abonde dans nos régions montagneuses, mais il réussit dans les sols calcaires et crétacés où l'autre ne peut vivre. La fructification du Noyer est plus certaine au grand air, vif et non humide.
En 1892, la récolte s'est élevée à 836, 5oo quintaux, évalués l8,5oo,ooo francs par la statistique officielle.
Les dix départements les plus riches en Noyers ont fourni les données suivantes :
Départements. Production totale. Valeur totale. Prix moyen
du quintal.
Lot 137 . 653 quintaux. 1 . 720 . 662 francs. 12 fr. 5o
Corrèze 89.000 — 1.337.000 — i5 »
Puy-de-Dôme 75.n5 — 1.859.096 — 24 75
Dordogne 72.650 — i.8i6.25o — 25 »
Drôme 55 . 280 — 2 . 321 . 860 — 42 *
Hautes-Pyrénées.. 55. 000 — 990.000 — 18 >>
Allier 38.487 — 923.688 — 24 »
Isère 34.108 — > 1. 071. 000 — 3i 4°
Vienne 3o.3o2 — 606.040 — 20 »
Haute-Saône 24.33o — 596.000 — 24 5o
France 479
Viennent ensuite Maine-et-Loire, Aveyron, Ardèche, Cher, Savoie, Charente-Inférieure, Deux-Sèvres, Rhône, Yonne...
La culture perfectionnée existe réellement dans l'Isère, par suite du greffage des jeunes arbres en variétés fécondes et prisées pour la consommation directe ou la fabrication de l'huile.
Les hautes vallées du Graisivaudan sont peuplées de Noyers greffés. La gare de Gancelin reçoit plus de 100,000 kilogr. de Noix par an.
L'arrondissement de Saint-Marcellin, produit 3o,ooo hectolitres de la variété Mayette pour la consommation, vendues i5 fr. l'hectolitre, et 5o, 000 hectolitres de la Ghabertepour l'huilerie, vendues 3 francs l'un ; ses noyères rapportent plus de 5o francs l'are.
Les cantons de Yinay et de Tullins exportent à Saint-Pétersbourg pour deux millions de Noix Mayette.
Certains propriétaires retirent 2,000 francs de leurs Noyers.
Les radeaux de sapin qui transportent par le Rhône les Noix à Marseille, conduisent en même temps des Pommes, et le tout est vendu au port : Radeau, Pommes et Noix.
Plus de 600,000 Noyers, dont 3o,ooo pour le canton de Sarlat, ont été constatés par les statisticiens de la Dordogne. L'arbre y occupe les plateaux, les croupes des collines et les vallées. De bon rapport, il donne 80 kilogr. de fruits.
Les cantons d'Excideuil et de Thenon ont des sujets qui produisent 70 francs avec les variétés Lottarel, Couturée, de Montignac.
On estime que, dans le Périgord, les Noix et cerneaux, les huiles et tourteaux représentent une valeur de cinq millions de francs.
Le Lot compte cent machines à huile. Près de Gârnât, des arbres ont produit jusqu'à douze quintaux de Noix.
Les Noix de Chomérac et de Rochemaure (Ardèche) ont une réputation sur le marché.
La Noix de Brive (Corrèze) a sa marque aux Halles.
Le Royanez et le Diois (Drôme) vendent à un prix élevé, pour l'huilerie, l'amande dégagée de sa coquille.
Les plantations augmentent chaque année dans la région de plaines et de collines du Centre et de l'Ouest.
En Touraine, on se réunit le soir pour éplucher les Noix en commun et les livrer à l'huilerie. Un décalitre de fruit rend un litre d'huile. L'usine garde le marc « tourné » en paiement.
Les Noyers à végétation tardive échappent aux gelées printanières, et conviennent aux situations exposées aux brouillards et aux froids.
La nomenclature des variétés se concentre sur les types que l'on reproduira par la greffe, le semis donnant des résultats incertains. Noix Commune. Noix Chaberte, pour huile.
— à Gros fruit. — Franquette, dessert.
— à Coque tendre. — Mayette, coque demi-dure.
— de la Saint- Jean. — Parisienne, coque fine. Les variétés de la Saint- Jean, Chaberte, Mayette sont à végétation
ou à floraison tardive.
Olivier. — L'Olive est un fruit comestible ou industriel ; l'arbre qui la porte occupe une région spéciale, déterminée par douze départements principaux.
Nous les inscrivons ici, avec les détails de la récolte de 1892 :
Var 292.750 quintaux. 5.270.000 francs.
Bouches-du-Rhône 282.000 — 6.85o.ooo —
Alpes-Maritimes 204.060 — /}.o8i.ooo —
Haute-Garonne 164. 25o — 2.733.o5o —
Hérault 78 .070 — 1 . 709 . 770 —
Vaucluse 60 . 710 — 2 . 092 . 44° —
Aude 45 • i3o — 902 . 56o —
Drôme 35.370 — 1. 061. 100 —
Corse 18 . 000 — 400 • °°° —
Basses-Alpes 17.800 — 4I^.ooo —
Pyrénées-Orientales n.55o — 240.480 —
Ardèche 5 . 730 — 161 .000 —
La récolte totale de 1892 a dépassé 1,221,000 quintaux dont la valeur a atteint vingt-six millions de francs.
Les Olives de Vaucluse sont estimées au prix supérieur de 34 francs le quintal ; celles de l' Ardèche et de la Drôme suivent de près.
Sa docilité au recepage des vieilles branches et au greffage de ses rejets ont fait surnommer l'Olivier « l'arbre perpétuel ».
Oranger. — Refoulé dans notre extrême Sud-Est, l'Oranger se concentre sur les côtes provençales, non loin de la mer bleue où il fructifie raisonnablement. Le climat de la Corse lui est salutaire, ainsi qu'aux autres genres de la famille dorée des Hespérides. Les fruits sont généralement dirigés sur Marseille.
Le Citronnier préfère les baies abritées, où le calme atmosphérique facilite la fécondation de la fleur et la mise au point du fruit.
Le Mandarinier, greffé, s'est répandu dans la campagne de Nice et de Cannes ; son fruit est dirigé vers le Nord, par caissettes plates. En 1893, la caisse de 25 Mandarines se vendait de 2 à 4 francs, aux Halles, et les Oranges de 20 à 25 francs la caisse de 200 fruits.
Le Bigaradier alimente avec ses fruits le sirop d'écorees d'Oranges amères, et, avec ses corolles embaumées, les bouquets et les extraits de fleurs d'Oranger de Nice, de Grasse et de Valory.
Plus intimement relié à la culture industrielle, le Cédratier s'est installé dans l'île de Corse, où il produit pour trois millions de francs de fruits livrés à la confiserie. Pendant cinq ans, une usine corse a confit au sucre un million de kilogrammes de Cédrats. La Hollande en absorbe les deux tiers. Quant au Cédrat vert, il est conservé dans une saumure et expédié sur le continent, vers l'Allemagne et l'Italie.
Un rapport officiel constate qu'un hectare planté de 200 Cédratiers produit, en Corse, de 6,000 à 8,000 kilogr. de fruits, et donne un revenu net de 1,200 à i,5oo francs. Le fruit pèse de un à deux kilogrammes.
En 1892,1e département des Alpes-Maritimes a produit 35,3oo quintaux d'Oranges, évaluées à 706,000 francs, et 55, 000 quintaux de Citrons, estimés à i,65o,ooo francs; tandis que la Corse a récolté 2,000 quintaux d'Oranges d'une valeur totale de 80,000 francs, 960 quintaux de Citrons valant 57,600 francs, et 25, 000 quintaux de Cédrats, représentant une valeur de 5oo,ooo francs.
Pêcher. — En plein air ou à l'espalier, le Pêcher est l'objet d'entreprises profitables.
La région du vignoble est, pour ainsi dire, l'aire climatérique de sa culture en plein vent. Partout ailleurs, l'abri direct d'une construction est nécessaire à son existence normale et à sa fructification.
La culture libre a rencontré des types fertiles, donnant de bons fruits et reproduisant leurs caractères par le semis des noyaux.
La petite Pêche de Bourgogne à chair blanche, rose ou abricotée, réunit ces conditions. La Pêche de Tullins, répandue dans le Dauphiné et le Lyonnais, est plus grosse ; elle a sa marque au marché.
Les Pavie et Alberge de la Provence, du Béarn, du Languedoc, du Médoc ; le Mirlicoton, duPérigord; les Piquerol et Saint-Jacques, qui se comptent par 100,000 sujets dans les Pyrénées-Orientales, produisant un revenu de i5o,ooo francs; la Brunet, des Basses-Alpes; la Niçarde, du pays Niçois, etc.; toutes ces Pêches à chair jaune, plus ou moins adhérente au noyau, ont trouvé de sérieuses concurrentes dans les nouvelles venues, dérivées de l'Amsden ou de l'Alexander (sauf synonymie), à maturité précoce, à pulpe blanche et libre, qui réussissent à tout vent, l'arbre étant de pied franc ou greffé.
Déjà la Madeleine hâtive se propageait dans le Sud-Est, pour la consommation et le commerce, refoulant la Pavie et l' Alberge vers l'usine aux conserves ; son arrivée au marché fait suite aux précoces américaines déjà disparues ou à peu près,
En 1893, le domaine de la Décapris, Prime d'honneur du Var, livrait à la gare d'Hyères i5o,ooo kilogr. de Pèches Amsden, — jusqu'à 3,ooo kilogr. par jour, au mois de juin.
Dans cette propriété, nous avons constaté que le Pêcher, à l'âge de seize ans, fournit une moyenne annuelle de 80 kilogr. de fruits. Planté en ligne, il abrite des carreaux de Fraisiers, de Violettes ou de petites plantes bulbeuses.
Lorsqu'on parle de la Pêche d'espalier, le nom de Montreuil se présente à l'esprit. Cette bourgade mérite en effet sa vieille réputation. On y compte 3oo hectares de clos entrecoupés de murs garnis de Pêchers, parfois accompagnés de Vignes et de Poiriers. En 189,3, on constate 400 arboriculteurs dans la population.
Les six cent mille mètres de murs d'espaliers peuvent donner douze millions de Pêches. Le produit des enclos est évalué à 3,5oo francs par hectare.
Aux 3oo hectares de Montreuil, il convient d'ajouter les 70, de Bagnolet; les 40, de Fontenay-sous-Bois ; les 20, de Rosny; les i5, de Romainville; enfin, les i45, des autres communes de la banlieue. Ces 5oo hectares alimentent Paris, pendant dix à douze semaines, de vingt-cinq millions de Pêches.
On débute fin juin, avec les Pêches hâtives Amsden ou Alexander, Brigg's May et similaires, pour terminer au commencement d'octobre avec les tardives Bonouvrier, Baltet, Salway.
Le fruit premier choix est dirigé vers les halles centrales ; le second choix passe à la bassine des confitureries.
Près de Lyon, Ecully et Oullins ont aussi de superbes espaliers de Pêchers, bien dirigés et lucratifs par leur fructification.
La taille et l'entretien du Pêcher ont fait l'objet de nombreuses conférences et d'intéressants ouvrages par nos arboriculteurs.
Sur plusieurs points de la France, où l'espalier est en vigueur, le beau fruit est emballé par caissettes et dirigé vers l'Angleterre et d'autres Etats qui en sont privés.
La Pêche non duveteuse, Nectarine ou Brugnon, mieux appréciée, est aussi l'objet de cultures et de commerce.
La culture forcée du Pêcher s'exerce sur des sujets plantés en serre, ou mis en pot et tenus sous verre. Le chauffage vient exciter la végétation et faire mûrir le fruit avant la saison normale.
Les établissements commerciaux et les forceries d'amateurs accordent la préférence aux variétés: Amsden june, Hale's Early, Mignonne à bec, Grosse Mignonne hâtive, Grosse Mignonne tardive, Galande, Belle impériale, les Nectarines Précoce de Groncels et Lord Napicr. Elles ont fait leurs preuves chez les primeuristes.
Dans certaines contrées viticoles où le Pêcher de plein vent foisonne, le petit fruit est distillé.
Nous recommandons les variétés suivantes, classées dans leur ordre de maturité :
Pèches hâtives : Pèches tardives :
Amsden's June (et similaires). Nivette.
Brigg's May. Blondeau.
Hale's Early. Bourdine.
Grosse Mignonne hâtive. Bonouvrier.
Grawford's Early. Princesse de Galles.
Baron Dufour. Lady Palmerston.
Pêches de demi-saison : Baltet.
Galande. Salway.
Grosse Mignonne. Nectarines et Brugnons :
Madeleine rouge. Précoce de Groncels.
De Malte. Lord Napier.
Admirable. Galopin,
Alexis Lepère. Grosse Violette.
Belle Beausse. Jaune de Padoue.
Reine des Vergers. Victoria.
De cette nomenclature, l'amateur de Pêches en plein vent peut extraire les Pêchers Amsden, Hale's Early, Grawford's Early, Grosse Mignonne, Madeleine, de Malte, Alexis Lepère, Reine des Vergers, Bonouvrier, Baltet ; les Nectarines Précoce de Groncels, Lord Napier. Leur succès au verger est certain.
Plaqueminier. — Jusqu'alors cet arbre était plutôt considéré comme étant un arbre d'ornement, quoique le fruit du Plaqueminier de Virginie et du type généreux* Couronné^ fût quelquefois livré à la consommation, sans cependant être encore admis au marché.
Depuis quinze ou vingt ans, l'espèce japonaise a fait son entrée en France et s'est acclimatée dans le midi. Sa baie, ayant la grosseur et l'aspect d'une Mandarine ou d'une Tomate, produit un bel effet sur l'arbre au moment de la chute des feuilles.
Sous le nom de « Kaki », la Plaquemine est le fruit populaire dit Japon; il y est consommé, lors de son blettissement; certaines espèce^ sont soumises au séchage, comme nos Dattes et nos Prunes; d'autres à chair plus astringente ont leur rôle dans l'industrie, à la façon de nos fruits à cidre.
Déjà, de Nice à Montpellier, la Plaquemine japonaise est admise chez le marchand de comestibles, et des caissettes la transportent à Paris, à Londres, à Saint-Pétersbourg.
Les variétés d'avenir de la Plaquemine du Japon semblant être :
A côtes. Guibochi. Yakoumi.
de Kœmpfer Hatchiya, hâtif. Yama-Yemon.
De Mazel. Tsourou. Zenzi, tardif.
D'autres variétés japonaises ou nées en France sont à l'étude.
Poirier. — Par sa maturité successive, par son aspect agréable et la variété de son goût, la Poire offrira toujours un attrait au cultivateur, au commerçant et à l'amateur de fruits.
On peut dire que la Poire est un fruit éminemment français, tout en respectant les bonnes sortes nées en Europe et aux Etats-Unis.
Le grand commerce a restreint la nomenclature des variétés.
Au nord de Paris, la vallée de Montmorency, y compris Grolay, Dormans, Saint-Brice, Montmagny a dû se limiter aux Williams, Beurré d'Amanlis, Doyenné de Mérode, fruits d'été, aux Louise- Bonne, Duchesse d'Angoulême, Beurré Diel, d'automne.
L'exportation en absorbe i3o,ooo kilogr., au prix de 25 à 5o francs les cent kilogr. La récolte est évaluée à i2,5oo kilogr. à l'hectare.
Ces mêmes variétés, répétées dans les cantons de Limours, d'Arpajon, d'Argenteuil et de Marly, nous les retrouvons à Nantes, qui expédie jusqu'à i5o,ooo caisses de 10 kilogr.; à Angers, qui emballe 100,000 caisses de 5o poires chacune, destinées un quart à Paris, le reste à l'Angleterre.
La Duchesse d'Angoulême prend, dans son pays natal, une peau dorée, une saveur sucrée. En gros, elle est vendue i5 francs les cent fruits. Les beaux spécimens sont dirigés vers l'Angleterre et la Russie; ils y atteignent le prix de deux shellings ou d'un rouble.
Les rives de la Loire donnent huit jours de hâtiveté aux Poires précoces, ce qui contribue à en majorer le prix. A Angers, un verger de deux hectares , tout Williams et Beurré Giffard , rapporte 10,000 francs; l'arbre, tenu en basse tige, est soumis à la taille.
Un verger [de l'Orne produit de 3oo,ooo à 400>000 fruits et encaisse, chaque année, de 20,000 à 3o,ooo francs. L'emballage pour Paris et l'extérieur se fait en paniers de 5o kilogr. garnis de balles d'avoine entre les fruits.
Aux portes de la capitale, un maraîcher de Ghambourcy récolte 100,000 Poires contre des murs, et des centaines de mille de Chouxfleurs sur ses terreaux. Ici, la belle Duchesse d'espalier est vendue o fr. 40 la pièce.
A cinquante kilomètres de Paris, une plantation de Duchesse et de Louise-Bonne rapporte i,5oo francs l'hectare, frais déduits de cueillette, d'emballage, de transport et de vente.
En Lorraine, an grand verger ou dans l'enclos de la ferme, le Beurré d'Angleterre peut donner, à vingt ans, i5o kilogr. de fruits vendus au bas mot i5 francs les cent kilogr. ; de sorte qu'un hectare produirait plus de 2,000 francs, non compris une emblave fourragère fournissant 2,000 ou 3, 000 kilogr. de foin.
Si la spéculation s'exerce plutôt sur la poire d'automne, le fruit d'hiver n'est pas moins l'objet d'entreprises financières; mais sa conservation nécessite plus de frais.
L'amateur qui tient exclusivement sa consommation, sans vouloir faire commerce, choisira une maturation graduée de ses fruits et donnera une large place à la Poire tardive, qui mûrit à une époque où les fruits à noyau font défaut.
La culture à tout vent hésite à planter certains Poiriers d'hiver, parce que la chute du fruit provoque une meurtrissure qui nuit à sa conservation, à sa maturation régulière.
D'autre part, les pays chauds et les terrains secs, à végétation promptement terminée, ne facilitent pas le développement normal du fruit d'arrière-saison. Là, le négociant n'en plante point.
On voit nombre de murs consacrés aux Poires d'hiver ; par exemple, en Normandie, où l'on récolte de superbes Beurré d'Hardenpont, Crassane, Doyenné d'hiver, Bon-Chrétien. Elles sont mesurées à « l'anneau » ; celles qui sont de plus gros calibre iront en Russie.
Le Doyenné d'hiver, si recherché, réclame souvent des abris accessoires à l'espalier, dans l'intérêt de sa belle venue ; alors le beau fruit est facilement vendu un franc pièce, ou même mieux.
Les Poires à cuire ou à compote sont plutôt produites par des arbres en haute tige, alors plus généreux. Le fruit vient gros ou tombe, mais on a la ressource de l'utiliser immédiatement au four ou à la bassine.
Voici une nomenclature sélectionnée des meilleures Poires, depuis les plus précoces jusqu'aux plus tardives.
Fruits de table.
i° Poires d'été.
Doyenné de Juillet. Docteur Jules Guyot.
Citron des Carmes. Monsallard.
André Desportes. Beurré d'Amanlis.
Epargne. Madame Treyve.
Beurré GifFard. Souvenir du Congrès.
Favorite de Clapp. Beurré Lebrun.
Précoce de Trévoux. Doyenné de Mérode.
Williams, Triomphe de Vienne,
Marguerite Marillat.
Beurré Hardy.
— Dalbret.
Seigneur.
Beurré d'Angleterre.
Directeur Hardy.
Fondante des bois.
Beurré superfin.
Doyenné blanc.
— roux.
Louise-Bonne d'Avranches.
Urbaniste.
Pierre Tourasse.
Sucrée de Montluçon.
Beurré Capiaumont.
— gris doré.
Fondante Thirriot.
Marie-Louise Delecourt.
De Tongre ou Durondeau.
Doyenné du Comice.
— panaché.
Beurré Diel.
Curé.
Colmar Nélis.
Sœur Grégoire.
Passe Colmar.
Beurré Millet.
— d'Hardenpont. Le Lectier.
Beurré de Luc on.
Nouvelle Fulvie.
Besi de Chaumontel.
Royale Vendée.
Passe Crassane.
Olivier de Serres.
Saint-Germain.
2° Poires d'automne.
Alexandrine Douillard.
Beurré d'Apremont.
Colmar d'Arenberg.
Beurré Dumont.
Duchesse d'Angoulême.
— bronzée.
Beurré Clairgeau.
Soldat Laboureur.
Fondante du Panisel.
Crassane.
Antoine Delfosse.
Figue d'Alençon.
Madame Bonnefond.
Président Drouard.
Beurré Bachelier.
Président Mas.
Charles-Ernest.
Triomphe de Jodoigne.
Beurré Baltet père.
Zéphirin Grégoire.
Docteur Joubert.
d'hiver.
Marie-Benoist.
Beurré Rance.
— Sterckmans.
Joséphine de Malines.
Doyenné d'hiver.
— d'Alençon.
Duchesse de Bordeaux. Notaire Lepin.
Doyenné de Montjean.
Bergamote Hertrich.
Beurré Henri Courcelle.
Bergamote Sannier.
— Esperen.
Charles Cognée.
Bon-Chrétien d'hiver (espalier).
3° Poires
Fruits à confire ou à cuire.
i° Fruits a confire.
Blanquet. Rousselet de Reims.
Le Beurré d'Angleterre est recherché par la confîturerie parisienne.
2° Poires a cuire.
Certeau d'automne. Philippot.
Messire-Jean. Râteau gris.
Calouet. Gatillac.
Bon-Ghrétien d'Espagne. Sarrasin.
Martin sec. Belle Angevine.
A l'espalier, la Belle Angevine, fruit d'apparat, est plus grosse et mieux colorée, surtout avec un arbre greffé sur cognassier.
Poires à cidre. , — La Poire à cidre ou à poiré procure à la ferme privée de vin une boisson de famille qui peut être consommée pure ou mélangée au pommé, cidre de Pommes.
La Bretagne, la Normandie, le Maine, la Picardie et quelques sections de provinces continuent la plantation des Poiriers à cidre ou à alcool.
La Haute-Savoie a la Poire de Maude, dont l'arbre gigantesque peut produire jusqu'à dix hectolitres de cidre par arbre.
Le voisinage de Domfront est réputé pour ses Poiriers géants appartenant au solage de Rouge- Vigny. Les abords des forêts d'Ecouves et d'Andame ont des arbres énormes qui rendent de 6,000 à 10,000 litres de poiré.
Certaines masures du Bocage et du Passais sont flanquées de vergers d'un hectare, rapportant 3, 000 francs de poiré, en bonne année.
Le pays d'Auge choyé, pour la distillation, les Poiriers Hecto et Ognonnet, de première saison, Ivoie et Garisy, de demi-saison, suivies par les Grise et Grise de Loup, tardives.
Un grand nombre de variétés sont localisées dans un rayon restreint ; cependant nous recommandons les suivantes : De Garisi. De Girole. De Navet.
De Gerciaux. De Groixmare. De Souris.
De Chemin. D'Ognonnet. Saugier.
Combien de fois leur jus pétillant et corsé n'cst-il pas venu tonifier les vins faibles ou trahir nos fameux vins mousseux?
Pommier. — La Pomme est, certes, le fruit populaire à la ville, à la campagne, à la maison, au marché.
Le Pommier existe dans tous les départements français : au grand verger, arbre à tout vent; au jardin, coquettement dressé en candélabre, en vase, ramassé sous forme de buisson ou aligné par cordons parallèles au sol; et sur le bord des routes ou des chemins ruraux, à haute tige ; enfin en plantations pleines.
Le Pommier devient un arbre de première utilité dans les contrées où la Vigne ne peut ni étendre ses bras ni alimenter la cave de l'habitant,
Tous les départements, toutes les régions, plaines ou montagnes, ont suffisamment de preuves vivaces qui démontrent Futilité foncière ou commerciale du Pommier.
Ici, la fin des Gévennes se couronne de la Reinette du Vigan, alors que les Flandres possèdent des vergers du « Bon Pommier » qui rapportent jusqu'à 10,000 francs à leur exploitant, ou 1,000 francs nets à l'hectare. — Au Gâteau, un propriétaire récolte 3o,ooo kilogr. de cette variété riche en couleur, lente à se flétrir.
La Picardie a des plantations de fruits locaux, les Duret et Cateau, à Liancourt et à Noyon, types bien connus des pâtisseries.
Un village de 3oo âmes de cette région vend pour 100,000 francs (à 20 francs les 100 kilogr.) la récolte annuelle de ces deux variétés, tandis que la Haute-Vienne et la Creuse s'enrichissent avec la Pomme de l'Estre, bien courue sur les marchés.
A l'arrière-saison, la Sarthe et la Mayenne dirigent sur Paris des convois de Reinette dorée et de Pomme de Jaune. A cette même époque, les Pommiers de Ravaillard, de Jean Huré, de Châtaignier, de Gendre ville, de Faro..., qui entourent la capitale, arrivent par charretées à la foire aux Pommes, alors que les Court-Pendu et Belle-Fleur du Nord ont fini et que des centaines de wagons de Sainte-Menehould ont approvisionné les confitureries parisiennes.
La ville de Nantes exporte i5o,ooo caisses dites de soixante-quinze livres, sans compter les bateaux qu'elle charge concurremment avec Angers, Saumur, Orléans et autres cités riveraines de la Loire. Le fret débarque dans la grande ville par les canaux qui relient les deux fleuves, et se rend au marché du Mail, à Bercy-Paris.
La saison d'automne amène ainsi près de cent cinquante bateaux contenant chacun 3oo,ooo Pommes.
Faut-il citer encore les vergers de la Reinette du Canada, qui ont un traité conclu avec les sucreries et confitureries de Rouen ? Et les plantations analogues des vallées de la Limagne et de la Veyre, du Puy-de-Dôme, des cantons d'Ambert, d'Ariane, d'Issoire, de Saint- Dier, de Montaigne... pourvoieront l'usine d'Auvergne, ou chargeront à Clermont, Riom, Aigueperse, Saint- Amand-Tallende, Pont-du- Château, à destination de Paris.
La belle Pomme de Reinette, de Calville, d'Api, d'Empereur Alexandre est cueillie en basse-tige, dans les jardins de Montreuil, Rosny, Bagnolet, Grolay, Maurecourt, Chambourcy..., si nous restons dans le rayon de Paris.
Echelonnons encore les Pommes dans leur ordre de maturité ; ce sont d'abord les fruits de dessert et de cuisine ;
Astracan rouge.
Rose de Bohême.
Saint-Germain.
Lord Suffield.
Gellini.
De Gravenstein.
Reinette Burchardt.
Empereur Alexandre.
i° Pommes d'été.
Borovitski ou Gharlamowsky.
Transparente de Groncels, Rambour d'été.
2° Pommes d'automne.
Peasgood's Nonsuch.
Hawthornden.
Calville de Saint-Sauveur.
Reinette grise d'automne.
Belle Dubois.
Reine des Reinettes.
Doux d'Argent.
Belle-Fleur rouge.
— — jaune.
Bedforshire Foundling.
Royale d'Angleterre.
Blenheim Orange.
Reinette de Guzy.
Parker Pippin.
Ribston Pippin.
Calville rouge d'hiver.
Reinette du Canada.
— Baumann.
De Châtaignier.
3° Pommes d'hiver.
Reinette dorée (variétés).
— grise — Fenouillet.
Court-Pendu.
Baldwin.
Reinette franche.
London Pippin ou Calville du Roi.
Calville blanc.
Api rose.
Sturmer Pippin.
Reinette de Caux.
— plate de Champagne.
Bonne de Mai.
Reinette tardive.
Les amateurs de jolis desserts en Pommes colorées, de moyenne grosseur, choisiront Ananas, rouge ; Reinette Ananas, jaune doré ; Transparente de Zurich, blanc d'ivoire.
Les variétés plus hâtives, Mr. Gladstone, à 1'épiderme violet, et la Transparente blanche sont assez lucratives à la vente.
A côté d'Empereur Alexandre, Peasgood's Nonsuch et Belle Dubois précitées, on peut recommander encore les Pommes Ménagère, Warner's King et De Cantorbéry aux amateurs de gros fruits.
Avec le genre Pommier, les variétés sont innombrables. Il en est qui, déjà, sont employées au séchage de fruits entiers ou par quartiers, et à la fabrication de pâte de pommes. Tel est le cas des Pommes Roquet, Locard, Bonne-Ente, Rosat, Court-Pendu, employées concurremment avec les Poires Lardi et Papereine, originaires de la Picardie, et les Poires Fusée et Selecque, de la Normandie, par les confitureries d'Abbeville et des environs ; ces établissements en manipulent et triturent des millions de kilogrammes dans l'année.
La ville du Mans est réputée pour ses Pommes et ses Poires séchées, tapées ou confites.
Pommes à cidre. — La nomenclature pomologique est plus diffuse encore avec l'Arbre à Cidre. Cependant les Congrès spéciaux sont parvenus à étudier les espèces principales, à les analyser, afin de pouvoir recommander les variétés plus riches en matières sucrées ou amères, et d'une densité telle que le brassin contienne les éléments d'une boisson généreuse, agréable au goût et de bonne conservation.
En général, le cidre de « conserve » s'obtient par le mélange d'un tiers de fruits doux avec deux tiers de fruits amers. Si l'on renverse les proportions, il en résulte le cidre de « ménage ».
La récolte de 1892 se chiffre par seize millions de quintaux de Pommes évalués cent sept millions de francs, à raison du prix moyen de 6 fr. 70 le quintal. Soixante-six départements en produisent ; mais cinquante-six seulement ont récolté au delà de 1,000 quintaux.
Voici le relevé officiel des départements les mieux favorisés qui ont fait, en 1892, une récolte dont la valeur, pour chacun, dépasse un million de francs.
Il est à supposer que la Poire à poiré est comprise dans ces évaluations. Elle est tenue, d'ailleurs, en minorité.
Ille-et- Vilaine 3.470.000 quintaux. 18.391 .000 francs.
Seine-Inférieure 2.219.525 — 10.404. i32 —
Manche 1.769.441 — 12.686.892 —
Eure 1 . 323 . 472 — 9 . 555 . 469 —
Orne 1. 155.469 — 9.590.393 —
Calvados 902 . 5oo — 6 . 768 . 750 —
Mayenne 525. 2i5 — 2.626.075 —
Haute-Savoie 519. 534 — 3.375.671 —
Oise 483.734 — 2.827.520 —
Loire-Inférieure......... 36o.ooo — 2.520.000 —
Somme 346.407 — 2. 188. 353 —
Eure-et-Loir 319.600 — 2.35o.36o —
Morbihan 291 . 356 — 3 . 496 .272 —
Sarthe 263.519 — 1.950.040 —
Finistère 224.843 — 2.529.484 —
Seine-et-Marne i5i.535 — i.5i5.35o —
Aisne . ... 97.123 — 1.758.897 —
Le département des Côtes-du-Nord vient ensuite avec 900,000 francs. Les stations côtières et celles de la Manche ont des Pommiers qui résistent aux vents de mer, par exemple Dur Ecu et de Toro. L'île de Ré plante, en circonstances analogues, Etienne Pioux et Savarot,
Lille -et- Vilaine , plus riche que les autres, fournit jusqu'à 2,5oo,ooo hectolitres de cidre et expédie, par les ports de Saint-Malo, Saint-Servan et le Vivier-sur-Mer, plus de 5o,ooo tonnes de fruits dont la valeur dépasse quatre millions de francs.
Partout, la qualité de la boisson s'améliore, les planteurs ayant observé les conseils des Sociétés et des Congrès qui recommandent les variétés supérieures, telles que les suivantes :
i° Pommes a cidre de première saison. Blanc-Mollet. Vagnon-Legrand.
Docteur Blanche. Reine des hâtives.
Petit Jaunet. Saint-Laurent.
2° Pommes a cidre de deuxième saison. Amère-de-Berthecourt. La Généreuse.
Amer-Doux. Martin-Fessard.
Argile grise. Médaille d'Or.
Barbarie. Rouge-Bruyère.
De Gat. Paradis.
Fréquin rouge. Reine des Pommes.
Godard. Rouge-Mollet.
Gros Muscadet. Vice-président Héron.
3° Pommes a cidre de troisième saison. Bédan Saint-Hilaire. Grise Dieppois.
Binet blanc. Hauchecorne.
— rouge. Marabot.
Bramtot. Marin-Onfroy.
De Boutteville. Or-Milcent.
De Filasse. Peau-de-Vache (nouvelle).
Fréquin- Audièvre. Rouge Avenel.
Galopin. Rouge de Trêves.
Groseiller. Rousse Latour.
Nous avons donné le chiffre officiel de la récolte en pommes de 1892, d'après le Ministère de l'Agriculture. L'Administration des Finances, de son côté, déclare que le Cidre de cette même année est évalué à i5, 141,000 hectolitres. Mais nous ne devons pas ignorer deux faits capitaux : l'on met sous le pressoir des fruits de provenance étrangère et, d'autre part, certaines Pommes à cidre ou « à deux fins » sont livrées à la consommation.
Cependant, il est reconnu qu'une plantation de cinquante Pommiers peut produire 3, 000 kilogr. de fruits qui, pressurés, rempliront douze barriques de Cidre, de 225 litres chacune, soit une pièce pour 25o kilogr. de Pommes.
Or, un hectare peut contenir cent arbres, sans nuire aux herbages.
Prunier. — Le Prunier est dispersé sur toute l'étendue du territoire. Son fruit est consommé frais ou se transforme en confitures, pâtisseries, confiseries, ou se soumet au séchage, ou se conserve en bocal, ou même se distille à l'alambic.
De là, la popularité des Prunes et du Prunier.
La Reine-Claude est la variété la plus répandue. Combien de villages, en Brie, en Bourgogne, en Champagne, en Lorraine, en Picardie, dans l'Anjou, la Touraine, le Bordelais, le Roussillon, le Languedoc, la Provence, le Dauphiné, le Lyonnais, et la banlieue de Paris, qui perçoivent de 5o,ooo à i5o,ooo francs de Reine-Claude?
Les vallées de la Seine, de la Loire, du Rhône, de la Garonne sont favorables aux plantations de ce genre, en plaine, en coteau, par massifs ou disséminées dans le vignoble.
Nous pourrions citer des vergers dont la récolte a été vendue sur pied 5o, 60, 80 francs par arbre.
Le prix du beau fruit est majoré par les confiseries, et celui du fruit précoce l'est par la consommation directe.
Les tenanciers des jardins côtiers abritent leurs légumes des raffales marines par des lignes de Pruniers, en partie de la Reine-Claude ou de la Victoria, destinées aux enfants d'Albion.
Si Paris reçoit 2,5oo,ooo kilogr. de la Reine-Claude, il entre en même temps i,5oo,ooo kilogr. de la Mirabelle, non moins précieuse.
Cette excellente petite Prune jaune ambrée a établi son quartier général en Lorraine, particulièrement aux environs de Saint-Mihiel et de Verdun, entre Apremont et Damvilliers, sur le versant Est des Argonnes orientales, chaîne de collines qui sépare le bassin de la Meuse du bassin de la Moselle.
Les villages qui bénéficient de cette exploitation sont ceux de Woinville, de Buxières, de Heudicourt, de Saint-Maurice, du Thillot, de Haudimont, de Châtillon-sous-les-Côtes... enfin de toute la zone viticole parallèle au cours de la Meuse.
Le Mirabellier y réussit admirablement en vergers purs, en présvergers, associé à l'arbre à fruits à pépins, ou répandu dans les vignes du pays des Trois-Évêchés. Là, notre Prunier produit, — sur le pied de i5 francs le quintal de fruits : 1 franc à l'âge de 6 ans; 8 francs à l'âge de 12 ans; 12 francs à l'âge 16 ans; i5 francs à l'âge de 20 ans, et au delà.
« Établissons notre calcul de rendement, écrit un honorable agronome de Saint-Mihiel, au Traité de la Culture fruitière commerciale et bourgeoise ; à dix ans, un Mirabellier produit annuellement et en moyenne soixante kilogrammes de fruits. Entre vingt et quarante ans, il produira facilement un quintal de fruits. Or, avec un hectare
de terrain renfermant denx cents sujets, espacés de sept mètres, on obtient, à dix ans, cent vingt quintaux, et de vingt à quarante ans, deux cents quintaux métriques de Mirabelles. Ces fruits, vendus au prix moyen de quinze francs le quintal, donneront un total annuel de dix-huit cents francs, dès l'âge de dix ans, et de trois mille francs dans la période de vingt à quarante ans.
« Il faut, à la vérité, faire entrer en ligne de compte les pertes de récolte occasionnées par les intempéries.
« D'un autre côté, on ne doit pas oublier que le prix de quinze francs le quintal est un minimum souvent dépassé.
« En admettant que les frais d'installation, c'est-à-dire d'achat et de plantation de deux cents Pruniers par hectare, se soient élevés à mille francs, en admettant encore que les intempéries diminuent le revenu annuel d'un tiers, il n'en est pas moins vrai que, dans nos localités, un seul hectare de Mirabelliers en verger peut donner, avec moins de main-d'œuvre, plus de bénéfices nets que dix hectares de blé semé dans les champs voisins, et médiocrement fumé... »
La vente se fait directement aux courtiers qui viennent, sur place, faire annoncer, au son du tambour, le prix offert.
« Le moment psychologique du pesage des fruits est bien intéressant. Les villageoises qui, en Lorraine, tiennent parfois la bourse, assistent à la pesée et couvent la balance des yeux, pour ne pas laisser à l'acquéreur la velléité de se faire trop bonne mesure. Que de récriminations et combien d'histoires auprès de la balance-bascule ! — réédition plus ou moins amplifiée des causeries du lavoir ou de la veillée...
« Notez que le personnel féminin est assez nombreux et se renouvelle dans « l'enceinte du pesage », les plus gros propriétaires du pays n'ayant guère plus de cent pieds d'arbres en Mirabelle.
« Le transport à la gare se fait au moyen de chars à quatre roues, attelés de un, deux ou trois chevaux, et munis de leurs brancards à foin.
« Les principales gares expéditrices sont celles de Lérouville, ligne de Bar-le-Duc à Nancy, et Eix-Abaucourt, ligne de Verdun à Metz...
« Somme toute, ajoute M. Louis Hast, le paysan s'enrichit et agrandit son patrimoine ; car nos caisses d'épargne comptent d'autant plus de déposants que le village comporte davantage de vergers ou de prairies. »
L'espèce cultivée, de pied franc ou greffé, est la Petite Mirabelle, dite de Metz, la plus recherchée pour les conserves, la pâtisserie, la confiserie ; puis la Grosse Mirabelle, dite de Nancy, également bonne en conserves ou en pruneaux.
Mais la confection des Pruneaux a des types spéciaux ; d'abord la Quetsche, du Nord-Est, vulgaire de l'autre côté du Rhin, à ce point que l'arbre est admis sur les chemins ruraux et les places publiques.
La Prune de Sainte-Catherine, élément des « Pruneaux de Tours », de l'arrondissement de Chinon. Les propriétaires ont jusqu'à dix ou quinze fours ; ils cuisent eux-mêmes la Prune et savent illustrer le Pruneau de la « fleur », le comble de l'art.
Les Prunes Perdrigon blanc ou violet des vallées de la Bléone et de l'Asse, du Var et des Basses-Alpes. On obtient les Pruneaux dits Brignole et Pistole, en faisant sécher la Prune au soleil, celle-ci pelée et désossée préalablement. Trois ou quatre kilogrammes de Prunes rendent un kilogramme de Pruneaux fleuris.
Le Prunier Commun, dit d'Albi ou de Saint- Antoine, drageonne et pullule sur le bord des chemins ou sur les terrains abandonnés du Lot, de l'Aveyron, du Tarn, du Tarn-et-Garonne, même dans l'arrondissement d'Agen. Le fruit frais, à peine violacé, est envoyé à Londres, au prix de 20 à 25 francs les 100 kilogr. L'ensemble des Pruneaux réalisés dans cette région cube 70,000 quintaux métriques, avec cette seule espèce, qui sera dirigée vers l'Allemagne, la Turquie, la Bosnie, centre d'un trafic important.
Nous sommes dans la région de la Prune d'Enté, matière première du Pruneau d'Agen. Commencée vers 1750, à Clairac, cette culture a pris une extension considérable, d'abord sur les terrains légers, sablonneux ou argilo-calcaires du bassin du Lot, et sur les coteaux qui bordent la Garonne, à Villeneuve-d'Agen, Castelmoron, Clairac, Monclar, Le Temple, Sainte-Livrade, Aiguillon, Tonneins, Castellar. Les arrondissements de Marmande, d'Agen, de Villeneuve-sur- Lot sont les plus riches en Pruniers d'Enté.
Les arbres sont plantés en lignes, bordées de treilles de Vigne et séparées par des « joualles » de céréales ou de plantes fourragères. La culture doit respecter la racine des arbres.
Il paraît qu'un hectare de terre à Blé, estimé 3, 000 francs, rapporte un tiers en plus s'il est complanté de Pruniers en lignes.
Un hectare de Pruniers à trois mètres d'intervalle, peut produire 3,ooo kilogr. de Prunes, qui fourniront 800 kilogr. de Pruneaux, vendus 54 francs les 5o kilogrammes, en moyenne.
Le rendement est évalué sur cette base : Cent arbres d'un verger rapportent cinq quintaux métriques de Pruneaux.
Un Prunier acquiert sa force de production à l'âge de i5 à 20 ans et rapporte jusqu'à 60 kilogr. de fruits frais. Bien entretenu, sa belle fructification peut durer pendant cinquante années»
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En général, 100 kilogr. de Prunes fraîches fournissent, au séchage, 25 kilogr. de Pruneaux, dont 1/4 de premier choix, 1/4 de second, le surplus en ordinaire et 1/20 en rebut.
Le propriétaire exploitant a des étuves, des fours ou des séchoirs ; il confectionne le Pruneau et le livre en boîtes, d'après un classement en 8 ou 10 catégories, depuis le « Fretin » qui jauge 260 à 280 fruits au kilogramme, jusqu'à 1' « Extra » où 60 à 70 Pruneaux suffisent au kilogr. Celui-ci est coté cinq fois plus cher que l'autre
Des cultivateurs qui pratiquent le confisage du fruit retirent jusqu'à 10,000 francs de leurs pruneraies.
Les maisons de commerce qui centralisent la marchandise se sont multipliées. L'une d'elles, à Cassaneuil, expédie pour quatre millions de francs de Pruneaux par an.
Il paraît que le mouvement d'affaires occasionné par le Pruneau d'Enté ou Robe de Sergent, nécessite un roulement de fonds qui dépasse vingt millions de francs.
De semblables résultats ne pouvaient laisser indifférents les départements voisins de la riante vallée du Lot, depuis Aiguillon jusqu'à Fumel et Gastelmoron. Le Prunier d'Agen a gagné la Gironde, par le canton de Montségur, et la Dordogne, par Montpazier, Monpont, Eymet, où il a fait oublier aux propriétaires et aux métayers l'affaiblissement du Vignoble.
Et le fertile canton de Moissac, de Tarn-et-Garonne, a ajouté le Prunier d'Agen à ses vergers d'Abricotiers, de Cerisiers, de Pommiers. Le fruit préparé atteint le prix de cent francs les 100 kilogrammes.
En parcourant la France, on rencontre de vastes plantations de Pruniers, pour l'approvisionnement des marchés, des confitureries, pâtisseries et distilleries. Aux portes de la capitale, le plateau d'Avron est sillonné de Pruniers de Bry ; le rayon de Meaux a les diverses Reine-Claude qui, d'ailleurs, existent un peu partout. Et la vallée de Montmorency, et les territoires d'Argenteuil, de Conflans, de Juziers, de Meudon, de Marly, de Louveciennes, de Bougival... envoient aux Halles des voitures de Reine-Claude, de Mirabelle, de Monsieur, de Damas, de Quetsche, etc. En 1892, la criée les paie de 5o fr. à 100 francs les 100 kilogr.; c'est un beau revenu.
La récolte de 1892, en Prunes, a produit les chiffres ci-après, jusqu'à concurrence d'une évaluation de 60,000 francs par département.
La différence des évaluations est assez sensible. On sait qu'en matière de statistique, cela dépend un peu du rédacteur ; mais le motif principal tient à l'emploi du fruit et à l'importance du commerce qui en résulte.
Quintaux. Valeur totale. Prix du quintal.
Lot-et-Garonne no.ooo quintaux. 6.160.000 francs. 56 fr.
Tarn-et-Garonne 22.808 — 866.704 — 38 »
Meurthe-et-Moselle... 17.522 — 367.922 — 21 »
Gironde i2.33i — 445.860 — 36 i5
Deux-Sèvres 12.000 — 240.000 — 20 »
Vosges 9.855 — 154.918 — i5 72
Bouches-du-Rhône . . . 7.385 — 258.475 — 35 »
Seine-et-Oise 6.5i5 — 97725 — i5 »
Marne 6.5oo — i3o.ooo — 20 »
Vienne 6.494 — 194.820 — 3o »
Ain 6 . 272 — 75 . 264 — 12 »
Seine-Inférieure 6.200 — 78.077 — 12 58
Tarn 5. 418 — 235.683 — 43 5o
Ardèche 4-5°° — 90.000 — 20 »
Rhône 4-38i — 69.412 — 1595
Aisne 3.676 — 67.565 — 18 38
Hérault 2.810 — 85.669 — 3o 48
Seine-et-Marne 2.8o5 — 56. 100 — 20 »
Seine 2 . 724 — i65 . 640 — 60 81
Lot 2 . 220 — 64 . 38o — 29 »
Le Puy-de-Dôme, la Loire-Inférieure, la Haute-Saône, l'Eure, le Maine-et-Loire et l'Indre-et-Loire arrivent immédiatement après.
Au milieu d'une nomenclature quelque peu embrouillée par l'effet des semis faciles et irréguliers du Prunier, nous pouvons recommander les meilleures Prunes, échelonnées dans leur ordre de maturité :
i° Prunes de dessert.
Jaune hâtive. Grosse Mirabelle.
Favorite hâtive. Damas violet.
Mirabelle précoce. De Kirke.
Précoce de Tours. Reine-Claude d'Althan.
Des Béjonnières. — diaphane.
Monsieur hâtif. — violette.
— jaune. Tardive musquée.
Reine-Claude dorée. Goe's Golden Drop.
Petite Mirabelle. Jaune tardive.
20 Prunes de séchage.
Quetsche d'Allemagne. Perdrigon blanc ou violet.
Sainte-Catherine. Quetsche d'Italie.
D'Agen. Reine-Claude de Bavay.
Cette dernière, Reine-Claude de Bavay, est également bonne en conserves et en pâtisserie, comme la plupart de ses congénères.
Vigne. — Le Raisin, un des fruits les plus recherchés et les plus agréables au dessert, est admissible sur nos tables pendant tout l'hiver; aussi, le cep de Vigne s'est-il imposé au spéculateur qui ambitionne les fructueuses entreprises, sur une vaste échelle, et en même temps, au modeste citoyen qui désire agrémenter la façade de son habitation d'un peu de verdure cachant une grappe à cueillir.
Il n'est pas de Raisin de table plus répandu que le Chasselas doré, ni de plus lucratif pour l'exploitant.
Parcourez la banlieue des grandes villes, les villages, les jardins, les espaliers, la treille en plein air, partout le Chasselas tient le sceptre des Raisins de table.
Le Midi, reconstituant son vignoble par le greffage sur plant résistant au phylloxéra, a créé de cette façon des champs complets de Chasselas — et d'autres cépages — pour la vente du Raisin.
Or, la chaleur de la température et la nature du sol hâtent la maturité du fruit qui vient, aux Halles de Paris, devancer le Chasselas d'espalier, la fortune de plusieurs communes du Centre.
Avec la précocité, la beauté de la grappe est encore une cause de surélévation des prix. La preuve est fournie par les Chasselas de la Haute-Garonne, du Lot-et-Garonne, de la Gironde, du Gard, de l'Hérault, de Vaucluse, des Bouches-du-Rhône, du Var, de l'Isère, de la Drôme, du Lyonnais, de la Bourgogne ; ajoutons le Raisin du Tarn-et-Garonne, connu sous le nom de « Chasselas de Montauban»; celui de l'Ardèche, où les gares de Voulte et de Valence chargent des trains entiers du beau « Chasselas de Toulaud », destiné à l'Angleterre et à la Russie, où il est vendu un bon prix.
Bar-sur-Aube, Sancerre et Pouilly-sur-Loire récoltent, en' plein champ, du Chasselas pour la vente populaire à bon marché. Les transactions qui en résultent se chiffrent par un mouvement de fonds important.
A l'exception de la région Nord et de certaines plages, le Chasselas est dans tous les jardins, dans tous les enclos.
La fameuse Treille du Roi, à Fontainebleau, s'est répandue pal* boutures et provins à Thomery, à Veneux, By, Montfort, Champagne, Sablons, Moret et fournit, au carreau des Halles, deux millions de kilogr. de Raisins ambrés et succulents.
Le sol sablonneux de cette contrée s'échauffe facilement ; par la nature du sous-sol, il conserve sa fraîcheur à l'automne, et entretient la sève de la plante. Telle est la première cause du succès f ensuite l'orientation au nord-est, la situation sur un versant qui domine la Seine à l'abri des vents humides, le climat favorable, les murs d'espalier et surtout les soins de culture, de taille, d'entretien du
cep et du Raisin, pratiqués avec compétence. Depuis longtemps, la réputation du Chasselas de Thomery est faite sur les marchés français ou étrangers.
Thomery compte 125 hectares de jardins, couverts de 25o kilomètres de murs, ayant une hauteur moyenne de 2m 80. Chaque habitant a son clos, ses treilles et une chambre à raisins, pour sa table ou son commerce.
Un hectare, bien conduit, rapporte en moyenne de neuf à dix mille kilogrammes de Raisins, Chasselas doré, qui se traduisent par un bénéfice net de 2,000 à 2,5oo francs. La valeur foncière est portée à 80,000 francs l'hectare.
L'emballage se fait en petits paniers tapissés de fougère, ou en caissettes garnies de papier, et l'expédition a lieu par wagons de 2,000 paniers. Dans une saison, 600 wagons à la tare de 2,000 kilogr. de Raisins ont pris la route de Thomery à Paris.
A Conflans-Sainte-Honorine, où l'hectare de clos de Vignes est estimé 5o,ooo francs, on compte 6,000 mètres d'espaliers produisant 7,200 kilogr. de Chasselas, et 4,200 mètres de treilles à l'air libre dont le produit est vendu i,85o francs.
De Montreuil à Maurecourt, combien de ceps abrités ou libres qui envoient, dès le mois de septembre, des grappes de Chasselas ou de Morillon, à la criée des Halles et chez les négociants parisiens ?
A son tour, le vignoble de grande culture détache ses plus beaux et succulents Raisins en faveur des gourmets. Quel est le convive qui refuserait un bon Pineau de Bourgogne, un Gamai du Beaujolais mûr à point, ou l'Aramon du Languedoc, le Malbeck de Bordeaux, la Petite Malvoisie de l'Agenais, le Boudalès ou Cinsaut violet, les Panse et Muscat blanc du Midi, la Clairette et l'Olivette de Provence ? Un propriétaire de Meyreuil récolte pour 20,000 francs de ce dernier cépage. Que l'on apprécie l'ensemble !
Certes, plus d'une fois la vente du Raisin laissera relativement plus de bénéfices que la vinification.
Signalons encore deux plants exotiques qui se sont vite acclimatés par la vigueur du sarment et la précocité du fruit : le Lignan blanc, déjà vulgarisé au pied des Pyrénées, et en Corse, et à Côte-Rôtie ; le Portugais bleu, accaparé par les vignerons de l'Hérault et des départements voisins.
Quant aux localités qui ne peuvent jouir, en plein vent, des agré* ments de la treille de Vigne, des vineries sous verre se sont établies et le propriétaire peut ainsi se délecter, dans une annexe de l'habitation, de grappes de Raisins blancs ou noirs, parfaitement développées et mûres à point.
Le Potager de Versailles et d'opulentes demeures ont donné le signal, dans un but d'enseignement ou de satisfaction personnelle. Alors, la spéculation est venue, dans le Nord, l'Aisne, la Brie, l'Ouest, le Sud même, organiser des « vignobles vitrés » et fournir le Raisin à la consommation, faisant concurrence à l'Angleterre et surtout à la Belgique, celle-ci ayant l'avantage du matériel, du chauffage et du salaire à prix réduits.
Désormais, le marché français reçoit des caissettes de Raisins, et les marchés étrangers bénéficient du trop plein de notre production.
Le cépage Black Hamburgh ou Frankenthal a, pendant longtemps, occupé la serre à Vignes. Un praticien émérite, M. Bergman, directeur des Jardins de Ferrières-en-Brie, y ajouta les raisins noirs Black Alicante, West's Saint-Pierre, Lady Downe's Seedling, et les Raisins blancs Muscat d'Alexandrie, Royal Vineyard, Gradiska, Grosse Panse qui se soumettent à la culture sous verre et sans chauffage.
Un amateur passionné de la viticulture sous verre, après ses installations commerciales à Roubaix et à Bailleul, a pu constater que la première place appartenait au cépage Black Hamburgh, pour la production générale ; aux Black Alicante et Gros Golmar, pour la production d'hiver ; enfin aux Muscat d Alexandrie et Buckland Sweet Water, qui donnent satisfaction aux amateurs de Raisins blancs.
Notre Frankenthal réussit encore à la culture en pot, chauffée. Ge système admet également Madresfield Court, Gros Guillaume, Royal Muscadine, Royal Ascot, Duchess of Buccleugh, Muscat Champion, etc. Plusieurs cépages à gros fruits, délicats en plein air sous une latitude tempérée, ne résistent à la coulure de la grappe que par leur grefïage sur un plant vigoureux, ou par la fécondation artificielle d'un cépage prolifique, tel que le Black Hamburgh, opérée par la main de l'homme.
Les forceries de l'Aisne, à Quessy, établies en commandite et les grapperies vitrées de Thomery, Dammarie-les-Lys, La Chevrette, etc* possèdent de belles collections de Raisins de luxe.
Si le Chasselas est rarement admis dans la culture forcée de spéculation, il ofïre de grands avantages par sa production naturelle, à tout vent, à l'espalier ou sous une simple toiture vitrée, même dans la serre, et par la facile conservation du Raisin, la grappe étant déposée sur tablette, ou retenue à son sarment qui plonge dans une fiole remplie d'eau. De cette façon, après l'hiver, il peut encore lutter avec le Raisin de primeur.
Cependant le Chasselas n'est point déplacé à la forcerie ! Nous pourrions citer de superbes exemples dans les cultures bourgeoises, tenues par des jardiniers habiles.
OOO FRANGE
Voici dans l'ordre de maturité, les meilleurs Raisins de table :
Gamai de Juillet. Chasselas doré.
Précoce de Malingre. — rose.
"Morillon hâtif. — violet.
Précoce de Gourtillier. Pineau noir.
Madeleine royale. Muscat noir.
Portugais bleu. — blanc.
Lignan blanc. Boudalès.
Chasselas Coulard. Frankenthal.
Nous avons indiqué, plus haut, les cépages à préférer sous l'abri vitré de la serre, de la bâche ou de la vérandah.
La France possède encore une série d'arbres et d'arbrisseaux à fruits, directement ou indirectement comestibles, d'un bon rapport sous l'influence de leurs milieux d'existence:
L'Arbousier, grand arbrisseau ou petit arbre du midi, toujours vert, peut atteindre une hauteur de quatre mètres, en vingt années et, alors, produire 10 kilogrammes d'Arbouses que l'on expédie, en corbeilles d'un kilogramme, aux Halles ou à la confiturerie.
A dix ans, l'Azerolier, haut de quatre mètres, se couvre de fruits aigrelets blancs, jaunes ou rouges; environ 3o kilogr. par sujet.
Le Bibacier, au beau feuillage persistant, s'élève à cinq mètres et porte 5o à 80 kilogr. de Bibaces ou Nèfles du Japon, vendues sur le marché et aux confiseurs, dès le premier printemps.
Le Câprier, des sols rocheux, calcaires ou arides, fournit un kilogr. de boutons de Câpres par buisson. Il se cultive à Solliès-Toucas, Belgentier, Ollioules, Gémenos, Cuges et Roquevaire.
Grand arbre toujours vert décorant les terrains déclives, le Caroubier produit énormément de gousses de Caroubes, estimées pour la nourriture des chevaux et la distillerie.
Préférant un bon sol humifère, le Grenadier reste un petit arbre de jardin et de potager. Sa récolte peut être évaluée de cent à cent cinquante Grenades, au prix de 5 francs le cent.
De tempérament analogue, le Jujubier ne dépasse guère huit mètres de hauteur et rapporte de 80 à 100 kilogr. de Jujubes, qui, par la dessiccation, se réduisent au tiers de ce poids.
En sol calcaire et schisteux, non arrosable, le Pistachier femelle fécondé donne i5 kilogr. de Pistaches, soit 4 kilogr ■. de graines ou d'amandes destinées aux pâtisseries et aux confiseries.
Tous ces arbres sont de la région méditerranéenne.