‹ L'horticulture dans les cinq parties du monde;Chapitre 266 sur 331 · X. — Parcs publics ou privés · texte numérisé non relu

X. — Parcs publics ou privés

Des Parcs magnifiques créés en Russie, pour les membres des familles régnantes et pour la haute aristocratie, ont conservé leur caractère grandiose.

La finance, l'industrie, le commerce et le service de l'État ayant amené la fortune chez un bon nombre de privilégiés, des châteaux, des parcs et des villas en ont été la conséquence.

A leur tour, les municipalités suivaient le mouvement et procuraient à la population des lieux de plaisance et des motifs d'hygiène, au moyen de parcs publics, de promenades plantées et de jardins de verdure et de fleurs. Plusieurs administrations ont eu le bon goût d'aider à l'extension des jardins botaniques et d'études.

Nous citerons les grands parcs historiques ou jouissant d'une réputation méritée.

Tzarskoë-Sélo, propriété du Tzar, à 24 kilomètres de la capitale, route de Moscou ; commencé d'après le style rectiligne par le français Leblond, élève de Le Nôtre, restauré suivant les règles paysagères par Catherine-la-Grande, qui fit venir à cet effet, de 1775 à 1789, l'anglais John Bush.

Péterhof, dessiné en 1728 par Leblond, de Versailles, qui dut s'inspirer des conseils de Pierre-le-Grand. Là, dominant le golfe de Finlande, la vue s'étend jusqu'à la flotte de Gronstadt.

Pendant la courte saison des beaux jours, les parterres produisent un véritable éblouissement floral.

Strelna, du même auteur, achevé par le grand-duc Constantin,

qui est également propriétaire des domaines Orianda, en Crimée, et Znamenski.

Pawlowsk, au grand-duc Constantin, tracé sur les plans de Brown, remarquable par le choix des arbres et des arbustes qui composent les massifs, les groupes isolés, les boulingrins.

Oranienbaum , appartenant à la. grande - duchesse Hélène ; commencé en 1 724 par le prince Menschikoff.

S^rguiefskaïa, délicatement entretenu par la princesse Marie.

Au milieu de ses richesses végétales, la Tauride, jardin impérial créé en 1780 par le prince Potemkine, qui possède : un carré botanique d'enseignement ; un parc dendrologique et d'ornement; des potagers et des vergers pour la consommation ; des forceries destinées aux primeurs ; une orangerie, des serres, des bâches pour les cultures florales.

Le parterre est l'œuvre de William Gould, et la direction générale appartient à M. Sismeyer, depuis 40 ans, au moins.

D'énormes Lauriers noble ou d'Apollon, de superbes Palmiers et d'autres beaux végétaux méritent d'être cités.

Livadia, en Crimée ; parc de 3oo hectares, au bord de la mer, route de Yalta à Sébastopol, dessiné par Tascher qui, sur l'ordre du premier Consul, était allé étudier l'horticulture en Suisse ; il entreprit cette création pour le comte Potocki.

Le château fit ensuite partie des Apanages impériaux, et, avant de mourir, Alexandre II en fit don à l'impératrice Marie Alexandrovna*

Sophiewka appartient également au Tzar.

Aloupka, en Crimée, au prince Woronzoff;

Otrada, de 5oo hectares, au comte OrlofF-DavidofT, dont les dessins ont été fournis en 1869, par notre compatriote Edouard André.

Zgourouka (Poltava) de la Petite-Russie, où le prince Kotschoubey a su grouper de superbes collections végétales.

Au Caucase, près de Sukhum-Kalé, côte orientale de la mer Noire, le Jardin de Flore, créé par Wedenzki, ravissante villégiature du grand-duc Alexandre Michaïlovitch, où foisonnent, à l'air libre, Palmiers, Cocotiers, Cycas, Eucalyptus, Orangers, Camellias, Rhododendrons, Lauriers, Camphriers, Magnolias, Citronniers, Goyaviers, Dracénas, Cunninghamias, Araucarias, Bibaciers, etc.

Ce noble exemple a suscité de nombreux imitateurs.

Et les grands Domaines, les Parcs et les Villas de haut luxe, aux riches familles des Gagarine, des Bobrinsky, des Nesselrode, des Wiasemsky, des Dournowo, des Tatarinov....?

Les créations se multiplient par les héritages, et des jardiniers habiles suivent les inspirations des propriétaires en perfectionnant leur travail.

708 Russie

Les grands seigneurs n'hésitent pas à construire des parcs de plaisance et de repos, sobres de détails inutiles, plutôt à grandes lignes, s'adaptant ainsi aux longues saisons d'hiver. Les annexes sont consacrées aux forceries, vineries, bâches à primeurs, vergers

sous verre, orangeries, jardins d'hiver , avec des serres à

multiplication inondant de fleurs les parterres et les bosquets pendant toute la belle saison.

On peut dire que sous le ciel inconstant de la Russie, les conservatoires vitrés sont richement fournis de Palmiers et de Cocotiers, de Gycadées, de Fougères, de Broméliacées, d'Orchidées, de Camellias, d'Azalées , de Rhododendrons , de Gesnériacées , d' Aroïdées , de Bégonias, de toute la pléiade moderne des feuillages et des inflorescences rares, jusqu'aux Rosiers qui, par des soins particuliers, épanouissent leurs corolles plus amples que sous le climat de Paris.

Une visite aux Jardins publics nous conduirait loin, il nous suffira de nommer :

A Saint-Pétersbourg, le Jardin botanique, confié aux soins de M. Bataline, parfaitement distribué, où l'on retrouve les découvertes des explorateurs russes : Palias, Maximowicz, Regel, Kowalevky, Schrenk, Ruprecht, Borczow, Bunge, Maack, Schmidt, Semenow.

Le Parc Alexandre, paré, fleuri dans ses jours de fêtes, dès les premiers rayons de soleil, attirant une foule accourue de toutes parts, comme s'il s'agissait d'un pèlerinage traditionnel.

Les Iles de la Neva, séjour délicieux au printemps, encadré de villas coquettes ou pittoresques, rendez-vous, pendant deux mois, de tous les citadins avides des jouissances d'une campagne fleurie au lendemain d'un hiver boréal.

L'Ile Petrovsky et l'Ile Yelaguine, propriétés de la Tzarine, merveilleusement décorées de Pélargoniums, Pétunias, Verveines, Fuchsias, Capucines, Lis, Cannas, Œillets, Roses en fleurs.

Moscou est fière du Parc Alexandrowski, sur une surface de 2,5oo hectares, au bord de la Moskowa, qui entoure le palais du Tzar ; — le parterre de fleurs occupe 5,ooo mètres carrés.

Les Parcs Neskouschny, Astankine, Kuskovo, sont plantés avec goût.

Varsovie, Kiev, Odessa, Astrakhan, Riga, Kharkov, Tiflis — qui possède un Jardin botanique intéressant — et toutes les villes de qualité n'ont pas hésité à offrir à leur population des séjours agréables et de première utilité.

XL — Forêts.

La surface boisée, en Russie, constitue une superficie égale à trois fois le territoire entier de la France.

Vers l'extrême Nord, ce sont de vastes forêts de Pins et de Sapins ; d'autres sont composées uniquement de Bouleaux d'un aspect morne et glacé, à moins que le mélange de Pins, de Trembles et de Saules, avec quelques Bruyères, Myrtilles et autres maigres broussailles en sous-bois, ne vienne leur enlever un peu de la monotonie désespérante qui les caractérise, lorsqu'ils se montrent aussi nombreux.

Dans la région de l'Oural, les forêts occupent de grandes surfaces ; celles qui s'étendent au nord du Gouvernement de Moscou sont magnifiques.

L'essence dominante est le Pin sylvestre ; on le rencontre sur les deux tiers de la Russie d'Europe, surtout au Nord ; étranger à la région des steppes, on le retrouve en Grimée, avec une espèce locale, le Pin Laricio de Pallas, et aussi dans le Caucase.

Après le Pin, le Sapin Épicéa est l'arbre le plus répandu sur le territoire septentrional de la Russie ; cependant, il ne s'avance pas autant vers le pôle que le Pin sylvestre. Vers l'Est, on trouve le Picea obovata couvrant les montagnes d'Altaï jusqu'à i,3oo mètres d'altitude.

Au Nord-Est, croît le Sapin de Sibérie, Abies Pîchta, en forêts épaisses, ainsi que le Mélèze de Daourie. Le Mélèze d'Europe est seulement cultivé sur les bords de la Vistule, avec le Sapin argenté, Abies pectinata, notre Sapin des Vosges.

Plus au levant, un autre Pin, abondant aussi, est le Pin Gembro, appelé souvent, par erreur, Cèdre de Sibérie.

Un peu plus au Sud, viennent s'ajouter aux espèces précédentes, — sans oublier l'éternel Bouleau, — l'Aune blanchâtre, le Tilleul, parfois colossal, l'Érable plane, le Merisier à grappes, de dimensions restreintes, le Chêne pédoncule dit Chêne commun ou d'été, — il fut importé par Pierre-le-Grand, — et une sous-variété, Chêne d'hiver, plus tardive en feuillaison.

Le Chêne rouvre se cantonne plutôt vers le Sud et le Sud-Ouest, en compagnie du Hêtre et du Charme.

Voici d'ailleurs, par région, un tableau résumant l'importance du régime forestier de la Russie, son étendue proportionnelle et son rendement :

7io

H o es

GO- O Sz ce w

o o o vt vr go

GO

va-

GO

vrs

is

GO

va*

CO

va-

vr

va-

CO

GO

vrr

CO

va-

GO

es

es es

GO

va-

us

GO

oo

Page 1